Jeudi 18 octobre 2007
Sur le blog d'une vieille connaissance datant de la fin du siècle dernier, un autre blogueur a déposé un commentaire que voici :

Si le ciel n'est pas mon toit, c'est que je vis dans une tombe,


Pour moi, vivre pour travailler signifie la perte de toute liberté et le début de l'esclavage,


Si je viens étaler ma misère aux marges de vos villes opulentes, c'est surtout pour vous faire comprendre qu'on peut  être heureux autrement,


Alors si vous n'avez toujours pas compris ces évidences, crevez petits Gadjo Dilo,  crevez de vos jouissances petits blancs,


Mais permettez-moi de vous avouer : je suis Manouche, certes, mais vos poules ne sont plus assez grasses à mes yeux !

Commentaire n° 2 posté par: kalima  (site web)   le 13/10/2007 - 03:52:22

Et moi qui pensais encore

Last night the Gypsies came
Nobody knows from where
And where they have gone to
Nobody knows
And nobody seems to care

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Saltimbanques

A Louis Dumur.

Dans la plaine les baladins
S'éloignent au long des jardins
Devant l'huis des auberges grises
Par les villages sans églises

Et les enfants s'en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin ils lui font signe

Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours, des cerceaux dorés
L'ours et le singe animaux sages
Quêtent des sous sur leur passage


Guillaume APOLLINAIRE, Alcools (1913)
© 1920 Éditions Gallimard



                   Bohémiens en Voyage

 
   
  La tribu prophétique aux prunelles ardentes
  Hier s'est mise en route, emportant ses petits
  Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits
  Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes.
   
5 Les hommes vont à pied sous leurs armes luisantes
  Le long des chariots où les leurs sont blottis,
  Promenant sur le ciel des yeux appesantis
  Par le morne regret des chimères absentes.
   
  Du fond de son réduit sablonneux, le grillon,
10 Les regardant passer, redouble sa chanson;
  Cybèle, qui les aime, augmente ses verdures,
   
  Fait couler le rocher et fleurir le désert
  Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert
  L'empire familier des ténèbres futures.


Charles Baudelaire



Les bohémiens

À Gustave de Coutouly.

Vous dont les rêves sont les miens,
Vers quelle terre plus clémente,
Par la pluie et par la tourmente,
Marchez-vous, doux Bohémiens?

Hélas ! dans vos froides prunelles
Où donc le rayon de soleil ?
Qui vous chantera le réveil
Des espérances éternelles ?

Le pas grave, le front courbé,
A travers la grande nature
Allez, ô voix de l'Aventure !
Votre diadème est tombé !

Pour vous, jusqu'à la source claire
Que Juillet tarira demain,
Jusqu'à la mousse du chemin,
Tout se montre plein de colère.

On ne voit plus sur les coteaux,
Au milieu des vignes fleuries,
Se dérouler les draperies
Lumineuses de vos manteaux !

L'ennui profond, l'ennui sans bornes,
Vous guide, ô mes frères errants !
Et les cieux les plus transparents
Semblent sur vous devenir mornes.

Quelquefois, par les tendres soirs,
Lorsque la nuit paisible tombe,
Vous voyez sortir de la tombe
Les spectres vains de vos espoirs.

Et la Bohème poétique,
Par qui nous nous émerveillons,
Avec ses radieux haillons
Surgit, vivante et fantastique.

Et, dans un rapide galop,
Vous voyez tournoyer la ronde
Du peuple noblement immonde
Que nous légua le grand Callot.

Ainsi, dans ma noire tristesse,
Je revois, joyeux et charmants,
Passer tous les enivrements
De qui mon âme fut l'hôtesse ;

Les poèmes inachevés,
Les chansons aux rimes hautaines,
Les haltes au bord des fontaines,
Les chants et les bonheurs rêvés ;

Tout prend une voix et m'invite
A recommencer le chemin,
Tout me paraît tendre la main...
Mais la vision passe vite.

Et, par les temps mauvais ou bons,
Je reprends, sans nulle pensée,
Ma route, la tête baissée,
Pareil à mes chers vagabonds !

