Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /2010 11:38
   Voici un texte que je vous demande de lire avec un regard de méméticien c'est à dire en ne considérant que l'espace du savoir, son évolution, ses mutations et son devenir dans une perspective d'écologie cognitive...


  Les objets de connaissance privilégiés de l’Espace du savoir sont les intellectuels collectifs et leurs mondes.
   Les intellectuels collectifs, c’est-à-dire des communautés humaines communiquant avec soi, se pensant elles-mêmes, partageant et négociant en permanence leurs relations et leurs contextes de significations partagées. Leurs mondes, c’est-à-dire leurs ressources, leurs environnements, leurs connexions cosmopolites avec les êtres, les signes et les choses, leurs implications dans les diverses machines cosmiques, techniques et sociales qui les traversent. Le monde d’un intellectuel collectif n’est rien de stable ni d’objectif. Il résulte d’ouvertures, d’élaborations, d’usages et d’évaluations mouvants, sans cesse réitérés. Si bien que ce monde dérive et se transforme au rythme des métamorphoses de son intellectuel collectif.
  L’objet privilégié de l’Espace du savoir n’est donc pas l’homme en général, ni même l’objet des sciences humaines ou sociales, mais une figure spécifique de l’Espace du savoir qui ne pourra s’appréhender qu’avec les instruments conceptuels et techniques propres à cet espace. Pourtant, le candidat qui semblait désigné pour être l’objet de connaissance favori du quatrième espace n’était-il pas la cognition ? En effet, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les sciences cognitives accompagnent la montée en puissance de l’Espace du savoir. Les sciences et techniques de la cognition forgent effectivement les outils informatiques et certains instruments conceptuels du quatrième espace. Mais bien qu’elles contribuent dans les faits à une véritable mutation anthropologique, les sciences cognitives ne sont pas, aujourd’hui, à la hauteur des effets qu’elles sont capables de provoquer. En effet, elles sont censées traiter de l’intelligence humaine en général, indépendamment des temps, des lieux et des cultures, alors que l’intelligence est depuis toujours artificielle, équipée de signes, de techniques, en devenir et collective.
  Nous avons proposé dans Les Technologies de l’intelligence un élargissement des perspectives des sciences de la cognition en esquissant le programme d’une « écologie cognitive ». Le régime de production et de distribution du savoir ne dépend pas seulement des particularités du système cognitif humain, mais également des modes d’organisation collective et des instruments de communication et de traitement de l’information. L’écologie cognitive devrait donc se consacrer à l’étude des interactions entre les déterminants biologiques, sociaux et techniques de la connaissance. Mais l’écologie cognitive relèverait encore des sciences humaines ou sociales, or nous voudrions indiquer ici un au-delà des sciences humaines.
 Si elles prenaient véritablement en compte la spécificité de leur objet, les sciences humaines traiteraient de la liberté et de la signification. La notion de signification doit être prise ici dans son acception la plus étendue. Il s’agit moins de la manière dont un signe se réfère à l’objet qu’il désigne que du rapport entre un événement et un contexte. La signification d’une entité propre au domaine humain n’émerge qu’en relation avec une configuration dynamique, et ne se réduit pas à la simple flèche de la référence. On peut dire que les êtres humains, considérés en tant qu’hommes, et non en tant qu’objets physiques ou corps vivants, évoluent dans les espaces de signification, espaces qu’ils ne se contentent pas de remplir et d’arpenter mais qu’ils contribuent tout aussi bien à produire et à transformer.
            Pierre LÉVY (L'Intelligence collective 1994 éd de la Découverte)


Mon commentaire à propos de cet extrait 1ère diff le 8 février 2006...

