Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 12:07

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Les neurones miroirs désignent une catégorie de neurones du cerveau qui présentent une activité aussi bien lorsqu'un individu (humain ou animal) exécute une action que lorsqu'il observe un autre individu (en particulier de son espèce) exécuter la même action, d'où le terme miroir.

En neurosciences cognitives, ces neurones miroirs sont supposés jouer un rôle dans des capacités cognitives liées à la vie sociale notamment dans l'apprentissage par imitation, mais aussi dans les processus affectifs, tels que l'empathie.

Les neurones miroirs sont considérés comme une découverte majeure en neurosciences. Si, pour certains chercheurs[1], ils constituent un élément central de la cognition sociale (depuis le langage jusqu'à l'art, en passant par les émotions et la compréhension d'autrui), pour d'autres[2], ces conclusions restent très hypothétiques étant donné l'absence de preuves directes concernant le rôle de ces neurones dans ces processus psychologiques.

Sommaire

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Découverte [modifier]

L'identification de neurones miroirs au cours des années 1990 est due à l'équipe de Giacomo Rizzolatti, directeur du département de neurosciences de la faculté de médecine de Parme[3],[4].

Ils ont d'abord été observés dans le cortex prémoteur ventral du singe (aire F5) mais aussi, par la suite, dans la partie rostrale du lobule pariétal inférieur. Ce type de neurones a également été trouvé chez certains oiseaux où ils sont activés à la fois lors du chant et lorsque l'animal écoute un congénère chantant[5].

Chez l'Homme, il n'existe pas de preuve directe de l'existence de neurones miroirs. Néanmoins, étant données les nombreuses homologies entre les cerveaux des différents primates, il est admis que de tels neurones doivent aussi exister chez l'espèce humaine. En outre, par imagerie cérébrale fonctionnelle (tomographie par émissions de positons ou imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, par exemple), il est possible de montrer que dans certaines régions du cortex cérébral (notamment autour de l'aire de Broca, homologue à l'aire F5 du singe, et au niveau du cortex pariétal inférieur), il est possible d'observer une activation à la fois quand l'individu produit une action et lorsqu'il observe un autre individu exécuter une action plus ou moins similaire. Mais, étant donné la résolution spatiale de ces techniques, rien ne permet d'affirmer que ces activations proviennent exactement des mêmes neurones et non pas de deux populations de neurones entremêlées[6]. Par précaution, on utilise donc parfois les termes « système miroir » ou « système de neurones miroirs » plutôt que « neurones miroirs » pour désigner ces aires fonctionnelles.

Propriétés fonctionnelles des neurones miroirs [modifier]

La particularité de ces neurones tient au fait qu'ils déchargent des potentiels d'action pendant que l'individu exécute un mouvement (c'est le cas pour la plupart des neurones du cortex moteur et prémoteur) mais aussi lorsqu'il est immobile et voit (ou même entend) une action similaire effectuée par un autre individu, voire seulement quand il pense que ce dernier va effectuer cette action. Les neurones miroirs sont donc définis par deux propriétés :

  • leur caractère « miroir » : le fait qu'ils réagissent aussi bien aux actions de soi que d'autrui
  • leur sélectivité : chaque neurone ne répond qu'à un seul type d'action, mais ne répond pas (ou peu) quand il s'agit d'un autre geste. Par exemple, un neurone sensible à un mouvement préhension de la main ne réagira pas si l'individu effectue un autre geste (comme une extension des doigts) ou si cet autre geste est effectué par un autre individu.

Rôle des neurones miroirs [modifier]

Empathie [modifier]

Un certains nombre de chercheurs (comme Frans de Waal[7], Jean Decety[8] et Vittorio Gallese[9]) ont proposé que les neurones miroirs jouent un rôle important dans l'empathie, c'est-à-dire dans la capacité à percevoir et reconnaître les émotions d'autrui, notamment sur la base du fait qu'un système miroir semble exister pour les émotions : par exemple, la partie antérieure du lobe de l'insula, est active aussi bien quand la personne éprouve du dégoût que lorsqu'elle voit quelqu'un exprimant du dégoût.

