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Il n'est pas facile de faire de l'histoire au sujet des peuples Celtes car ceux-ci n'ont pas laissé de documents écrits. Leurs connaissances se transmettaient exclusivement oralement. Il nous faut donc, pour essayer de bien comprendre leur manière de vivre, leur civilisation, nous contenter de ce qu'en ont écrit les peuples étrangers qui les côtoyaient, notamment les Grecs et les Romains.
Des textes anciens comme ceux de Strabon d'Amassée (57 avant JC-25 après JC) nous dépeignent les Gaulois tels que lui-même les voyait
:
5. Τῷ δ' ἁπλῷ καὶ θυμικῷ πολὺ τὸ ἀνόητον καὶ ἀλαζονικὸν πρόσεστι καὶ τὸ φιλόκοσμον· χρυσοφοροῦσί τε γάρ, περὶ μὲν τοῖς τραχήλοις στρεπτὰ ἔχοντες, περὶ δὲ τοῖς βραχίοσι καὶ τοῖς καρποῖς ψέλια, καὶ τὰς ἐσθῆτας βαπτὰς φοροῦσι καὶ χρυσοπάστους οἱ ἐν ἀξιώματι. Ὑπὸ τῆς τοιαύτης δὲ κουφότητος ἀφόρητοι μὲν νικῶντες, ἐκπλαγεῖς δ' ἡττηθέντες ὁρῶνται. Πρόσεστι δὲ τῇ ἀνοίᾳ καὶ τὸ βάρβαρον καὶ τὸ ἔκφυλον, ὃ τοῖς προσβόρροις ἔθνεσι παρακολουθεῖ πλεῖστον, τὸ ἀπὸ τῆς μάχης ἀπιόντας τὰς κεφαλὰς τῶν πολεμίων ἐξάπτειν ἐκ τῶν αὐχένων τῶν ἵππων, κομίσαντας δὲ προσπατταλεύειν + τὴν θέαν τοῖς προπυλαίοις. Φησὶ γοῦν Ποσειδώνιος αὐτὸς ἰδεῖν ταύτην τὴν θέαν πολλαχοῦ, καὶ τὸ μὲν πρῶτον ἀηθίζεσθαι, μετὰ δὲ ταῦτα φέρειν πρᾴως διὰ τὴν συνήθειαν. Τὰς δὲ τῶν ἐνδόξων κεφαλὰς κεδροῦντες ἐπεδείκνυον τοῖς ξένοις, καὶ οὐδὲ πρὸς ἰσοστάσιον χρυσὸν ἀπολυτροῦν ἠξίουν. Καὶ τούτων δ' ἔπαυσαν αὐτοὺς Ῥωμαῖοι, καὶ τῶν κατὰ τὰς θυσίας καὶ μαντείας ὑπεναντίων τοῖς παρ' ἡμῖν νομίμοις. Ἄνθρωπον γὰρ κατεσπεισμένον παίσαντες εἰς νῶτον μαχαίρᾳ ἐμαν τεύοντο ἐκ τοῦ σφαδασμοῦ. Ἔθυον δὲ οὐκ ἄνευ Δρυϊδῶν. Καὶ ἄλλα δὲ ἀνθρωποθυσιῶν εἴδη λέγεται· καὶ γὰρ κατετόξευόν τινας καὶ ἀνεσταύρουν ἐν τοῖς ἱεροῖς καὶ κατασκευάσαντες κολοσσὸν χόρτου καὶ ξύλων, ἐμβαλόντες εἰς τοῦτον βοσκήματα καὶ θηρία παντοῖα καὶ ἀνθρώπους, ὡλοκαύτουν.
5. A leur franchise, à leur fougue naturelle les Gaulois joignent une grande légèreté et beaucoup de fanfaronnade, ainsi que la passion de la parure, car ils se couvrent de bijoux d'or, portent des colliers d'or autour du cou , des anneaux d'or autour des bras et des poignets, et leurs chefs s'habillent d'étoffes teintes de couleurs éclatantes et brochées d'or. Cette frivolité de caractère fait que la victoire rend les Gaulois insupportables d'orgueil, tandis que la défaite les consterne. Avec leurs habitudes de légèreté, ils ont cependant certaines coutumes qui dénotent quelque chose de féroce et de sauvage dans leur caractère, mais qui se retrouvent, il faut le dire, chez la plupart des nations du Nord. Celle-ci est du nombre : au sortir du combat, ils sus-pendent au cou de leurs chevaux les têtes des ennemis qu'ils ont tués et les rapportent avec eux pour les clouer, comme autant de trophées, aux portes de leurs maisons. Posidonius dit avoir été souvent témoin de ce spectaçle, il avait été long à s'y faire, toutefois l'habitude avait fini par l'y rendre insensible. Les têtes des chefs ou personnages illustres étaient conservées dans de l'huile de cèdre et ils les montraient avec orgueil aux étrangers, refusant de les rendre même quand on voulait les leur racheter au poids de l'or. Les Romains réussirent pourtant à les faire renoncer à cette coutume barbare ainsi qu'à maintes pratiques de leurs sacrificateurs et de leurs devins qui répugnaient trop à nos moeurs : il était d'usage, par exemple, que le malheureux désigné comme victime reçût un coup de sabre [à l'endroit des fausses côtes,] puis l'on prédisait l'avenir d'après la nature de ses convulsions [et cela en présence des Druides], vu que jamais ils n'offraient de sacrifices sans que des Druides y assistassent. On cite encore chez eux d'autres formes de sacrifices humains : tantôt, par exemple, la victime était tuée [lentement] à coups de flèches, tantôt ils la crucifiaient dans leurs temples, ou bien ils construisaient un mannequin colossal avec du bois et du foin, y faisaient entrer des bestiaux et des animaux de toute sorte pêle-mêle avec des hommes, puis y mettant le feu, consommaient l'holocauste.
