Dimanche 11 mai 2008 7 11 /05 /2008 14:30

Il n'est pas facile de faire de l'histoire au sujet des peuples Celtes car ceux-ci n'ont pas laissé de documents écrits. Leurs connaissances se transmettaient exclusivement oralement. Il nous faut donc, pour essayer de bien comprendre leur manière de vivre, leur civilisation, nous contenter de ce qu'en ont écrit les peuples étrangers qui les côtoyaient, notamment les Grecs et les Romains.


Enseignement de l'histoire à l'école primaire

Cette note d'histoire 1/3 est la première d'une série de trois articles dont les deux premiers présenteront des exposés de groupes de cinq élèves présentés aux autres du groupe classe avec l'appui documentaire et méthodologique de l'enseignant préalable à ce travail. Le n° 3/3 sera une sorte de conférence de l'enseignant qui fera la synthèse et les mises au point nécessaires dans la perspective de faire mémoriser à tous les acquisitions possibles à la suite de ces trois séquences. La perspective globale est de faire comprendre ce qu'est la discipline de l'histoire en faisant parler les documents d'époque et en utilisant toutes les ressources de la logique.
Cette séquence évoquera
- leurs caractéristiques générales, telles qu'elles furent perçues par des anciens comme Strabon
- leur organisation en tribus homogènes bien définies et nommées de manière précise
- leur habitat (avec la pièce à vivre) et leurs constructions annexes
- l'agriculture gauloise et son inventivité
- la métallurgie et l'art celtiques à partir d'objets exceptionnels


Des textes anciens comme ceux de Strabon d'Amassée (57 avant JC-25 après JC)  nous dépeignent les Gaulois tels que lui-même les voyait :

5.  Τῷ δ' ἁπλῷ καὶ θυμικῷ πολὺ τὸ ἀνόητον καὶ ἀλαζονικὸν πρόσεστι καὶ τὸ φιλόκοσμον· χρυσοφοροῦσί τε γάρ, περὶ μὲν τοῖς τραχήλοις στρεπτὰ ἔχοντες, περὶ δὲ τοῖς βραχίοσι καὶ τοῖς καρποῖς ψέλια, καὶ τὰς ἐσθῆτας βαπτὰς φοροῦσι καὶ χρυσοπάστους οἱ ἐν ἀξιώματι. Ὑπὸ τῆς τοιαύτης δὲ κουφότητος ἀφόρητοι μὲν νικῶντες, ἐκπλαγεῖς δ' ἡττηθέντες ὁρῶνται. Πρόσεστι δὲ τῇ ἀνοίᾳ καὶ τὸ βάρβαρον καὶ τὸ ἔκφυλον, ὃ τοῖς προσβόρροις ἔθνεσι παρακολουθεῖ πλεῖστον, τὸ ἀπὸ τῆς μάχης ἀπιόντας τὰς κεφαλὰς τῶν πολεμίων ἐξάπτειν ἐκ τῶν αὐχένων τῶν ἵππων, κομίσαντας δὲ προσπατταλεύειν + τὴν θέαν τοῖς προπυλαίοις. Φησὶ γοῦν Ποσειδώνιος αὐτὸς ἰδεῖν ταύτην τὴν θέαν πολλαχοῦ, καὶ τὸ μὲν πρῶτον ἀηθίζεσθαι, μετὰ δὲ ταῦτα φέρειν πρᾴως διὰ τὴν συνήθειαν. Τὰς δὲ τῶν ἐνδόξων κεφαλὰς κεδροῦντες ἐπεδείκνυον τοῖς ξένοις, καὶ οὐδὲ πρὸς ἰσοστάσιον χρυσὸν ἀπολυτροῦν ἠξίουν. Καὶ τούτων δ' ἔπαυσαν αὐτοὺς Ῥωμαῖοι, καὶ τῶν κατὰ τὰς θυσίας καὶ μαντείας ὑπεναντίων τοῖς παρ' ἡμῖν νομίμοις. Ἄνθρωπον γὰρ κατεσπεισμένον παίσαντες εἰς νῶτον μαχαίρᾳ ἐμαν τεύοντο ἐκ τοῦ σφαδασμοῦ. Ἔθυον δὲ οὐκ ἄνευ Δρυϊδῶν. Καὶ ἄλλα δὲ ἀνθρωποθυσιῶν εἴδη λέγεται· καὶ γὰρ κατετόξευόν τινας καὶ ἀνεσταύρουν ἐν τοῖς ἱεροῖς καὶ κατασκευάσαντες κολοσσὸν χόρτου καὶ ξύλων, ἐμβαλόντες εἰς τοῦτον βοσκήματα καὶ θηρία παντοῖα καὶ ἀνθρώπους, ὡλοκαύτουν.