Les savoirs fondamentaux de l’espace culturel humain contribuent à édifier au fil du temps un conscient collectif en mouvement dans son environnement. Les ensembles de réseaux de réseaux de neurones composés par les systèmes nerveux de chacun, associés dans une relation permanente de toute la communauté humaine, constituent de fait les intellectuels collectifs de notre Humanité.
   Leurs mondes ou micro-mondes sont  les objets environnementaux que testent en permanence leurs capteurs : vue, ouïe, sens du toucher, goût, odorat, et tous les autres capteurs internes modifiant presque en temps réel équilibres hormonaux et neuro-hormonaux du système.
S’y ajoutent la raison - la capacité de choix donc -  et les machines (technologies intellectuelles) créées par l’esprit humain afin de prolonger ou affiner leurs sens et leurs potentialités diverses. Ce sont des systèmes intelligents, experts, en interaction permanente avec le milieu environnant. Ils testent leur espace de vie afin de s’y adapter de mieux en mieux en produisant des solutions et des comportements de plus en plus pertinents.
   Le sujet humain, individuellement et collectivement, ainsi que les objets de ce monde ambiant sont engagés conjointement dans une interactivité dynamique continuelle. L’objet privilégié qui anime cet ensemble et ce système qui se réajustent et se rééquilibrent en permanence n’est pas identifiable au premier abord. Est-ce une entité de niveau supérieur qui préside et contrôle l’équilibre de ces systèmes ? Est-ce le chaos ? Une construction fractale d’un espace modélisable du savoir ? On aimerait comprendre comment s’ajustent et s’organisent les conditions de la connaissance et comment s’opèrent les apprentissages au sein des cerveaux associés de l’Humanité…
   Les seules sciences auxquelles je reconnais actuellement une validité incontestable pour permettre d’aborder l'élucidation des mystères de la cognition sont les neurosciences dures. L’anthropologie peut être une aide diachronique précieuse mais elle ne peut expliquer à elle seule les ressorts de tous les fonctionnements neuronaux qui façonnent de manière quasi synchrone la pensée humaine et ses évolutions culturelles dans ses moindres détails.
   Les ressources à la fois individuelles et collectives de cette intelligence en réseau sont semblables à celles de la toile du www, cette étrange base de données qui nous relie tous. La différence essentielle étant que nous, à chaque instant, nous avons l’initiative et restons maîtres des choix que nous y opérons… Énorme différence de nature avec l’ univers cathodique ou médiatique classique, de la TSF ou des autres médias.
L’équilibre entre le sujet humain, ses collectifs intelligents associés et les objets environnants dans lequel Homo sapiens est condamné à vivre est indispensable à la survie de l’espèce, mais il est en même temps le moteur d’inférence de toutes les mutations et de tous les progrès que réalise le collectif intelligent.
À cet égard, les outils « amplificateurs de communication » que nos technologies les plus récentes ont permis de mettre en œuvre sont des artifices précieux de traitement de l’information, en même temps que des prothèses-prolongements techniques extra-biologiques. Leur utilisation est néanmoins entièrement sous notre contrôle et il conviendrait d’établir à cet égard des protocoles rigoureux et scientifiques afin d’en mesurer les effets pour  l'avenir et de proposer des prospectives fiables ainsi que des modèles explicatifs incontournables.
   Le libre-arbitre de l’Homme est en jeu dans la maîtrise de ce défi technologique. Le sens de la présence de l’homme dans ce pari est finalement celui d'une responsabilité totale. Les êtres humains ne sont pas seulement des objets physiques, lieux de résidence des objets de signification codés, mais ils sont avant tout créateurs, auteurs et acteurs des objets de culture - ces mèmes - qu’ils contribuent à transformer et à pérenniser dans les structures biologiques et dans les matières inertes qu’ils ont colonisées.
                          Jean-Pierre Crespin


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       Pierre LÉVY ?       

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      ORGANIGRAMME ?    
Par Jean-Pierre CRESPIN - Publié dans : Pour une refondation de la mémétique
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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 21:37


Épisode #33 : Le monde des mèmes (Balado de Sylvain MAGNE)

Réponse au commentaire de Jean-Michel ABRASSART sur son blog "SCEPTICISME SCIENTIFIQUE" 19 JANVIER  2010 12 :07

 

 

 

Pour accéder au blog de Jean-Michel et aux commentaires




@Jean-Michel ABRASSART, Sceptique « Scientifique » devant l’Éternel,

 

 



 

Je m’appelle toujours Merlin (c’est mon pseudo) et je m’autorise à m’attribuer les titres - de roturier - qui m’agréent sans avoir besoin de te demander la permission…

Pour ce qu’il en est à propos de mes doutes au sujet de la mémétique, je te conseille de t’adresser à Pascal JOUXTEL ou à Charles MOUGEL : je n’ai jamais adhéré à la posture méméticienne qui consiste à voir ces patterns basiques de culture (culturons ou culturèmes de mon point de vue) comme des créatures autonomes face à l’évolution, ne se servant de l’humain que comme terrain sur lequel elles ‘pousseraient’ comme des akènes de pissenlit sur un champ bien fertile. J’ai d’ailleurs été exclu du forum de la SFM pour cette position. Je me demande donc sur quoi tu te bases pour affirmer que « je ne doute absolument pas de la mémétique ? »

