L'esclavage de l'heure

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TEMPUS FUGIT...
 

Le temps s'en va madame
Las le temps
Mais nous nous en allons

Et tôt serons étendus sous la lame...
 

Un univers pascalien

 
Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie.

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Le libre arbitre des hommes consiste à choisir la femme qui décidera à leur place.

C’est le propre des censures violentes d’accréditer les opinions qu’elles attaquent.
(Voltaire)

Si tu ne mènes pas ton propre combat, on fera de toi le combattant d'une cause qui n'est pas la tienne.

Au jour le jour

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Présentation

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  • : Merlin le zététicien des Mèmes
  • memetics-story
  • : Homme
  • : 01/01/2008
  • : Pontorson

Présentation

Tentatives de définitions

MÉMÉTIQUE: Discipline nouvelle des sciences humaines qui observe et étudie par des approches pluridisciplinaires la manière dont les activités culturelles de l'Humanité sont initiées, se développent, se reproduisent, se répliquent au sein des communautés d'Homo sapiens sapiens, dans le temps et dans l'espace...

MÈME: Unité d'information contenue dans un cerveau *, échangeable au sein d'une société donnée.  Il s'agit d'un contenu culturel capable de se dupliquer, de se répliquer (idée, technique, comportement, habitude, tradition, mode)  en se recopiant d'un cerveau vers d'autres cerveaux, selon des processus évolutionnistes et grâce à des procédures variées : mimétisme dû aux neurones miroirs, paroles, écrits, dessins, attitudes, etc... Tous les modes de broadcasting peuvent être utilisés entre le cerveau émetteur et les cerveaux récepteurs.
* Jean-Pierre CHANGEUX parle d'engramme neuronal dès 1983.

(Les mots mémétique et mème  juste au-dessus sont cliquables et ils apportent de précieuses informations...)

LES MÈMES DE LA LANGUE NORMANDE
(Cliquer sur ce lien)
Mardi 25 avril 2006
Je venais d'achever cette représentation imagée de mon jardin d'agrément, tapi derrière les pousses neuves de cannabis, lorsque l'on sonna à la porte...

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C'était un archéologue qui disait se prénommer Cyrille et qui voulait discuter avec moi, à propos d'un document qu'il avait retrouvé par hasard dans une boîte en fer datant d'on ne sait quand :

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Évidemment, il n'y avait là que quelques fragments d'un graphisme dont on aurait dit qu'il avait été gravé imparfaitement dans de l'argile - comme fossilisé - mais réellement en positif. Il était difficile de dire de quoi il s'agissait tant les empreintes étaient altérées. Je proposai à Cyrille, archéologue d'art à ce qu'il m'avait affirmé de passer dans mon atelier afin de soumettre ce document à l'objectif de la caméra à positrons. Le résultat ne se fit pas attendre :

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Cela ne ressemblait à rien de connu. Je proposai à ce jeune chercheur d'utiliser le stroboscope à résonance moléculaire dissonante, et quelle ne fut pas notre surprise de constater que nous apercevions un graphisme connoté cubisme constructiviste jusqu'au bout des ongles :

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Enquête à suivre...


par Merlin des Mèmes publié dans : Passeurs de mèmes
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Lundi 24 avril 2006




Des deux, lequel aura été l'aigle
de la peinture du XXème siècle...
Salvador ou Pablo ?

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1958 ©


"J’ai très souvent exprimé, d’une façon très catégorique, que je considérais que Picasso était – après moi – le plus grand génie qui existe, mais c’est un génie de type opposé au mien c’est à dire que c’est un génie destructif hétérogène et anarchiste, tandis que mon génie, mon génie à moi, est de plus en plus près de celui des anges positifs par exemple de Raphaël. [……]
De ma peinture, je dirais… que mon œuvre picturale est une grande catastrophe, parce que je considère que tous les peintres modernes, nous sommes englobés dans cette grande décadence qui caractérise nos jours. C’est pour ça que ça paraît paradoxal que d’un côté j’aie pensé que je suis le plus grand génie et de l’autre côté que ma peinture est très mauvaise, mais il n’y a aucune contradiction parce que quand je dis que je suis un très grand génie, je le dis en rapport à mes contemporains et, considérant déjà que toute peinture contemporaine est un désastre.
Maintenant, quand je compare mon œuvre à celle de Raphaël et de Léonardo, alors évidemment, je deviens très humble. […….]
Je crois que ce désastre est la condition d’une nouvelle renaissance spirituelle.
[……]
La grande vérité était celle des Grecs qui ont créé des choses quasi-divines et le moment de la pleine connaissance." [............]

