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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 11:39

Un sujet de mémétique qui me passionne : un concerto peut être joué, interprété de mille façons. Il restera le même concerto, avec le même code fondamental en dépit des variations que le musicien aura apportées dans sa manière personnelle de réexprimer le code initial.
Pascal JOUXTEL dira que ce qui est intéressant c'est la pré-instanciation et l'instanciation qui président à la reproduction du mème "concerto de l'été de Vivaldi", partie III.

Les phénomènes qui relèvent de la mémétique sont donc de nature événementielle et transpersonnelle. Ils traduisent "ce qui se reproduit", c'est-à-dire la relation entre des personnes et des techniques. Exemple : deux personnes font un peu de musique le dimanche matin dans un studio. La créature "naît" au moment où les deux personnes se mettent à gratter les cordes de leurs guitares et "meurt" lorsque le morceau est achevé.

Les méméticiens nomment habituellement "pré-instanciation" ce qui se produit entre le moment où la possibilité de passage à l'acte pour cette instance donnée est envisagée et le moment, porteur d'une certaine irréversibilité, où la créature mémétique se manifeste. La pré-instanciation correspond, dans le vivant biologique, aux périodes transitoires telles que la gestation, les états larvaires et toutes les formes d'ontogénèse.  

Les créatures ou véhicules qui rendent possible l'expression, la sélection à travers l'épreuve de vie, et la reproduction des codes culturels reproductibles ou mèmes, sont les solutions (de connaissance ou d'action) mises en oeuvre par l'homme.

Le mème exprimé par "rejouer le concerto de l'été de Vivaldi" à la guitare électrique, ainsi que le mème exprimé par "faire une reprise en mode Jerry Chang *" sont communs à cette solution particulière et à d'autres. 

Les véhicules mémétiques se regroupent en familles de solutions comparables  que l'on peut tenter de classer selon diverses formes de taxonomies pour rendre compte d'une phylogénèse.

Exemple : Musique >> activités artistiques créatives >> interprétation >>  reprise avec variations & mutations >> spectacle

(En bistre, ce sont les propositions de Pascal JOUXTEL que je ne désavoue pas mais qui méritent peut-être des précisions...)

La définition de Pascal :




"La mémétique est une approche transdisciplinaire qui prend le parti d'étendre le vivant au-delà du strict règne biologique. Elle étend la notion de "vivant" à tout ce qui constitue la sphère d'activité humaine, notamment les techniques et les idées.

Au regard de la théorie mémétique, la sphère - considérée comme unique - des techniques et des idées inclut aussi l'économie, les arts, les religions et les lois. Les phénomènes - impliquant des humains - qui se produisent dans cette sphère sont considérés de plein droit comme des phénomènes naturels non biologiques. Ces phénomènes font appel au potentiel de désir, de réflexion et d'action des humains, mais leur existence ne dépend pas d'une quelconque volonté ou responsabilité, individuelle ou collective.

Les phénomènes qui relèvent de la mémétique sont donc de nature événementielle et transpersonnelle. Ils traduisent "ce qui se reproduit", c'est-à-dire la relation entre des personnes et des techniques. Exemple : deux personnes font une heure de footing le dimanche matin dans un parc, en ville. La créature "nait" au moment où les deux personnes se mettent à trotter côte à côte et "meurt" lorsqu'elles se séparent.

Les méméticiens nomment habituellement "pré-instanciation" ce qui se produit entre le moment où la possibilité de passage à l'acte pour cette instance donnée est envisagée et le moment, porteur d'une certaine irréversibilité, où la créature mémétique se manifeste. La pré-instanciation correspond, dans le vivant biologique, aux périodes transitoires telles que la gestation, les états larvaires et toutes les formes d'ontogénèse.  

Les créatures ou véhicules qui rendent possible l'expression, la sélection à travers l'épreuve de vie, et la reproduction des codes culturels reproductibles ou mèmes, sont les solutions (de connaissance ou d'action) mises en oeuvre par l'homme.

Le mème exprimé par "porter des baskets" ainsi que le mème exprimé par "être à deux dans un parc" sont communs à cette solution particulière et à d'autres. 

Les véhicules mémétiques se regroupent en familles de solutions comparables  que l'on peut tenter de classer selon diverses formes de taxonomies pour rendre compte d'une phylogénèse.

