Dimanche 1 avril 2007

L'ÂGE DU BRONZE


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Haches en bronze

   Ce sont les vrais débuts de la métallurgie. Toujours autour du feu nos hommes, curieux et observateurs, ont repéré - toujours par hasard - que le produit de la fusion de deux roches avait un aspect et des propriétés physiques plus intéressants. Entre - 2500 et - 1000, les premiers véritables forgerons vont allier l'étain et le cuivre pour réaliser un métal plus résistant, moins flexible que le cuivre seul : le bronze. Des armes diverses (haches, lances, poignards, épées, associées à des protections comme des cuirasses, des casques, des boucliers vont voir le jour.) Des outils nouveaux vont être créés ainsi que de nombreux accessoires utilitaires ou bijoux (vases, bracelets, épingles, fibules, colliers etc...)

   On assiste bientôt à l'essor d'un artisanat où, pour la première fois, les objets sont fabriqués en série.

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   Là encore, l'importance du feu dans le développements de ces technologies est primordiale et on peut affirmer que, sans sa maîtrise, sans les capacités fines d'observation des premiers fondeurs, notre civilisation actuelle n'aurait jamais pu émerger. Et seule, la compétence à déduire après observations et à vérifier des hypothèses par tâtonnements expérimentaux successifs à permis à l'homme de changer radicalement son avenir culturel.
    On peut dire que c'est autour du feu et grâce au feu que l'homme s'est extrait, affranchi définitivement de sa condition première et qu'il a développé son intelligence. En outre, ces mèmes technologiques, utilitaires par excellence, se sont transmis de groupe en groupe et de génération en génération, permettant de développer des compétences de plus en plus fines.
    À n'en pas douter, c'est cette spécificité humaine de capacité à observer, à faire des hypothèses, à déduire, à inférer, à vérifier que la projection de sa pensée était valide qui a permis un développement culturel et un artisanat métallurgique (entre autres) aussi surprenants.
   Mais le feu n'a pas encore terminé de faire avancer l'être humain dans ses spéculations et ses réalisations manufacturées...


Par Merlin d'Armor - Publié dans : Autour du feu primitif
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Dimanche 1 avril 2007
L' ÂGE  DU  FER

   À cette époque, les Celtes, venus de l'Europe centrale, se répandent vers l'ouest et fusionnent avec les autochtones. Les Gaulois marquent de leur empreinte les terres qu'ils occupent grâce à cette supériorité indiscutable que leur confère la maîtrise de la technologie du fer.
   Le fer, forgé lentement, s'avère bien plus résistant que le bronze. Il a fallu, pour en arriver là, dominer encore un peu plus le feu et porter la température du foyer à près de 1500°. Le feu va être encore source de progrès car aussi bien dans le domaine des armes (épées, pointes de lances et de flèches, protections du corps) que dans celui des outils (socs de charues, pioches, bêches, houes etc...) la solidité du matériau va permettre d'étendre les capacités de tous ces objets et d'en fabriquer en grande quantité, de manière artisanale, comme le faisaient encore les forgerons il y a moins de 70 ans.
Les Gaulois sont des agriculteurs très avertis et de la moissonneuse au tonneau, peu d'inventions utilitaires vont leur échapper.

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Minerai de fer très riche Diélette (Manche)  

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Serpettes et serpes en fer

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Outils et armes forgés en fer



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Outils divers

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Bêche en fer forgé

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Fourche gallo-romaine

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La panoplie du parfait guerrier Celte

Un tour d'horizon succinct sur le Net

Vingt siècles plus tard, (au XIXè siècle) les maîtres des forges remettront à l'honneur ces technologies en les rendant encore plus performantes et en créant une industrie florissante, avec une variante pour alimenter le feu. Le bois se raréfiant, ce fut ensuite le charbon qui fournissait une chaleur plus intense.