Écouter ici

C'est alors que je décidai de destructurer la matière et de tenter d'approcher la "mystique nucléaire" du maître.

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© Merlin

Mais je trouvai que le fétichisme et l'exhibitionnisme n'étaient pas suffisamment mis en valeur. Je passai donc à un autre stade, m'inspirant en cela de la cosmogonie du chou romanesco et de la substance de la corne de rhinocéros :


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Là, j'y étais presque ! L'aigle de Figueras avait insufflé en moi la mystique nucléaire qui ne me quitterait jamais plus. Bon, certes, nous étions encore loin de Vélasquez, de Raphaël ou de Léonardo... Néanmoins, il s'était passé quelque chose que je n'avais pas compris, mais j'en étais le créacteur, englobé dans cette grande décadence de l'art contemporain qui caractérise nos jours.




Alors, me retournant vers Pablo, je me mis à reconsidérer la femme, dans un mode perceptif non plus global mais analytique et objectal :

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J'en parlerai plus longuement dans une autre note, car en ce moment je ne fais que débuter mes investigations et mes études approfondies. Oops, j'ai retrouvé tous les morceaux, même le pancréas ! Mais bon à ce niveau, je me dis que Picasso a déjà une longueur d'avance sur Dali, non ? Vous ne trouvez pas ? Regardez !

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à suivre...



par Merlin des Mèmes publié dans : Passeurs de mèmes
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Mercredi 19 avril 2006
Sur certains blogs bien sympathiques (il n'en est pas de même pour tous) il est question d'ART et de perception...                      
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Regardez bien cette image pendant un certain temps et vous aurez une petite idée de la manière dont la perception de ce qui est représenté obéit à des règles biologiques, physiologiques qui sont complètement sous la dépendance de réseaux de neurones spécialisés chargés de les percevoir.
Il y a là un assemblage et un jeu subtil de formes et de couleurs qui n'est pas sans rappeler l'art de Vincent Van Gogh et qui "allume" un nombre donné de neurones spécialisés dans le décodage de ces informations. Ainsi, pour reconnaître des visages, il n'y a que quelques poignées de cellules cérébrales qui sont dédiées (au sens informatique du terme) à cette fonction.
Pour la perception de l'oeuvre d'art, il en est de même. Les mécanismes cérébraux de la perception sont très complexes mais commencent à être plutôt bien localisés grâce notamment à l'imagerie médicale.


Ainsi, chez Lydia on trouve un article du lundi 17 avril qui aborde le phénomène de la perception (paragraphes 3, 4 et 5 notamment)

       Lire cette note et les commentaires qui lui répondent

Après une lecture attentive et la plus fine dont je sois capable de ce qu'a écrit Lydia, je répondrai ceci, très simplement, sans entrer dans le détail des processus de perception car ce serait trop long :
La perception ne fait pas défaut. Elle est conditionnée par toute une éducation qui génère des amorçages de type subliminal et ce sont ces amorçages qui activent le mode perceptif lors de stimulations cérébrales nouvelles (en présence de l'art comme en présence de toute manifestation de l'activité et de la culture humaines.
Ainsi les croyances (religieuses par exemple) donnent des perceptions spécifiques en tel ou tel endroit symbolique de la foi. Pour les croyances en matières d'art, il en est de même, très exactement selon les mêmes modalités. Ce sont des processus rigoureusement identiques qui se mettent en activité dans le cerveau des personnes concernées.
C'est donc le "formatage", sorte de catéchisme de l'art qui permet de percevoir une oeuvre, de la lire de telle ou telle manière.
Regarder ou écouter une oeuvre d'art ou prétendue telle est avant tout une activité culturelle qui a nécessité un apprentissage comme celui de la lecture ou de l'écriture : bases des arts plastiques et de l'histoire de l'art ou solfège associé à la pratique d'un instrument et à l'histoire de la musique, etc... Mais surtout une pratique minimale de l'art en question afin d'en avoir compris les ressorts dans son être physique.
Là où Lydia fait une erreur à mon humble avis c'est lorsqu'elle mélange le "travail de conceptualisation" de l'artiste et celui du spectateur, auditeur, de celui qui crée et de celui qui reçoit.
Bien sûr que cela exige une compétence globale comme pour celle de la lecture fine et de l'écoute avertie du mélomane.
Si l'on est - en effet - en panne de signes, c'est essentiellement à cause de l'émetteur qui
-  ou bien n'a pas su transmettre le code
- ou bien fait quelque chose de foncièrement abscons, incompréhensible.
- ou bien s'enferme dans des ratiocinations abstruses avec lesquelles il cherche juste à se faire remarquer par d'autres moyens que les moyens répertoriés.

