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14 octobre 2007 7 14 /10 /octobre /2007 16:45
Un reportage plein de vie de Viviane LAMARLÈRE




Partir, est-ce partir à la rencontre de la nostalgie ou de sa résolution ?

Ce matin là, une sorte de brume rose s’attarde autour de notre région Girondine, qui ne demande qu’à être crevée.

Avec un soulagement teinté de crainte sourde nous laissons derrière nous l'apparente monotonie des vallons viticoles pour des régions plus abruptes ou nuancées, empruntant les routes départementales ou les chemins vicinaux plutôt que les grands axes. Nous aimons entrer en biais dans les paysages, les surprises n'en sont que plus délicates.
D'autant que nous allons enfin tous deux réaliser un rêve d’enfants, la rencontre des vieux volcans, de ce que notre imaginaire a bâti sur leurs flancs, de ces églises Romanes dont la richesse nous paraît inépuisable dans notre région et dont nous savons par avance que nous serons récompensés de notre quête… là-bas.

Là-bas. Mot magique. Mot qui tel un drap recouvre tout ce qui est caché sous le sable ou la cendre. Mot d'autant plus puissant que ce voyage, nous qui avons vécu à l'étranger et connaissons à peine la France, nous le préparons depuis toujours.
Comme à chacun de nos voyages, dès que l’environnement s’y prête, je composerai un petit bouquet rond de fleurs des fossés qui sera posé devant le tableau de bord dans un petit verre en carton. Ce temps de cueillette donne à Michel celui de photographier des variations dans les espèces locales : l'une de nos multiples passions communes est la flore des fossés, des pierres et des chemins. Trésor inestimable que personne ne remarque et pourtant…
Précisons que nous partons toujours munis de maints ouvrages de botanique et ne cueillons que des espèces abondantes. Nous allons par exemple rencontrer avec une émotion indicible la grande campanule et nous satisferont de la photographier... simplement.
Voici le premier bouquet, cueilli au bord d’une route…



Il y en aura un par jour, parfois deux ou trois selon les régions traversées, qui illustrera la flore locale.
Pour l’heure nous avançons à pas d’escargot car tout nous est prétexte à un arrêt. 900 photos en une semaine, la sélection sera très difficile.
Pourtant il est quelques détails de cette première journée et ils concernent la couleur de la pierre.
Derrière nous se réveillent la blondeur des pierres Girondines et les rives de la Vézère -si souvent descendue en canoë. Nous adorons le canoë Michel et moi et avons souvent remporté des compétitions locales ou même régionales dans notre catégorie (senior) je peux ramer six heures d'affilée, cela ne me fatigue pas et Michel est un extraordinaire pilote, le seul avec lequel j'accepte d'embarquer car je suis sûre qu'il ne me mettra pas à l'eau (j'ai appris à nager vers 30 ans...). Après une courte visite nous quittons une nouvelle fois Sarlat, cité de naissance d'Etienne de la Boétie.

Dans cette ville si chaleureuse dont voici de belles vues nocturnes ( les pavés de Sarlat sont à peine moins dorés que les murs des maisons, c'est dire dans quel écrin on se sent vivre)  un bel édifice  qui se trouve être ... un gîte rural!


Sur les contreforts des monts du Cantal, nous faisons une courte halte dans une forêt étrange par la régularité de ses futs. La photo ne donne pas idée de son étirement à flanc de colline, sans limites visibles. Pas de traces de coupe ou de passage de machines, elle pousse ainsi, chaque arbre laissant la place aux autres sur un sol déjà sec.
Une promenade d'à peine un quart d'heure dans un vent très frais (la voiture nous a annoncé 10 degrés au lieu de cette halte) nous y fera perdre tout sens de l'orientation. Au point de douter de l'immobilité des arbres.
L' humain est si facilement pris au piège des apparences. Nous sortirons de cet endroit étonnés, ne sachant plus la frontière entre notre esprit et celui de la forêt.






Puis nous montons vers Aurillac et les pierres grises des demeures féodales Auvergnates.


Ici le château de Pesteils dans lequel Jean Cocteau tourna son film " L'éternel retour". Niché à 700 mètres dans le creux d'une colline, l'abondante végétation le rend invisible de la route. Construit au XIIIème, il n'a conservé de l'époque féodale que son donjon et une tour. Le corps de logis a été restauré au XVII ème et comme presque partout dans les chateaux de cette région, les murs  sont enduits de fresques superbes.
Un rapide  diaporama de l'intérieur de ce chateau.

Nous n'allons pas tarder à découvrir que cette région dont le temps a si suavement modelé les ardeurs fut longtemps parcourue de pillards. L'architecture s'en ressent. Le moindre village y est fortifié, des vestiges de fortins surplombent le moindre promontoire.  La pierre volcanique y propose un contraste extraordinaire avec la verdure partout présente.

Je vous réserve pour le dernier épisode des photos fabuleuses de la route des crêtes du Cantal ... patience!

Et pendant que nous contemplons des époques déjà mortes... dans les fossés la vie continue!



Nous serons très surpris de la taille de certaines de ces bestioles, ici elles sont petites, mais certaines mesurent bien huit centimètres. On n'en trouve pas d'aussi grosses et vertes par chez nous. Dans un chapitre suivant vous en verrez un (e) posé (e) dans ma main, c'est assez... étonnant!

Dimanche 20 Août 2006

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Published by Merlin le zététicien des Mèmes - dans Peuples du monde
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