Par Merlin d'Armor - Publié dans : Autour du feu primitif
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Dimanche 1 avril 2007

Étude révolutionnaire Chopin

  L'espace des poètes est celui des premiers hommes qui s'émerveillent devant ce qu'ils découvrent comme le font les enfants si on leur en laisse l'opportunité. L'univers de l'art est celui des esprits qui n'ont pas accepté les conventions ni les diktats. Ces domaines sont et resteront ceux de la liberté de recréer l'environnement sensible avec naïveté et lucidité à la fois. Les premiers mèmes qui ont fait que l'Homme se distinguait une fois pour toutes des autres primates ont été ceux qui lui ont fait comprendre la magie, la poésie et les pouvoirs du feu et du soleil.
   Puis il y a eu le matin des magiciens, avec tout son ésotérisme et ses mystères, juste avant le désenchantement du monde qui commença après l'inquisition.


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La poésie
Tapisserie de Jean Lurçat
 (Le chant du monde)


   Aujourd'hui, le matérialisme et le consumérisme sont en mesure de détruire toute poésie autour de nous. Mais le méta-mème de la poésie est encore bien vivant, en dépit du désenchantement du monde.

                            Quelques illustrations de ce dilemme

    Poésie et religion sont les deux volets d'une même aspiration au sublime, au transcendantal et à l'indicible beauté de la Création.

Cela vient à chaque fois en même temps que l’envie de poésie.

Bien sur, je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite.
Au début je prenais l’un pour l’autre :
Cyrano préparait une lettre d’amour et le bellâtre la récitait.

Ainsi j’ai longtemps cru que ma joie venait du poème, de cette irruption du mot en ses plus beaux atours qui suivait plus ou moins proche d’elle, cette tension des peaux – propre à faire venir la clarté –
celle du dos de la main
celle qui tapisse la paroi interne du cœur
ou celle du scribe – cet esclave qui transcrit sur ordre le chant de leur désir et qui, toujours, trahit un peu, tant est grand son appétit de pouvoir –
cette tension que je vivais dans l’impatience, sans comprendre qu’elle était la source de mon plaisir.

Depuis peu je sais qu’il me faut renverser les apparences.

Le poème n’est rien que la trace d’un pas sur le chemin, l’indice d’une présence passée.
Lorsque les mots viennent à s’écouler de ma plume, je sais que « ça » n’est plus là.
L’haleine chaude du monstre a disparu, mes tempes ne sont plus maintenues comme par un mélange d’amitié et de crainte, le châle d’une amante ou les fers de la captivité.

Pourtant il reste un peu de cette présence dans la forme des vers, le déséquilibre harmonieux de certaines consonnes et même dans l’espace qui s’ouvre lorsque le texte se referme.

Mais si peu comparé à cette brûlure qui traverse mon corps juste avant que la plume ne se libère en bavardage mielleux.

Un jour, quand je saurai les paroles dont autant la couleur que le contour n’est que silence, alors je n’aurais plus besoin du poème pour voler.

                                 Luc Comeau-Montasse (Poète et bateleur)


Par Merlin & Le Bateleur - Publié dans : Philosophie, littérature et poésie
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Dimanche 25 mars 2007
Tu voulais voir au ralenti Viviane ?
Je t'offre le projectile qui vient heurter l'esprit
Au ralenti
Et qui rafraîchit la surchauffe
En s'ébrouant dans l'espace conquis







Je te fais voir la main qui pénètre le mobile
Immobile
Et fait jaillir le flot
Car la nature a horreur du vide





Pardon d'avance si ces ralentis ne marchent pas.
Et surtout pardonne-moi d'avoir détourné ton beau poème.
Oui, voir au ralenti
La caresse que rien ne fige
Le geste si puissant qu'il en devient léger
Fluide comme un jaillissement de l'esprit.
Par Merlin le zététicien des Mèmes - Publié dans : Actualité culturelle
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Dimanche 11 mars 2007
[memetique] Les articles de Erwan

Erwan, j’ai enfin pris le temps de relire quelques-uns de tes articles sur internet. Je les ai trouvés très chouettes et, en conséquence, j’ai quelques remarques et questions à formuler ^_^

 

Voici des extraits de UNE DÉFINITION POSSIBLE DES MÈMES auxquels je réagis.