Je voudrais aussi revenir sur trois concepts bien utiles relativement à la perception :
- La rupture épistémologique et/ou historique
- Le conflit cognitif
- La dissonance cognitive

Dans le domaine de l'art pictural la rupture amorcée dès la fin du XIXè sicècle s'explique en grande partie par l'avènement de la photographie, puis plus tard par le cinéma...
Tout conflit cognitif peut être productif à condition qu'il soit bien explicité et "absorbé". C'est à cette seule condition que le stade antérieur de représentation sera intégré par le suivant, et ainsi de suite.
La dissonance cognitive a un tout autre statut. Avec ce procédé, on cherche à faire prendre à quelqu'un un parti qui n'est pas le sien en le mettant en situation de défendre ce parti avec ou sans rétribution.

La dissonance cognitive appliquée à la perception de l'ART ?

Mon sujet favori est le formatage des groupes par pôles d'intérêt. Le négoce de l'art n'échappe pas à cette pratique de formatage de grande envergure. En effet, il s'agit bien d'implanter des croyances. C'est très exactement à ce niveau que se situe le conflit cognitif généralisé.
Certaines formes d'art contemporain ne cherchent pas à "faire sortir de LA croyance" mais plutôt à implanter une nouvelle croyance avec ses adeptes, un peu comme le font les sectes, pour des raisons essentiellement pécuniaires.
La "doxa" n'est pas la connaissance, c'est plutôt l'opinion des dominants, et le but de tout groupe d'intérêt est de tenter de faire en sorte que son opinion devienne la doxa nouvelle, d'où tous les prosélytismes auxquels nous sommes confrontés en cette période de médias redondants et multiples.

Au fait, pour valider vos savoirs ou savoir-faire en matière d'art, avez-vous fait le test.

Habilitation à parler de l'art

(Juste trois clicks et 5 petites questions... N'est-ce pas qu'il faut une formation pour converser sur le sujet de l'art ?)


PS :
Une petite définition de l'ART.

L'art est la création-invention, au niveau du mécanisme de la pensée et de l'imagination, d'une idée originale à contenu esthétique traduisible en effets perceptibles par nos sens.

Le déroulement et l'ordonnance de ces effets sont élaborés par un programme dans le temps ou dans l’espace, ou dans les deux à la fois, dont les composants et les rapports de proportion sont optimaux, inédits et esthétiques.

Ces effets sont transmis grâce à l’emploi de signaux visuels, auditifs ou audiovisuels, à tous ceux qui, accidentellement ou volontairement, deviennent des spectateurs-auditeurs temporaires ou permanents de ces effets.

Il en résulte un processus de fascination provoquant une modification plus ou moins profonde de leur champ psychologique selon le degré de la valeur esthétique de la création.

Cette modification doit aller dans le sens de la transcendance, de la sublimation et de l’enrichissement spirituel par le truchement du jeu complexe de la sensibilité et de l’intellect humains.

Grâce à la faculté de dépassement du créateur, les produits esthétiques à forte percussion pénètrent à travers les réseaux de communication multiples, dans la réalité sociale.

Pour atteindre ce but, le créateur doit utiliseR un langage et des techniques qui correspondent au véritable niveau de développemen de son époque.

