Passeurs de mèmes

Lundi 6 novembre 2006 1 06 /11 /Nov /2006 18:25



Imitation Imitations

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Chic, c'est presque l'heure !

  La capacité d’imitation chez les mammifères supérieurs implique que l’imitateur ait une parfaite conscience de soi en même temps qu’une conscience perceptive visuelle ou empathique de celui qu’il va imiter.

  Mais les capacités de mimétisme ne sont pas réservées aux primates car les possibilités de camouflage ou de ressemblance (homochromie ou imitations de formes) se trouvent dans tout le règne animal ainsi que chez les végétaux…
 Ces facultés d'imitation facilitent la cohésion du groupe au sein du règne animal, qu’il s’agisse d’oiseaux, de bovidés, ovidés, équins ou autres espèces vivant en collectivité.
  Chez les primates, les manifestations d’imitation sont particulièrement remarquables.
  S’agissant des processus d’apprentissage par observation intelligente, certains chercheurs font l’hypothèse d’une forme de transmission culturelle chez le chimpanzé, le macaque ou le bonobo… En fait, il y a peu d’exemples décisifs ou indiscutables.

  Dans l’espèce humaine par contre, il semble bien que l’imitation revête une importance considérable dès le départ et jusqu’à très tard dans la période adulte. Toute l’hominisation s’est réalisée à partir d’imitations des anciens et des congénères de l’entourage. Mais l’imitation n’est-elle qu’un processus passif qui rend servile, non original et peu créatif ou est-ce au contraire un acte choisi qui sélectionne intelligemment ses modèles ?
  Dans le cas de l’enfant, les modèles premiers sont tout trouvés : il s’agit des parents (au sens large) et de la fratrie quand elle existe. Mais le petit imitateur ne prend pas n’importe quel modèle : il choisit des êtres dont le comportement est valorisant et dont les actes et la personnalité lui paraissent idéaux. En aucun cas, il ne cherchera à imiter des « perdants » ou des maladroits. En fait, il s’intéresse le plus souvent à des actes inhabituels qui stimulent sa curiosité, son goût pour l'étonnement et qui, progressivement, deviendront assez chargés émotionnellement (il aime jouer à se faire peur…) Mais il reprend aussi volontiers, dans des jeux de rôles plus conformes à la réalité, les attitudes et activités de ses parents, de ses frères ou sœurs en choisissant toujours lui-même les séquences qu’il a envie d’imiter.
  On peut dire que c’est cette faculté unique d’imitation qui a permis à Homo sapiens sapiens de développer une culture exceptionnellement riche dans laquelle les mèmes se sont transmis verticalement (de génération en génération) et se transmettent aussi horizontalement, par le milieu social (notamment par les pairs) ainsi que par les différents médias de large diffusion.



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Laisse-moi réfléchir...

  En fait, les bambins  "impriment" toutes les stimulations sensorielles de leur entourage :
- Langue maternelle : celle de Maman & de Papa
- Gestes courants effectués par les membres de la famille et au-delà (stimulation & réponse imitative des neurones-miroirs.)
- Les jeunes enfants apprennent donc en observant et ceci leur enseigne, comme par un effet de miroir, l’action à re-produire.

  Les enfants observent, prennent des modèles, ils essaient de faire comme eux : balayer, regarder un livre, une revue, téléphoner, manger, se déshabiller/s’habiller, danser, jouer à la marchande, au docteur etc... Toutes nos actions d’adultes sont soigneusement examinées et celles qui plaisent bien sont apprises et reproduites grâce aux neurones miroirs qui ont tout "capté".

Les neurones miroirs en bref
(Cliquer sur ce lien)

  Dans ces activations neuronales automatiques s'agit-il d'un jeu, d'une activité ludique ou d'un comportement on ne peut plus sérieux d’un être en pleine transformation, être en devenir qui fait ses gammes pour apprendre comment se comporter comme les grands ?
  C’est nous qui disons que l’enfant joue. Lui, dans son for intérieur, je pense qu’il est sérieux ! Il fait ce qu'il doit faire pour devenir grand.