L'interprétation de ces données est donc que le système miroir des émotions permet de simuler l'état émotionnel d'autrui dans notre cerveau et donc de mieux identifier les émotions éprouvées par les individus de notre entourage.

Néanmoins, ces interprétations sont très débattues car le système miroir mis en évidence pour les émotions est très différent de celui qui a été identifié chez le singe, en utilisant des actions motrices. Établir un lien entre ces deux systèmes reste donc très spéculatif.

Autisme [modifier]

Des anomalies du fonctionnement du système miroir auraient été retrouvées chez des autistes[10].

Références [modifier]

  1. « [Les neurones miroirs] sont les promoteurs du langage, ils expliquent pourquoi nous parlons avec nos mains. Ils rendent compte de l'expression des émotions ; ils sont le mécanisme de notre compréhension d'autrui », in Les neurones miroirs, de Giacomo Rizzolatti et Corrado Sinigaglia, Editions Odile Jacob, traduit par Marilène Raiola, Paris 2007.
  2. (en) http://www.cognitionandculture.net/index.php?option=com_content&id=223 [archive]
  3. Rizzolatti, G. et al. (1996) Premotor cortex and the recognition of motor actions Cognit. Brain Res. 3, 131–141
  4. Les neurones miroirs, G Rizzolatti, L Folgassi, V Gallese, Pour la Science, Janvier 2007, p 44-49
  5. http://www.nature.com/nature/journal/v451/n7176/abs/nature06492.html [archive]
  6. Dinstein I, Thomas C, Behrmann M, Heeger DJ, « A mirror up to nature », dans Curr Biol, vol. 18, no 1, 2008, p. R13–8 [lien PMID [archive] lien DOI [archive]] 
  7. Preston, S. D., & de Waal, F.B.M. (2002) Empathy: Its ultimate and proximate bases. Behavioral and Brain Sciences, 25, 1-72.
  8. Decety, J. (2002). Naturaliser l’empathie [Empathy naturalized]. L'Encéphale, 28, 9-20.
  9. Gallese, V., & Goldman, A.I. (1998). Mirror neurons and the simulation theory. Trends in Cognitive Sciences, 2, 493-501.
  10. Les miroirs brisés de l'autisme, V Ramachandran, L Oberman, Pour la Science, janvier 2007, p 50-57

Lien externe [modifier]

Par Merlin le zététicien des Mèmes - Publié dans : Mémétique appliquée
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Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 12:06
    J'adore l'oeuvre de Vincent Van Gogh et j'aime beaucoup les tableaux de mon 'pays' Jean-François Millet. Mais de ces deux peintres si talentueux, lequel fut le maître de l'autre ?

   Il n'est pas inutile de savoir que c'est en visitant une exposition consacrée à Millet à l'Hôtel Drouot que Van Gogh découvrit sa vocation...
   Pour Vincent, "Millet, c'est Millet le père, c'est à dire qu'il est guide et conseiller en tout pour les jeunes peintres."
  Alors, sur un blog consacré à la mémétique, je ne vais pas manquer de souligner à quel point V VG a copié J-F M :

" Ce n'est pas une copie pure et simple que l'on fait, c'est plutôt traduire dans une autre langue, celle des couleurs, les impressions en clair-obscur en noir et blanc."


L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/milletsieste.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
Jean-François Millet "La méridienne" (1866) crayon noir et pastel    29,2 X 42
Museum of fine arts BOSTON


L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/lavieille.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
La sieste bois gravé de Jacques Adrien Lavieille 14,8 X 22
(Van Gogh s'est servi de ce modèle pour réaliser sa "Sieste")



L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/vincent.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
Vincent Van Gogh "La sieste" (1889-1890) Huile sur toile 75 X 91
Musée d'Orsay PARIS

Voir aussi cet article incontournable de Civetta
(Cliquer sur le lien ci-dessus)

   Bien d'autres oeuvres de Millet seront répliquées par Van Gogh, comme les bêcheurs, le semeur, le vanneur, la fin de la journée, l'hiver aux corbeaux, les premiers pas, le bûcheron, les quatre heures du jour, le départ pour les champs, la grande bergère, une série de "travaux des champs"...
   Vincent a considéré toutes ces copies comme des traductions en couleurs  des tableaux de son maître. Quelles traductions !

