Samedi 2 août 2008
6
02
/08
/2008
14:16
C'est un jeu proposé et réalisé par Aimela, sorcière bas normande qui hante la bonne ville de Caen, berceau du Conquérant :
Début sans fin mais avec 15 mots "imposés" et illustrés
Votre texte devra commencer par : "C'est un glaçon..." , comporter au minimum 10 des 15 mots suivant :
angora - ordinateur - chanter - pousser - allumette - jeune - piscine - sept - rouge - courir - peindre - dépayser - salon - épisodique - linge
et être illustré si possible (avec une photo, un dessin, un tableau, une photo, une abstraction...)
Je vais donc m'efforcer d'utiliser tous ces mots et dans l'ordre proposé ce qui est pour le sens un défi supplémentaire.
C’est un glaçon, un très gros
glaçon qui fut rendu célèbre en 1912. Il flottait déjà quelques miles plus loin, dans la froidure des eaux venues du nord.
Rose deWitt Bukater avait enfilé un petit gilet angora car elle sentait venir la fraîcheur sur le pont du somptueux paquebot. Elle était fébrile, agitée, presque surexitée et son cerveau fonctionnait à la
vitesse d'un ordinateur. Enfin, dans sa cabine luxueuse, elle pouvait crier, chanter, pousser un peu sa voix car
elle était sûre que personne ne l’entendrait.
Elle craqua une allumette et la tendit négligemment
au bout de son fume-cigarette en nacre serti d'argent.
Rose ne pouvait oublier ce jeune homme si charmant avec lequel elle était encore dans la piscine une heure
avant car il lui avait parlé et lui avait fait un sourire si prometteur qu'elle en était toute retournée.
Sept ans de
bonheur ? Elle n’osait y croire. C’est pourtant ce que lui avait annoncé Jack alors qu’il la raccompagnait sur le pont. Elle était devenue toute rouge en entendant cette prédiction. Elle s’était mise à courir sur le pont pour rejoindre sa cabine. Oui, elle avait envie de peindre de se dépayser. Elle s’installa dans petit salon pour rêver encore un instant car elle avait un besoin épisodique de rêves et de projections dans le futur.
En regardant dans sa malle à linge pour choisir le corsage de ce soir, elle pensa encore
une fois à ce garçon mystérieux, puis elle décida de remonter sur le pont central, vers la salle de restaurant...
Par Merlin le zététicien des Mèmes
-
Publié dans : Drames humains
4
-
Partager
Samedi 26 juillet 2008
6
26
/07
/2008
18:20
BOITES À BIJOUX, BOÎTES À MUSIQUES, BOÎTES À SECRETS, BOÎTES PRÉCIEUSES
Ces douze miniatures de Fabergé sont tout cela à la fois. Chacune d'elles représente et joue un air d'un ballet célèbre. Ce sont des créations
très soignées en porcelaine, décorées richement comme sait le faire un habile joaillier. Cette collection limitée, je l'ai offerte à mon épouse il y a une vingtaine d'années car elle trouvait
cela trop joli et moi, j'y voyais déjà un fabuleux 'juke box' miniature.
Je lui ai confectionné un petit meuble en bois brut, juste ciré pour l'occasion, et j'ai suspendu ce présentoir dans notre chambre dans l'intention de faire de beaux rêves avec tous ces ballets
fabuleux...
Voici l'ordre de ces boîtes dans les différentes étagères qui leur ont été affectées par nos soins.
|
Le rossignol
|
Pulcinella
|
Pétrouchka
|
Cendrillon
|
|
La fleur de pierre
|
Shéhérazade
|
Le lac des cygnes
|
Raymonda
|
|
Roméo & Juliette
|
La belle au bois dormant
|
L'oiseau de feu
|
Casse noisette
|
La collection de douze boîtes à musique
Gros plan sur "Le lac des cygnes"
Le Lac des Cygnes joué par une boîte à musique
Avec une quinzaine de notes, tout est joué !
Mais on peut aussi en écouter une version orchestrale
Bon d'accord c'est un peu pompier ! Je préfère la sobriété de ma boîte à musique.
Voici donc jouée par l'Orchestre National de Paris en 1992 à l'Opéra Bastille,
l'ouverture du 2ème acte du Lac des Cygnes. Direction Jonathan DARLINGTON.