Albert GLATIGNY (1839-1873)


On se quitte sur une petite impro ?





Improvisation - Jazz Manouche
envoyé par floopM



Non, continuez de rêver ! Ne crevez pas petits Manouches, Roms, Gitans ou Bohémiens. Votre vie vous appartient, avec ou sans poules dodues. Avec votre manière d'être heureux accordée à celles de notre temps : (santé, éducation, habitation confortable même avec toit transparent et sensible au scintillement des étoiles.) (°!*)
Le dernier que j'ai vu à ma porte était un petit rémouleur. Il avait à peine 18 ans. Ah, les petits métiers pour eux non plus ce n'est pas facile.
                 
Un Gadjo dilo (parmi tant d'autres...)
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Mercredi 17 octobre 2007



J'ai rencontré il y a peu de temps chez moi, dans mon village, Rona  HARTNER qui joue le rôle de Sabina dans Gadjo dilo.  J'ai pu discuter un moment avec elle. C'est une jeune femme de 34 ans qui a une pêche d'enfer et qui est extraordinairement sympathique et lucide...

Vous la verrez peut-être en 2008 dans un film qu'elle vient de tourner sous la direction de Xavier DELUC "Tombé d'une étoile".







Ballade tzigane


Gadjo dilo, cet étranger chez les Tziganes de Roumanie, est à la recherche d'une femme qui chante et dont le nom, gravé sur une cassette est Nora LUCA. Stéphane est aimable et très à l'écoute de ces gens qu'il rencontre et auprès desquels il trouve l'amitié et l'amour.

Romain DURIS est Stéphane & Rona HARTNER est Sabina.

Quand je pense que certains souhaitent que les gadjo dilo crèvent...
Qu'est-ce qu'ils ont dû souffrir pour ressortir tant de haine !
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Dimanche 14 octobre 2007
Il est des amours parfaites, indispensables et indiscutables.
Certes, la beauté est un puissant aimant, mais l'amour le plus profond n'est-il pas celui qui est inspiré par la reconnaissance ?



Je t'aime pour tes rondeurs et ton galbe parfait

J'apprécie Ô combien tes formes généreuses
J'adore ton accueil et ta chaleur aimables


Je t'aime pour tu ce que tu m'offres
Je raffole de tes dons variés et si indispensables
Je te vénère pour ta fidélité et ta constance


Je t'aime quand tu valses autour de lui dans ta robe bleue
Je suis heureux de te savoir toujours dans cette course folle
Je goûte les plaisirs de ta ronde insensée


Je t'aime quand tu grondes et te mets en colère
Je m'enflamme avec toi quand tu trembles d'effroi
J'attends bien patiemment que ton courroux s'apaise


Je t'aime quand tu souffles le vent et que je récolte la tempête
J'admire le rouge orangé de ton justaucorps
Et la turquoise de ton tutu quand tu danses
Je m'affole dès que tu souffres ou que tu prends un coup de froid


Je t'aime quand tu nourris ta famille nombreuse
Je pleure et j'enrage quand je vois qu'on t'exploite
Je bondis quand je m'aperçois qu'on te vole... ton or noir


Je t'aime tant Ô ma Planète Bleue
Dont certains ont entrepris le viol et le saccage.

Je t'aime, terre-océane de mes ancêtres
Je voudrais tant que mes petits-enfants
Puissent te trouver plus tard aussi belle qu'avant
Tu es notre vaisseau spatial commun dans l'univers fractal.