   Dans tout cela le mimétisme, ça pourrait bien être la copie conforme d'un mème qui semble avoir valeur de modèle. Il faut bien reconnaître que la duplication des deux tableaux ci-dessus a atteint des records... Pas autant que celle de l'Angélus ou des Glaneuses de Millet, mais quand même quel succès mémétique !


Par Jean-Pierre CRESPIN - Publié dans : Mémétique appliquée
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Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 12:05

La mémétique pour les nuls

Souvent c'est la découverte d'une certaine autonomie des idées qui

nous conduit lorsqu'on croise les chemins de la mémétique à nous y

intéresser. Dès lors c'est le début des complications.

 

Je cherche dans mon expérience personnelle, dans mon environnement amical et familier, des exemples qui montrent l’autonomie des idées ou même « une certaine autonomie » de celles-ci, mais j’avoue un peu honteusement ne pas en avoir trouvé une seule. Au contraire, je trouve que toutes les idées sont liées, reliées  entre elles, dans une sorte de hiérarchie ressemblant à une arborescence extrêmement complexe. Elles nous viennent d’ailleurs toutes d’assez loin… et s’enchaînent les unes aux autres comme une suite de conséquences logiques.

Dans le monde des idées de Platon comme dans le mythe de la caverne certes les idées ont une apparente entéléchie qui pourrait les faire apparaître comme vivant dans un monde indépendant, un peu comme les monades de LEIBNIZ ou les vâsânâs du Bouddhisme qui nous viendraient de nos vies précédentes. Idem pour les samskaras…

http://www.sadhana.ca/kc041010f.html

(Lire ce texte fort explicite)

 

Un des premiers écueils auquel on se trouve fréquemment confronté est

d'essayer de comprendre en quoi la mémétique diffère de plein d'autres

approches s'occupant de la culture. Pour n'en citer que quelques unes :

l'ethnologie, le Darwinisme social, la psychologie des foules, etc

apparaissent comme autant d'expertises creusant chacune dans la

connaissance en se complétant pour étendre notre savoir.

 

 

En définissant avec une meilleure précision ce que sont les mèmes, cela deviendrait plus aisé de dire enfin ce qu’étudie exactement la mémétique : étudie-t-elle des propriétés humaines, des conséquences sociales et humaines des possibilités épigénétiques des Homo sapiens ou se concentre-t-elle sur la nature et le fonctionnement des ces patterns culturels reproductibles sans tenir compte du milieu biologique qui les héberge, ni du milieu naturel (nature, environnement minéral, végétal et animal au sein d’une planète tellurique composée aux trois quarts d’eau salée) ?

 

Où situer la mémétique dans ce paysage ? Dire qu'elle n'est pas à un

endroit mais partout embrouille en général plus que cela n'éclaire. Nous

y reviendrons.

A la difficulté de la situer s'ajoute un second écueil. Au lieu de nous

apporter des réponses elle nous inonde de questions. A commencer par

le mème lui même incapable de nous livrer facilement son identité.

Perdu dans ses multiples définitions qui ont pour effet de renforcer la

confusion.

 

Mais la mémétique — plus récente — est nécessairement au confluent de toutes ces disciplines scientifiques dures ou plus orientées sciences humaines. Elle a juste la spécificité d’étudier les mèmes dans leur environnement global.

 

 

Si l'on persiste malgré tout, un autre écueil se dresse encore sur notre

chemin. On s'aperçoit qu'il faut laisser tomber la métaphore génétique

qui nous avait permis de commencer à comprendre cette approche pour

le moins déroutante. Béquille nécessaire pour mettre le pied à l'étrier qui

se révèle un fardeau lorsqu'on souhaite commencer à lâcher la bride.