  Alors quel type d’éducation peut-on souhaiter pour les enfants de deux ans jusqu’à la fin de l’École Maternelle ?
- Un modèle du style « Libres enfants de Summerhill » ?
- Une éducation très dirigée, dirigiste où tous les concepts à intégrer sont répertoriés et programmés dans le temps ?
- Il faut bien voir déjà qu’à deux ans, peu d’enfants sont en mesure de bénéficier d’un enseignement collectif tant leurs préoccupations et leur développement personnels restent axés sur eux-mêmes dans le cadre de la relation moi-maman ou moi-nourrice pour l'essentiel.

  Il va de soi que tous les apprentissages vont se faire chez chaque enfant en fonction du modèle, des modèles à imiter, ceux qui lui seront présentés. Celui de l’enseignante et des auxiliaires chargées de cette tâche & ceux des condisciples de sa promotion.
  Il va ainsi apprendre à répéter (en imitant) les mots indispensables pour acquérir le bagage nécessaire à la communication, aussi bien dans sa langue maternelle que dans une autre avec laquelle on solliciterait ses compétences linguistiques qui sont sans limites à cette période de sa maturation neuronale. (C'est à cet âge que le bilinguisme vrai s'installe avec une authentique efficacité.)
  Il va développer toutes les potentialités psycho-motrices dont il est capable dans des activités à prises de risques calculés et sa mémoire procédurale va s'accroître dans des proportions incroyables.


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J'ai perdu ma dent ... Oh, je la r' trouve pas !

  S’agissant des activités d’observation (on peut dire... à dominante scientifique), il va manipuler quantité d’objets, des solides et des liquides et va être confronté au monde animal & végétal et aux différents phénomènes physiques. Il va sans dire que le simple fait d’enrichir son milieu environnant dans ces domaines-là va considérablement multiplier ses expériences personnelles, ses tâtonnements expérimentaux et permettre de le faire exprimer des hypothèses personnelles qu’il vérifiera ou pas. À ce stade, on peut envisager pour les plus grands (section de cinq ans), des séquences de synthèse où la liberté d’agir pourra commencer à être suivie d’un peu de rigueur et de contraintes méthodologiques à la hauteur du niveau de raisonnement et des inférences possibles pour ces jeunes enfants. Je crois d’ailleurs que cet âge de cinq ans est crucial pour commencer à organiser toutes les compétences à venir du futur adulte que l’on a devant soi.
  En effet, il n’y aura aucune possibilité d’excellence dans le futur, si aucune action éducative n’est envisagée à cet âge. Tous les experts, champions, virtuoses ont commencé leur activité de prédilection à cet âge-là, de même que les premiers apprentissages de la lecture doivent être initiés à cet âge moyen. Mais cela reste un âge moyen, ce qui veut dire que pour certains, ce sera quatre ans et pour d’autres six, voire sept ans. Nous sommes tous différents en tout et notre âge de maturation neuronale n’échappe pas à cette règle, ni à la dictature de la courbe de Gauss.
 Bien entendu, dans ces apprentissages premiers par imitations, les neurones-miroirs jouent un rôle considérable.

L’enfant imite son enseignante mais aussi ses petits copains et, dans ce cas, il choisit ses modèles selon des critères qui déterminent son envie d’imiter les uns ou les autres. Les grands-parents peuvent jouer un rôle très important eux-aussi car ils permettent de reculer les limites des transmissions culturelles en direction d'un passé qui n'est pas vraiment récent pour leurs petits enfants dans la mesure où il remonte à deux générations environ. Mais ils ont bien d'autres rôles à jouer, notamment une position affective privilégiée. Bien sûr, l’imitation a ses dangers et le désir mimétique, mis en évidence par l’académicien René GIRARD, sollicite et renforce le plus souvent jalousie, rivalité et violence. C’est pourquoi la socialisation revêt une importance considérable à l’École Maternelle. La mutualisation des pratiques et la collaboration en sont les meilleurs moteurs et il faut les encourager au lieu de susciter rivalité et compétition.
  Dans un milieu scolaire épanouissant, la collaboration, la mise en commun des expériences vécues doit contribuer à une richesse d’échanges de mèmes de toute nature sous la houlette de l’enseignante qui est à la fois le pilote et le chef d’orchestre de toutes ces partitions mémético-sociales.
  L’excellent pédagogue et ami qu’est Michel MONOT a développé et continue de militer en faveur d’une Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant :


