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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 12:02
UN INSECTE À MÉTAMORPHOSES INCOMPLÈTES : LA SAUTERELLE VERTE

L'éducation, l'instruction, l'enseignement semblent remis en question chaque jour par les uns et par les autres. Certains disent que c'était mieux avant, comparant souvent des situations et des élèves qui sont bien loin d'être les mêmes...
Voici les travaux pratiques d'un adolescent  à l'âge du lycée au tout début des années 60. Le professeur est loin d'être charismatique. Sa pédagogie n'est pas extraordinairement enthousiasmante mais elle a pour elle une certaine rigueur et une forme d'exigence qui semble être le minimum requis. En fait, cette personne est une militante de la protection de la nature et notamment des oiseaux beaucoup plus qu'une pédagogue.
    L'élève a donc une sorte de feuille de route : il doit effectuer des observations pour ses travaux pratiques et les consigner sur de grandes pages Canson à dessin d'un cahier à spirales réservé à cet usage. Après que tous ces dessins auront été achevés, il lui appartiendra de faire par ses propres moyens un résumé sur la morphologie de l'animal examiné, sur sa biologie et sa place dans la classification du règne animal.
   Ensuite, ce travail est vérifié et noté par le professeur, systématiquement. Somme toute, pour l'essentiel, il s'agit d'un travail personnel.


Voici le résumé concocté par cet élève, après achèvement des TP dont les dessins sont présentés ici :


On trouve la grande sauterelle verte l'été dans l'herbe des prairies.

Morphologie externe :  Le corps comprend trois parties. La tête, le thorax et l'abdomen.

     Sur la tête, on voit
           - deux gros yeux à facettes (composés)
        - deux antennes très longues formées de segments articulés qui servent d'organes du toucher
           - la bouche
           - les pièces buccales qui comprennent la lèvre supérieure ou labre, les deux mandibules, deux mâchoires ou maxillaires et la lèvre inférieure.
Les deux dernières sont formées de pièces articulées. Chaque mâchoire comprend une pièce d'attache et une rame externe (le palpe maxillaire) ainsi qu'une rame interne qui comporte elle-même deux parties. La lèvre inférieire est formée d'un assemblage identique à deux pièces de chaque mâchoire.
Ces pièces buccales servent à la sauterelle pour broyer ses aliments.
   La tête est attachée au thorax qui comporte trois anneaux. Chaque anneau porte une paire de pattes et les deux derniers anneaux portent chacun une paire d'ailes. Parmi les trois paires de pattes, la plus développée est la troisième aux pattes articulées. Elles s'attachent au thorax par la hanche. Les autres segments sont le trochanter, la cuisse, la jambe et le tarse. Sur la jambe de chaque première paire de pattes on remarque l'organe auditif.
    Les ailes du second anneau du thorax ou élytres sont longues, étroites et fortement chitinisées. Celles qui sont fixées sur le troisième anneau sont membraneuses mais les élytres les protègent. Chez la sauterelle mâle, on remarque, au départ de l'élytre droite, un organe bruiteur et sur l'élytre gauche, un archet, vervure fortement chitineuse et dentelée. Lorsque la sauterelle frotte cet archet sur l'organe bruiteur, cela produit un son appelé stridulation.
    L'abdomen est formé de onze anneaux. Latéralement, on peut observer des stigmates sur les huit premiers d'entre eux.
    Chez la femelle, l'abdomen est terminé par un long tube de ponte : la tarière.


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Biologie de la sauterelle :

 Nutrition :  La sauterelle verte se nourrit d'éléments végétaux et animaux qu'elle broie avec ses mandibules très puissantes. Celles-ci sont faites de chitine. Elle se sert des autres pièces buccales pour compléter la mastication.

Respiration :
Elle s'effectue par trachées qui communiquent avec l'extérieur par des stigmates.

 Locomotion :
La sauterelle marche et saute grâce à une paire de pattes sauteuses très développées. Elle peut s'aider de ses ailes dans certains sauts.