VOUS AGRÉE-T-ELLE ? Moi, oui j'adhère... Et Théo ?
par Merlin des Mèmes publié dans : Actualité culturelle
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Mercredi 12 avril 2006
Les mèmes se transmettent de cerveau en cerveau. Leurs codes s'altèrent quelquefois en cours de route...
Presque chaque année il y a au bac un sujet de philo sur l'art :
- L'art nous détourne-t-il du réel ?
- L'art peut-il nous affranchir de l'ordre du temps ?
- L'art peut-il transformer le laid en beau ? (Et lycée de Versailles...) (°!*)
- L'art peut-il échapper au critères du beau et du laid ?
- Le beau artistique est-il l'expression d'une idée ?
- L'art conceptuel remet-il en cause le partage entre art, technique et théorie ?
- L'artiste peut-il vouloir le laid ?


Il est intéressant de suivre le cheminement de l'art. C'est une démarche qui nous renseigne au mieux sur l'évolution des civilisations et des perceptions de l'homme au fil du temps.

(Cliquer sur le lien ci-dessous )
Les écoles artitiques depuis 1760 avec le néo-classicisme et la suite...

Mais une nouvelle école est née ! L'école tagoriste qui fait son chemin sur les murs, comme les escargots les matins d'été humides.

École tagoriste 2006-2386
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École negropictoïde 18 500-23 789
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Il semblerait bien que la boucle est bouclée. Une véritable révolution est donc amorcée qui nous ramènera aux sources. L'idée & le concept vont nous faire franchir un bond gigantesque de 70 000 ans vers le beau et le sublime en passant par le laid, le hideux et l'abyssal qui, comme le sublime élève rabaisse les potentialités d'Homo sapiens au niveau de celles d'un crapaud accoucheur qui aurait accouché d'un cloporte kafkaïen.
L'art conceptuel ? En voilà une idée nouvelle et riche d'à-venir.

Et puis l'art, ce n'est pas que l'art pictural ! Hein !
Il y en a sept à présent...
par Merlin des Mèmes publié dans : Actualité culturelle
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Dimanche 5 mars 2006
Le silence est le dernier refuge de la liberté.

Le silence est un ami qui ne trahit jamais.

La plus grande révélation est le silence.

Le silence s'entend si bien quand tout est silencieux.

Mais qui donc a dit tout ça ?
par Jean-Pierre CRESPIN publié dans : Mémétique pratique
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Mercredi 8 février 2006
   Voici un texte que je vous demande de lire avec un regard de méméticien c'est à dire en ne considérant que l'espace du savoir, son évolution, ses mutations et son devenir dans une perspective d'écologie cognitive...


  Les objets de connaissance privilégiés de l’Espace du savoir sont les intellectuels collectifs et leurs mondes.
   Les intellectuels collectifs, c’est-à-dire des communautés humaines communiquant avec soi, se pensant elles-mêmes, partageant et négociant en permanence leurs relations et leurs contextes de significations partagées. Leurs mondes, c’est-à-dire leurs ressources, leurs environnements, leurs connexions cosmopolites avec les êtres, les signes et les choses, leurs implications dans les diverses machines cosmiques, techniques et sociales qui les traversent. Le monde d’un intellectuel collectif n’est rien de stable ni d’objectif. Il résulte d’ouvertures, d’élaborations, d’usages et d’évaluations mouvants, sans cesse réitérés. Si bien que ce monde dérive et se transforme au rythme des métamorphoses de son intellectuel collectif.
  L’objet privilégié de l’Espace du savoir n’est donc pas l’homme en général, ni même l’objet des sciences humaines ou sociales, mais une figure spécifique de l’Espace du savoir qui ne pourra s’appréhender qu’avec les instruments conceptuels et techniques propres à cet espace. Pourtant, le candidat qui semblait désigné pour être l’objet de connaissance favori du quatrième espace n’était-il pas la cognition ? En effet, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les sciences cognitives accompagnent la montée en puissance de l’Espace du savoir. Les sciences et techniques de la cognition forgent effectivement les outils informatiques et certains instruments conceptuels du quatrième espace. Mais bien qu’elles contribuent dans les faits à une véritable mutation anthropologique, les sciences cognitives ne sont pas, aujourd’hui, à la hauteur des effets qu’elles sont capables de provoquer. En effet, elles sont censées traiter de l’intelligence humaine en général, indépendamment des temps, des lieux et des cultures, alors que l’intelligence est depuis toujours artificielle, équipée de signes, de techniques, en devenir et collective.
  Nous avons proposé dans Les Technologies de l’intelligence un élargissement des perspectives des sciences de la cognition en esquissant le programme d’une « écologie cognitive ». Le régime de production et de distribution du savoir ne dépend pas seulement des particularités du système cognitif humain, mais également des modes d’organisation collective et des instruments de communication et de traitement de l’information. L’écologie cognitive devrait donc se consacrer à l’étude des interactions entre les déterminants biologiques, sociaux et techniques de la connaissance. Mais l’écologie cognitive relèverait encore des sciences humaines ou sociales, or nous voudrions indiquer ici un au-delà des sciences humaines.
 Si elles prenaient véritablement en compte la spécificité de leur objet, les sciences humaines traiteraient de la liberté et de la signification. La notion de signification doit être prise ici dans son acception la plus étendue. Il s’agit moins de la manière dont un signe se réfère à l’objet qu’il désigne que du rapport entre un événement et un contexte. La signification d’une entité propre au domaine humain n’émerge qu’en relation avec une configuration dynamique, et ne se réduit pas à la simple flèche de la référence. On peut dire que les êtres humains, considérés en tant qu’hommes, et non en tant qu’objets physiques ou corps vivants, évoluent dans les espaces de signification, espaces qu’ils ne se contentent pas de remplir et d’arpenter mais qu’ils contribuent tout aussi bien à produire et à transformer.
            Pierre LÉVY (L'Intelligence collective 1994 éd de la Découverte)