Par ailleurs, je ne doute pas de tout : la Science (la vraie) a des certitudes que je fais miennes. Mes posts SFM ainsi que ceux  d’Erwan LEGOEDEC  (près de 700 en tout) sont là pour le prouver en cas de besoin. Il n’est jamais bon d’affirmer ‘n’importe quoi’ quand on n’a pas pris le temps de se renseigner…


Citation de Jean-Michel ABRASSART :


J'en profite pour dire que sur le forum des Sceptiques du Québec, Hallucigenia a pointé une erreur dans cet épisode: les fourmis ne naissent pas par clonage.

 

Oui, cela est exact et le post d’Hallucigenia est très bon en ce qu’il précise que le « réplicateur » biologique est sous la dépendance directe du système sexuel (biologique donc) des dites fourmis. Mais là, on n’est plus du tout dans le domaine culturel, juste dans le système reproducteur de ces insectes sociaux.

Je me permets de citer Jean ROSTAND :

« Le biologique ignore le culturel. De tout ce que l'homme a appris, éprouvé, ressenti au long des siècles, rien ne s'est déposé dans son organisme [...]. Chaque génération doit refaire tout l'apprentissage [...]. Là gît la grande différence des civilisations humaines avec les civilisations animales. De jeunes fourmis isolées de la fourmilière refont d'emblée une fourmilière parfaite. Mais de jeunes humains séparés de l'humanité ne pourraient reprendre qu'à la base l'édification de la cité humaine. La civilisation fourmi est inscrite dans les réflexes de l'insecte [...]. La civilisation de l'homme est dans les bibliothèques, dans les musées et dans les codes ; elle exprime les chromosomes humains, elle ne s'y imprime pas. »

 

 

Citation (ma question):


Mais qui a défriché les quelques 1800 pages de military memetics proposées ici par OldCola sur son blog ?

 

J-M Abrassart interprète ma question :

 

C'est un argument classique des tenants des sciences pathologiques: vous ne pouvez pas critiquer X sans avoir lu Y ou Z.

 

1) Je ne suis pas un adepte des « sciences pathologiques » pas plus que de l’utilisation de ce verbiage entre initiés sceptiques. ;o)) Je ne critiquais personne en outre…

2) Il n’y a là aucun "argument de ma part" : je pose simplement la question « qui a parcouru ces fichiers pdf de l’armée américaine ? »

On peut au minimum répondre par oui ou non.

En tout cas les militaires US ont planché sur les mèmes et la mémétique et ils ont produit des données qui sont à la fois objectives et assez pointues.

 

Jean-Michel repart dans ses vieilles croyances qu’en dehors des sceptiques "scientifiques" ¿  tous les autres sont des ..   « psiphiles » :

 

 Les psiphiles jouent au même jeu lorsqu'ils scandent en coeur que "les sceptiques ne lisent (prétendument) pas la littérature".

 

Je ne connais pas les psiphiles (para tout ce que tu veux) et par principe, je suis opposé à tout ce qui est extrapolations sur le psychisme humain en dehors des découvertes prouvées par les neurosciences dures. Mes initiateurs en ce domaine sont Jean-Pierre CHANGEUX, Stanislas DEHAENE, Alain BERTHOZ, Giaccomo RIZZOLATTI entre autres...

 

Toujours J-M A dans une envolée qui m’en apprend énormément sur moi-même… (°!*)

 

 

C'est bien entendu une manière rhétorique de protéger sa théorie des critiques. Plutôt que de discuter des arguments de fonds, on met en doute l'expertise du critique.

 

 

L'expertise ? En quoi ?... Quelle expertise précisément ?

Arrête un peu Jean-Michel ! Je ne t’ai jamais vu proposer un seul argument de fond dans tes textes. Tu as juste des grilles de lecture très sélectives, restrictives et plutôt dogmatiques... Mais moi, je n’ai pas de théorie en dehors de celle que tout ce qui n’est pas prouvé scientifiquement (avec certitude absolue et de manière reproductible) est à mettre dans le grand panier du doute et, dans le doute, on cherche, on s’abstient jusqu’à ce qu’on obtienne de nouvelles certitudes scientifiques, si cela devient possible quand ça ne l'est pas encore...

