Lundi 28 novembre 2005 1 28 /11 /2005 12:17


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C'est koi ÇA ?

   Oh, c'est un ensemble de recettes bien décortiquées parues le 27 octobre dernier pour faire pousser des mèmes sur toutes sortes de terrains.
   Ça s' intitule "Comment les systèmes pondent" et celui qui l'a... pondu s'appelle Pascal  JOUXTEL* aux éditions 'Le pommier'. Ainsi, après la pomme vous aurez aussi les pépins et vous pourrez les semer pour qu'ils pondent de nouveaux pommiers.

Je zoome un peu si vous voulez mieux voir ?

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   Je ne vous raconte pas, non ! Ce n'est pas un roman...
De la science fiction ? Que nenni ! Plutôt de la science-frictions avec beaucoup de questions à la clef.

   Bon ! Voilà : CLSP c'est une somme de travail importante, un gros bouquin de plus de 330 pages qui explique comment les objets de culture se reproduisent dans le microcosme d'un certain Homo sapiens. C'est un exposé clair, documenté, humoristique parfois et jamais ennuyeux de ce qu'est ou pourrait devenir la mémétique francophone. C'est très bien écrit, logique et bien construit !
Je considère à présent davantage cet ouvrage qui se veut être "Une introduction à la mémétique" comme un bloc de réflexions que l'on peut consulter dans tous les sens et, si le coeur vous en dit, on peut y saisir au hasard - comme on lirait des versets du Coran - quelques paragraphes édifiants comme par exemple à la page 287 (je jure que j'ai utilisé la fonction randomize !), là où Pascal parle "du premier présent que l'on offre à un enfant : un nom ! L'auteur ne fait pas allusion aux modalités de réplication du code, de ce prénom donné en "baptême" à chaque gamin qui vient de naître, mais les règles qui avaient cours jusqu'à la moitié du XXème siècle étaient alors immuables, tant dans le choix du premier prénom que dans l'ordre des suivants...

Lire ce message

Au sujet des mèmes de la soupe, je voudrais ajouter quelques éléments : je confirme que dans l'élaboration de cet objet culturel précieux et si sympathique, le feu est l'élément sans lequel rien de ce qui ressemble à une soupe ou à un potage ne se serait produit.
Pascal Jouxtel évoque successivement
- un mème symbolique, celui de la convivialité et du partage autour d'un plat qui rassemble le groupe, la famille. Que d'expressions familières avec le mot soupe ! Mais curieusement c'est peut-être l'une des soupes les plus simples qui est la plus conviviale et la plus... festive : je veux parler de la soupe à l'oignon !
- un mème logique qui donne des justifications ou des explications autour de cette pratique culinaire : pourquoi ? comment ? Quelles conditions matérielles, circonstancielles et environnementales président à la confection d'une soupe ?
- un mème pratique qui énonce le code en sollicitant la mémoire sémantique et un peu la mémoire épisodique.
- un mème neuronal qui regroupe les états émotionnels, les procédures mémorisées et qui est un engramme neuro-chimique bien circonscrit.

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Pascal ? C'est une soupe aux oignons
ou une omelette norvégienne ?

 

    En fait, je considère personnellement que c'est ce mème neuronal qui est le détenteur et l'enveloppe des quatre mèmes dont parle Pascal, car il traite en des lieux divers du cortex tous les aspects de l'information culturelle soupe.

    Pour en finir (juste pour aujourd'hui) je voudrais dire que cet ouvrage est à lire absolument. Je ne dirai pas que je partage tous les points de vues qu'expose le président de l'AFM*, mais il ouvre des horizons et des champs de réflexion sur ce que pourrait être la mémétique et c'est une quête formidable qui se prépare...


    Ma plus grosse objection à cette vision de la transmission de tous les patterns de culture tient au fait qu'elle réduit le libre-arbitre de l'homme à zéro ou quasiment et que Pascal considère les humains comme étant juste un terrain de propagation pour les mèmes de toutes sortes... Une maison accueillante ! Un home douillet.
    Je considère pour ma part que les mèmes sont des créations humaines et que c'est essentiellement la volonté et l'énergie que les hommes déploient pour les faire fructifier qui permet leur propagation. Je dirais même que le succès de certains mèmes est proportionnel à la somme des énergies dispensées pour les faire valoir. Or, l'énergie à dispatcher n'est  pas dans les mêmes résidents mais dans les potentialités neuro-chimiques et notamment neuro-hormonales des êtres humains. Appelons cela personnalité, motivation, pugnacité, comme on veut. Mais ce ne sont pas des mèmes, juste des gènes ou leurs expression sociale et personnelle, aussi magnifiquement surprenante que le sont les fractales tant il est vrai que le fonctionnement du cerveau humain est chaotique, à l'unisson de tout ce qui s'agite dans l'univers.

* Pascal Jouxtel  (Pascal est un prénom d'agneau mais si vous trouvez la signification onomastique du patronyme Jouxtel, je vous envoie un mème gratuit... Jean Tosti ne l'évoque même pas !)
Je propose donc, par parenté avec le verbe de langue normande "joster" Jouxtel = joueur invétéré ??? Peut-être joue-t-il avec les mêmes mèmes que nous-mêmes ?
À moins que ce ne soit le mot latin "juxta" qui soit son mème lexical originel, auquel cas s'il jouxte, c'est qu'il est un voisin... Mr Jouxtel est donc un parent sémantique de Mr Voisin ?
En tout cas, c'est un patronyme assez ancien, comme le mien !



Par Jean-Pierre CRESPIN - Publié dans : Pour une refondation de la mémétique
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Commentaires

L'article attendu sur un livre attendu

C'est toi que P.J. (Prince Jean ? du robin des bois de Walt D) aurait du embaucher pour faire la publicité de son livre.

