Mercredi 24 février 2010
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Les débuts du
Néolithique
Il est très probable que c'est la possibilité de rester davantage autour des foyers de leurs clans, devenus des regroupements familiaux, qui va inciter
les hommes à modifier leur genre de vie de chasseurs.
Il est donc vraisemblable que c'est encore le feu qui va déterminer les hommes à rester désormais sur place. De nomades qu'ils étaient jusqu'alors, afin de poursuivre le gibier et
pratiquer la cueillette saisonnière, ils vont devenir progressivement sédentaires et développer des techniques d'agriculture et d'élevage.
Bien sûr la fin de la dernière glaciation est loin. La flore et la faune vont changer rapidement de lieux de distribution et c'est d'abord sous des climats propices, dans le
Croissant Fertile, que vont se développer ces pratiques :
- Les outils et les armes de pierre ne seront plus taillés par percussion mais polis sur des polissoirs fixes.
- Les animaux (tout d'abord les caprins) seront capturés et domestiqués afin de fournir des réserves de viande.
- Les premières graines de céréales seront semées afin de pourvoir aux premières récoltes.
- Des villages, voire de véritables villes commencent à s'édifier progressivement entre - 12500 et - 7500 avant JC.
Çatal Hüyük une des toutes premières cités du Néolithique - 6500 - 5700
(Dessin original de Nadine Grosgurin)
Çatal Hüyük s'étendait alors sur environ 13 hectares et
ne comptait pas moins de 1000 habitants.
À cette époque, on trouve de nombreux indices d'une prééminence de la femme
et du matriarchat. Les liens familiaux ont commencé à devenir très forts. L'argile occupe une place prépondérante tant dans les constructions que dans les objets d'art.
Statuette en terre cuite datant de 8000 ans (11 cm de haut)
Elle représente la déesse-mère symbole de la fertilité et de la fécondité
Les hommes ne vont pas tarder non plus à domestiquer les bovidés et les ovins, puis, plus tard, le dromadaire
(3500 avant JC). Ailleurs, dans les Andes ce sera le lama.
Progressivement, les communautés sédentarisées vont développer la culture du blé, de l'orge, des lentilles, des pois au
Proche-Orient, du riz et du millet en Extrême-Orient, du maïs, du haricot, du piment et de la pomme de terre dans le futur Nouveau-Monde.
Ainsi, grâce à la conjonction de la sécurité que lui
donnait le feu et d'une amélioration climatique très sensible les groupes humains auront accompli une des plus grandes révolutions de leur histoire, celle du Néolithique. De nombreux mèmes
nouveaux vont se répandre dans tous les continents de la planète bleue au sein de communautés à dominante agricole.
Mais le feu n'a pas fini d'inspirer Homo sapiens qui va encore trouver dans sa contemplation des ressources nouvelles pour inventer encore d'autres technologies
surprenantes.
Par Merlin d'Armor
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Mercredi 24 février 2010
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L'âge du cuivre
La fin du Néolithique voit apparaître des objets et des récipients en terre cuite. Grâce
encore au feu et à des fours rudimentaires, l'homme a inventé le mème de la poterie dans toutes ses acceptions.
Mais bientôt, les observations des esprits les plus curieux vont se focaliser sur des écoulements de liquides jaunes le long des pierres qui
enserrent le feu. Ces découvreurs vont aussi se rendre compte que ce liquide en durcit en refroidissant et prend la forme du creux du foyer dans lequel il s'est répandu.
Ce sont les débuts de l'âge du cuivre pendant lequel des expériences métallurgiques vont être réalisées mais dans des proportions tout à fait raisonnables
car ce métal bien ductile, comme l'or et l'argent ne présente guère qu'un intérêt décoratif. Ces métaux sont viables pour des bijoux mais pas pour des armes ou des outils.
Pépite de cuivre trouvée dans le lit d'un gave (2cm X 1,5 cm)
L'âge du cuivre correspond du point de vue culturel au calcolithique au cours duquel les
productions en pierre et en os demeurent très largement majoritaires. Il s'étend globalement de - 2500 à - 1800.