Mon commentaire à propos de cet extrait

Les savoirs fondamentaux de l’espace culturel humain contribuent à édifier au fil du temps un conscient collectif en mouvement dans son environnement. Les ensembles de réseaux de réseaux de neurones composés par les systèmes nerveux de chacun, associés dans une relation permanente de toute la communauté humaine, constituent de fait les intellectuels collectifs de notre Humanité.
   Leurs mondes ou micro-mondes sont  les objets environnementaux que testent en permanence leurs capteurs : vue, ouïe, sens du toucher, goût, odorat, et tous les autres capteurs internes modifiant presque en temps réel équilibres hormonaux et neuro-hormonaux du système.
S’y ajoutent la raison - la capacité de choix donc -  et les machines (technologies intellectuelles) créées par l’esprit humain afin de prolonger ou affiner leurs sens et leurs potentialités diverses. Ce sont des systèmes intelligents, experts, en interaction permanente avec le milieu environnant. Ils testent leur espace de vie afin de s’y adapter de mieux en mieux en produisant des solutions et des comportements de plus en plus pertinents.
   Le sujet humain, individuellement et collectivement, ainsi que les objets de ce monde ambiant sont engagés conjointement dans une interactivité dynamique continuelle. L’objet privilégié qui anime cet ensemble et ce système qui se réajustent et se rééquilibrent en permanence n’est pas identifiable au premier abord. Est-ce une entité de niveau supérieur qui préside et contrôle l’équilibre de ces systèmes ? Est-ce le chaos ? Une construction fractale d’un espace modélisable du savoir ? On aimerait comprendre comment s’ajustent et s’organisent les conditions de la connaissance et comment s’opèrent les apprentissages au sein des cerveaux associés de l’Humanité…
   Les seules sciences auxquelles je reconnais actuellement une validité incontestable pour permettre d’aborder l'élucidation des mystères de la cognition sont les neurosciences dures. L’anthropologie peut être une aide diachronique précieuse mais elle ne peut expliquer à elle seule les ressorts de tous les fonctionnements neuronaux qui façonnent de manière quasi synchrone la pensée humaine et ses évolutions culturelles dans ses moindres détails.
   Les ressources à la fois individuelles et collectives de cette intelligence en réseau sont semblables à celles de la toile du www, cette étrange base de données qui nous relie tous. La différence essentielle étant que nous, à chaque instant, nous avons l’initiative et restons maîtres des choix que nous y opérons… Énorme différence de nature avec l’ univers cathodique ou médiatique classique, de la TSF ou des autres médias.
L’équilibre entre le sujet humain, ses collectifs intelligents associés et les objets environnants dans lequel Homo sapiens est condamné à vivre est indispensable à la survie de l’espèce, mais il est en même temps le moteur d’inférence de toutes les mutations et de tous les progrès que réalise le collectif intelligent.
À cet égard, les outils « amplificateurs de communication » que nos technologies les plus récentes ont permis de mettre en œuvre sont des artifices précieux de traitement de l’information, en même temps que des prothèses-prolongements techniques extra-biologiques. Leur utilisation est néanmoins entièrement sous notre contrôle et il conviendrait d’établir à cet égard des protocoles rigoureux et scientifiques afin d’en mesurer les effets pour  l'avenir et de proposer des prospectives fiables ainsi que des modèles explicatifs incontournables.
   Le libre-arbitre de l’Homme est en jeu dans la maîtrise de ce défi technologique. Le sens de la présence de l’homme dans ce pari est finalement celui d'une responsabilité totale. Les êtres humains ne sont pas seulement des objets physiques, lieux de résidence des objets de signification codés, mais ils sont avant tout créateurs, auteurs et acteurs des objets de culture - ces mèmes - qu’ils contribuent à transformer et à pérenniser dans les structures biologiques et dans les matières inertes qu’ils ont colonisées.
                          Jean-Pierre Crespin


