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6 janvier 2008 7 06 /01 /janvier /2008 19:13
C'est un grand plaisir pour moi de consacrer quelques articles à Scott ROSS et au clavecin. Les vidéos de YouTube ne donnent pas souvent un son excellent mais la taille des mp3 qui eux sont d'excellente qualité ne permet pas de les mettre en ligne sur Over-Blog.
Il y a une tradition qui se transmet : celle des sonorités en usage à l'époque baroque et certains interprètes sont de meilleurs ambassadeurs que d'autres. Il m'apparaît clairement que grâce à de prestigieux interprètes comme ROSS les mèmes de la musique se transmettent sans altération.
C'est ainsi que je reçois Scott ROSS et il faut bien reconnaître  que cela n'est possible que grâce au talent de quelques facteurs de clavecins actuels.

À la Villa Médicis   (Avec Nicolau FIGUEIRERO)

Dans chacune de ces 5 leçons, Scott montre à quelques uns de ses très bons élèves que le clavecin est un instrument à produire de la musique baroque (holy music) c'est à dire qu'il faut lui donner cette âme qui mêle contraste et fantaisie.
Dès que les doigts de Scott parcourent les claviers, le son de l'instrument n'est plus le même. Le clavecin sonne enfin, révèle son caractère et ses différentes possibilités sonores. On entend nettement les accords et les harmoniques continuent de vibrer dans un enchaînement musical qui dépasse la simple mélodie. Il dit lui-même en pensant peut-être à Wanda Landowska ou à quelques autres "métronomes" du clavier (plus ou moins bien tempéré), que l'instrument n'est pas une machine à coudre et qu'il faut lui insuffler toutes les nuances en marquant des temps forts sur telle ou telle main, selon les besoins de la pièce et la volonté que l'on a de faire ressortir dans l'interprétation un caractère plutôt qu'un autre. Bref, Scott Ross s'est approprié  la musique et il la joue comme il l'entend, en mettant en valeur les différentes colorations de son clavecin, en utilisant le phrasé qui convient le mieux pour magnifier chaque partie. Mais chez lui, ce qui est extraordinaire, c'est le rythme, l'expressivité et l'obtention de sonorités remarquables. Le clavecin devient sous ses doigts un orchestre à lui tout seul. C'est un interprète merveilleux de Bach & Scarlatti. Il a d'ailleurs enregistré tout Scarlatti ce qui représente quelque chose comme 34 CD.
Quelle perte et quelle dommage pour les amateurs de clavecin que ce formidable musicien soit mort si jeune ! Bien sûr, Scott était aussi un merveilleux organiste, mais son instrument de prédilection était le clavecin.

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Published by Merlin le zététicien des Mèmes - dans Les mèmes de la musique
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commentaires

Viviane 23/01/2008 19:11

C'est une superbe analyse du son Scott Ross que tu fais là, recherche des harmoniques, sens incroyable du phrasé, et surtout de la couleur sonore à travers l'analyse méthodique de la partition, car sinon ce serait trop facile (sourire)il vit ce qu'il joue aprce qu'il pourrait au point où il en est l'avoir écrite lui même. je crois que c''est cela que l'on nomme " faire corps avec son instrument ".

Valentine :0056: 07/01/2008 13:47

Tous mes voeux, mon cher Jean-Pierre, pour que l'année 2008 t'apporte une santé plus solide et moins de perturbations que les précédentes. Et merci de cette belle évocation d'un très grand claveciniste, et pour ce concert plein d'enseignements.

Merlin le zététicien des MÚmes 07/01/2008 22:02

Merci Martine. Tous mes voeux à toi aussi et à toute ta petite famille. Pour la santé, on verra et de toute façon, on fera avec.J'aimerais pouvoir mettre des MP3 de bonne qualité car c'est vrai que Scott ROSS était un très grand clavecisniste qui savait mettre une âme neuve et inspirée dans ses interprétations. Je vais faire une dizaine d'articles sur lui.

Viviane 07/01/2008 10:31

J'avais déjà entendu et vue cette vidéo, alors te dire ma joie de la retrouver ici même....C'est étonnant (je commente en même temps que j'écoute et regarde.d'abord le contraste entre ces pins indolents dont sans doute parlait Respighiet l'architecture finalement très militaire de la villaet puis les notes d'accord de l'instrument, tout ce qui se perd aujourd'hui( sauf chez le claveciniste: quel est le pianiste qui accorde son instrumlent lui même? Il faut dire que - je crois - le claveciniste accorde souvent en cours de route son instrument.)ET cette fugue de Bach que j'adore, suite de la fantaisie chromatique qui restera mon morceau pour me chauffer les doigts.je retrouve dans l'interprétation de l'étudiant une  inspiration parfois très  Leonhardtienne, avec les appuis au même endroits, les silences d'articulation par contre assez absents.Quelle superbe sonorité de clavecin, trop de rubato... Ah tu vois il vient de dire qu'il ne fait pas la distinction entre temps forts et temps faibles, j'avais bien entendu que c'était recto tono tout ça, tu as entendu la différence entre ce que joue l'étudiant et Scott Ross? le phrasé est sublime sans perte de rigueur du tempo, en plus le staccato indiqué sur la partition alors que le jeune jouait tout legatissimo... génial, quel génie cet homme... La levée du thème ( les double croche double croches sont soulignées d'un point pour être jouées staccato et il précise qu'il ne faut pas jouer machine à coudre, mais il fait cependant bien ressortir cet élan capital... génial. Et j'adore son regard doux et qui écoute...

Merlin le zététicien des MÚmes 07/01/2008 21:56

J'ai la cassette VHS entière de cet enregistrement à la Villa Médicis. Ça m'impressionne toujours autant ! D'autant plus que, comme tu le sais, le clavecin est avec le violoncelle un de mes instruments préférés. Je suis un bricoleur émérite et j'aime les ouvriers qui savent se servir formidablement des bons outils. Scott ROSS est un expert pour l'outil "clavecin ancien".Tes observations sont très pertinentes et comme c'est juste de dire que de jouer du clavecin machine à coudre c'est Singer ... ! ;o))Oui, Scott ROSS avait un génie de l'interprétation rare et il est mort trop tôt pour qu'on puisse apprécier totalement la mesure de son art et de son talent inouï, comme Schubert, Mozart et Chopin finalement.Je t'envoie une bonne biographie du maître.Il y aura je pense une dizaine d'articles sur lui sur mon blog. Ça me fera plaisir de réveiller - même aussi modestement - l'inspiration d'un tel interprète. Je l'appréciais aussi beaucoup à l'orgue, évidemment.