 

Erwan :

[ … Mèmes: Les mèmes sont le résultat culturel de transformations neurochimiques au niveau de réseaux de neurones et de tout le substrat cérébral des Homo sapiens. Ils s'inscrivent dans le cadre de propriétés génétiques & épigénétiques identifiables chez tous les êtres humains, quelles que soient leurs origines géographiques ou ethniques et sont transférables, duplicables chez tous les peuples dès la plus tendre enfance (sous réserve que des amorçages perceptifs appropriés aient été initiés par des stimulations affectives et émotionnelles de la mère)  jusqu'à un âge avancé. … ]

 

Sylvain :

Tu sembles insister dans tes articles sur la recentralisation du mème au niveau cérébral. Presque comme si d’autres supports pouvaient être négligeables.


Oui, je considère en effet qu'il n'y a pas d'autre support pour les mèmes que celui du substrat neuronal avec toutes ses potentialités. C'est le cerveau qui est l'habitat exclusif de ces culturèmes, aussi bien en phase de création qu'après diffusion et adoption... Les différents procédés utilisés pour noter ou stocker ces culturèmes - inventés par des cerveaux humains - ne sont là que comme médias, pour les transmettre. Ainsi le mème  [...] "je voudrois aussi qu'on fut soigneux de luy choisir un conducteur qui eust plustost la teste bien faicte que bien pleine, et qu'on y requit tous les deux, mais plus les meurs et l'entendement que la science; et qu'il se conduisist en sa charge d'une nouvelle maniere" [...] est une idée qui a germé dans le cerveau de MONTAIGNE et qu'il a transcrite dans "Les Essais" (Chap 'de l'institution des enfans'.) Ce que j'ai mis là en violet et en italique n'est pas un mème. C'est juste une notation d'un mème qui se trouvait dans l'esprit de Michel EYQUEM, une représentation codée et symbolique bien utile pour le retrouver certes. L'écriture est un médium qui permet la distribution des mèmes dans d'autres cerveaux mais elle n'est qu'un moyen de ce broadcasting, de cette déhiscence des idées et des concepts, comme la modulation de fréquence en radio ou les réseaux hertziens en télévision. Au final, ce mème est parvenu textuellement dans mon cerveau et dans des dizaines de milliers de cerveaux de pédagogues ou de didacticiens depuis le XVIème siècle jusqu'à aujourd'hui. Le médium, ce qui permet le broadcasting n'est pas le mème. Ça c'est mon avis personnel.
Pour tout dire la pierre de Rosette n'était pas un mème (car elle ne transmettait plus rien, ne diffusait rien depuis bien longtemps) jusqu'à ce que Champollion lui redonne tout son sens et permette que l'émission atteigne de nouveau des cerveaux à l'esprit ouvert et accueillant. Un objet didactique ne diffuse des mèmes que lorsque le code de son message est connu c'est à dire que les cerveaux potentiellement accueillants ont intégré le décodeur. Sinon, c'est l'écran noir. Un "fait culturel" ancien, voire très ancien qui ne se transmet plus n'est pas un mème puisque aussi bien la caractéristique principale de celui-ci est de se répliquer. Alors bien sûr des paléoméméticiens pourraient dire qu'il s'agit de mèmes fossiles ou de paléomèmes. Je veux bien. Pour moi, ce sont des signaux, des stockages de données et rien de plus. Mais certains sont éventuellement extraordinairement précieux.

Certes, la représentation cérébrale est une condition nécessaire à leur existence, mais pour moi, l’inscription d’un mème dans le cerveau n’est qu’une de ses nombreuses représentations possibles. Et ces représentations me semblent tout aussi importantes. Par exemple, un autre élément parfaitement nécessaire à leur existence est le support comportementale, simplement pour que la transmission des mèmes se fasse.

