Il y a donc cinq sortes de mémoires qui s'exercent au sein du cerveau de l'homme afin de conserver les traces
d'apprentissage que lui fournissent en même temps le milieu environnant naturel et celui créé par ses semblables, depuis que les civilisations existent : il s'agit de la culture humaine,
transmise par l'éducation familiale, sociale et par tous les médias utilisables dans la communication, l'information et la distraction.
1) La mémoire procédurale est quasiment une mémoire motrice réflexe qui s'alimente avec grand profit de
l'activation des neurones-miroirs susceptibles de s'activer lors des actions des autres et incitant celui qui en est le siège à reproduire ces actions à l'identique. Mais certains gestes de
virtuoses, qui ne sont le fait que de très grands musiciens ou sportifs, nécessitent un entraînement très long et très complexe. Conduire une voiture, piloter un avion ou un hélicoptère
font appel à cette mémoire procédurale au même titre que monter ou descendre un escalier, faire du vélo, du ski ou du patinage.
2) La mémoire de travail n'est efficace que sur une très brève période.
Elle permet de retenir quelque temps le n° minéralogique d'une voiture qui nous a arraché le rétroviseur en dépassant mais il est prudent de le noter assez vite ce numéro car cette
mémorisation ne tient pas plus de 90 secondes en général.
On peut aussi se servir de cette mémoire de travail pour retenir un n° de téléphone, juste le temps de le composer sur un clavier.
3) La mémoire de nos SRP (Systèmes
de Représentation Perceptive)
C'est une mémoire qui permet de reconnaître les formes et les structures, les sihouettes, les figures géométriques, les mots écrits, des abstractions, des
signes complexes, des visages mais abstraction faite de leur signification sémantique explicite, tout au plus nous reconnaissons en quelques dizaines de millisecondes leur connotation
émotionnelle, affective.
4) La mémoire épisodique est sans doute notre mémoire la plus
personnelle. C'est celle de notre histoire individuelle dans laquelle sont répertoriés tous les événements que nous avons vécus ou dont nous avons été témoins. Toutes nos expériences sont
emmagasinées dans cette mémoire très nombriliste. On l'appelle parfois aussi mémoire autobiographique. C'est vraiment la mémoire du "je". En cas d'amnésie, c'est ce type de mémoire
personnelle qui est touchée...
5) La mémoire sémantique est un type de mémoire très complexe et très
étendu. C'est elle qui nous fait retenir le sens des mots. Elle est par excellence la mémoire des écoliers, des étudiants, celle de tous les apprentissages, la mémoire de tous les
événements culturels que nous nous sommes appropriés ainsi que celle des repères historiques et géographiques.
Il semble bien, au travers de cette exploration des mémoires, que
les mèmes de première catégorie - premiers savoir-faire du corps et des aires corticales motrices chargées de générer le mouvement des articulations et des muscles qui les actionnent - sont
majoritairement des utilisateurs de la mémoire procédurale.
Par contre, les mèmes du deuxième type, nécessitant un vocabulaire, une culture verbale bien développée seront plutôt enclins à se nicher
dans les replis de la mémoire sémantique qui constitue l'essentiel de notre bibliothèque (lexique & répertoire de protocoles ainsi que bases de données culturelles
diverses...)
Quant aux mèmes du troisième type, volatils et superfétatoires par excellence, ils papillonnent d'une mémoire à l'autre en inscrivant des
"étiquettes" superficielles dans la mémoire sémantique, en fixant provisoirement quelques attitudes & comportements de mode dans la mémoire procédurale, en chassant la mémoire de
travail d'un revers de la main au profit du travail mécanique des neurones-miroirs, imitateurs parfaits, en faisant passer tous les éléments de mémoire épisodique dans une mémoire
collective moutonnière et sans la moindre personnalité, bref en favorisant systématiquement la nouveauté de groupe, éphémère et superficielle, au détriment de l'originalité profonde et
durable. Ce sont les mèmes du tout jetable et des technologies du futile et de l'inutile, les mèmes de la société de consommation et du tout Kleenex, y compris les employés...
jetables. Ce sont aussi les mèmes du "prêt-à...", du Mac Do, des publicités stupides, de la tyrannie des "marques" chez les jeunes.
06-11-2006