La clef n° 1 :
Cette boîte à musique contient le code inscrit sur son cylindre. Les lamelles métalliques tremblent lorsqu'un
picot - judicieusement placé - les fait vibrer dans la bonne tonalité et dans le bon rythme.
Une grille d'analyse mémétique relative à l'élément culturel transmissible "Le lac des Cygnes" :
Par Merlin le zététicien des Mèmes
-
Publié dans : Pour une refondation de la mémétique
4
-
Partager
Dimanche 6 juillet 2008
7
06
/07
/2008
10:24
Paroles: Jacques Brel. Musique: Jacques Brel, Gérard Jouannest et Jean Corti 1964
© Editions Musicales Pouchenel
Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends
Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend
Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent par la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit : je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.
Depuis plus de 40 ans, j'aurais eu envie que Jacques BREL transformât parfois les vers 13 & 14 :
"Et s'ils sortent
encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide"
en
"Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de rêve
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux et la fin d'une trêve"
Oui, j'avais envie de faire ressurgir les rêves endimanchés de nos vieux tout fanés
Par Merlin le zététicien des Mèmes
-
Publié dans : Poésie
4
-
Partager
Dimanche 22 juin 2008
7
22
/06
/2008
15:21
Une nouvelle terminologie : le tème
"Si nous retenons l’approche proposée par Susan
Blackmore, celle des "tèmes" , nous ferions de ces technologies des réplicants autonomes, venant en compétition avec les gènes et les mèmes. Comme ces réplicants
paraissent doués de beaucoup plus de pouvoirs (technologiques) que les gènes et les mèmes, ils pourraient en se multipliant éliminer la vie et en tous cas l’homme de la Terre. En contrepartie,
ils pourraient peut-être entreprendre la conquête d’autres planètes. Nous pensons pour notre part que ces considérations relèvent – au moins à ce jour – de la science fiction.
Dans l'approche moins simplificatrice que nous avions proposée dans les articles précédents, nous suggérions le terme de systèmes bioanthropotechniques*. Le mot est affreux, convenons-en.
Mais il montre bien le côté composite des réplicants technologiques, comme "le monde de l'automobile" ou celui "des armes à feu". Il y a en eux du biologique (nos gènes nous conduisant à nous
regrouper, à nous approprier des objets, etc.), de l'anthropologique culturel (les cultures qui nous poussent à construire tels types de société, d'outils et d'usages) et du technologique (les
techniques qui se développent selon des lois propres où l'humain intervient peu).
Parler d'une troisième catégorie de réplicants, les tèmes, comme le fait
Blackmore, présuppose que, dès maintenant ou très vite, ces entités prendront leur autonomie réplicative et entreront en conflit
darwinien avec les gènes et les mèmes, c’est-à-dire avec nous. La perspective, on le sait, a déjà été envisagée à propos des robots. Or, ceux de nos lecteurs bien informés des progrès de la
robotique autonome savent que, pour le moment encore, l’ère de robots s’émancipant des hommes et les combattant avec succès n’apparaît pas proche."
(Jean-Paul BAQUIAST)
* Systèmes bioanthropotechniques ? Non, le mot n'est
pas si affreux Jean-Paul : il est au contraire extrêmement bien formé, contrairement à "ère du zootechnocène" dont je ne comprends bien ni le "zoo" ni le "cène" car le monde animal n'a jamais développé de technologies, juste des stratégies adaptatives de
nature innée et transmises par le génome (génétiques pour tout dire) et le suffixe "cène" s'il prend ses racines il y a 1,5 million ou 2 millions d'années n'est pas tout à fait approprié.
S'agissant des découvertes utiles à Homo sapiens par contre (quelques dizaines de milliers d'années) cela pourrait se concevoir...
Susan Blackmore présente les concurrents des gènes et des mèmes,
parfois avec beaucoup d'humour.
Par Merlin le zététicien des Mèmes
-
Publié dans : Pour une refondation de la mémétique
2
-
Partager
Mercredi 18 juin 2008
3
18
/06
/2008
17:23
Côtis-Capel
D'après une photo d'Alex BOIVIN prise en 1982 à la kermesse
d'Urville-Nacqueville, face à l'école qui, quelques années plus tard,
s'appelera "École Côtis-Capel".
Côtis-Capel, c'est le pseudonyme littéraire de l'un de nos plus
grands poètes en langue normande. Cet homme, Albert LOHIER, naquit le 22 janvier 1915 à Urville- Hague.
