Dimanche 10 août 2008
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Dans le cerveau humain, l'engramme d'un mème occupe des réseaux de neurones
interconnectés au sein d'aires spécialisées dans des tâches bien spécifiques (Vision, audition, émotion, olfaction, cognition...)
Les 5 types de mémoires peuvent être sollicitées.
LES 5 TYPES DE MÉMOIRES
(Cliquer sur le lien ci-dessus pour lire l'article)
Pour davantage de détails quant aux fonctions de chaque aire,
se reporter à ce site
(Cliquer sur le lien ci-dessus)
Mèmes: Les mèmes sont à la fois un processus biologique du type réactions d'un système à des stimulations, et au final le résultat culturel de transformations neurochimiques au niveau
de réseaux de neurones et de tout le substrat cérébral des Homo sapiens. Ils s'inscrivent dans le cadre de propriétés génétiques & épigénétiques identifiables chez tous les êtres humains,
quelles que soient leurs origines géographiques ou ethniques et ces éléments de culture sont transférables, duplicables, transmissibles chez tous les peuples dès la plus tendre enfance
(sous réserve que des amorçages perceptifs appropriés aient été initiés par des stimulations affectives et émotionnelles de la
mère) jusqu'à un âge avancé.
Les mèmes sont donc des propriétés épigénétiques du système nerveux humain et ils subissent des phénomènes évolutifs d'un type
assez proche de ceux de l'évolution génétique des espèces, telle qu'elle a été définie par Darwin.
Il existe plusieurs grandes catégories de mèmes mais on devrait en faire un inventaire exhaustif et dresser une typologie des mèmes qui serait souvent en relation étroite avec les
trois niveaux du cerveau humain définis par Paul D. MacLean :
- Les mèmes inspirés par la nécessité impérieuse de la survie (mèmes issus des propriétés et des capacités propres du cerveau reptilien.) On apprend donc, dans le cadre de la société, par
imitation des anciens à adopter des comportements sécuritaires, protégeant le clan et chaque individu du groupe. La maîtrise du feu et l'apprentissage de sa reproduction à volonté sont parmi les
premiers mèmes qui ont permis à l'Humanité de se constituer en collectif pensant, agissant et reproduisant socialement des mèmes.
- Les mèmes qui sont sous la dépendance du cerveau paléo-mammalien (le système limbique) et qui gèrent essentiellement les situations de peur, de fuite, de répulsion, d'aversion et toute la
dialectique fondamentale des systèmes de récompense/sanction.
- Les mèmes que permet de créer et de modifier le cerveau néo-mammalien (le néo-cortex*) qui traite des informations, les prend à son compte ou les rejette avec une importance considérable de
l'éducation première qui conduit à un déterminisme global très prégnant mais assorti néanmoins d'un petit espace (mais si précieux !) de choix volontaires : le libre-arbitre de chacun.
* Le cerveau qui calcule et conjecture...
Les mèmes les plus puissants et qui n'ont que peu de difficulté à se répliquer sont ceux qui font partie du deuxième groupe (émotions) ou qui en proviennent indirectement.
L'arborescence quasi-fractale du bagage mémétique humain peut se concevoir comme une pyramide inversée avec les mèmes fondamentaux ou archétypaux à la base (de sa pointe) et les
mèmes les plus récents, les plus évolués, mais aussi les plus volatils, les plus mouvants, les plus changeants, dans la partie supérieure dont la surface augmente régulièrement en quantité
et... très peu en qualité.
Cette même arborescence peut être figurée sous la forme d'un arbre dont les racines constitueraient les mèmes de base, le tronc contiendrait les mèmes de second niveau (émotions &
premières technologies) et les branches, de différents diamètres, feraient émerger les mèmes plus modernes et plus mouvants, sujets éventuellement à des... émondages ou à des modifications
d'aspect.