Exemple : loisirs collectifs >> activités physiques >> entrainement informel >> footing du dimanche. "




Funtwo** joue le 3è mouvement du concerto de l'été  extrait
                    des quatre saisons de Vivaldi.


http://fr.wikipedia.org/wiki/JerryC

** Funtwo : jeune guitariste coréen... Très connu sur le Web.








Mais Patrick RONDAT, complice de Jean-Michel JARRE, plus classique sans
doute n'est pas mal non plus du point de vue de la virtuosité ? Hein ?



Je trouve que chez Funtwo, il y a un rien de Nigel KENNEDY l'excellent violoniste britannique lorsque ce dernier joue le même concerto de Vivaldi...

Mais est-ce que le modèle par excellence ne serait pas ce qui pourrait être le plus proche de ce qu'avait créé Antonio VIVALDI ?

I Musici en 1988 avec le remarquable Félix AYO comme soliste.

Et puis, bon, je ne peux vraiment pas résister à l'envie de vous offrir l'impétueux Nigel KENNEDY qui est un homme plein d'humour mais aussi de passion et de sérieux quand il joue ce mème avec ses partenaires. J'adore ce qui sort du violon de Nigel et je suis stupéfait de l'énergie qui se dégage de ce musicien.


Nigel KENNEDY  dans ses oeuvres avec un orchestre au diapason.


Pour finir (mais on n'aurait jamais fini de rechercher tous les mèmes qui se sont reproduits sur la base du code de Vivaldi) je propose le concerto de l'été en entier. C'est la très gracieuse Julia FISCHER qui est au violon solo, un Guadagnini de 1750. Elle est très respectueuse du code, mais — enfin c'est ainsi que je le ressens personnellement — ça n'arrache pas, ça ne déchire pas grave, bref c'est excellent mais un peu mièvre, non ?



Antonio.L.VIVALDI. Les 4 saisons.1 L'été. J.Fischer .
envoyé par ViolonisteZV



En guise de bonus, on peut écouter cette violoniste véloce, virtuose et dont le caractère est bien trempé : il s'agit d'Amandine BEYER :

Et toi Pascal, qu'est-ce que tu en penses du point de vue du méméticien que tu es ?

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Published by Merlin le zététicien des Mèmes - dans Les mèmes de la musique
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commentaires

aimela 20/02/2009 17:23

Je ne suis  que très peu misique  mais  Nigel me plaît bien, cela remue au moins, pas le gnangnan de la nana qui me ptrend la tête ,j'aurai envie de leui casser l'archet en 2 ( rires) . Félix Ayo n'est pas mal  non plus mais je préfère Nigel . Amitiés Merlin  

Merlin le zététicien des Mèmes 22/02/2009 17:33



Tu es comme moi Aimela : j'adore Nigel KENNEDY ! Ça fait déjà assez longtemps que je le connais (depuis la fin des années 80) et j'écoute souvent son
interprétation des 4 saisons de Vivaldi. C'est à chaque fois un vrai régal.
Viviane m'avait offert il y a deux ans un DVD montrant Nigel en public dans ces oeuvres. Il est plein d'humour et de gaieté. C'est un violoniste talentueux au plus haut niveau mais qui ne se
prend pas la tête et qui a un immense respect pour ses partenaires musiciens et pour son public. Oh, comme tu es méchante avec Julia FISCHER ! (°!*) Bon, certes, elle est un peu trop comme il
faut BCBG & tout le tintouin, mais elle ne joue pas mal quand même. On pourrait essayer de lui insuffler un pocco de fantasia...
Amitiés à toi Martine. J'irai rendre visite à ton blog ce soir pour voir ce que tu as écrit.