Hache de cuivre du Calcolithique
À cette époque on voit s'édifier des mégalithes d'importance comme ceux des
alignements de Carnac ou le complexe solaire de Stonehenge en Grande Bretagne.
Les alignements de Carnac (56)
Le plus ancien artisanat du cuivre connu date de - 4500 à - 4000 et en en a trouvé des éléments en Bulgarie...
Par contre, dans les civilisations précolombiennes, le cuivre était encore utilisé à l'arrivée des conquistadors, au XVIè siècle. Mais il est vrai que les Incas et les Mayas n'ont guère
connu d'âge de la métallurgie en tant qu'industrie.
Il est intéressant de noter qu'une fois de plus les progrès humains ont eu un recours nécessaire au feu et que ce sont des
observations autour du foyer entretenu régulièrement et entouré de pierres qui ont permis à Homo sapiens sapiens de faire ces bonds culturels assez fantastiques :
- La découverté du sacré et les prises de pouvoir qui en découlèrent
- Le recul de l'anxiété grâce au confort nouveau que le feu procurait aux groupes humains
- L'observation des actions du feu sur la matière et les conséquences dans la modification des états des matériaux aiguisant les
capacités déductrices de l'homme
- Les effets de cohésion sociale du foyer, regroupant les familles, créant les langues premières, générant des villages, allaient
devenir considérables dans l'avènement de véritables civilisations...
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Par Jean-Pierre CRESPIN
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Mercredi 24 février 2010
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L'ÂGE DU BRONZE
Haches en bronze
Ce sont les vrais débuts de la métallurgie. Toujours autour du feu nos hommes, curieux et
observateurs, ont repéré - toujours par hasard - que le produit de la fusion de deux roches avait un aspect et des propriétés physiques plus intéressants. Entre - 2500 et - 1000, les premiers
véritables forgerons vont allier l'étain et le cuivre pour réaliser un métal plus résistant, moins flexible que le cuivre seul : le bronze. Des armes diverses (haches, lances, poignards, épées, associées à des protections comme des cuirasses, des casques, des
boucliers vont voir le jour.) Des outils nouveaux vont être créés ainsi que de nombreux accessoires utilitaires ou bijoux (vases, bracelets, épingles, fibules, colliers etc...)
On assiste bientôt à l'essor d'un artisanat où, pour la première fois, les objets sont fabriqués en série.
Là encore, l'importance du feu dans le développements de ces technologies est
primordiale et on peut affirmer que, sans sa maîtrise, sans les capacités fines d'observation des premiers fondeurs, notre civilisation actuelle n'aurait jamais pu émerger. Et seule, la
compétence à déduire après observations et à vérifier des hypothèses par tâtonnements expérimentaux successifs à permis à l'homme de changer radicalement son avenir culturel.
On peut dire que c'est autour du feu et grâce au feu que l'homme s'est extrait, affranchi définitivement de sa condition première et qu'il a développé son intelligence.
En outre, ces mèmes technologiques, utilitaires par excellence, se sont transmis de groupe en groupe et de génération en génération, permettant de développer des compétences de plus en
plus fines.
À n'en pas douter, c'est cette spécificité humaine de capacité à observer, à faire des hypothèses, à déduire, à inférer, à vérifier que la projection de sa pensée était
valide qui a permis un développement culturel et un artisanat métallurgique (entre autres) aussi surprenants.
Mais le feu n'a pas encore terminé de faire avancer l'être humain dans ses spéculations et ses réalisations manufacturées...
Par Merlin d'Armor
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Mercredi 24 février 2010
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L'
ÂGE DU FER
À cette époque, les Celtes, venus de l'Europe centrale, se répandent vers l'ouest et fusionnent avec les autochtones. Les Gaulois marquent de leur
empreinte les terres qu'ils occupent grâce à cette supériorité indiscutable que leur confère la maîtrise de la technologie du fer.