5. A leur franchise, à leur fougue naturelle les Gaulois joignent une grande légèreté et beaucoup de fanfaronnade, ainsi que la passion de la parure, car ils se couvrent de bijoux d'or, portent des colliers d'or autour du cou , des anneaux d'or autour des bras et des poignets, et leurs chefs s'habillent d'étoffes teintes de couleurs éclatantes et brochées d'or. Cette frivolité de caractère fait que la victoire rend les Gaulois insupportables d'orgueil, tandis que la défaite les consterne. Avec leurs habitudes de légèreté, ils ont cependant certaines coutumes qui dénotent quelque chose de féroce et de sauvage dans leur caractère, mais qui se retrouvent, il faut le dire, chez la plupart des nations du Nord. Celle-ci est du nombre : au sortir du combat, ils sus-pendent au cou de leurs chevaux les têtes des ennemis qu'ils ont tués et les rapportent avec eux pour les clouer, comme autant de trophées, aux portes de leurs maisons. Posidonius dit avoir été souvent témoin de ce spectaçle, il avait été long à s'y faire, toutefois l'habitude avait fini par l'y rendre insensible. Les têtes des chefs ou personnages illustres étaient conservées dans de l'huile de cèdre et ils les montraient avec orgueil aux étrangers, refusant de les rendre même quand on voulait les leur racheter au poids de l'or. Les Romains réussirent pourtant à les faire renoncer à cette coutume barbare ainsi qu'à maintes pratiques de leurs sacrificateurs et de leurs devins qui répugnaient trop à nos moeurs : il était d'usage, par exemple, que le malheureux désigné comme victime reçût un coup de sabre [à l'endroit des fausses côtes,] puis l'on prédisait l'avenir d'après la nature de ses convulsions [et cela en présence des Druides], vu que jamais ils n'offraient de sacrifices sans que des Druides y assistassent. On cite encore chez eux d'autres formes de sacrifices humains : tantôt, par exemple, la victime était tuée [lentement] à coups de flèches, tantôt ils la crucifiaient dans leurs temples, ou bien ils construisaient un mannequin colossal avec du bois et du foin, y faisaient entrer des bestiaux et des animaux de toute sorte pêle-mêle avec des hommes, puis y mettant le feu, consommaient l'holocauste.

Un élève lit ce texte traduit à voix haute pour en faire partager le contenu à ses camarades auditeurs...




Les peuples Gaulois qui vivaient en France et aux alentours

Nous nous intéresserons particulièrement aux Unelles, au Abrincates, aux Viducasses, aux Bajocasses et aux Lexoviens puisque c'était les peuples qui vivaient à l'époque sur la Basse-Normandie actuelle. On compte ainsi pas loin de 90 groupes organisés dont on a retrouvé la trace sur les territoires représentés sur la carte ci-dessous.





Comment vivaient ces peuples gaulois qui, pour une petite part sont malgré tout nos prédécesseurs, un peu nos ancêtres lointains ?



