Cela vient à chaque fois en même temps que l’envie
de poésie.
Bien sur, je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite.
Au début je prenais l’un pour l’autre :
Cyrano préparait une lettre d’amour et le bellâtre la récitait.
Ainsi j’ai longtemps cru que ma joie venait du poème, de cette irruption du mot en ses plus beaux atours qui suivait plus ou moins proche d’elle, cette tension des peaux – propre à faire
venir la clarté –
celle du dos de la main
celle qui tapisse la paroi interne du cœur
ou celle du scribe – cet esclave qui transcrit sur ordre le chant de leur désir et qui, toujours, trahit un peu, tant est grand son appétit de pouvoir –
cette tension que je vivais dans l’impatience, sans comprendre qu’elle était la source de mon plaisir.
Depuis peu je sais qu’il me faut renverser les apparences.
Le poème n’est rien que la trace d’un pas sur le chemin, l’indice d’une présence passée.
Lorsque les mots viennent à s’écouler de ma plume, je sais que « ça » n’est plus là.
L’haleine chaude du monstre a disparu, mes tempes ne sont plus maintenues comme par un mélange d’amitié et de crainte, le châle d’une amante ou les fers de la captivité.
Pourtant il reste un peu de cette présence dans la forme des vers, le déséquilibre harmonieux de certaines consonnes et même dans l’espace qui s’ouvre lorsque le texte se referme.
Mais si peu comparé à cette brûlure qui traverse mon corps juste avant que la plume ne se libère en bavardage mielleux.
Un jour, quand je saurai les paroles dont autant la couleur que le contour n’est que silence, alors je n’aurais plus besoin du poème pour voler.
Luc Comeau-Montasse (Poète et bateleur)
Oui, je revendique une certaine naïveté, même une certaine primitivité, qui me fait encore aujourd'hui ne pas être indifférente au seul fait de voir un avion voler, quand pour tant de millions de personnes c'est d'une banalité confondante d'avoir conquis l'air et l'espace. les conquètes humaines m'émerveillent et m'inquiètent aussi, sans doute est ce pour cela que je cherche la petite goutte d'eau mourant au bord d'un brin d'herbe qui me dit que tout n'est pas compris (la rondeur d'une goutte, la suavité avec laquelle elle glisse, tardant à s'échapper de son perchoir, puis se réfugie dans le sol avant de ressortir, on ne sait où parmi ses soeurs de pluie...)... et ne le sera sans doute jamais.
j'ai besoin de magie dans un monde qui tronçonne, j'ai besoin d'amitié et d'amour dans un monde qui méprise, j'ai besoin de musiques dans en monde qui tire , assassine et verrouille.
Merci d'avoir choisi cette lettre, je l'aime beaucoup.
bisous, Prince de l'Amitié.
Oui tu es poète et artiste du fond de ton être, je le sais.
L'analogie la plus évidente entre religion et poésie (art en général) c'est la prééminence du cerveau droit intuitif et global dans son approche, voire fulgurant, par opposition au gauche qui est analytique, calculateur et plus complexe dans ses démarches mais pas nécessairement plus performant dans ses résultats :
voir http://www.chez.com/pedagogie/private_investigations.html
Reste naïve et primesautière comme tu l'es. Le monde qu'on nous prépare a besoin de gens comme toi, sincères et entiers dans leur perception intégrale du monde.
Un autre volet tentera d'approcher, pour mieux comprendre, la souffrance des poétes et en général des artistes...
* Je ne suis pas du tout content de ce que j'ai fait : je vais essayer de remédier à cela.
qui se renouvelle sans cesse
puissent tous ceux qui ont encore le souffle de donner et de prendre (accepter)
puissent ils lire ce dernier article sur le désanchantement du monde
et ce que tu dis de la poésie.
Tout centimère carré découvert est un nouvel espace de liberté pour tous.
Ou comment l'enchanteur devint désenchanté devant les chantages des maîtres chanteurs...
et le début m'est venu
"les spasmes des poètes"
Belle définition de la création poétique
(ce devait être enveloppé dedans -sourire- )
"Ce vaste monde,
La
"Ce vaste monde,
La Terre et l'Onde,
Les cieux qui grondent,
Tout passera.
Mais la musique,
Mais la musique,
Mais la musique
Ne mourra pas !"
Bon, eh bien là je dis :
"Mais la Poésie !!"
Car tout ça, c'est du pareil au même : c'est l'ART qui nous relie à notre essence première, c'est l'art qui nous sauve... C'est notre capacité de contempler qui nous permet de nous détacher de l'enchaînement bassement matériel des choses d'ici-bas et d'essayer de remédier à certaines erreurs dans la création, puisque les créateurs en vérité... C'est nous.
Les spasmes des poètes sont des contractions involontaires de l'esprit qui, l'espasme d'un instant leur font régurgiter toutes leurs nourritures terrestres et cosmiques, si joliment arrangées en vers et contre tous.
En cas de gros problèmes, prendre du Dicetel 50 ! Tu peux demander à Michel (Mari de fée), il te confirmera.
Merlin (in "les spasmes de la troisième dissension") On parle parfois de querelles intestines... (°!*)
Je ne pouvais pas manquer de mettre ce texte de Luc dans cet article car - comme dans un spasme - il m'avait donné son aval, gentiment.
Spasme à ton voisin !
mes blogs sont des blogs de glace qui ne fondent qu'au soleil et je travaille beaucoup sur les prochains articles qui sont faits d'émotion et de langage.
En outre, je ne fais pas que cela car j'ai mille activités hors-blogs...
Je suis comme toi Valentine, je ne peux pas me passer de lard, ni dans le cassoulet, ni quand mon épouse achète du petit salé. Je craque, et si par chance j'ai comme légume à côté l'ar tichaut, aussitôt s'éloigne la sinistre pensée de l'ar senic...
Moi aussi j'adore la musique, la poésie et tous les arts majeurs, même les mineurs... "Au Nord, c'était les corons"...
Alors que si je faisais du vélo, de la marche, de la natation, au moins je me ferais circuler le sang !
Alors, mange du lard (comme le mari de Tirésias !) et n'oublie surtout pas un petit tour sur les côtes normandes tant que le temps s'y prête !
Cela dit,la pièce jointe que tu m'as annoncée m'est restée inaccessible ; elle disparaît lorsque j'ouvre le message...