        http://pmev.lagoon.nc/              http://www.lebulletinpmev.com/

  On peut aussi s’inspirer des pratiques très freinéticiennes de Bernard COLLOT qui met en exergue la « pédagogie de la mouche » :

                  http://perso.orange.fr/b.collot/b.collot/cafe_pedagogique33.htm

  Les enseignants sont bien des passeurs de mèmes mais ils ont aussi le rôle de stimuler les transmissions mémétiques horizontales au sein des groupes dont ils ont la responsabilité éducative.
  Par ailleurs, et en cela je veux répondre à ce qui soucie mon ami Le Bateleur, l’École n’a pas comme fonction de se faire l’outil de transmission des challenges sociaux et économiques qui obnubilent notre société. Elle se doit d’éduquer individuellement et socialement des êtres uniques, selon des valeurs humanistes universelles et elle a en même temps le devoir de transmettre des connaissances éclairantes pour les années qui arrivent et ceci, elle ne peut le faire qu’en facilitant chez tout un chacun, dès le plus jeune âge, le réflexe de créer des liens (notamment de causalité) entre tous les faits, toutes les données que constituent les savoirs et en rendant tout cela cohérent avec les savoir-faire et les savoir-être qui permettront au final de les rendre utiles à tous les hommes en développant une intelligence collective.

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Tout est relatif...

  Nous entrerons alors dans l’espace du savoir-vivre ensemble.
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Mardi 25 avril 2006 2 25 /04 /Avr /2006 21:09
Je venais d'achever cette représentation imagée de mon jardin d'agrément, tapi derrière les pousses neuves de cannabis, lorsque l'on sonna à la porte...

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C'était un archéologue qui disait se prénommer Cyrille et qui voulait discuter avec moi, à propos d'un document qu'il avait retrouvé par hasard dans une boîte en fer datant d'on ne sait quand :

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Évidemment, il n'y avait là que quelques fragments d'un graphisme dont on aurait dit qu'il avait été gravé imparfaitement dans de l'argile - comme fossilisé - mais réellement en positif. Il était difficile de dire de quoi il s'agissait tant les empreintes étaient altérées. Je proposai à Cyrille, archéologue d'art à ce qu'il m'avait affirmé de passer dans mon atelier afin de soumettre ce document à l'objectif de la caméra à positrons. Le résultat ne se fit pas attendre :

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Cela ne ressemblait à rien de connu. Je proposai à ce jeune chercheur d'utiliser le stroboscope à résonance moléculaire dissonante, et quelle ne fut pas notre surprise de constater que nous apercevions un graphisme connoté cubisme constructiviste jusqu'au bout des ongles :

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Enquête à suivre...


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Lundi 24 avril 2006 1 24 /04 /Avr /2006 15:51




Des deux, lequel aura été l'aigle
de la peinture du XXème siècle...
Salvador ou Pablo ?

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1958 ©


"J’ai très souvent exprimé, d’une façon très catégorique, que je considérais que Picasso était – après moi – le plus grand génie qui existe, mais c’est un génie de type opposé au mien c’est à dire que c’est un génie destructif hétérogène et anarchiste, tandis que mon génie, mon génie à moi, est de plus en plus près de celui des anges positifs par exemple de Raphaël. [……]
De ma peinture, je dirais… que mon œuvre picturale est une grande catastrophe, parce que je considère que tous les peintres modernes, nous sommes englobés dans cette grande décadence qui caractérise nos jours. C’est pour ça que ça paraît paradoxal que d’un côté j’aie pensé que je suis le plus grand génie et de l’autre côté que ma peinture est très mauvaise, mais il n’y a aucune contradiction parce que quand je dis que je suis un très grand génie, je le dis en rapport à mes contemporains et, considérant déjà que toute peinture contemporaine est un désastre.
Maintenant, quand je compare mon œuvre à celle de Raphaël et de Léonardo, alors évidemment, je deviens très humble. […….]
Je crois que ce désastre est la condition d’une nouvelle renaissance spirituelle.
[……]
La grande vérité était celle des Grecs qui ont créé des choses quasi-divines et le moment de la pleine connaissance." [............]

Écouter ici

C'est alors que je décidai de destructurer la matière et de tenter d'approcher la "mystique nucléaire" du maître.

