UN INSECTE À MÉTAMORPHOSES INCOMPLÈTES : LA SAUTERELLE VERTE
L'éducation, l'instruction, l'enseignement semblent remis en question chaque jour par les uns et par les autres. Certains disent que
c'était mieux avant, comparant souvent des situations et des élèves qui sont bien loin d'être les mêmes...
Voici les travaux pratiques d'un adolescent à l'âge du lycée au tout début des années 60. Le professeur est loin d'être charismatique. Sa pédagogie n'est pas extraordinairement
enthousiasmante mais elle a pour elle une certaine rigueur et une forme d'exigence qui semble être le minimum requis. En fait, cette personne est une militante de la protection de la nature et
notamment des oiseaux beaucoup plus qu'une pédagogue.
L'élève a donc une sorte de feuille de route : il doit effectuer des observations pour ses travaux pratiques et les consigner sur
de grandes pages Canson à dessin d'un cahier à spirales réservé à cet usage. Après que tous ces dessins auront été achevés, il lui appartiendra de faire par ses propres moyens un résumé sur la
morphologie de l'animal examiné, sur sa biologie et sa place dans la classification du règne animal.
Ensuite, ce travail est vérifié et noté par le professeur, systématiquement. Somme toute, pour l'essentiel, il s'agit d'un travail personnel.
Voici le résumé concocté par cet élève, après achèvement des TP dont les dessins
sont présentés ici :
On trouve la grande sauterelle verte l'été dans l'herbe des prairies.
Morphologie externe : Le corps comprend trois parties. La tête, le thorax et l'abdomen.
Sur la tête, on voit
- deux gros yeux à facettes (composés)
- deux antennes très longues formées de segments articulés qui servent d'organes du toucher
- la bouche
- les pièces buccales qui comprennent la lèvre supérieure ou labre, les deux mandibules, deux mâchoires ou maxillaires et la lèvre
inférieure.
Les deux dernières sont formées de pièces articulées. Chaque mâchoire comprend une pièce d'attache et une rame externe (le palpe maxillaire) ainsi qu'une rame interne qui comporte elle-même
deux parties. La lèvre inférieire est formée d'un assemblage identique à deux pièces de chaque mâchoire.
Ces pièces buccales servent à la sauterelle pour broyer ses aliments.
La tête est attachée au thorax qui comporte trois anneaux. Chaque anneau porte une paire de pattes et les deux derniers anneaux portent chacun une paire d'ailes. Parmi les trois
paires de pattes, la plus développée est la troisième aux pattes articulées. Elles s'attachent au thorax par la hanche. Les autres segments sont le trochanter, la cuisse, la jambe et le tarse.
Sur la jambe de chaque première paire de pattes on remarque l'organe auditif.
Les ailes du second anneau du thorax ou élytres sont longues, étroites et fortement chitinisées. Celles qui sont fixées sur le troisième anneau sont membraneuses mais les
élytres les protègent. Chez la sauterelle mâle, on remarque, au départ de l'élytre droite, un organe bruiteur et sur l'élytre gauche, un archet, vervure fortement chitineuse et dentelée.
Lorsque la sauterelle frotte cet archet sur l'organe bruiteur, cela produit un son appelé stridulation.
L'abdomen est formé de onze anneaux. Latéralement, on peut observer des stigmates sur les huit premiers d'entre eux.
Chez la femelle, l'abdomen est terminé par un long tube de ponte : la tarière.
Biologie de la sauterelle :
Nutrition : La sauterelle verte se nourrit d'éléments végétaux et animaux qu'elle broie avec ses mandibules
très puissantes. Celles-ci sont faites de chitine. Elle se sert des autres pièces buccales pour compléter la mastication.
Respiration : Elle s'effectue par trachées qui communiquent avec l'extérieur par des
stigmates.
Locomotion : La sauterelle marche et saute grâce à une paire de pattes sauteuses très
développées. Elle peut s'aider de ses ailes dans certains sauts.
Circulation : Un vaisseau sanguin dorsal & un système lacunaire.
Reproduction : La femelle enfonce ses oeufs (environ une dizaine) en terre à l'aide de
sa tarière, après fécondation interne. Les oeufs pondus à la fin de l'été éclosent au printemps suivant. De ces oeufs il sort de jeunes sauterelles (une par oeuf) dont les ailes ne sont pas
formées. Les antennes sont très courtes et chez les femelles la tarière n'est pas encore développée. Il se produit donc une transformation progressive par mues successives.
On appelle cela métamorphose incomplète par comparaison avec les autres insectes dont les larves sont très différentes des insectes adultes du point de vue de leur
morphologie.
CLASSIFICATION
La grande sauterelle verte appartient à l'embranchement des ARTHROPODES
à la classe des INSECTES
à l'ordre des ORTHOPTÈRES
Caractères généraux :
Les caractères généraux des ARTHROPODES.
Les INSECTES ont le corps divisé en trois parties, trois paires de pattes, deux ailes, une respiration uniquement par trachées et une tête porteuse de
deux antennes.
Les ORTHOPTÈRES ont
- des pièces buccales de type broyeur
- des métamorphoses incomplètes
- des ailes membraneuses pliées longitudinalement sous des élytres
(Sauterelle et criquet pèlerin par exemple...)
Titine (la prof) avait écrit : "organes" au lieu de "appareils". C'est une remarque judicieuse !
& "L'ensemble des organes permettant d'émettre des sons constitue l'appareil bruiteur"
(Pas facile de lire sa remarque ! Mais si elle voit ce blog, je la salue civilement et respectueusement.)
Le bruit obtenu est bien la stridulation.
Elle est pas belle ma sauterelle ?
La grande
sauterelle verte (Tettigonia viridissima)
Un lien formidable pour des cours fabuleux
(Avec un
tel professeur et les moyens prodigieux d'Internet vos enfants seront documentés et éclairés.)
Grande sauterelle verte
5 comment taire..