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       Pierre LÉVY ?       

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      ORGANIGRAMME ?    

par Jean-Pierre CRESPIN publié dans : L'intelligence collective
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Lundi 6 février 2006
EN ROUTE VERS LE CANYON  DE LA MONTAGNE DE LA CHÈVRE...

   Un @mi m'a dit aujourd'hui "Ce qui est curieux, c'est que tu as été déçu de ne pas trouver réponses à tes questions, sans comprendre que plus on cherche à répondre à des questions, et plus on en trouve des questions. C'est un des principes de la recherche..."
  
Je lui propose tout d'abord de lire ce texte qui est une parabole de la vie et de la manière de représenter les connaissances de toute nature qu'on y acquiert en se posant des questions dans tous les domaines, chemin faisant :
Le parcours initiatique de la vie

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   Je voudrais reprendre aujourd'hui cette image du canyon afin de mieux expliciter le cheminement de la pensée d'un être humain dans ce difficile et long chemin de l'acquisition de savoirs, de savoir-faire, de savoir-être et de savoir-vivre au final.
Ce canyon est magnifique ! C'est le Canyon de la Connaissance. Vous voulez bien que je l'appelle comme ça ?

    Je suis né, aux Sources d'Elle, une toute petite rivière normande, il y a un peu plus de six décennies. Au départ,  je ne voyais rien de ce canyon car je suis resté à l'horizontale ou à quatre pattes plus de seize mois, retardé sans doute par des souvenirs de guerre qui n'aident pas à se redresser hardiment... Lorsque je me suis relevé un peu de mes frayeurs, j'ai commencé à apercevoir la belle ligne arborée que constitue sa partie la plus haute.
   Et puis, fasciné par l'étrange beauté de ce paysage lointain, j'ai pris la décision d'avancer vers lui, à petits pas.
  J'ai découvert au tout dbut du sentier le langage des hommes, celui que m'a appris ma mère essentiellement et Cécile l'employée de maison (comme on dit...)
  J'ai rencontré la mort très tôt, celle de ma pauvre mère, alors que j'avais deux ans, puis j'ai connu des maîtresses exigeantes, compréhensives et bienveillantes à la fois jusqu'à cinq ou six ans...
   Au fur et à mesure que mon pélerinage avançait, je découvrais de nouveaux aspects du canyon, de plus en plus précis. Les détails s'accentuaient, se précisaient, et chemin faisant, je faisais souvent des hypothèses car je n'avais pas de guide...
  Vers mes sept ans, la lune et ses aspects divers de croissant ou de disque d'or m'intriguait : je décidai d'imaginer que ce serait grossièrement une demi-sphère, semblable à un ballon dégonflé, dont l'une des parties était rentrée dans l'autre; la partie rentrée étant obscure alors que la partie convexe était toujours lumineuse. Elle tournait sur elle-même et se présentait donc sous tous ses aspects : disque plein, croissant vers la droite, croissant vers la gauche ou creux invisible. J'avais imaginé ces phases de la lune... parce que personne ne voulaitou ne savait m'expliquer la réalité du phénomène...
  Une partie de mon chemin a été difficile, triste, pénible même. J'avançais péniblement, souvent en pleurant, car j'étais seul au monde et l'image de la falaise du canyon, bien que je m'en approchât était trouble au travers de mes larmes.
  Un peu de volonté retrouvée me fit découvrir les joies de la géométrie dans l'espace, la magie des nombres et la beauté du dessin et de la peinture auxquels je pouvais m'adonner sans réserves. Je voyais de mieux en mieux la rive droite de mon canyon et j'y découvrais des secrets incroyables au fur et à mesure que je croisais des gens qui, comme moi, se dirigeaient vers les mêmes buts : comprendre, savoir, agir, grandir.