 

Bref, il faut prendre ce genre de rhétorique avec énormément d'esprit critique.

 

Quelle rhétorique ? Celle qui questionne ou celle qui bastonne avec des pré-supposés inexacts dus à une mauvaise lecture trop sélectives ? Il faut toujours garder son esprit critique affûté, certes, mais lorsque je vois les inférences de ta lecture (ou plutôt de ta non-lecture), je suis obligé de te dire que j’ai des doutes quant à la rigueur que développe ton soi-disant "esprit critique." Tu fais de l’herméneutique orientée ! Tes interprétations sont toutes fortement connotées et dérivées d'un pesant catéchisme sceptique "dit" scientifique. Tu as donc juste des idées préconçues et tu ne retiens que ce qui abonde dans ton sens. Si c'est ça l'esprit critique du Sceptique "Scientifique" de base, je ne tiens pas à être dans les rangs d'un tel mouvement. Je préfère mon doute raisonnable.

En la matière, il n’y avait dans ce commentaire que tu brocardes aucune rhétorique comme tu sembles vouloir le dire. Juste une question ... sans réponse pour l'instant. Comme d'hab !

 

Bien à toi,

Dubitativement…

 

 

 

 

Par Merlin le zététicien des Mèmes
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Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /2010 12:18
Je voulais commencer cette année 2010 par un hommage à ce formidable ténor. Quels qu'aient été ses défauts (et il en avait) ce fut un chanteur fantastique. Puissant, sombre, dramatique, expressif, sa voix fait encore trembler et pleurer.

Je pense que c'est cet air de la Tosca qui convient le mieux à Luciano PAVAROTTI : il lui permet d'exprimer tout son talent (qui était immense) dans tous les domaines de sa voix.


Pavarotti - Tosca - E lucevan le stelle
envoyé par Quarouble. - Regardez la dernière sélection musicale.




Mais écoutez donc cette puissance ! Et les deux autres ténors, Carreras et Domingo sont magnifiques eux aussi. Que c'est beau !


Par Merlin le zététicien des Mèmes - Publié dans : Légendes d'hier & d'aujourd'hui
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Mercredi 30 décembre 2009 3 30 /12 /2009 17:30



Sylvestre

J'espère que vous avez tous du bon Champagne !
Par Merlin le zététicien des Mèmes - Publié dans : Mémétique pratique
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /2009 18:47
Je crois que le monde actuel est un peu fou et que beaucoup de responsables ou d'irresponsables confondent allègrement pollutions, destructions d'origine agricole ou industrielle avec effets sur le climat et bien entendu "réchauffement climatique"
engendré par les activités humaines.
Au passage, personne ne remet en cause la population humaine qui est de 6 milliards et demi et passera rapidement à 9 milliards alors que c'est ce déséquilibre patent qui est à l'origine de la déforestation et du saccage des ressources naturelles, y compris celle des hydrocarbures.
À l'occasion du Sommet de Copenhague, on pourrait penser que des débats contradictoires pourraient voir le jour autour de cette notion de réchauffement climatique d'origine humaine, mais l'ONU et le GIEC ne lâcheront sans doute rien car le but est autre que celui d'une simple prise de conscience de la responsabilité humaine dans les pollutions et la détérioration de surface de notre Planète Bleue.
En fait, je suis convaincu qu'il s'agit d'un moyen détourné pour donner aux citoyens humains un sentiment de responsabilité et de culpabilité supplémentaire après celui des guerres, de la colonisation et de la traite esclavagiste atlantique pour lesquelles il aurait fallu se repentir, compatir et passer aux dédommagements. Là, il va falloir que le bon peuple se serre un peu plus la ceinture et paie des taxes carbone et autres prélèvements tandis que nos élus ou hauts responsables se chaufferont les fesses dans les immenses palais dorés de la République ou sous les ors des monarchies en place ou des dictatures en devenir.
Tout cela constitue une ensemble pitoyable de scandales, de trésors de manipulations en tous genres. Et pourtant, je suis très sensible à la mauvaise gestion que font les grands de ce monde des ressources de notre géoïde à tous.

Mon poème sur ce sujet
(Il n'y est pas question du climat modifié mais de pollutions)
















Les mensonges du GIEC
(Cliquer sur ce lien)
Par Merlin le zététicien des Mèmes - Publié dans : Les mèmes diffusés par les médias
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