Tu parles de "représentations" Sylvain et c'est pour moi un mot très important. Les codes écrits ou toutes les notations de nature sémiotique ne sont que des relais, des étapes transitoires de la transmission d'un mème. Par contre le mème revit ou se réactive dès qu'il se retrouve dans le milieu adapté, i.e le milieu cérébral auquel il est destiné et c'est là qu'il devient une représentation mentale, de mémoire, potentiellement retransmissible, quel que soit le type de mémoire impliqué parmi les 5 qui sont répertoriées actuellement.
Le comportement (humain) a deux composantes essentielles, tu le sais : ce qui provient du génome (inné, génétique donc) et ce qui découle de l'éducation et donc de la culture acquise. Je pense avec  Marguerite DESILE (et ceci est développé par des chercheurs comme Alain BERTHOZ, Antonio DAMASIO ou Jean DECETY) que l'émotion (le système limbique par conséquent et l'amygdale notamment) jouent un rôle primordial dans la transmission des mèmes. Et, DECETY ne me contredira pas, l'empathie et la réactivité des neurones miroirs y est aussi pour une part considérable. René GIRARD parlera de désir mimétique ou de rivalité mimétique, mais on est dans le même schéma. Les comportements se fabriquent dans le cerveau, grâce notamment à des neuro-hormones ou à des neuro-médiateurs chimiques spécifiques à chaque comportement observable. Le comportement n'est pas selon moi un support. C'est un des éléments de l'état neuronal favorable ou défavorable à l'accueil de mèmes qui sont diffusés dans une culture donnée par des médias donnés.

D’accord les langages parlé ou écrit, ne sont effectivement pas « nécessaires », mais certainement très utiles. Un mème écrit dans un livre n’est-il pas un mème au même titre que son équivalent cérébral ? Qu’il dépende ou nom du cerveau pour se copier ?

J'ai déjà répondu par avance. On peut écrire ce qu'on veut ! Il s'agit d'un broadcasting, d'une diffusion. Pour que ça fasse tilt, il faut qu'il y ait au bout du processus des récepteurs qui connaissent le code et percutent.
Si je t'écris "CLNSARIOE" sans que tu connaisses le code, tu vas pouvoir chercher longtemps et le mème qu'il contient ne te sera pas transmis. Si je te dis par contre que c'est une anagramme d'une plante marine, tu vas au moins pouvoir orienter ton antenne et comme tu es intelligent, tu vas trouver que c'est ... le haricot de ... (°!*)

Il y a donc mème au départ et mème à l'arrivée (le même en principe, sauf mutations), dans le cerveau de l'émetteur et dans celui du récepteur (des récepteurs) à condition qu'ils aient le bon décodeur et qu'il fonctionne bien. Bon, là c'est juste un mème lexical mais si tu veux, je pourrais te donner une recette intéressante pour la salicorne puisque c'est d'elle qu'il s'agissait. (°!*)



Un parasite n’est pas moins un être vivant même si son existence dépend de son hôte.

Les parasites sont effectivement des êtres vivants. Ils dépendent complètement de leur hôte. Ils ont néanmoins un génome bien défini (Je pense au gui par exemple). Mais pour autant le gui qui se développera sur des pommiers ou des peupliers n'a pas jusqu'à présent développé une culture ? Si ?
Pour en revenir au concept général des interactions biologiques (parasitisme, symbiose, mutualisme, commensalisme, concurrence voire phorésie), rien de tout cela ne peut s'appliquer aux mèmes qui ne sont pas des éléments biologiques associés aux bilans énergétiques de l'être humain mais qui - au contraire, n'en sont que des émanations, des productions épigénétiques, tant au titre de concepts créés, que des messages codés émis que de messages réceptionnés après émission (broadcasting ou déhiscence.)
Plus qu'un phénomène de parasitisme, la diffusion de mèmes et sa réplication s'apparenterait davantage à un processus d'économie en énergie dévolue à la création de solutions. Une manifestation naturelle de l'écologie cognitive. Ils parviennent aux cerveaux accueillants sans effort autre que celui de l'émotion que suscite le pattern transmis. L'énergie utile, là encore est celle de l'être vivant Homo sapiens. Le mème, lui, ne dépense rien qui ne soit à charge des humains ou de la société. Mais - pour ma part - ce n'est pas un "être" vivant, pas plus que la pensée ne peut se représenter par une "âme". Juste un phénomène biologique humain et rien de plus...