  Je commençai alors à saisir un peu mieux les règles de la société dans laquelle je vivais malgré moi : il s'agissait de reproduire les mêmes habitudes que celles que nos prédécesseurs avaient imaginées, reproduites, vécues. Les comportements, les mots, les gestes et les manières d'être étaient recopiés à l'infini et chaque rencontre nouvelle était l'occasion d'une nouvelle façon de singer ceux que nous croisions.
  Je m'approchais toujours, lentement, du bord du canyon, mais - si j'en découvrais les apparences et les évidences avec de plus en plus de netteté, je ne distinguais pas encore les détails fins que j'aurais voulu observer de beaucoup plus près.
  Bien sûr, des livres achetés dans les échoppes sur le parcours racontaient les merveilles et la beauté de la nature de l'autre côté ; la faune et la flore y étaient répertoriées par le menu. Mais je voulais voir tout ça de près,  par moi-même. J'achetai alors des jumelles, puis une lunette à fort grossissement. Je pouvais voir à présent des choses nouvelles qui m'éblouissaient et me comblaient de bonheur.
  Mes connaissances de la faune et de la flore de cette rive droite devenaient importantes. Mais je n'y étais toujours pas. Pendant ce temps, je rencontrais de plus en plus de semblables qui se passionnaient aussi pour cette quête de la réalité de l'autre rive qui s'approchait de plus en plus. Et là, il y avait un autre sujet d'étude, bien plus complexe, surtout le soir au bivouac. Les uns affirmaient qu'ils avaient imaginé une théorie globale explicative de tout ce qu'il y avait de l'autre côté, tandis que d'autres donnaient le détail de chaque élément  de vivant ou d'inerte présent le long de la merveilleuse falaise des connaissances. Et puis, ils inventaient des manières, des méthodes, des procédures, des protocoles et faisaient déjà des simulations informatiques sur les écrans de leurs portables de ce qu'on rencontrerait là-bas...
  Je fis, lors de ce périple, la connaissance de jeunes filles charmantes qui tournaient autour de moi, mais je continuai mon chemin et c'est seulement quelques années plus tard que j'en rencontrai une avec laquelle je poursuivis mon chemin, pour la vie, en compagnie de deux petits garçons qui nous accompagnèrent alors.
  Comme j'avais déjà acquis quelques rudiments, je les transmis en route à des centaines de jeunes gens car ma profession consistait à faire passer des mèmes dans les cerveaux d'enfants, d'adolescents ou de jeunes gens. C'était des moments passionnants pendant lesquels je leur faisais appréhender la nature des choses rencontrées le long du parcours commun, mais aussi des images de l'autre rive.
par Jean-Pierre CRESPIN publié dans : Autour du feu primitif
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Lundi 30 janvier 2006



Voilà ! Cela fait 10 jours que ces textes étaient en ligne. Je donne les résultats manquants :

- LES MÈMES FONT-ILS DE LA FUMÉE
GUY DE MAUPASSANT dans "BEL AMI" chap III
- LES MÈMES MYTHIQUES DU GRAND OUEST
YVES BERGER dans "L'ATTRAPEUR D'OMBRES" 1992 éd Grasset
- LES MÈMES ROMANESQUES DE L'IMAGINATION FERTILE
JACQUES ATTALI dans "AU-DELÀ DE NULLE PART" éd Fayard 1997
- LES MÈMES DE LA PHILOSOPHIE
PIERRE LÉVY dans "L'INTELLIGENCE COLLECTIVE" éd de la Découverte 1994

Je n'en propose pas d'autres pour l'instant... on aurait pu mieux jouer peut-être, sans la moindre arrière pensée. Lévy avait été trouvé... mais pas dit.
S'agissant de la musique, l'auteur était Phil Collins "A day in paradise".
@mitiés



J'ai déposé dans les cinq articles qui suivent cinq extraits de textes de nature différente à chaque fois (philosophiques, poétiques ou pris dans des romans ou nouvelles...)