S'ajoute à tout cela le sourire en coin provoqué à l'énonciation du mot

mémétique qui le plus souvent peine à être défendu tellement il n'est pas

simple d'expliquer la mémétique en quelques mots. A moins d'effectuer

ce petit raccourci auquel à eu recours ma fille à 12 ans et sûrement bien

d'autres : "La mémétique c'est l'étude des grands mères pourquoi ?".

 

 

Il est assez frappant de constater que beaucoup d’auteurs et peut-être Richard DAWKINS lui-même ne trouvent plus l’analogie gène/mème & génétique/mémétique aussi pertinente qu’à une époque à laquelle la certitude était de mise.

De béquilles en prothèses on peut parfois induire des cheminements un peu faussés ou prendre des « décourcis » qui font perdre du temps.

Tu as raison Bertrand et ta fille le montre clairement, le mot « mémétique » ne fait pas très sérieux en français. C’est le même — jeu de mots facile — qui l’emporte d’emblée sur toutes les autres amorçages sémantiques. « Si mémé tique, pépé toque… » Je l’ai entendu plusieurs fois ! Et je ne dois pas être seul, et pas seulement dans la bouche des enfants…

 

 

 

 

Par Merlin des mèmes - Publié dans : Mémétique appliquée
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Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 12:04

 

 

Une autre façon de voir les choses ?

Un moyen permettant d'y voir plus clair est d'envisager un changement

de point de vue. Et pour se faciliter la tâche, changer de référent. Ce

dessin d'Escher : "Concave, convexe" peut nous aider à mettre en place

cette gymnastique de l'esprit qui consiste en changeant de référent à

voir la même chose autrement.

 

Bien sûr ! C’est un autre procédé, très différent de celui de l’analogie  quasi totale avec un autre concept.

 

Mais cette fois-ci on s’éloigne résolument de la science et de ses règles pour entrer dans le domaine de l’art, souvent persuasif, qui explore lui aussi très bien les imperfections de la perception humaine, les illusions d’optique, mais fait aussi référence au surréalisme comme dans le cas de ce travail de M.C ESCHER qui est assez fantastique il faut bien le dire.

Néanmoins, la notion de concave ou convexe, sous certains angles n’est pas facile à discriminer car notre équipement neuronal des aires visuelles, bien que très sophistiqué n’est tout simplement pas apte à saisir ces nuances d’importance. Alors, on se perd dans les pavages ou dans des motifs de papiers peints qui se répètent.

Heureusement, pour s’en sortir, le néocortex a d’autres outils d’analyse et de compréhension…

 

 

En prenant la partie de droite comme référent tout le dessin semble

convexe. Une fois cette vision bien en place, on s'amuse à prendre le

côté gauche en référent et là tout ce qui était convexe devient concave.

 

Le point de fixation de l’œil est en effet très important et notre perception-représentation peut varier très très vite.

 

 

C'est à cette gymnastique qu'il faut avoir recours, et en ce qui nous

concerne cela se traduit par chausser les lunettes de méméticien. C'est

à dire faire l'hypothèse que les idées agissent plus sur nous que nous

sur elles.

 

Faire l’hypothése ? Voilà une méthode qui pourrait ressembler à s’y méprendre à une première étape de méthode scientifique. Mais il faut y adjoindre tout un protocole rigoureux pour parvenir à une validation de cette hypothèse.

Le problème c’est  — si d’aventure  — les méméticiens chaussaient les mauvaises lunettes, qu’ils pourraient voir des choses contraires à la vérité, imaginaires ou délirantes. Convexe quand c’est concave ou vice versa.

Faire l’hypothèse que les idées agissent plus sur nous que nous sur elles, ça c’est un acte de foi ! Pour ma part, je préfère observer ce qui se passe, compiler les résultats et les analyser.

 

Un changement de réfèrent qui petit à petit va nous faire voir autrement.

Tout est pareil et en même temps tout est différent. Si ce n'est plus moi

qui ai le contrôle de mes idées mais elles qui fonctionnent pour leur

propre compte (à l'insu de mon plein gré) cela signifie que ce que je suis

en train d'écrire prend forme malgré moi.