Les mèmes ne sont rien sans leur support biologique car c'est lui qui a permis leur émergence, leur création, par observation et comparaisons du milieu environnant ou par
calculs comparatifs & spéculatifs (Homo sapiens est le seul mammifère à prévoir à long terme et à conjecturer ...
sur les mèmes) et c'est ce même support biologique qui les nourrit, les supporte et permet leur stockage transitoire ou
de plus longue durée dans les 5 mémoires des hommes.
Dans la plupart des duplications de mèmes qui se font de cerveau à cerveau, il y a modification de l'information, du code qui se transmet de génération en génération mais, de plus en
plus, de saison en saison. L'évolution des mèmes du XXIème siècle est infiniment plus rapide que celle qui a concerné les mèmes du XIIème au XIXème siècles.
Les mèmes n'ont aucune autonomie, aucune capacité d'autarcie : ils restent sous l'entière dépendance du milieu environnant physique et surtout de leur milieu de vie qu'est le système
biologique complexe qui les héberge. Les mèmes ne sont que des interactions d'idées émises par des hommes. Pas tous c'est vrai ! Mais, comme chez les autres primates, ce sont les "dominants*" qui
sont les créateurs et les pourvoyeurs de mèmes.
* Reste à bien définir ce qu'est un "dominant" chez les Homo sapiens...
Les mèmes ne sont pas des "créatures" mais juste des créations temporaires (émergence, vie, mort) déterminées ou issues des potentialités
épigénétiques des cerveaux humains interconnectés en réseaux d'intelligence collective au sein de sociétés organisées par les acquis culturels (règles,
habitudes, comportements et lois), le package qui est "donné*" à chacun et à chaque communauté de vie à un instant "t" de la civilisation donnée.
* Ce qui est reçu en héritage
La culture humaine et sa sauvegarde peuvent être considérés comme un système informatique complexe (un système qui traite de
l'information) constitué de réseaux de réseaux interconnectés en interne (chaque être avec ses modules propres, ses aires spécifiques
spécialisées) et en externe (l'ensemble de la communauté humaine) en liaison avec le milieu environnant par des périphériques d'entrée
(ouïe, vue, odorat, goût, toucher associés à de multiples capteurs), par des périphériques de sortie (gestuelle, mimiques, mouvements, voix/parole/langages, écrit & dessin assistés de nombreuses machines amplifiant et facilitant la communication).
Cette culture que reçoivent et font évoluer sans cesse les humains est sous l'effet dynamique d'une "machine universelle" à traiter de l'information dont le coeur de l'unité centrale
décisionnelle est de nature biologique. Pierre Lévy parle de la Machine Univers (il désigne plutôt l'ordinateur) mais pour la conscience c'est sans doute le seul Homo sapiens qui "peut" tout
changer. Une preuve ? Je ne sais pas ! Ne sommes-nous pas en train d'en discuter entre nous ?
Où commence le jeu des mèmes ?
« Le biologique ignore le culturel. De tout ce que l'homme a appris, éprouvé, ressenti au long des siècles, rien ne s'est déposé dans son
organisme [...]. Chaque génération doit refaire tout l'apprentissage [...]. Là gît la grande différence des civilisations humaines avec les civilisations animales. De jeunes fourmis isolées de
la fourmilière refont d'emblée une fourmilière parfaite. Mais de jeunes humains séparés de l'humanité ne pourraient reprendre qu'à la base l'édification de la cité humaine. La civilisation
fourmi est inscrite dans les réflexes de l'insecte [...]. La civilisation de l'homme est dans les bibliothèques, dans les musées et dans les codes ; elle exprime les chromosomes humains, elle
ne s'y imprime pas. »
Jean ROSTAND (Pensées d'un biologiste)
Par Jean-Pierre CRESPIN
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Publié dans : Pour une refondation de la mémétique
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la manière dont il se transmet, est choisi par son hôte, car je nepeux pas imaginer, même si mon cerveau paélo mammalien est très développé- hélas- être sous la gouvernance de ces petites choses;
D'ailleurs je n'obéis à aucune mode, j'y suis totalement insensible, pas plus qu'à la pub;
Comment peut-on nous manipuler à travers les memes?