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             La Planète Bleue et l'Afrique terre de tous nos ancêtres

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Dimanche 14 octobre 2007
Toute l'âme de l'Afrique en quelques percussions : "Africa"
Jeune femme Ndebele

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  J'ai rencontré celle-ci dans une échoppe de Cape Town. Elle avait l'air toute triste : je lui ai raconté une petite sornette de goublin et elle s'est mise à sourire, avec retenue quand même !
L'histoire des Ndebele est une histoire de résistance aux invasions. Ils sont apparentés aux deux grands groupes ethniques d'Afrique du Sud, les Zoulous et les Xhosa (dont Nelson Mandela est le plus prestigieux représentant.)
Cette ethnie très ancienne  a créé une culture très spécifique, unique en Afrique. Ils ont résisté aux Hollandais. En dépit de toutes sortes de brimades et de l'Apartheid, les Ndebelés sont restés fidèles à leur culture et notamment à un art décoratif mural très coloré et géométrique, apanage des femmes car si les hommes construisent les maisons, seules les femmes sont habilitées à en peindre les façades. L'abstraction est de rigueur, et chaque femme puise dans son inspiration personnelle pour mélanger couleurs et figures. La représentation d'objets ou d'animaux reste une exception.

D'après  ce site

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L'image « http://idata.over-blog.com/0/00/65/29/ndebele-rastas.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
Poupées Ndebelés avec perles multicolores



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Dimanche 14 octobre 2007
Petite Epistre au Roy


En m'esbatant je faiz Rondeaux en rime,
Et en rimant bien souvent je m'enrime;
Brief, c'est pitié d'entre nous Rimailleurs,
Car vous trouvez assez de rime ailleurs,
Et quand mous plaist, mieulx que moy rimassez,
Des biens avez et de la rime assez.
Mais moy, à tout ma rime & ma rimaille,
Je ne soustiens (dont je suis marry) maille.
Or, ce me dist (ung jour) quelque Rimart:
Viença, Marot, trouves tu en rime art
Qui serve aux gens, toy qui as rimassé?
Ouy vrayement (respondz je) Henri Macé.
Car voys tu bien, la personne rimante,
Qui au Jardin de son sens la rime ente,
Si elle n'a des biens en rimoyant,
Elle prendra plaisir en rime oyant;
Et m'est advis que, si je ne rimoys,
Mon pauvre corps ne serait nourry moys,
Ne demy jour. Car la moindre rimette,
C'est le plaisir où fault que mon rys mette.
Si vous supply qu'à ce jeune Rimeur
Faciez avoir ung jour par sa rime heur,
Affin qu'on die, en prose ou en rimant:
Ce Rimailleur, qui s'alloit enrimant,
Tant rimasse, lima et rimonna,
Qu'il a congneu quel bien par rime on a.
Clément MAROT


Ça rime à rien
_____________

Ah la rime !

Allah rime
Avec Bouddha

La rimaye qui s'ouvre sous tes pas
Et l'arrimeur qui trime et ça rime à rien

Le rimailleur qui fait rimer poison
Avec poisson
La rime ailleurs qu'à la fin du vers
Le verre de trop qui rime à quoi
J'en reste coi (comme Valentine)
Elle avait de tous petits ..... tons
Que je reluquais à tâtons
La rimenton
Le menton qui hoche
Dans le plan vertical
Pour faire hocher de la tête
Ou opiner du chef
Le menton de Hoche
Un officier une tête
Il faut bien un chef
La discipline étant la force
Majeure des armées
Dit-on. J'en reste désarmé

Et là  les bras m'en tombent
J'irai gratter sur vos tombes
À Tombelaine tombe la laine
Je tombe de sommeil
Et m'endors au soleil
D'où l'érythème
Mais l'héritier t'aime
Et l'Érythrée traîne sa misère bohême
À perdre haleine

À quoi ça rime tout ça ?
Ce sont des mots sans but
Des mots des rues
Dégouasés par un Gavroche
De poche.
Je l'arrime à mon chariot d'étoiles
Et soudain nous quittons la toile.
Vraoummmh...boum c'est le big bang
Chouette on va retrouver le petit Prince
Et Ali Baba là-haut sur leur tonneau...

Promis, demain je rime à l'envers
Je verre à l'enrime
Ni rime ni raison
Ni arêtes ni poisson
Dichotomie de la versifaction
Didactique de la confrontation
Piment si doux de la passion
Pilule amère de la version
La plus noire de nos amours
La plus sinistre des alentours

Materne-moi belle Isabelle
Ma fleur andalouse trop belle.
Je me rends. Oui je succombe
Je retourne avec joie dans ma tombe.

Goublin


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