Juste ce qui faut de désaccord (je sais qu'il est réel mais constructif) pour que l'on ne croit pas à une conivence, mais vraiment à un réel intérêt de la part du lecteur Zoltar (sourire)
Commentaire n°1 posté par Luc Comeau-Montasse le 29/11/2005 à 22h56
Oh, je fais connaître le livre de Pascal (si peu, mais quand même juste un peu) parce que mon blog a pour titre "memetics-story" et que P J parle de mémétique...

  J'ai de l'estime pour l'intelligence de Pascal et pour les idées qu'il expose même si je ne les partage pas toutes. Mais c'est chez moi un réflexe voltairien que d'écouter toutes les voix et d'explorer toutes les voies.

Oui, je l'avoue, j'ai eu du plaisir à lire le bouquin de P J. En outre, je m'étais promis de n'émettre des critiques, remarques ou objections que lorsqu'il serait sorti en librairie  (car j'avais lu une mouture électronique bien avant). J'ai tenu ma promesse et je suis allé un mois au-delà de la date de parution.

Mais je vois qu'on interprète déjà mes idées sur la liste ! Je vais être obligé de préciser ma pensée...
J-P
Réponse de Jean-Pierre CRESPIN le 30/11/2005 à 18h33
Je découvre votre site par l'intermédiaire du commentaire que vous avez fait au poème de Martine/Valentine sur le feu, et je suis émerveillée de la synchronicité qui m'y a menée, puisque ce dont vous traitez est au coeur de mes propres interrogations, et va sans doute me donner des outils raisonnés pour les poursuivre. Je m'en vais parcourir et digérer soigneusement vos articles dans les jours qui viennent. Bonne continuation !
Commentaire n°2 posté par Lucie le 30/11/2005 à 11h05
  Merci de tes lectures Lucie ! Tu sais je n'ai pas encore terminé ce travail sur le feu car le plus important va sans doute commencer bientôt avec les balbutiements du langage (né autour du feu) qui se retrouvent dans le babil des nourrissons. Pour les différents aspects concernant les émotions, la convivialité et la naissance de l'intelligence sociale, je suis encore en lectures et en recherches, mais j'avance doucement...
Bien à toi. J-P
Réponse de Jean-Pierre CRESPIN le 30/11/2005 à 18h23
Je pensais évident que "Jouxtel" jouxtât... Mais enfin en matière de "mêmes" je suis une "mémé" toute "bêta".
Commentaire n°3 posté par valentine le 30/11/2005 à 21h39
En effet, ça peut paraître évident mais on n'est jamais à l'abri d'un faux ami. La langue française fourmille de ces cas ambigus. Ainsi :

"Joster (puis jouster, jouter, voy. Joste), verbe : APPROCHER, S'APPROCHER. PLACER AUPRÈS, DISPOSER, METTRE AUX PRISES, JOUTER, COMBATTRE. — Se joster à ou joster à : se réunir à quelqu'un pour combattre, se mesurer avec quelqu'un, ou simplement se joindre à lui. — Se jouter, en parlant de deux ou plusieurs personnes, c'est : se joindre, combattre l'un contre l'autre, ou simplement se réunir. —Jouter à la terre, c'est tomber à terre (avec l'idée accessoire de s'étendre). — Joster une bataille, c'est : disposer, et, par extension, engager, livrer une bataille.
 ( Glossaire de l’ancien Français)"

 Il y a bien la polysémie de proximité, de jeu et de joute, non ?

Je précise que le verbe "joster" vient de la langue normande et est passé quelques siècles plus tard dans l'ancien françois d'Île de France qui deviendra le Français officiel de François Ier par la grâce du traité de Villers Cotterêts...
  J-P
Donc l'éventualité que Jouxtel "jostât" ou "joutât" n'est pas à exclure. Le "x" n'a aucune valeur disctinctive car en Normand (comme en latin) il se prononce exactement comme "ss". Ainsi, je suis né à Rouxeville et il faut prononcer Rousseville. CQFD !
Réponse de Jean-Pierre CRESPIN le 30/11/2005 à 22h01
Je suis contente de ce qui se dessine d eta lecture critique, ce rappel incessant à notre petite petite parcelle de libre arbitre.
je refuse de n'être qu'un "home" à des trucs inconnus qui me manipuleraient à mon insu.
Même si parfois je peux donner l'impression d'être complètement sous l'effet de mes affects...
Commentaire n°4 posté par Viviane le 01/12/2005 à 10h39
   
Merci Viviane.

Je suis en train de lire un bouquin de Marie-Claude Blais qui est une prof de philo, maître de conférences à l'Université de Rouen. Il s'agit de " Au principe de la République" Le cas Renouvier.
M-C Blais est docteur en philosophie. C'est une ancienne et brillante élève de Marcel Gauchet. C'est lui qui m'a recommandé de lire son livre qui se préoccupe,  entre autres, de démonter le déterminisme hégelien et tous les autres déterminismes de l'histoire pour un retour poilitique vers Kant et un régime de liberté, au travers de l'oeuvre de Renouvier, un philosophe oublié au même siècle où l'on a oublié un homme aussi prodigieux que Philéas Lebesgue...
Tu comprends donc que notre libre-arbitre, si ténu soit-il, j'y tiens beaucoup et je le défendrai toujours bec et ongles contre vents et marées.
Mais j'écoute quand même tout le monde, par un principe voltairien justement... libertaire. Ce qui fait que je laisse à chacun son espace de libre-arbitre.
Réponse de Jean-Pierre CRESPIN le 01/12/2005 à 22h40
 
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