Circulation :  Un vaisseau sanguin dorsal & un système lacunaire.

Reproduction :
  La femelle enfonce ses oeufs (environ une dizaine) en terre à l'aide de sa tarière, après fécondation interne. Les oeufs pondus à la fin de l'été éclosent au printemps suivant. De ces oeufs il sort de jeunes sauterelles (une par oeuf) dont les ailes ne sont pas formées. Les antennes sont très courtes et chez les femelles la tarière n'est pas encore développée. Il se produit donc une transformation progressive par mues successives.
On appelle cela métamorphose incomplète par comparaison avec les autres insectes dont les larves sont très différentes des insectes adultes du point de vue de leur morphologie.



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CLASSIFICATION

La grande sauterelle verte appartient à   l'embranchement des ARTHROPODES

à la classe des INSECTES
 

à l'ordre des ORTHOPTÈRES

Caractères généraux :

Les caractères généraux des ARTHROPODES.

Les INSECTES ont le corps divisé en trois parties, trois paires de pattes, deux  ailes, une respiration uniquement par trachées et une tête porteuse de deux antennes.

Les ORTHOPTÈRES  ont

- des pièces buccales de type broyeur
- des métamorphoses incomplètes
- des ailes membraneuses pliées longitudinalement sous des élytres

(Sauterelle et criquet pèlerin par exemple...)

undefinedTitine  (la prof)  avait écrit : "organes" au lieu de "appareils". C'est une remarque judicieuse !
& "L'ensemble des organes permettant d'émettre des sons constitue l'appareil bruiteur"
(Pas facile de lire sa remarque ! Mais si elle voit ce blog, je la salue civilement et respectueusement.)
Le bruit obtenu est bien la stridulation.



Elle est pas belle ma sauterelle ?

undefinedLa grande sauterelle verte  (Tettigonia viridissima)

Un lien formidable pour des cours fabuleux
(Avec un tel professeur et les moyens prodigieux d'Internet vos enfants seront documentés et éclairés.)














Grande sauterelle verte

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Published by Merlin le zététicien des Mèmes - dans Passeurs de mèmes
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commentaires

Valentine :0056: 06/03/2008 11:47

Voilà qui est passionnant, et l'élève est peut-être devenu un de ces chercheurs que justement j'ai vus à l'oeuvre hier soir sur arte, étudiant les fonctions étonnantes de certains insectes.Ne possédant pas internet, il avait sans doute à sa disposition de bonnes encyclopédies, et on voit là toute la supériorité du support livre, car l'élève surfeur n'aura rien dessiné ni écrit, mais seulement imprimé, tel quel, le magnifique cours trouvé en ligne.

Merlin le zététicien des Mèmes 06/03/2008 18:55

Non, cet élève n'est pas devenu chercheur en entomologie Martine mais il cherche quand même dans les domaines qui l'intéressent. C'est un chercheur autonome mais pas solitaire, grâce à la toile entre autres réseaux relationnels. La recherche devrait être privilégiée dans tous les domaines ! Quand je vois des docteurs en biologie moléculaire qui gagnent 1000 € par mois, travaillent dans un Mac Do ou créent une entreprise de bricolages divers à domicile pour survivre, ça me met très en colère tu t'en doutes.Tu te trompes sur un point : il n'avait pas Internet certes à cette époque quoi qu'il en eut l'intuition en 1969... Mais il n'avait aucune bonne documentation chez lui : c'était le vide culturel total. Aucun livre, aucun dictionnaire sérieux. L'Établissement qu'il fréquentait avait une riche bibliothèque pour ce qui touchait à la littérature et à la philosophie, mais pour les sciences, c'était la peau de chagrin.J'ai écrit à Éric  Walravens (Notamment pour lui signaler que je lui avais "emprunté" une photo de sauterelle) mais aussi pour lui dire que j'aurais aimé être son élève à 16 ans. Il m'a laissé entendre qu'il aurait été satisfait de m'avoir comme élève. .. (°!*) Non, il confirme que l'observation et le dessin sont incontournables pour entrer dans les secrets de la Science.Pour comprendre les chemins de la pensée par les neurosciences, je dessine encore à 64 ans : le cerveau et ses modules, les neurones, les synapses, les dendrites, les aires de la lecture, celles de l'écriture... Mais Internet me sert énormément. C'est mon encyclopédie, ma base de données pas unique mais number one.Merci de ta visite Martine.