Immédiatement envahi par ce mème puissant
je n'ai plus la lucidité suffisante pour prendre le recul qui pourrait me permettre de dire autre chose que
"Wouah j'archive pour me faire une piqûre de rappel demain matin"
Trève de plaisanterie
bravo Jean-Pierre pour tes talents de vulgarisateur.
Ton chou-fleur est devenu une mème machine comme celui de Susan Blackmore.
Oh tu sais, après j'efface tout au Kärcher et je disperse les résidus au milieu de la rocaille... Hi hi hi !
Bon, quand je dis ça, je suis un peu sarkaustique c'est vrai mais il faut bien que chaque jour je gagne mon vil pain...
Bonne année 2006 Cher Bateleur ! Et fais fonctionner ton chou romanesco à ta guise, avec toute la dose de libre-arbitre qui t'agrée. Tu es un superbe ordinateur de chair, de sang et d'oxygène avec le code ACGT en partage. Rien que le minimum syndical en tout ça !
Aujourd'hui j'ai mis de l'orgue... Tu es passé sur mon blog un chouïa trop tôt !!... (C'est qui Zoltar ?)
BONNE ANNÉE à té itou !
Zoltar ? C'est un autre magicien de la galaxie merlinesque enfin c'est moi qui ai fait plusieurs détournements : Zol tahar Ben Târiq le Berbère (conquérant de la péninsule ibérique "Djebel ta Târiq" = Gibraltar)
Nanou
Santé, sérénité, affections comblées et... qu'il y ait du grain à moudre !
3 verres ! Bonjour les dégâts !
L'ordinateur ne contient pas une once d'information, je crois
c'est la conscience de celui qui l'y lit qui la coproduit.
La métaphore serait donc bancale ? Où le terme ordinateur serait à remplacer par quelque chose de plus fin
Un générateur de mèmes qui ne serait pas un homme ?
en attente de définition/mise au point.
Un ordinateur ne contient QUE de l'information. D'ailleurs l'informatique c'est une machine à traiter* de l'information et rien que cela. Il y a d'autres endroits qui recèlent de l'information : l'atmosphère, la startosphère qui sont le siège d'ondes de différente nature que finissent par capter nos postes radio ou nos téléviseurs.
* Triturer parfois...
Le problème que tu évoques c'est celui du décodeur en général et dans le cas de l'homme, son décodeur est complexe puisqu'il comprend les périphériques classiques appelés communément les 5 sens avec d'autres capteurs plus subtils deça-delà, mais surtout la conscience en effet qui finalise tout cela pour "en penser quelque chose" et prendre le cas échéant des décisions à cet égard.
La métaphore du cerveau qui serait une copie d'ordinateur, j'en parle un peu dans cet article :
CERVEAU ORDINATEUR OU RÉSEAU DE RÉSEAUX ?
En fait, je pense sincèrement que l'ordinateur est (pour l'instant) une pâle copie du cerveau humain (et non pas le contraire) cerveau qui est vraiment lui une machine biologique exceptionnelle pour traiter de l'information et capable qui plus est de construire une intelligence collective avec quantité de prothèses comme Internet, entre mille autres.Non, l'ordinateur n'est pas un générateur de mèmes c'est un computeur c'est à dire une machine qui compute des données. Tandis que le cerveau, lui, est capable de tout : création, stockage, traitement, diffusion et choix volontaires. Une machine parfaite inimitable jusqu'à ce jour.
Merci de ton retour Luc. Discussion très intéressante autant philosophique que mémétique !...
Mais, en bon zététicien, je ne suis sûr de rien...
Mon ostéopathe, en me manipulant -douloureusement- le genou, prétend qu'il "va y chasser l'engramme" (!!!). Je sais que les neurologues situent les engrammes dans des aires mnémosiques bien précises du cerveau. Alors, si l'on suit mon ostéo, y aurait-il une "correspondance engrammique " entre le cerveau et les parties du corps?
Un zététicien au pied du mur.