Le fer, forgé lentement, s'avère bien plus résistant que le bronze. Il a fallu, pour en arriver là, dominer encore un peu plus le feu et porter la température du foyer à près de
1500°. Le feu va être encore source de progrès car aussi bien dans le domaine des armes (épées, pointes de lances et de flèches, protections du corps) que dans celui des outils (socs de
charues, pioches, bêches, houes etc...) la solidité du matériau va permettre d'étendre les capacités de tous ces objets et d'en fabriquer en grande quantité, de manière artisanale, comme le
faisaient encore les forgerons il y a moins de 70 ans.
Les Gaulois sont des agriculteurs très avertis et de la moissonneuse au tonneau, peu d'inventions utilitaires vont leur échapper.
Minerai de fer très riche Diélette (Manche)
Serpettes et serpes en fer
Outils et armes forgés en fer
Outils divers
Bêche en fer forgé
Fourche gallo-romaine
La panoplie du parfait guerrier Celte
Un tour d'horizon succinct sur le Net
Vingt siècles plus tard, (au XIXè siècle) les maîtres des forges remettront à l'honneur ces technologies en les rendant encore plus performantes et en créant une industrie florissante, avec une
variante pour alimenter le feu. Le bois se raréfiant, ce fut ensuite le charbon qui fournissait une chaleur plus intense.
Par Merlin d'Armor
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Mercredi 24 février 2010
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00:04
L'espace des poètes est celui des premiers hommes qui s'émerveillent devant ce qu'ils découvrent comme le font les enfants si
on leur en laisse l'opportunité. L'univers de l'art est celui des esprits qui n'ont pas accepté les conventions ni les diktats. Ces domaines sont et resteront ceux de la liberté de recréer
l'environnement sensible avec naïveté et lucidité à la fois. Les premiers mèmes qui ont fait que l'Homme se distinguait une fois pour toutes des autres primates ont été ceux qui lui ont fait
comprendre la magie, la poésie et les pouvoirs du feu et du soleil.
Puis il y a eu le matin des magiciens, avec tout son ésotérisme et ses mystères, juste avant le désenchantement du monde qui commença après l'inquisition.
La poésie
Tapisserie de Jean Lurçat
(Le chant du monde)
Aujourd'hui, le matérialisme et le consumérisme sont en mesure de détruire toute
poésie autour de nous. Mais le méta-mème de la poésie est encore bien vivant, en dépit du désenchantement du monde.
Quelques illustrations de ce dilemme
Poésie et religion sont les deux volets d'une même aspiration au sublime, au transcendantal et à l'indicible beauté de la Création.
Cela vient à chaque fois en même temps que l’envie
de poésie.
Bien sur, je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite.
Au début je prenais l’un pour l’autre :
Cyrano préparait une lettre d’amour et le bellâtre la récitait.
Ainsi j’ai longtemps cru que ma joie venait du poème, de cette irruption du mot en ses plus beaux atours qui suivait plus ou moins proche d’elle, cette tension des peaux – propre à faire
venir la clarté –
celle du dos de la main
celle qui tapisse la paroi interne du cœur
ou celle du scribe – cet esclave qui transcrit sur ordre le chant de leur désir et qui, toujours, trahit un peu, tant est grand son appétit de pouvoir –
cette tension que je vivais dans l’impatience, sans comprendre qu’elle était la source de mon plaisir.
Depuis peu je sais qu’il me faut renverser les apparences.
Le poème n’est rien que la trace d’un pas sur le chemin, l’indice d’une présence passée.
Lorsque les mots viennent à s’écouler de ma plume, je sais que « ça » n’est plus là.
L’haleine chaude du monstre a disparu, mes tempes ne sont plus maintenues comme par un mélange d’amitié et de crainte, le châle d’une amante ou les fers de la captivité.
Pourtant il reste un peu de cette présence dans la forme des vers, le déséquilibre harmonieux de certaines consonnes et même dans l’espace qui s’ouvre lorsque le texte se referme.
Mais si peu comparé à cette brûlure qui traverse mon corps juste avant que la plume ne se libère en bavardage mielleux.
Un jour, quand je saurai les paroles dont autant la couleur que le contour n’est que silence, alors je n’aurais plus besoin du poème pour voler.
Luc Comeau-Montasse (Poète et bateleur)
Par Merlin & Le Bateleur
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Publié dans : Philosophie, littérature et poésie
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