On peut trouver une biographie de ce personnage atypique, qui étai prêtre ouvrier, mais qui fut surtout le premier prêtre marin pêcheur à ce lien
Wiki :
La voix d'Albert était exceptionnelle et on peut mesurer ici toute la richesse de ses inflexions, toute l'expressivité et toute l'émotion
qu'elle recèle dans ce texte de Jacques LANIÈCE où il fait parler un ouvrier agricole :
Ah ! Ah ! C'te jeunesse, la v'là déjà envolae... C'est byin comme la myinne de jeunesse. À c't'heure les trucs d'amoureux j'm'en fous pas mal,
c'n'est pus d'mon temps. C'qui m'faudrait à mé, c'est une moque de beire à chaque coup qu'j'en ai envie.
Créyous qu'c'est juste d'arriver à m'n'âge sans beire, sans fagots ni bouais pour m'caoffer les pyids ?
Y' a byin la pension des vieux... Ah vé, la pension des vus... Quand vous aurez travailli coume mé garçons, quand vous auras fait autant d'fagots, autant d'bottes de foin qu'j'en
ai fait dans ma vie, quand vous aurez sumé c'que j'ai sumé d'blé et d'orge et d'avaine et d'colza et r'piqui autant d'bettes et laboura, faochi, herchi autant d' vergies, quand vous
n'n'aurez bavé coume mé à couri ces maudites gerces, à rapasser des génisses qu'étaient parties dans le clos au tauré...
Ah quand vous aurez ramassé dans la gelae autant de boussiaux d'poumes que mé qu'en avais les doigts tout raidis... Eh byi vous pourrez prêchi garçons...
NB : Ce texte lu par Albert LOHIER,n'est pas écrit en pur normand mais il représente bien la manière dont les journaliers agricoles pouvaient s'adresser à des horzains ou à des "gens de la
ville" quand ils leur adressaient la parole.
Voici à présent un texte de Côtis-Capel en personne, dit par lui-même. Il s'agit de son "miserere", celui qui sera dit le jour de son
inhumation. Une sorte de confession de vie grandiose et en même temps pleine de modestie et d'humilité :
Je donnerai bientôt la traduction de ce poème qui, dans sa langue originelle, est tout simplement sublime.
Albert LOHIER fut le premier
prêtre marin pêcheur. Un de ses amis, Charles CERISIER (prêtre lui aussi) vient d'écrire un livre dans lequel il rapporte les événements forts de la vie de Côtis-Capel grâce à de
nombreux documents, notamment écrits de la main du poète prêtre et marin.
"J'ai gardé le cap"
Albert
Lohier/Côtis-Capel
Documents
de Charles
CERISIER
Éditions
Isoète 2ème trim 2008
Je ferai un article complet pour
présenter cet ouvrage précieux dès que j'aurai fini de le lire jusqu'au dernier paragraphe.
<== Côtis-Capel dans son travail quotidien de marin pêcheur, au milieu de ses compagnons dont il a voulu partager la vie.
Un merveilleux poème de Côtis
Anichi dauns sen bèr, eun qu'nâlot qui vous guette,
Et vous v'là inochent, et vous v'là surgouolaé,
Y a-t-i d' quei d' pus jati qu'un p'tiotin afêtaé
Qu'en est ergouème' dé beire et qui fait des risettes.
J'n'ousons paé y touqui, ch'est gros coume eun' rébette !
Et touos, dé louen, j'prêchons dé sa joulie sauntaé,
D'sen ren et d' sen fèssyi qu'ount byin toutes les bountaés,
Et j'counv' nouons tout bouon'ement qu'i s'porte coume sounette.
Mei qui n'i janmais eu ni bourjouès' ni éfaunts
- Mais ch'est lo men histouèr', vous l'ont dit les set vents -
Chu qu'nâle e sen p'tit lyit toute la seirée m'assoument,
J'mé dis qu'chu p'tiotinet s' sa quiqu'eun d' counséquent
Pis qu'i réra des qu'nâl's et qu'cha r'séra des houmes.
Veir' ch'est eun gros dé d'quei qué d'mouri sauns éfaunt.
(Les côtis éd Isoète 1985 p.167)
Par Merlin le zététicien des Mèmes
-
Publié dans : Philosophie, littérature et poésie
5
-
Partager