Hutte gauloise selon une illustration d'un livre d'histoire SUDEL des
années 1940-1950« Dans les vastes domaines des Gaules, une énorme caisse garnie de dents est conduite sur deux roues à travers les moissons par un bœuf qui la pousse devant lui, les épis arrachés par les dents tombant à mesure dans le coffre. »
Pline, Histoire naturelle.
j'espère que Over blog va me laisser la place e tout dire. Avant tout, le lien agriculture gallo-romaine ne marche pas.
Ceci posé (sourire) j'adore et c'est si loin de la honte de cours d'histoire ( court d'histoire) que je t'ai postée hier que je me demande comment des enseignants à l'époque avaient pu pondre une telle indigence.
1) les documents sont remarquables. je ne connaissais pas Strabon d'Amacée et le portrait qu'il pein de nos ancêtres est d'un vivant remarquable. Quelle cruauté, nous n'avions rien à envier à d'autres peuples, par exemple en Amérique latine...
2) je regarde le document reconstitué en vraie terre, et le dessin en dessous qui ressemble à celui de mon propre bouquin de CM1. Et puisque tu demandes ce que nous en pensons:
- je trouve curieux ce feu au centre de la maison qui devait laisser bien peu de place à des familles que je suppose nombreuses.. On nous y fait comprendre que la poterie était un artisanat vivant, mais ces huttes ressemblent davantage à des gfeniers à mil comme ceux vus en Afrique qu'à des maisons d'habitation. L'illustration ne donne aucune idée de la vêture, ni du mode de vie en fait, si ce n'est l'usage de la paille bien taillée donc on suppose un utillage élaboré mais cela ne va guère loin.
3) l'artisanat métallurgique me laisse baba! Finesse de ce casque de toute beauté, régularité des clous pour les fers à cheval, extrême variété des outils qui ressemlent à ceux de notre quotidien ( la pince au milieu?)
Quant au chaudron et au cratère... cla se passe de commentaires, je voudrais bien en avoir l'un des deux chez moi (sourire) et ne sais lequel préfère. Artisanat poussé et talents artistiques qui sont un peu oubliés dans la description au demeurant très intéressante qu'en fait l'historien grec au dessus. Bref, j'ai appris plein de choses et il me tarde la suite.
Pour le foyer au centre de la partie habitable par les humains j'ai vu fonctionner l'évacuation à Leyre au Danemark avec un système tout à fait identique et c'était tout à fait efficace contrairement à ce qui se passe dans les goatis des Samis (Lapons) qui sont tout à fait semblables aux tipis des Indiens Cheyennes ou autres...
Oui, la métallurgie et l'orfèvrerie celtique étaient déjà prodigieuses du point de vue de la technologie autant que du point de vue de l'art.
La suite sera sans doute encore un peu plus étonnante, enfin je l'espère...
La civilisation celtique n'avait rien à envier à notre civilisation campagnarde des années 1930 ou 1940 et des poussières...
j'ai une idée plus précise de ce que tu entends par l'enseignement de l'histoire
qui se trouve être en même temps celui de la géographie
ainsi que celui des langues anciennes (j'adore le grec, tant dans son écriture que dans cette merveilleuse concision qui le caractérise. Apprendre ne serait-ce que l'alphabet pour pouvoir le lire, me semblerait vraiment très utile)
Juste sur un détail
les Celtes ont peu changé, n'est-il pas (sourire)²
C'est un peu ce travail à la frontière de la recherche
que je m'efforce de faire (le plus souvent possible) en maths.
Merci Jean-Pierre pour ce que tu nous donnes là
et que je commenterai (j'espère bientôt) dans d'autres dimensions prochainement.
Tu as raison, le grec est très précieux pour appréhender cette période antique.
Quand tu dis que les Celtes ont peu changé, ce n'est pas une boutade. Tu vois juste : l'esprit rebelle a perduré dans cet hexagone !
J'espère que tu apprécieras le n° 2 car il y sera question des habitudes alimentaires et vestimentaires ainsi que des druides et des bardes et de leurs fonctions respectives dans cette société...