Un humain n’est pas moins humain qu’il soit d'origine noble ou paysanne. Qu’en penses-tu ?


Je pense que ces deux critères-là n'ont plus aucun sens depuis la nuit du 4 août 1789. (°!*)
Un humain n'est humain qu'au regard de son génome d'Homo sapiens avec ses 23 paires de chromosomes et ses quelque 30000 gènes. Le reste, la culture qui se transmet verticalement (transmission de génération à génération) ou horizontalement (transmission par les pairs et les membres des réseaux relationnels contemporains) comporte de par le monde tellement de variables que noble ou paysan n'ont que peu de pertinence. Certains paysans ont une noblesse d'âme remarquable alors que certains "nobles" se comportent comme les premiers ploucs venus.
As-tu regardé les deux films inspirés de Maupassant hier soir sur France 2 ? Dans le premier, tu avais la réponse à ta question. L'origine n'y est pour rien. Seule compte l'éducation ! Le sang bleu, c'est une grosse galéjade des aristo, évidemment. ;o((

 

Erwan :

[ … Les mèmes les plus puissants et qui n'ont que peu de difficulté à se répliquer sont ceux qui font partie du deuxième groupe (émotions) ou qui en proviennent indirectement. … ]

 

Sylvain :

Je suis confus. Dis-tu que les émotions sont des mèmes ? Ou que certains mèmes sont des émotions ? Je n’oserais pas dire qu’un émotion est un mème. Pourrais-tu développer ce point ?

Volontiers, ne sois pas confus.
Dans les familles, il se transmet des valeurs, des façons de réagir, des mèmes comportementaux étonnants.
Par exemple, dès que l'eau se met à chanter dans une casserole, la maman transmet à sa progéniture un signal de danger imminent. Sans doute dû à un accident qui remonte à plusieurs générations au cours duquel un bambin s'est fait grièvement brûler le corps par l'eau bouillante qui s'est répandue sur lui. Cet événement a donné le départ d'un mème qui est émotion pure. Oui Sylvain, les émotions se transmettent telles quelles parfois ou indirectement, de manière innocente ou insidieuse. En fait, c'est se saisir de la casserole qui présente un danger, pas le fait que l'eau soit en ébullition. N'est-ce pas Marguerite ?
D'ailleurs la télévision cible à fond sur ces mèmes chargés d'émotions qui font un bien meilleur score à l'audimat.


Erwan :

[ … Les mèmes n'ont aucune autonomie, aucune capacité d'autarcie : ils restent sous l'entière dépendance du milieu environnant physique et surtout de leur milieu de vie qu'est le système biologique complexe qui les héberge. … La culture humaine est sous l'effet dynamique d'une machine universelle à traiter de l'information dont le coeur de l'unité centrale décisionnelle est de nature biologique. Pierre Lévy parle de la Machine Univers (il désigne plutôt l'ordinateur) mais pour la conscience c'est sans doute le seul Homo sapiens qui "peut" tout changer. Une preuve ? Je ne sais pas ! Ne sommes-nous pas en train d'en discuter entre nous ? … ]

 

Sylvain:

De mon point de vue, ceci n’est réellement que temporaire à l’échelle de l’évolution.