Viviane 16/02/2009 17:30

Je ne comprends pas dans le texte en bistre ce passage d'une personne qui joue à deux qui se mettent à jouerUne personne fait un peu... les deux personnes se mettent à...mais peu importe.Tu parles de code initial et tu es totalement dans le vrai car à l'époque de Vivaldi comme de Bach il arrivait que l'on ne note pas l'intégralité des notes d'une oeuvres mais l'écrive ( on sait que ces compositeurs oeuvraient à la demande quaisment) sous forme de grilles harmoniques, un peu comme le jazz.Il suffit d'écouter l'infinité de variations faites sur la follia pour se rendre compte de la manière dont à partir d'un code identique qui est la basse donnée ( c'est le terme consacré) ont pu être créées des centaines peut-être des milliers d'oeuvres et pourtant... la même Folia.POur les oeuvres écrites intégralement, c'est effectivement le ressenti qui change et à cet égard, j'écoutais il y a peu les préludes et fugues de Bach par Hélène Grimaud, pourtant je connais par coeur ces oeuvres, elle en faisait ressortir des notes que je n'avais jamais entendues dans l'architecture globale! Et j'en suis restée conquise...Ce que tu nous offres, ce sont des interprétations qui laissent à chacun le choix du son qui lui convient dans une oeuvre identique et pourtant différente;Kennedy pour ce qui me concerne et puis ensuite Ayo, bien sûr. Merci de ce beau moment d e musique, Jean-Pierre.

Merlin le zététicien des Mèmes 19/02/2009 17:37



Oui, j'avais avalé quelques mots dans ma transcription : j'ai remis un peu d'ordre et j'ai reproduit le texte de Pascal JOUXTEL tel quel sur ce sujet de
l'instanciation d'un mème...
Je crois que la partition des 4 saisons est assez précise mais tu as raison le cas de la follia montre à quel point les variations pouvaient être nombreuses et différenciées selon le musicien
qui reprenait le thème pour le "jouer" à son compte. En matière de jazz (je passais des nuits entières à en écouter les grands prêtres au début et au milieu des années 60...)  J'appréiais Ô
combien la succession des accords "grille d'accords", autour de laquelle grâce à la mélodie principale, le  "thème" pouvait s'enrichir de lignes mélodiques inventées qui constituaient la
part imprévue d'improvisation et je dois dire que le retour du thème, la manière de le faire revenir notamment grâce aux solos de batterie ne manquait jamais de m'étonner et de me réjouir. Je me
suis nourri de cette musique pendant des années entières.
Oui, la follia et tant de supports de basses continues comme dans le canon de Pachelbel permettent encore une infinie variété de re-créations et de variations qui sont sans doute la base des
compositions de bien des chefs d'oeuvres baroques.
Quand tu évoques le choix du son, je ne peux m'empêcher de penser que beaucoup de jeunes de notre époque plébiscitent le son "Funtwo" (c'est vérifibale par le nombre incroyables de buzz que
génèrent ses vidéos de reprises de Pachelbel, de Bach ou de Vivaldi) sans doute parce que le son (plus ou moins "métal") l'emporte dans leur esprit sur la précision de la mélodie, l'expressivité,
la virtuosité, la beauté du doigté et la fidélité à l'oeuvre originale.
Pour ma propre perception, je crois que les plus fidèles à Vivaldi sont dans l'ordre :
- les membres de I Musici & Felix AYO pour la beauté toute vénitienne de son violon
- Amandine BEYER, Julia FISCHER,Davide TOSO, Nigel KENNEDY, Simon STANDAGE, Alexandre PERVOMAYSKY parmi d'autres excellents violonistes.

Les plus "inspirés" et les plus doués sont sans doute KENNEDY & BEYER...
Patrick RONDAT est très véloce sur son manche de guitare. Il a un doigté et une technique exceptionnels. Sa virtuosité est incontestable mais il semble jouer davantage la "prouesse technique"
que la beauté du son et l'âme de la pièce.
Amandine BEYER est remarquable de fougue, d'impétuosité, de précision dans le rythme et de précision de décision dans les mouvements de son archet. Nigel KENNEDY est de même dans un autre
genre, très "décidé" et extraordinairement précis lui aussi. Il ressort de leur jeu une âme et une volonté  qui sont à la fois conformes au code proposé par VIVALDI et à leurs personnalités
et sensibilités propres : c'est fantastique de les voir et de les entendre s'exprimer ainsi, comme un comédien qui dirait merveilleusement un très beau texte avec son âme, son esprit, son coeur
et sa fougue propres.
Felix AYO est excellent lui aussi, très "propre" dans son exécution, mais moins "engagé" et, nettement moins fougueux...
Alors, il n'y a pas que la réplication du mème ! Il y a aussi l'implication personnelle de celui qui cherche à le répliquer et c'est pour cette raison que les réplicants sont différents. En
musique, ça ne peut que faire le bonheur des mélomanes.