L'habitation gauloise est rectangulaire et assez spacieuse. Sa structure est en bois pour l'armature des murs qui sont faits de terre mélangée à de la paille. La toiture est couverte de chaume. Elle comprend une partie dans laquelle se retrouvent souvent le foyer (dont la fumée s'échappe par une ouverture vers la pointe du pignon), un four à pain et du moblier de cuisine indispensable. Ce type de maison est semblable en tous points à toutes les maisons danubiennes et scandinaves de la même époque.
La hutte circulaire montée sur des poteaux est une réserve à céréales. Les pierres qui surmontent le colonnes sont installées ainsi pour empêcher les rongeurs (comme les rats) d'aller piller les réserves de blé (par exemple) de la famille. Le puits et une réserve s'ajoutent à l'habitation principale.



Ces éléments de l'habitat gaulois ont pu être reconstitués grâce à des fouilles archéologiques sur des sites occupés il y a 2000 ans ou plus par des peuples Celtes.
Faire un court résumé expliquant comment est leur conçue leur habitation, l'intérieur et ce qu'ils sont supposés y faire.
(La partie repos-couchage est à l'opposé de celle où s'imposent le foyer et le four. Le four était d'ailleurs quelquefois dehors.)
Les animaux se retrouvent parfois sous le même toit que les humains et dans ce cas la maison fait 20 m de long parfois...



Hutte gauloise selon une illustration d'un livre d'histoire SUDEL des années 1940-1950
(Qu'en pensez-vous ?)

Il semble que souvent à cette époque il y ait eu confusion dans les fouilles entre les constructions qui servaient de greniers et de réserves diverses de nourriture avec les habitations proprement dite. Mais cela n'interdit pas de penser qu'il a pu y avoir des habitations circulaires, mais beaucoup plus grandes ou alors servant parfois de forge ou d'ateliers de tissage. Mais souvent, les bâtiments réservés aux humains et servant aussi d'abris hivernaux aux animaux étaient rectangulaires. Il en était de même pour les maisons scandinaves et danubiennes.

LES ACTIVITÉS AGRICOLES

La moissonneuse

 « Dans les vastes domaines des Gaules, une énorme caisse garnie de dents est conduite sur deux roues à travers les moissons par un bœuf qui la pousse devant lui, les épis arrachés par les dents tombant à mesure dans le coffre. »

 Pline, Histoire naturelle.




LA MÉTALLURGIE & L'ART


Ce somptueux casque d'Agris date du IVème siècle avant Jésus Christ. Le timbre est en fer, le couvre-nuque est riveté sur celui-ci. Le décor est exécuté sur une feuille de bronze recouverte d'une feuille d'or. On remarque aussi le protège-oreille richement décoré.
Cet objet précieux est exposé au musée d'Angoulème.





















La forge








Les fers des équidés sont forgés par forgerons gaulois avec toute la capacité d'adaptation qui les caractérise.












Il en est de même pour la confection des outils agricoles dont
chacun d'eux a une fonction, un usage  bien spécifique :







Une bêche gauloise




Le chaudron de Gundestrup est un chaudron celtique du IIème siècle avant Jésus Christ retrouvé dans une tourbière du Jutland au Danemark. Il est constitué de l'assemblage de 13 plaques d'argent. On peut le voir au musée national du Denemark à Copenhague. C'est un objet fantastique dont les motifs figuratifs sont très réalistes.




Le cratère de Vix est un vase de bronze découvert en 1953 dans la tombe d'une princesse de Vix en Côte d'Or (21). Il date de 510 ans avant Jésus Christ.
Par Merlin le zététicien des Mèmes - Publié dans : Peuples du monde
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Samedi 5 avril 2008 6 05 /04 /2008 10:47


Par Merlin le zététicien des Mèmes - Publié dans : Drames humains
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Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /2008 17:28

Réponse à l'article de Luc (Le Bateleur) ci-dessous :

 Je reviens sur le même sujet plus d'un an après...

Enseignement de l'histoire à l'école primaire

Le Bateleur écrit en bleu

Merlin répond en bistre

Le titre est en fait incorrect
il s'agit bien plus à présent d'enseigner la "démarche de l'historien" et ce dès l'école primaire

Oui, il s'agit bien de cela. Mais au travers de cette démarche qui va permettre aux écoliers de comprendre comment les historiens reconstruisent l'Histoire, il y a la vue plus lointaine qui consistera pour eux à mieux comprendre ce qu'est l'Histoire dans sa diversité.