Sans doute, mais nous n'en sommes pour l'instant que là où nous en sommes. J'ai lu beaucoup d'oeuvres de science fiction dès la fin des années 50 et durant les années 60 : "Le meilleur des mondes", "1984", "Les robots" d'Isaac ASIMOV (je n'ai pas lu "Le robot qui rêvait" et je le regrette bien). J'ai lu également René BARJAVEL et je retiens son "avertissement" contenu dans "Ravage". Enfin, j'ai vu en 2004 l'excellent film d'Alex PROYAS "I, robot" et je parcours régulièrement "Automates intelligents". Bon, en fait je lisais ces merveilleuses histoires alors que beaucoup d'entre vous n'étiez pas encore nés mais j'ai gardé une part de mon âme d'enfant... J'imaginais l'an 2000 plein de robots déjà, d'hélicoptères individuels et de terrasses servant d'héliports. Hum, nous n'y sommes pas encore. L'imaginaire est une chose. Le faisable en est une autre...

Bientôt nous pourrons créer des robots ou nano-robots, capables de se dupliquer, de trouver de l’énergie et d’évoluer d’eux-mêmes. Ce ne sera que le premier pas vers des intelligences artificielles qui pourront donner corps à des comportements purement mémétiques, très probablement même développeront-ils une conscience propre.

On le disait déjà lorsque j'avais 10 ans, 15 ans etc... Des comportements purement mémétiques, moi je veux bien mais dans quel type de culture et transmise comment ? La conscience, ce n'est peut-être pas ce qui sera le plus difficile mais ce sera la capacité d'une libre décision. (Cf "I, robot...)


Certaines formes d’ I.A. développent déjà des langages informatiques propres à elles-mêmes. A mon avis l’avenir mémétique se tracera dans les supports cybernétiques et non dans les supports biologiques. L’humain sera laissé loin derrière bien incapable de tenir la comparaison face à la débauche technologique de l’avenir. Les Super-mèmes de l’avenir n’auront pas besoin des hommes, et parleront de leur avenir entre eux, dans leurs « corps artificiels ».

C'est une prévision Sylvain, pas une prophétie.
Tu vois, j'en suis revenu pour ma part à RAHAN, "le fils des âges farouches". Quand je vois tous les mèmes qu'il a inventés et transmis à ses semblables, à ceux qui marchent debout, je suis stupéfait du chemin parcouru. Il y a une mine mémétique incroyable dans les RAHAN, comme si ses concepteurs avaient été des méméticiens avant la lettre...

 

Ceci dit, ce sont les mèmes humains d’aujourd’hui qui nous concernent le plus. Est-ce là ton avis ?

Oui, évidemment, surtout les mèmes véhiculés par les différentes cultures d'homo sapiens. Mais je ne rejette pas ceux de Néandertal ni d'autres hominidés, ni ceux, souvent plus simples, de nos cousins primates, ni ceux de quantité d'autres espèces comme les cétacés ou certains oiseaux. Les mutations du gène FOXP2 que nous avons en commun avec eux sont bien intéressantes à cet égard car il semble que ce soit le gène qui permet le mieux d'imiter, de répliquer, d'apprendre donc de développer une culture transmissibles par broadcasting, bref des mèmes. Nous avons bénéficié nous les humains de deux mutations fondamentales de FOXP2 et ce sont ces "accidents" qui font notre spécificité au regard de la transmission des patterns culturels. Nous sommes uniques à cet égard !
J'ai une définition très précise du terme culture. C'est un concept très complexe. Peut-être que toi ou Charles vous verrez ce que tu conjectures dans l'avant dernier de tes paragraphes. Pas moi, j'en suis sûr ! Ça fait trop longtemps que j'attends ce que j'avais imaginé. Je sais maintenant que ça ne viendra pas car les contraintes sont autres.

Bien à toi et à ceux qui liront notre conversation.

Erwan

 

C’est tout ?

 

Sylvain

Oui pour aujourd'hui. ;o))
Par Merlin le zététicien des Mèmes - Publié dans : Pour une refondation de la mémétique
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