 

On revient très très vite au libre-arbitre et à l’usage de la conscience. Bien sûr que ce que tu as écrit, comme ce que je fais moi-même prend essentiellement forme compte tenu de nos vécus respectifs, des idées qui nous ont construits, pénétrés quelquefois à l’insu de notre plein gré comme les piqûres que subissait Virenque. (° !*) Mais j’espère que, comme moi tu as parfois réagi, refusé de tendre la fesse sans savoir pour autant ce qu’il y avait dans la seringue

 

 

 

Bien sûr pas contre moi sans que je ne puisse rien faire. Juste comme

une plante poussant au milieu des autres simplement parce que les

conditions lui permettant d'éclore sont réunies. Nous essayons tous plus

ou moins de réunir ces conditions permettant à nos idées de prendre vie

mais on voit bien aux résultats que si nous avions le contrôle les choses

se feraient autrement. Peut-être un peu plus comme on le souhaite.

 

Comparer Homo sapiens à une plante est fort sympathique mais il y a quand même de grosses différences entre ces deux êtres vivants. J’ai entendu souvent dire cette bêtise à de jeunes enfants pour leur faire un semblant d’éducation « rigoureuse » à la sexualité (appelée éducation sexuelle) et sur le sujet de la reproduction des hommes et des femmes sur notre Planète Bleue. Je peux te dire que cette analogie de la petite graine que le papa dépose dans le ventre de la maman a posé plus de problèmes à ces gamins que les roses et les choux.

Il faut appeler un chat et reconnaître qu’il miaule.

 

 

 

 

Par Merlin des mèmes - Publié dans : Mémétique appliquée
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Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 12:03

Lorsque j'ai croisé les chemins de la mémétique cela m'est apparu

comme une évidence. Notamment l'idée d'une extension du domaine du

vivant à la culture. Les phénomènes culturels ayant nombre de

similarités dans leurs fonctionnements (transmissions, reproductions,

mutations, etc) qu'un second réplicateur pourrait être à l'oeuvre. Le

premier du domaine biologique, le gène et le second du domaine culturel

le mème. La mémétique une approche pour l'étudier. En résumé une

théorie de l'évolution des idées.

 

Sur les mots similarités et réplicateur, je tique ! Pépé tique…)  Il y a quantité de similitudes et de similarités dans le monde du vivant mais ça ne veut pas dire que tout se produit et se reproduit de la même manière. Quant au mot « réplicateur », je le conteste avec vigueur. Ce n’est pas un mot français, juste une très mauvaise traduction du mot utilisé par DAWKINS « replicator ». Jean-Paul BAQUIAST utilise le terme « réplicant » et je suis d’accord avec lui. Ce mot est mieux formé et plus conforme à l’idée qu’il est supposé représenter.

 

Une théorie de l’évolution des idées. Je suis entièrement d’accord ! C’est une excellente dénomination.

 

Seulement voilà tout ce que je viens d'énoncer ne résonne sans doute

pas aussi clairement en vous qu'en moi. Il m'a fallu du temps pour que le

changement de point de vue s'opère. Même si cela m'apparaissait

comme une évidence je le considérais à l'aide mes anciens référents. Je

m'en rendais compte car j'étais incapable de le formuler non seulement

aux autres mais également à moi même.

 

Pour que  la résonance qui agit en toi soit la même que toutes celles qui se produisent dans nos esprits, dans notre conscience

Il faudrait que nous soyons tous (lecteurs de ce forum et singulièrement, de ce pdf) des clones parfaits

Il faudrait que nous ayons vécu depuis notre naissance exactement les mêmes stimulations, les mêmes expériences, fait les mêmes apprentissages.

Et encore, je suis persuadé qu’il y aurait des variantes plus ou moins légères.

 

 

Je me trouvais dans cette apparente contradiction de commencer à

comprendre quelque chose sans pouvoir l'expliquer. Situation somme

toute assez banale et habituelle. Tant que le changement de référent

n'est pas stabilisé tout est un peu embrouillé.