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© Merlin

Mais je trouvai que le fétichisme et l'exhibitionnisme n'étaient pas suffisamment mis en valeur. Je passai donc à un autre stade, m'inspirant en cela de la cosmogonie du chou romanesco et de la substance de la corne de rhinocéros :


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Là, j'y étais presque ! L'aigle de Figueras avait insufflé en moi la mystique nucléaire qui ne me quitterait jamais plus. Bon, certes, nous étions encore loin de Vélasquez, de Raphaël ou de Léonardo... Néanmoins, il s'était passé quelque chose que je n'avais pas compris, mais j'en étais le créacteur, englobé dans cette grande décadence de l'art contemporain qui caractérise nos jours.




Alors, me retournant vers Pablo, je me mis à reconsidérer la femme, dans un mode perceptif non plus global mais analytique et objectal :

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J'en parlerai plus longuement dans une autre note, car en ce moment je ne fais que débuter mes investigations et mes études approfondies. Oops, j'ai retrouvé tous les morceaux, même le pancréas ! Mais bon à ce niveau, je me dis que Picasso a déjà une longueur d'avance sur Dali, non ? Vous ne trouvez pas ? Regardez !

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à suivre...



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Mardi 10 janvier 2006 2 10 /01 /Jan /2006 16:28
L'exposition "L'âge d'or des sciences arabes"
 à l'Institut du Monde Arabe.

L'article de Civetta est très élogieux à l’égard de cette exposition qui n’est pas tout à fait la première que l’IMA consacre aux sciences arabes. Dès l’inauguration en 1987, il y en avait eu une qui présentait déjà de nombreux astrolabes et instruments utilisés par les savants arabes… Je trouve néanmoins comme Civetta que cet âge d’or méritait le lustre et la publicité qu’on lui a donnés mais


        dans cette affaire de "L'âge d'or de la Science Arabe", il n'est quand même pas indispensable de trop s’emballer comme le fait un peu Ahmed Djebbar. Son enthousiasme est probablement contagieux mais il ne faut pas oublier de rendre à César ce qui est à César. ..
    Beaucoup de "découvertes" ou "d'inventions" sont systématiquement arabisées et notamment par le truchement du vocable : algèbre, chiffres, zéro etc... Il est vrai qu'un nombre de mots important de notre langue française proviennent de l'arabe (assassin, alcool, calibre, charabia, civette [donc Civetta], élixir, mesquin, souk, toubib j'en passe et des meilleurs !...
Il n'en reste pas moins certain qu'il aurait été plus juste de parler de "samkhyas" indiens plutôt que de chiffres arabes et de "shûnya" plutôt que de zéro...

Pour en revenir à l'exposition elle-même,

1) Vanter les mérites de l’expansion vers l’ouest, le nord et l’est de cette science arabo-musulmane au rythme des conquêtes des cavaliers d'Allah en plein Jihad, n’est-ce pas en même temps reconnaître les bienfaits ou l'action positive d’une colonisation musulmane sans limites ou presque ?
    À une époque où ce n’est pas de bon goût de faire l 'éloge des colonisations (et j’en suis d’accord) c’est étonnant que l’on glorifie celle-ci au prétexte que la Science y aurait été le grand vainqueur ! Rien n’est moins sûr !

2) Les nombreux savants qui ont fait cet âge d’or incontestable n’étaient pas tous Arabes et l’on joue bien volontiers sur l’ambiguïté arabe/musulman/persan ou même vivant dans une société musulmane dominée par les Arabes pour faire croire que toute cette richesse culturelle et intellectuelle est purement d’essence arabe. Les Perses comme Avicenne, les Ouzbeks comme Al-Khwarismi ou les Berbères d’Andalousie se voient vite dépossédés de leur origine nationale ou ethnique et sont subtilement assimilés à l’arabitude glorieuse...