Pour s'en convaincre, il suffit de lire quelques conseils donnés par un inspecteur de l'éducation nationale.

 

Je ne connais pas cet inspecteur de l'Éducation Nationale mais j'avoue que je ne suis pas loin de penser comme lui sur ce sujet tout au moins...
J'essaie de dire pourquoi et comment dans le corps de son texte (en vert) :

I. RÉFLEXION ET SUGGESTIONS SUR LES CONTENUS ENSEIGNES 
A L'ÉCOLE
ÉLÉMENTAIRE :

· Redonner place à l'événement, insister sur l'histoire de la vie quotidienne (alimentation, habillement, habitat, transports...), intérêt de l'étude diachronique d'une institution comme l'École...

§ Oui, c'est indiscutable ! Il faut en revenir à une histoire qui concerne les hommes du pays dont on étudie l'histoire et pas seulement les rois, les militaires et leurs batailles sous la forme d'une liste de dates remarquables sans doute mais dont les écoliers n'ont cure au fond de leur esprit.

· Penser "notions essentielles" plutôt qu'accumulation de questions encyclopédiques.(1) Par exemple, pour les deux ou trois séquences maximum à consacrer à la Préhistoire, privilégier l'essentiel, à savoir le passage du nomadisme lié à la chasse, au sédentarisme lié à l'agriculture.

§- C'est indispensable pour les jeunes élèves d'alléger le listing des étapes d'un ensemble de processus qui vont de la maîtrise du feu aux applications déjà très élaborées de la métallurgie parallèlement à la révolution du néolithique qui va voir la sédentarisation des tribus nomades s'effectuer très rapidement et la naissance des premières cités. Je suis d'accord aussi pour ne pas faire en sorte de s'éterniser chaque année en une longue succession de séances sur la préhistoire au prétexte un peu démagogue que ce sujet plaît aux enfants de tous âges. Mieux vaut expliquer en détail les raisons de ces changements de style de vie et insister en effet sur la véritable révolution culturelle que va constituer le passage de la chasse à l'élevage et de la cueillette à l'agriculture.


· Puiser dans l'histoire globale qui regroupe grands évènements chargés de sens, personnages significatifs,(2) vie économique, vie culturelle etc. Accéder, au-delà de l'histoire de la France à l'histoire universelle.

§- Tout à fait d'accord là aussi : c'est l'histoire de l'évolution des cultures qui est fondamentale. La description des événements qui marquent ces étapes est bien plus importante que les récits des batailles qui ont frappé ces époques. À cet égard - pour prendre juste un exemple - l'étude de la tapisserie de Bayeux est mille fois plus riche en détails concernant la vie des hommes qui ont été impliqués dans la bataille d'Hastings que les détails et la stratégie mise en oeuvre lors de cette bataille importante dans la perspective de mutations culturelles et linguistiques inédites en Angleterre.

· On peut partir de questions fondamentales d'aujourd'hui : évolution de l'environnement, des activités de production...

§ Là, je suis moins d'accord. Je dirais plutôt qu'on peut y arriver... Mais toujours partir de la réalité historique telle que relatée par des textes ou déduite de documents de l'époque.
L' évocation de ce qui se passe à notre époque ne pourra être faite qu'en toute fin et juste à titre de comparaison sans véritable intérêt historique... pour l'instant.


· Les évènements n'ont pas d'importance en eux-mêmes(3): ils sont intéressants quand ils révèlent les spécificités d'une époque, quand ils déterminent un avant et un après.

