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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 00:04



  L'espace des poètes est celui des premiers hommes qui s'émerveillent devant ce qu'ils découvrent comme le font les enfants si on leur en laisse l'opportunité. L'univers de l'art est celui des esprits qui n'ont pas accepté les conventions ni les diktats. Ces domaines sont et resteront ceux de la liberté de recréer l'environnement sensible avec naïveté et lucidité à la fois. Les premiers mèmes qui ont fait que l'Homme se distinguait une fois pour toutes des autres primates ont été ceux qui lui ont fait comprendre la magie, la poésie et les pouvoirs du feu et du soleil.
   Puis il y a eu le matin des magiciens, avec tout son ésotérisme et ses mystères, juste avant le désenchantement du monde qui commença après l'inquisition.

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La poésie
Tapisserie de Jean Lurçat
 (Le chant du monde)


   Aujourd'hui, le matérialisme et le consumérisme sont en mesure de détruire toute poésie autour de nous. Mais le méta-mème de la poésie est encore bien vivant, en dépit du désenchantement du monde.

                            Quelques illustrations de ce dilemme

    Poésie et religion sont les deux volets d'une même aspiration au sublime, au transcendantal et à l'indicible beauté de la Création.

Cela vient à chaque fois en même temps que l’envie de poésie.

Bien sur, je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite.
Au début je prenais l’un pour l’autre :
Cyrano préparait une lettre d’amour et le bellâtre la récitait.

Ainsi j’ai longtemps cru que ma joie venait du poème, de cette irruption du mot en ses plus beaux atours qui suivait plus ou moins proche d’elle, cette tension des peaux – propre à faire venir la clarté –
celle du dos de la main
celle qui tapisse la paroi interne du cœur
ou celle du scribe – cet esclave qui transcrit sur ordre le chant de leur désir et qui, toujours, trahit un peu, tant est grand son appétit de pouvoir –
cette tension que je vivais dans l’impatience, sans comprendre qu’elle était la source de mon plaisir.

Depuis peu je sais qu’il me faut renverser les apparences.

Le poème n’est rien que la trace d’un pas sur le chemin, l’indice d’une présence passée.
Lorsque les mots viennent à s’écouler de ma plume, je sais que « ça » n’est plus là.
L’haleine chaude du monstre a disparu, mes tempes ne sont plus maintenues comme par un mélange d’amitié et de crainte, le châle d’une amante ou les fers de la captivité.

Pourtant il reste un peu de cette présence dans la forme des vers, le déséquilibre harmonieux de certaines consonnes et même dans l’espace qui s’ouvre lorsque le texte se referme.

Mais si peu comparé à cette brûlure qui traverse mon corps juste avant que la plume ne se libère en bavardage mielleux.

Un jour, quand je saurai les paroles dont autant la couleur que le contour n’est que silence, alors je n’aurais plus besoin du poème pour voler.


                                 Luc Comeau-Montasse (Poète et bateleur)

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Published by Merlin & Le Bateleur - dans Histoire
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commentaires

valentine 28/10/2005 22:03

Jean-Pierre, au moins tu es un gars réaliste et respectueux des gens avec lesquels tu vis. Car force m'est de remarquer qu'avec une activité de "bloggeur" assortie d'un désir de communiquer avec ses semblables, si on ne freine pas des quatre fers, c'est vite l'escalade ! Ton travail ne se fait plus ; tes compagnons de vie ne te voient plus ; et toi... J'en suis encore à quelques craintes, mais je me demande si à force je ne vais pas avoir la cervelle transformée en coquillettes...
Alors que si je faisais du vélo, de la marche, de la natation, au moins je me ferais circuler le sang !
Alors, mange du lard (comme le mari de Tirésias !) et n'oublie surtout pas un petit tour sur les côtes normandes tant que le temps s'y prête !
Cela dit,la pièce jointe que tu m'as annoncée m'est restée inaccessible ; elle disparaît lorsque j'ouvre le message...

Jean-Pierre 28/10/2005 20:45

Non Martine,
mes blogs sont des blogs de glace qui ne fondent qu'au soleil et je travaille beaucoup sur les prochains articles qui sont faits d'émotion et de langage.
En outre, je ne fais pas que cela car j'ai mille activités hors-blogs...
Je suis comme toi Valentine, je ne peux pas me passer de lard, ni dans le cassoulet, ni quand mon épouse achète du petit salé. Je craque, et si par chance j'ai comme légume à côté l'ar tichaut, aussitôt s'éloigne la sinistre pensée de l'ar senic...
Moi aussi j'adore la musique, la poésie et tous les arts majeurs, même les mineurs... "Au Nord, c'était les corons"...

Jean-Pierre 28/10/2005 20:35

Viviane,
Je ne pouvais pas manquer de mettre ce texte de Luc dans cet article car - comme dans un spasme - il m'avait donné son aval, gentiment.
Spasme à ton voisin !

Jean-Pierre 28/10/2005 20:32

Luc,
Les spasmes des poètes sont des contractions involontaires de l'esprit qui, l'espasme d'un instant leur font régurgiter toutes leurs nourritures terrestres et cosmiques, si joliment arrangées en vers et contre tous.
En cas de gros problèmes, prendre du Dicetel 50 ! Tu peux demander à Michel (Mari de fée), il te confirmera.

Merlin (in "les spasmes de la troisième dissension") On parle parfois de querelles intestines... (°!*)

valentine 28/10/2005 11:48

(Zut, fausse manoeuvre - Correction : "ma maman" - et voici la suite :)
"Ce vaste monde,
La Terre et l'Onde,
Les cieux qui grondent,
Tout passera.
Mais la musique,
Mais la musique,
Mais la musique
Ne mourra pas !"

Bon, eh bien là je dis :
"Mais la Poésie !!"

Car tout ça, c'est du pareil au même : c'est l'ART qui nous relie à notre essence première, c'est l'art qui nous sauve... C'est notre capacité de contempler qui nous permet de nous détacher de l'enchaînement bassement matériel des choses d'ici-bas et d'essayer de remédier à certaines erreurs dans la création, puisque les créateurs en vérité... C'est nous.