3) Il suffit de lire sur  le site de l'Institut du Monde Arabe le texte qui présente l’exposition pour s’en convaincre. Ainsi, dans cette phrase
" La civilisation arabo-musulmane nous a légué le système de numérotation utilisé dans le monde entier et a transmis le chiffre zéro inventé par les mathématiciens indiens."
On peut croire ainsi que la numérotation (terme impropre d’ailleurs puisqu’il s’agit en fait d’une véritable numération, décimale; il eût été plus judicieux de parler de l'invention des chiffres en usage aujourd'hui) a été initiée ou inventée par les Arabes eux-mêmes alors qu’il n’en est rien puisque ce sont les Indiens et notamment l’inventeur du zéro de position utilisable dans les calculs, Brahmagupta. Et si les rédacteurs de ce texte  redonnent (pour une fois) la paternité du zéro aux mathématiciens Indiens c’est bien à ce dernier, astronome prestigieux et mathématicien prodige, et à lui seul qu’on le doit, dans sa valeur positionnelle, calculatoire et pour tout dire de nombre à part entière. Évidemment "sifr" le mot arabe a donné chiffres puis chiffres arabes pour des signes qui étaient rigoureusement indiens. Zéro lui-même vient de « sifr » avec un passage par ‘zefiro’ pour finir en zéro…

4) Alors, certes, les mots sont arabes mais les concepts viennent d’ailleurs, d’Inde notamment, de Grèce aussi car les érudits arabes ont fait dans un premier temps l’immense effort de traduire tout ce qui présentait un quelconque intérêt scientifique, ce qui ne retire rien à leurs mérites postérieurs dans le développement de ces sciences retrouvées.

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Il s'agit, au début de l'expansion arabo-musulmane d'une science assez élitiste et confidentielle qui regroupe - notamment à Bagdad, des savants de l'ensemble de l'Orient

« Les savants des pays d’Islam ont d’abord étudié et assimilé, puis prolongé d’apports nouveaux les disciplines pratiquées dans les civilisations antérieures (surtout grecque, mésopotamienne et indienne) en ayant recours à la science expérimentale et en défrichant des domaines et des techniques qui ne se constitueront que bien plus tard en Europe. »

Tout se passe en effet comme si l’Occident, pendant tout le Moyen Âge avait ignoré ou oublié l’enseignement des anciens Grecs alors que les Arabes ont su le reprendre à leur compte très vite.
    Le directeur de l'IMA affirme que les savants arabes ont traduit les textes grecs et ont apporté autre chose qu'une simple application de ces bases scientifiques que notre civilisation occidentale avait oubliées ou laissées de côté (on peut se demander pourquoi ?) c'est vrai ! On ne peut pas nier la progression de la science en cette époque féconde où les savants avient pignon sur rue. Mais ils n'étaient pas si nombreux qu'on veut bien le faire croire car la société islamique n'était pas extrêment démocratique et tournait essentiellement autour du Calife.

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Au Xème siècle Bagdad et Cordoue sont les deux places fortes de la science musulmane


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Ces deux siècles sont vraiment l'âge d'or de la science arabo-andalouse

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La splendeur de Bagdad et de l'Andalousie s'est effondrée dès le XIIème siècle jusqu'en 1492
 
    Pendant tout ce temps, on prétend que l'Occident croupissait dans une ignorance grave et que les mathématiques ne pouvaient pas progresser, à cause de l'indigence du système de numération romaine. Gerbert d'Aurillac y remédiera dès 995 juste avant de devenir le pape Sylvestre II : il introduira le système de numération indien et le zéro répandus en Andalousie par la conquête arabo-musulmane.
   Mais il n'est pas si sûr que les sciences en Europe étaient moribondes, si l’on excepte les mathématiques dont l’impulsion a été décisive grâce à Brahmagupta, d'autres sciences, en particulier la médecine continuaient de se développer avec quelques progrès deça-delà, mais on peut s’interroger sur le peu d’écho donné à ce qui se faisait de mieux en Europe, au XIIème siècle par exemple avec  Hildegarde Von Bingen. Est-ce parce qu’il s’agissait d’une femme ?

   Mais la médecine a bien progressé également en Andalousie pendant cette période.

D' un point de vue mémétique, on peut se demander comment des mèmes scientifiques occidentaux, aussi élaborés que tous ceux qui ont été consignés par les plus grands de nos savants grecs anciens,  n'ont pu être repris et valorisés que par des intellectuels orientaux, qu'ils fussent d'ailleurs arabes, juifs, musulmans ou pas. C'est une question qui, pour l'instant, semble ne pas avoir de réponse.
Par Jean-Pierre CRESPIN - Publié dans : Passeurs de mèmes
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