Ce que l'on voit concave apparaît également convexe. Ce dédoublement

de vision de la même chose en l'occurrence de la relation de moi à mes

idées amène un certain trouble jusqu'à ce qu'on n'accorde plus

d'importance au nouveau référent.

 

Si tu balances ainsi dans tes raisonnements Bertrand, permets-moi d’être un peu inquiet. Tu n’es pas certain, vraiment, que tes idées sont les tiennes, qu’elles occupent des espaces de mémoire bien précis dans tes réseaux de neurones à toi, sortes d’engrammes, de traces mnésiques de nature chimico-hormonale mais générant des impulsions électriques, activant des synapses de proche en proche. Si tu n’es pas certain que ces idées sont ta particularité cognitive, ta carte d’identité de sapiens Français, Parisien, alors je mange mon tapis de souris de suite…

 

 

 

Je me considérais créateur de mes idées.

 

Tu avais tort cher Bertrand.

 

Les créateurs de nos idées appartiennent au passé pour la quasi-totalité d’entre eux. Ce sont nos ancêtres les plus lointains, nos aïeux, nos parents, nos enseignants, nos amis, nos rencontres, notre environnement, nos expériences (recherchées ou fortuites), les accidents de notre vie, qui sont les créateurs de 98 % de nos idées.

Seuls nos neurones-miroirs dont nous sommes presque tous bien équipés qualitativement ont su capter leurs gestes, leurs mots, leurs rires, leurs peurs, leur désespoir parfois mais aussi leurs grandes joies et leur envie d’apprendre et de comprendre.

Il y a eu des émetteurs pour ces idées, des réseaux et des chemins de transmission et notre récepteur cérébral avec toutes ses composantes a capté les messages et s’en est approprié une partie. Celle pour laquelle il avait déjà été stimulé, préparé par des amorçages sémantiques imperceptibles, parfois subliminaux. Je n’utiliserai plus la métaphore du « terrain » car j’aurais trop peur de me retrouver en bonzaï ou en séquoia.

Les ressemblances ont des limites. Les propriétés des différentes espèces aussi sont finies et spécifiques.

 

 

Je les considère maintenant

suffisamment autonomes pour se débrouiller toutes seules et se servir

au moins autant de moi que moi d'elles.

 

 

Je trouve que des expressions comme « suffisamment autonomes pour se débrouiller toutes seules » sont terriblement anthropomorphiques. Les idées ne sont ni des petits garçons, ni des petites filles. Ce sont tes lunettes qui te font croire cela ou qui t’incitent à parler ainsi.

Tes idées sont installées dans ton cerveau ; elles n’ont aucune intention ni la moindre possiblité de « se débrouiller ». C’est un ensemble symbiotique qui fait qu’elles existent,  qu’elle peuvent être entendues ou lues :

- Les concepts qu’elles véhiculent grâce à la mémoire épisodique, sémantique et procédurale qui les maintient en vie dans un biome parfaitement adapté à leur survie, tout au moins durant un certain temps.

- Le support biologique appelé cerveau qui les accueille, les traite et les mémorise de manière satisfaisante mais avec une perte de fidélité non négligeable suivie de reconstitutions imparfaites le plus souvent (H Ebinghaus)

- Le milieu social humain et son langage ainsi que ses institutions, ses règles, milieu  dans lequel ces idées ont un sens, une histoire, des antécédents, des motivations, un log cheminement. Bref le cadre relationnel qui justifie ces idées.

- Le milieu naturel, végétal, animal, celui de notre vaisseau spatial commun dont nous sommes dépendants, totalement tributaires.

Les idées ne peuvent exister que dans ce grand cadre systémique. On ne peut pas les isoler et leur donner une quelconque autonomie.

 

Mais on peut les étudier pour elles-mêmes, pour ce qu’elles sont biologiquement, philosophiquement, dans le cadre de bien des disciplines déjà installées, mais aussi dans l’optique de leur transmission au sein des sociétés humaines : les mèmes, c’est quoi ? Comment ça marche ? Des réplicants de tous les apprentissages humains dans des frontières ethno-culturelles ? Au-delà des limites des bassins culturels ? Les mèmes absolus que l’on retrouve partout dans toutes les civilisations ? Les phénomènes de convergence culturelle ? Etc…

-----

 

 

 

 

De quoi se nourrissent les idées ?

