Lundi 30 janvier 2006
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Dites moi qui a écrit ce texte et quel est le titre de l'ouvrage, s'il vous plaît...
"Dans l'espace des marchandises, ce n'est pas seulement la parole qui est séparée d'une situation vivante. Tableaux et visages, paysages et musiques, rites et spectacles, les événements de
toutes sortes sont indéfiniment reproduits et diffusés par les livres, la presse, la photo, les disques, le cinéma, la radio, les cassettes, la télévision, hors de leur contexte d'émergence.
Multiplié par les médias, emporté par mille voies et canaux, le signe est détérritorialisé.
Avant l'enregistrement du son et la radio, la majeure partie de l'humanité n'avait jamais entendu que les musiques de sa nation, de sa région, et toujours en liaison avec une circonstance
particulière : chants de travail ou d'amour, seguedille ou bourrée, chansons de fête ou cantique religieux. Avant la photographie, le cinéma et la télévision, les images étaient attachées à
des lieux, à des occasions, à des saisons. Désormais, les signes sont déliés. Le Territoire séparait la chose du signe, mais pour mieux les réarticuler par l'arbitraire de la convention, de
la loi, de l'État. Sur l'espace des marchandises, les flux des signes courent sans frein. La coupure a si bien fonctionné que la transcendance ne fait plus lien.
L'écriture avait permis une analyse du discours, une réification des mots, une première décontextualisation du langage. Les médias opèrent une décontextualisation massive et généralisée de
tous les signes qu'aucune transcendance ne vient plus réguler.
La sémiotique du Territoire distinguait la chose de sa représentation. Sur l'Espace marchand ou médiatique, il n'y a plus vraiment de chose, de référent, d'original. La monnaie continue à
circuler en l'absence d'étalon-or. La mélodie écoutée à la radio ou enregistrée sur le disque n'a jamais été chantée telle que je l'entends : ce n'est qu'un effet de studio, cela n'existe que
dans la sphère du spectacle. La presse et la télévision créent l'événement, produisent la réalité médiatique, évoluent dans leur propre espace plutôt que de nous envoyer les signaux des
choses mêmes. La référence ne renvoie qu'à la médiasphère. Le grand magasin du signe, ou le Spectacle, devient alors une sorte de surréalité par quoi toute parole ou toute image doit passer
si elle prétend avoir quelque efficacité."
Par Jean-Pierre CRESPIN
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Publié dans : Philosophie, littérature et poésie
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On y sent comme une inquiétude de ce passage dnas le monde hypermédiatique où tout relève de la communication et y retourne dans un mouvement presque sans fin, sans repère, ouvert à l'infini.
texte contestataire. attaché aux anciennes valeurs de l'écrit et probablement contestataire des effets pervers de la mondialisation dans la communication et des abîmes de virtualités (déshumanisation) qu'elle ouvre.
c'est interessant cet attachement au territoire, à l'éco (écho) système dans lequel la parole ou le signe quels qu'ils soient sont produits, palpables, avec leurs défauts emplis de vie, je ne vois pas de qui peut être ce texte, il y a un côté un peu passéiste qui me ferait penser à Finkielkraut mais l'énonciation est si claire que ce ne peut être lui ( tu connais mon amitié pour cet homme qui souvent à l'écrit s'emmèle les pinceaux et parfois ... de plus en plus souvent... lou vieillèye... à l'oral). Pas assez aigri pour être Finkielkraut LOL
Bon, je vais réfléchir, cela me semble être une pensée française en tous cas. ( c'est pas les américains qui connaissent la séguedille, il faut connaitre la Carmencita pour en parler ;o))
J'mein va t'poser l'questian v'vec l'asseint d'chicoutimi.. L'est pas am'riquin c't'homme la, ma foué, peut être que freinçois?
Aloooooooooors....
La notion de déterritorialisation me fait penser à ce qui me reste d'un ouvrage soporifique de Deleuze et guattari, autour des entrecroisements de textes...
je ne vois pas les commentaires que je te poste...
je continue cependant mes investigations.
C'est un philosophe français?
Une citation ?
"Toute prise de contrôle par un petit groupe de ce qui procède de tous, toute fixation d'une vivante expression collective, toute évolution vers la transcendance annihile immédiatement le caractère angélique du monde virtuel, qui choit alors immédiatement dans les régions obscures de la domination, du pouvoir, de l'appartenance et de l'exclusion."
J'ai pris un peu de retard dans l'échange
mais tout le plaisir est pour moi
J'aime beaucoup ce texte
Tu devais te douter Jean-Pierre
qu'il parlerait à tout ce qui en moi se rebelle contre la duplication en tous sens, à l'infini de ce qui fini par perdre son sens.
je range toute de suite (pas pratique, sans le nom -sourire- )
Si je dois me risquer je dirais
est-il protestant ?
L'auteur protestant ? Euh, non. Je dirais plutôt juif non pratiquant... Qu'il me pardonne !
Ou alors Canguilhem? non trop tôt Canguilhem, comment s'appelle le compagnon, ex compagnon, de Kristéva, Julia... Zut je l'ai sur le bout de la langue, il vit aux USA...
Non pas Canguilhem...
Ta langue s'agite Russalka : il ne vit pas aux ... USA
s'est-il a un moment passionné d'arbres ?
Tu brûles là Luc ! Ne mets pas le feu au buisson ardent. LOL !
Je vais donner quelques indices nouveaux pour que chacun puisse cheminer vers la découverte d'une piste prometteuse, d'un nom d'auteur ou même d'un titre.
Ne fais pas de projections ou d'hypothèses définitives...
J'aime tellement mieux quand tu joues et quand tu trouves et ça ne me dérange pas non plus que tu joues et ne trouves pas. Ce n'est qu'un jeu !
Mais j'aime beaucoup Michel Serres aussi, car sa pensée m'illumine, même si elle ne me donne pas autant que ces deux-là, la direction à suivre...
Son prénom est-il du genre de ceux sur lesquels on peu batir des oeuvres cathédrales ?