À vous de découvrir l'auteur et le titre de l'ouvrage d'où cet extrait provient.
Celui/celle qui aura trouvé le plus de bonnes réponses sera le gagnant ou la gagnante.

Euh, ce jeu n'est pas vénal c'est juste pour le plaisir de chercher et de participer, si le coeur vous en dit...

J'ajoute aujourd'hui dimanche 5-2 quelques 1-10 qui pourront vous mettre sur la piste des auteurs :

-"Les mèmes font-ils de la fumée?" Un très grand auteur, parmi les plus grands. Il est Normand...

-"Les mèmes mythiques du grand ouest" Il est mort depuis peu mais avait obtenu le prix Fémina il y a quelques décennies...

-"Les mèmes romanesques de l'imagination fertile" L'auteur est un surdoué touche à tout lui aussi mais pas essentiellement écrivain. Il a côtoyé la politique, la banque etc...

-"Les mèmes de la philosophie" Ce philosophe est pour moi l'un des phares les plus éclairants de notre époque. Ça n'engage que moi bien sûr & je ne fais pas dresser un hit parade mais je le classe dans la demi-douzaine des plus grands philosophes vivants. Il a plus ou moins quitté la France, comme beaucoup de penseurs ou de chercheurs et il est les deux à la fois.

- Dans "Le jeu un super-mème vieux comme le Monde" La petite musique midi est d'un jeune londonien qui a été très lié à Genesis, ce groupe fabuleux. Auteur de musiques de films, batteur, chanteur, c'est...


Question subsidiaire (afin de départager les éventuel(le)s ex-aequo)

Quel est le titre de ce morceau et qui en est le compositeur ?

Avez-vous trouvé ? Qui ? Quoi ?
par Jean-Pierre CRESPIN publié dans : Autour du feu primitif
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Lundi 30 janvier 2006
Un dernier extrait pour cette série d'aujourd'hui. Moi j'aime beaucoup !
Qui ? Dans quoi ?


   Elle se leva et se mit à marcher, après avoir allumé une autre cigarette, et elle dictait, en soufflant des filets de fumée qui sortaient d'abord tout droit d'un petit trou rond au milieu de ses lèvres serrées, puis s'élargissant, s'évaporaient en laissant par places, dans l'air, des lignes grises, une sorte de brume transparente, une buée pareille à des fils d'araignée; parfois, d'un coup de sa main ouverte, elle effaçait ces traces légères et plus persistantes; parfois aussi elle les coupait d'un mouvement tranchant de l'index et regardait ensuite, avec un attention grave, les deux tronçons d'imperceptibles vapeur disparaître lentement.
    Et Le Bateleur, les yeux levés, suivait tous ses gestes, toutes ses attitudes, tous les mouvements de son corps et de son visage occupés à ce jeu vague qui ne prenait point sa pensée.
Elle imaginait les péripéties de la route, portraiturait des compagnons de voyage inventés par elle, et ébauchait une aventure d'amour...[......]
Puis, s'étant rassise, elle interrogea Le Bateleur sur la topographie de l'Algérie qu'elle ignorait absolument. En dix minutes, elle en sut autant que lui et elle fit un petit chapitre de géographie politique et coloniale pour mettre le lecteur au courant et le bien préparer à comprendre les questions sérieuses qui seraient soulevées dans les articles suivants.

Bon, tu me pardonneras Luc. J'ai mis "Le Bateleur" en lieu et place du véritable nom du personnage mais je suis prêt à témoigner que ce n'était pas toi qui étais à ses côtés, tout au moins ce jour-là. ;o))
par Jean-Pierre CRESPIN publié dans : Grâce au feu
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Lundi 30 janvier 2006
    Un texte qui est le début d'un ouvrage assez récent pour réjouir les amoureux du Nouveau Monde...
Quel est le titre du livre et le nom de l'auteur (qui a quand même obtenu le prix fémina il y a quelques décennies !)
QUI  EST-CE ? C'est dans  ..............................   ........................... ?


   "C'était un jour où, plus que les autres, l'Amérique me manquait, au point que je me sentais, dans le Vieux Monde où je suis né et où je vis, en manque du Nouveau. En exil