 

De notre temps de cerveau. Comme celui-ci n'est pas illimité on

comprend bien qu'elles sont en compétition. Elles ne se livrent pas pour

autant de batailles (au sens propre du terme). Elles n'ont pas d'intention

ni de volonté. Mais au final toutes ne pourront éclore. Seules celles

rencontrant les conditions suffisantes y arriveront.

 

 

Comme j’aimerais discuter de ce point tel que tu l’évoques ci-dessus Bertrand !

Es-tu sûr que le combat entre les idées se déroule expressément dans le cerveau ?

Je vois personnellement bien d’autres endroits. Je vois les médias de grande diffusion mais quantité d’autres lieux qui font gare de triage des idées.

 

Si on considère les idées comme des créatures vivantes, il faut bien les nourrir mais je ne crois pas que le temps de cerveau leur suffira. Il leur faut surtout les ressources énergétiques de leurs hôtes humains comme le fait par exemple le gui sur le chêne.

 

 

Cette tentative d'explication de la mémétique pour les nuls en train

d'éclore dans mon cerveau en se répandant en ce moment sur ces

lignes n'y échappe pas. Qu'est ce qui lui permet d'apparaître ?

- Une prédisposition chez moi à prendre du plaisir à transmettre. Donc

un terrain favorable pour qu'elle se développe.

- Une réunion hier avec des méméticiens anciens et nouveaux.

- Un constat se faisant jour : les écueils auxquels chacun se heurte en

abordant les rivages de la mémétique.

- Suite à mes explications orales répétées pour tenter d'éclaircir les

choses, une proposition de Charles d'en faire un résumé.

- Une disponibilité aujourd'hui pour m'y coller aidé par l'envie de renouer

avec le plaisir d'écrire.

- La perception que mon propos (la graine) semblait suffisamment mure

pour que cela vaille la peine d'y consacrer plusieurs heures et donc y

dépenser une énergie qui j'espère m'apportera en retour.

Un retour espéré étant par exemple le fait que ce texte puisse contribuer

à éclairer un peu les choses ne serait ce que pour une personne. Ceci

constituant un peu d'eau pour cette petite plante (idée) lui offrant la

possibilité de pousser un peu plus (un autre article pour étoffer le sujet)

à moins que d'autres graines ou plantes (travail, loisir, etc) à ce moment

accaparent mes ressources en escomptant un retour plus important.

Aujourd'hui c'est cette idée qui a eu le dessus sur les autres. Je ne peux

pas prévoir si d'autres conditions se présenteront pour qu'elle se

développe.

 

Ta tentative est louable Bertrand et consacrer le temps que tu as consacré à la mise en forme de ce travail « La mémétique pour les nuls » mérite un grand merci et un coup de chapeau.

 

Je ne crois pas me souvenir que tu es pédagogue ou didacticien. Je crois plutôt que tu es un créateur.

DAWKINS a fait comme toi à plusieurs reprises : il utilise des métaphores pour faire passer le message auprès des nuls. D’ailleurs, j’en profite pour dire que « XXXXX pour les nuls » est devenu en soi un mème  à succès dans le monde de l’édition. Ce qui tendrait à prouver que beaucoup d’Homo sapiens se considèrent comme des nuls dans tel ou tel domaine.

Les images de la graine, de la plante sont dites « pédagogiques » ou considérées comme telles. Pour ma part, je ne le crois pas. Elles font au contraire dévier du vrai sujet. Quand DAWKINS fait œuvre de divulgation il fait de même, avec « le gène égoïste » par exemple mais pas seulement. Et, honnête,  il le reconnaît lui-même. Mais « didactiser » est très difficile. Demandez donc à des enseignants si vous en avez parmi vos proches.

Je préfère pour ma part l’approche des représentations que l’on fait évoluer.

 

Par Merlin des mèmes - Publié dans : Mémétique appliquée
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