Viviane 06/03/2008 11:11

je cherche en vain le lien vers les dessins sans retouche nettoyante de leurs taches du tempstu sais à quel point ces dessins me touchent, car les sciences naturelles étaient une matière qui m'apaisait, sans doute du fait de la partie dessin.Et tu sais aussi comme j'aime les vieux papiers qui ont transporté traces du temps...

Merlin le zététicien des Mèmes 06/03/2008 18:36

Je ne les ai pas encore mis car il faut que je dépose ces photos en plein écran sur l'un de mes sites et ce n'est pas aussi rapide que pour un blog car je dois tout faire moi-même avec mes petits doigts fatigués... Hi hi hi !Je vais peut-être essayer ce soir, en tout cas pour le dessin de la sauterelle verte.Sciences naturelles dis-tu ? Oui moi aussi j'aimais bien cette terminologie. J'appréciais aussi le nom de la série "sciences expérimentales". CHARPAK a essayé de nous faire croire qu'il avait ramené le concept "LAMAP" (La MAin à La Pâte) des États Unis. Nous n'avions pas besoin de cela ! Célestin FREINET y avait pensé bien avant lui avec son très fameux tâtonnement expérimental et l'observation minutieuse de la nature. Maintenant c'est SVT mais que devient la physique, l'étude des corps, des particules, du cosmos ?Moi aussi j'aime bien les vieux papiers : ça va tellement bien avec moi ! Vieux Pépé, vieux papiers !Je vais déposer du "très vieux papier" sur mon blog : un extrait d'un cahier d'escholier de 1716 retrouvé dans les archives familiales chez mon arrière grand-mère Marie LEHADOUEY. Tous les cours sont notés en latin. Une bonne occasion de s'y mettre pour moi qui voulais faire latin &  grec et qu'on a envoyé dans un pensionnat filière M'...  ;o((

Viviane 04/03/2008 16:53

Ces dessins son tmagnifiques Jean-Pierre, on y reçoit ton sens de l'observation, le goût de la chose bien faite, l'envie de clarté et de partager, en tous cas le souci que celui qui regardera voit sans se perdre, sans passer à côté de l'essentiel. Je suis heureuse que tu les aies mis en ligneils me rappellent un très beau cahier que Luc nous avait offert, d'anatomie nerveuse. le dessin, travail oublié aujourd'hui... Merci

Merlin le zététicien des Mèmes 04/03/2008 23:11

Ces dessins ont perdu beaucoup de leurs contrastes en presque un demi-siècle (47 ans je crois) . Le Canson a jauni et j'ai dû atténuer les couleurs à cause de cela. Je vais mettre un lien pour chacun d'eux, afin qu'on puisse les voir dans leur taille initiale et avec leur définition véritable (celle dans laquelle on voit par exemple les nervures des ailes...) Ce sera un peu jauni sur les bords de la feuille mais on y gagne en précision, ce qui - pour des dessins de sciences naturelles - me paraît important.J'ai mis le texte aussi. C'est un texte d'adolescent. Aujourd'hui évidemment, je ferais un peu mieux et de plus j'ai des outils bien plus fantastiques que les rares documents dont je disposais à cette époque.Les traces du crayon ont perdu de leur impact sur le papier car tous ces cahiers à spirales étaient dans une dépendance de la maison de mon père, à l'humidité. Mais je suis heureux comme un gamin de 7 ans de les avoir récupérés car je n'ai plus que ça pour me souvenir que j'aurais pu être un élève sérieux, un observateur attentif de la nature... Il aurait fallu si peu de choses !