Oui, c'est ce que je voulais dire à propos de la bataille d'Hastings : c'est juste la péripétie qui permet de passer d'une époque à une autre. L'important se trouve plutôt dans les raisons de ce conflit de succession, les coutumes féodales, la tradition viking (à très gros traits pour ce qui est en amont) mais il sera bon d'y revenir lors des conflits de succession franco-anglais, la guerre de cent ans et toutes les misères humaines qui en découleront. 1066 est une date parce que c'est une charnière et ce sont les liens qui ont été noués avant et ceux qui en découleront qui sont intéressants, pas la bataille elle-même sauf à faire un mémoire sur ce sujet en licence ou en maîtrise d'histoire...

 

(1) Il suffirait d'un tout petit peu de recul (tout est fait pour qu'il n'y en ait jamais) pour que l'adulte se rendre compte de l'énormité de ce type de prétention, vis a vis d'un enfant qui ne possède pas suffisament d'éléments en rapport avec sa propre histoire.
La première partie de la vie est précisément une phase d'accumulation, la construction d'un "chaos intime" à partir duquel l'enfant pourra se construire.
Cette matière sera d'ailleurs la texture, le paysage arrière indispensable pour permettre à d'autres éléments de faire irruption en lui sans le submerger.
Sans elle, tout a le même statut et l'intelligence qui est précisément la capacité d'établir des liens, et donc des différences, se retrouve tout à fait incapable d'agir ... disparaissant parfois au point de donner l'impression qu'un petit d'homme pourrait être ... bête !

§-  Pas d'accord avec ta remarque Luc ! L'intelligence est la capacité à établir des liens dans tous les domaines et autant dans le domaine du réel que dans celui de l'imaginaire poétique et onirique. Le petit d'homme se construit ainsi dans son univers merveilleux, (dans celui des histoires quotidiennes que je lisais, racontais ou inventais pour mes fils comme tu as dû le faire toi-même pour tes enfants...) Mais il n'y a pas que l'imaginaire qui structure la pensée et la rend souple et créatrice. Le concret aussi et je ne crois pas qu'il soit bon de mélanger les genres.
L'histoire (discipline) se doit d'être rigoureuse. Les histoires que je raconte ont vocation à être merveilleuses et matière à rêves de toute nature.
J'ai souvent remarqué que toi, tu ne faisais pas le distingo...
Le chaos intime, je suis entièrement d'accord : c'est le domaine réservé de tout être humain jeune ou moins jeune mais ça ne permet d'établir que des liens affectifs, imaginaires et en tous cas subjectifs. C'est nécessaire et si tu savais comme j'en ai usé, mais il y a il y d'autres constructions à faire évoluer parallèlement à celles-ci ! Tu as une vision de l'esprit enfantin monolithique et restrictive car en fait toutes les stimulations/sollicitations sont bonnes pour créer des liens et  il ne faut surtout pas que les adultes enferment l'enfance dans son cocon nombrilo-psychologique, onirique et magique.
J'ai consacré ma vie professionnelle à démêler les écheveaux de toute cette complexité cognitive. Certes, on n'apprend rien sans émotions mais on doit aussi examiner des faits bruts sans émotion excessive et sans s'évader dans le merveilleux ou le fantastique. C'est un apprentissage important.


(2) voir les propos d'Hubert Curien (rapportés dans "La Grande Implosion") à propos de la nécessaire rationnalisation de l'enseignement, de la "percolation" de la science à travers toutes les autres disciplines, de la simplification des contenus pour en venir à ce qui est supposé être essentiel !
Leurre absolu de ce qui confond l'inutile avec "ce dont il n'a pas encore vu l'utilité"
Que peut-être cet essentiel, pour un enfant qui n'a pas encore rassemblé l'essentiel de lui même et qui construit encore perception ... DU REEL.

J'ai l'impression que tu vois un enfant de primaire exactement comme un petit materneau de 4 ans !
J'ai peur que tu ne mesures pas bien les évolutions qui ont été celles de chaque gamin de 2 à 11 ans. À sept ans un enfant est complètement capable de rationalité.
Mais même à 18 ans, le cerveau n'a pas fini de se construire. Est-ce une raison pour laisser le jeune dans sa bulle du monde fabuleux et merveilleux dans lequel le raisonnement se fait à coups de "y' a qu'à" ou de baguettes magiques. Tu es en plein dans la mouvance d'Alexander Sutherland Neill ou dans celle de L'histoire sans fin... L'enfance, ce n'est pas QUE cela !


