Samedi 28 janvier 2006
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18:50
Juste en préambule à quelques textes sur le langage, cette petite introspection dans un
livre qui mérite d'être lu dans tous les sens. Je ne propose pas de noms d'auteurs potentiels. Vous trouverez vous-mêmes...
Alors, qui a écrit cela ?..........
"Rien d’autre, rien d’autre pour moi que le langage. C’est le seul problème, ou plutôt la seule réalité. Tout s’y retrouve, tout y est accordé. Je vis dans ma langue, c’est elle qui me
construit. Les mots sont des accomplissements, non pas des instruments. Au fond, il n’existe pas pour moi vraiment de souci de communiquer. Je ne veux pas me servir de débris étra,gers, à moi
donnés, pour échanger avec les autres. Cette communication est une fausse mesure ; à la fois illusoire et enfoncée dans ma vie. Que puis-je dire aux autres ? Qu’ai-je à leur dire ? Pourquoi leur
dirais-je quelque chose ? Tout cela n’est que duperie. Et pourtant, c’est vrai, j’utilise. Je me sers. Je puise dans un domaine éparpillé, multiforme, mécanique. Je vis la cause de la société. Je
possède la parole. Mais dès l’instant où le mot est devenu ma propriété, annexé, objet de doute, de discorde, relation du dictionnaire, me voici enfoncé dans mon corps réel. Comme toutes les
illusions, celle entretenue par le langage se dépasse elle-même ; elle devient nature de ma fuite, force de mon ascension, peut-être même ascèse.
Bien sûr à aucun moment je n’oublie les règles fixes, élémentaires, qui font des mots des valeurs d’échange ; ainsi en apparence je reste en adhésion avec l’extérieur, je participe. Mais cette
syntaxe, cette logique comportent leur part d’oubli ; si je ne peux jamais être pur, si je ne peux jamais parler une langue pure, qui rende parfaitement compte du caractère unique de mon
expérience, du moins suis-je au-delà de la pureté. Amoralisme étonnant de la langue qui vous lie, qu’on méprise et qui vous fait atteindre la jouissance de l’autonomie. Amoralisme de ce qu’il y a
d’individuel dans ma phrase, et morale pour les ensembles. De toute manière, cela ne peut plus être un débat : c’est ma condition sociale évidente, contre quoi je ne puis rien, même si je le
veux. Je suis celui-ci ; je l’ai été, je le serai ; il est inutile, par souci d’objectivité, ou par cette naturelle hypocrisie qu’on appelle lucidité, qui veut vous faire voir les angles divers
d’une chose unique, d’essayer d’échapper.
On ne joue pas avec soi, on n’échappe pas à soi-même. Comme le temps, comme l’espace, cette évidence est au-delà de tout jugement. La liberté n’est pas le but du langage. Suis-je libre
d’être moi ?"
je lance trois noms:
Claude hagège?
Jean-Pierre Changeux?
Marcel Gauchet?
j'ai perdu sans doute mais vais continuer d'explorer.
Alfred Korzybski?
Euh, comment s'appelle celui qui a écrit le plus gros pavé sur la linguistique générale, comment s'appelle- t il, un truc tellement indigeste que je préfère lire dix Hegel de suite que celui là... Saussure? non, c'est trop moderne comme écriture et comme pensée pour être Saussure.
je donne ma langue au chat.
Hagège ? Niet !
Changeux ? No !
Gauchet ? Que nenni !
Korzybski ? Nein ! Même si la PNL lui doit un peu et si le 'sème antique' l'a guidé...
Oops ! Tu n'a pas trouvé Saussure à ton pied Viviane ?
Tu gèles...
Je propose que l'on puisse poser des questions auxquelles tu réponds par oui ou par non
...
sinon c'est trop trop dur (sourire)
OK !
Oops ai-je dit positivement que c'était un philosophe ?
C'est vrai, je n'ai rien dit. Je suis dur en devi.net !
C'est vrai que cela ressemble à de l'introspection.
C'est très moderne comme écriture.
cela semble une écriture intemporelle pourtant.
il y a cette notion de pureté qui me titille.