(3) Magnifique phrase (!!) qui montre à quel point les intentions du "forceur de croissance" sont en profond décalage avec la réalité de l'enfant pour lequel les évènements sont tout.
Lui laisser le temps de  s'immerger dans "l'évènement" au moyen d'une histoire qui raconte (et non qui le force à réfléchir ... une absence de perception) lui permettre de toucher avant de développer et formaliser des hypothèses devrait être la priorité de cet enseignement.


Quand tu affirmes que pour l'enfant les événements sont tout, tu exagères vraiment ! Comment se fait-il alors qu'un nombre très important d'entre eux se passionne tant pour les dinosaures qui ont peuplé la terre de 245 millions d'années à 65 millions d'années avant nous ? Les événements ? Il n'y en a pas ou juste des reconstitutions plus ou moins plausibles.
Là, je te pose la question : as-tu enseigné l'histoire à de jeunes enfants Luc ? J'ai comme plus mauvais souvenirs personnels les enseignants qui racontaient des histoires et en faisaient un résumé. D'ailleurs l'enseignement de l'histoire de mon époque d'écolier était nul je n'hésite pas à le dire : un contenu inexact, des images d'Épinal trafiquées pour une histoire arrangée avec plein de "cocoricos" glorieux. Non merci ! Heureusement, j'ai pu revisiter l'histoire au travers de recherches personnelles et je me suis aperçu par exemple que le temps historique ne correspond pas du tout au temps personnel : ainsi je m'explique, mon aïeul Pierre né en 1690 me paraissait beaucoup plus proche (en années) que la victoire de Fleurus (déjà !) pour Louis XIV contre une coalition européenne (encore !) Et ce qui 'm'intéressait était de savoir comment ils vivaient, ce qu'ils faisaient, ce qu'ils possédaient (je veux dire les maigres choses de leur trousseau et de leur mobilier...) là, je les ai VUS vivre enfin et l'autre histoire, celle des maréchaux et de l'amiral Tourville (un voisin pourtant) ne m'ont expliqué que les raisons essentielles de la misère des miens et de leurs semblables et les motivations de la folie des Grands de ce monde.
Personnellement, c'est cette vision que j'ai essayé de faire comprendre aux centaines d'élèves qui ont eu à subir ma "vision" de l'histoire pendant près de 40 ans...


Mais assurément un grand nombre de parents auront l'impression d'un progrès :
Leur enfant apprend plus scientifiquement et rationnellement qu'eux.

Il ne s'agit pas que de cela. Il s'agit surtout de changer la manière de braquer l'objectif et la manière de relater l'histoire : dans la guerre de 14-18, ce ne sont pas les victoires ou défaites qui méritent notre attention et celle des élèves. C'est plutôt la condition humaine des poilus dans les tranchées et pour comprendre cela, rien de tel que de déchiffrer des documents de l'époque c'est à dire des lettres de ces malheureux soldats à leurs familles. Il y a aussi lieu de développer la mémoire de cette tragédie en insistant bien sur le "plus jamais ça !"
Rien de scientifique dans tout cela mais juste un renversement d'optique salutaire.
Par contre si on étudie des documents iconographiques ou si l'on se sert d'objets ayant une valeur de témoignage historique, on ne peut pas se dispenser d'une démarche rigoureuse et scientifique dans son approche.

Bref, sur ton interprétation de ces quelques recommandations d'un inspecteur, je ne te suis pas du tout !
Relis les programmes et instructions détaillées pour l'enseignement de l'histoire en primaire, tu verras que ce n'est pas  "apprendre plus scientifiquement et plus rationnellement qu'autrefois". C'est juste apprendre d'autres données en essayant davantage de comprendre leur origine, leurs aboutissements et surtout leur intérêt humain.