La notion de mérite qui est accordée à la lecture de l'ouvrage me ferait penser à un livre barbant au possible (tu vas me gronder..) la Critique de la raison pure, et autres promenades du cher Emmanuel qui n'aimait ni les femmes ni la musique.
Mais cela pourrait aussi bien être un romancier.
Le mérite cela me tracasse, ton introduction sur le mérite...
Et puis cette conclusion sur le temps et l'espace, grandes reflexions Kantiennes. La liberté, le libre arbitre.
mais ça pourrait aussi bien être Ricoeur;
Bon je n'ai rien dit. oublie...
Non, c'est pas barbant !
Oh et puis je te donne un indice Viviane - valable pour tous - oui, c'est un romancier, essentiellement. Très célèbre ! En outre, il a mille et un points communs avec toi...
mort ou vivant?
Il est bien vivant ! Il va publier en février un nouveau roman sur le sujet de l'utopie dont je n'ai pas le droit de révéler le titre encore...
Je n'en dis pas plus, pour l'instant.
Il a écrit aussi "J'ai appartenu au silence.J'ai été confondu avec tout ce qui ne s'exprime pas, et j'ai été caché par les noms et les corps des autres. J'ai été dans le sein de l'impossible, quand tant d'autres choses étaient possibles. Mes mots, mon langage étaient sans valeur. Ma pensée, ma conscience n'avaient pas cours. J'ai parlé avec le langage de mon père et de ma mère, avec les mots de ceux qui m'ont conçu et m'ont créé.[........] Il faut quitter sa peau, son âme et sa langue, et redevenir celui qui n'est pas né."
Je donne ma langue au chat!!
de la souffrance. Il a des points communs avec moi il a voyagé?
Il faut quitter sa peau son âme, c'est un homme de l'ascèse de la quête, de la solitude peut être des traversées de désert, Le Clézio? Non...
Voir réponse D taillée dans le comment t'erre de Luc.
Tu as gagné... toute mon S time. Bon, tu l'avais déjà ? Ça fait rien, quand on est collectionneuse on a forcément des doubles.
Doubles bises.
Tu es la Le Clézio de la poésie Viviane !
(oh ! Viviane, l'impatiente ... -sourire- une seule question à la fois)
Jean-Pierre tu es vraiment gentil
tu nous donnes des indices en petits cailloux blancs
ma question : a-t-il écrit des poèmes ?
Il me dit que oui :
" J’ai commencé à écrire vers sept ou huit ans, avec pour seul lectorat ma famille immédiate. J’ai ensuite écrit beaucoup de poésie que je n’osais montrer à personne ". J.M.G. L.C.Lire n° 230
http://www.crdp-montpellier.fr/ressources/frdtse/frdtse35g.html
Mais je n'ai pas eu la chance d'en lire un seul !... ;o((
Oui, Viviane a trouvé ! C'est Jean-Marie Gustave LE CLÉZIO. C'était dans "L'Extase matérielle" Gallimard 1967, petit bouquin de 222 pages sur lequel je suis en train de travailler en ce moment...
Bravo Viviane
Mais elle triche
nous lui connaissons tous des pouvoirs secrets
dont elle use, il est vrai, avec modération
Oui, bravo à elle ! Elle devine tout ; c'est une magicienne !
Prochaine devinette plus corsée...
Mais j'adore les devinettes on peut me tenir éveillée des nuits entières à essayer de me faire deviner quelque chose, une vraie gamine.
...
Il faut que tu lises Le Clézio, Luc, Désert et Hasard sont magnifiques, l'écriture de le Clézio, comment te dire, c'est la soie, l'or, le sable, la mer le sel la pierre la chair la souffrance l'attente le chemin la musique faites écriture, c'est d'une densité douce et lente, très très lente qui devrait te plaire...
Je vous suggère "Le rêve mexicain" et "Les prophéties du Chilam Balam". En tout cas, pour un amoureux de la civilisation Maya comme moi, c'est un régal ! Mais, chez Le Clézio, il y a du grain à moudre...
Puisque tu adores les devinettes, tu vas être servie Vivi !...