Aimerais-tu qu'on poursuive ce dialogue, Luc ? Qu'est-ce que peut apporter l'histoire à nos élèves du primaire et du collège ? Comment y parvenir ? Quelle histoire ?


Par Merlin le zététicien - Publié dans : Passeurs de mèmes
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Dimanche 23 mars 2008 7 23 /03 /2008 09:09

Voici un commentaire - réponse à une remarque de Jean-Michel ABRASSART - à propos de son balado # 42 sur son blog


Pour mieux comprendre le personnage de Jean-Michel ABRASSART dans ses oeuvres. Ça vous fait rire ? Pas moi !


Ma réponse et dernier commentaire qui n'a pas été publié. Censuré ?




Bonjour Jean-Michel,

Des tonnes d'exemples d'interstices pseudo-scientifiques dans les médias sont analysés dans sa thèse. Elle est disponible gratuitement sur le net, il suffit d'aller la lire.


Je parlais du balado #42. Pas de la thèse de Richard MONVOISIN...


Oui, comme tu dis "des tonnes" ! J'ai sur mon disque dur cette thèse de (depuis un certain temps déjà...) Elle est dans le dossier "thèses compilations". Je n'ai pas manqué de me questionner pour essayer de savoir quelle était cette
didactique de l'esprit critique qu'il proposait...
À part quelques gadgets présentés ± sous forme de tests ou de questionnaires aux étudiants, je n'ai vu aucune ombre de traitement didactique sérieux, ni de pédagogie, ni le moindre système de pensée permettant plus tard aux élèves d'accéder à l'esprit critique. Ce qui est présenté est essentiellement un catalogue de l'esprit de critique dans lequel tout est critiqué (à juste titre le plus souvent) mais rien de positif n'est proposé pour procurer et mettre en place les bases d'un véritable esprit critique, vigilant et rigoureux.

J'ai beaucoup pensé aux procédés habituels de nos hommes politiques qui critiquent continuellement leurs adversaires mais ne savent pas faire de propositions concrètes qu'ils seront capables de tenir... (Ce n'est qu'une analogie.)


La pédagogie est un art. La didactique & le savoir-faire en matière de traitement didactique des savoirs pointus sont un ensemble de techniques de traitement des savoirs à transmettre. Pour le reste, les neurosciences sont à la fois une science dure et des possibilités de retours a posteriori vers les pratiques enseignantes, pour vérifier leur validité & leur efficacité.

Enfin, je ne vois nulle part les procédés pédagogiques, les stratégies mises en oeuvre pour faire évoluer les représentations par la mise en action de conflits cognitifs qu'il faut résoudre de manière expérimentale ou rationnelle.
Le concept de didactique lui-même est évoqué de manière très sommaire et par trop superficielle.
Et puis, à quoi bon parler de "référentiel bondissant" quand on sait que ce n'est qu'un épiphénomène (ce que reconnaît R M d'ailleurs...) Le référentiel bondissant aléatoire étant beaucoup plus savoureux quand il fait remporter le grand chelem du tournoi des 6 nations au XV de France ! ;o))
Pour une didactique de l'esprit critique ? Ce serait donc ça l'esprit de la zététique brochienne ?
444 pages de compilations ; un compendium qui est tout sauf une thèse/théorie personnelle avec des solutions pédagogiques et didactiques originales et efficaces.


22 mars 2010 01:25

 

Par Merlin des mèmes - Publié dans : Les mèmes diffusés par les médias
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Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /2008 11:37
Voici une époque intermédiaire entre celle du début du XVIIIème siècle et ses escholiers latinistes et celle du début des années 60. La jeune fille qui tenait ce cahier était née juste après la grande guerre de 1914-1918 et se destinait à la profession d'institutrice. Entrée à l'école à huit ans, elle avait intégré la 6ème à onze ans sur l'insistance de son institutrice.


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Par Merlin le zététicien des Mèmes - Publié dans : Mémoires et mémoire
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