Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 01:22

ENTRE 400 000 ANS ET 790 000 ANS AVANT NOUS.....


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La fascination du feu

   Tout à fait par hasard, plus 2 200 000 ans après les débuts de l'hominisation, des Homo Erectus vont s'approprier le feu, progressivement, mais de manière fort utile pour leurs communautés, au sein de chaque clan ou tribu.
   Le premier Erectus qui a eu l'idée de se servir du feu pour améliorer la vie quotidienne des siens est l'inventeur et le créateur du premier mème qui va devenir d'une importance considérable   pour la suite de l'aventure extraordinaire des hominidés.


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Le premier brandon naturel

   Cette torche magique va alimenter le foyer du groupe de cet Homo Erectus, leur permettant de
- faire cuire les aliments et notamment les viandes du produit de leur chasse
- s'éclairer les longues soirées d'hiver, à l'entrée des grottes qui leur servaient d'abri
- se réchauffer le corps lorsque des périodes trop rigoureuses décimaient les clans par suite notamment de pneumopathies impossibles à guérir
- durcir les pointes de leurs lances en bois
- se protéger de leurs différents prédateurs ou concurrents...
- se réunir autour d'un foyer qui sera par la suite générateur de toute société organisée et de toutes les civilisations...

   En effet, le plus important dans cette découverte fortuite va être l'élan nouveau vers de formidables changements dans les comportements individuels et sociaux de ces ancêtres de l'homme actuel.
  Bien entendu, depuis l'époque lointaine (3 à 4 millions d'années) des Australopithèques semblables d'assez près à Lucy, on peut imaginer que bien des attitudes ou pratiques régulières des individus dominants ont été imitées, quotidiennement. De nombreux mèmes pré-hominiens ont circulé au sein des groupes qui occupaient les contours de la Rift Valley.

   Susan Blackmore affirme dans une conférence - dont le contenu a été traduit par Pascal Jouxtel -  que les premiers mèmes qui se sont diffusés dans le microcosme pré-humain l'ont été par "les meilleurs à imiter".

   Certes, mais elle oublie de dire qu'ils ont été créés, inventés  et lancés sur le marché, par les meilleurs pour inventer et  se faire respecter de la tribu. Nous les appellerons encore les "dominants", pour la commodité de l'exposé. Sue Blackmore ajoute que ce sont les gènes qui leur ont communiqué cette habileté et qu'il en est résulté pour eux le caractère physique de posséder les plus gros cerveaux.
  Là encore on peut se demander si c'était les fins observateurs-déducteurs et inducteurs de nouvelles pratiques collectives qui possédaient ou développaient les plus grosses capacités cérébrales ou leurs imitateurs serviles ? Rien n'est moins sûr !

   Le développement vers de plus en plus gros cerveaux des lignées d'homo xxxx  serait le fruit du "labeur" permanent des mèmes des bons imitateurs ? Cela ne peut être en tout état de cause qu'une hypothèse. On peut penser aussi que le volume de l'encéphale s'est développé pour de toutes autres raisons, (mutations génétiques par exemple) et qu'il a autorisé parallèlement l'installation de mèmes nombreux et attractifs.

   Quant à affirmer que dès que chacun se mit à imiter, "les mèmes furent alors libérés et purent entrer en compétition", c'est encore une toute autre histoire : la saga de la libération des mèmes...

    Mais ce n'est là bien sûr que le fondement de la théorie orthodoxe actuelle de la mémétique : les mèmes sont en compétition darwinienne entre eux comme l'ont été depuis toujours les gènes.

  En fait, tout remonte vraiment à la nuit des temps. Le parcours de l'Homme est celui d'un être vivant - un système de systèmes intelligents - qui prend à son compte, de manière aiguë et opportuniste, ses potentialités génétiques. À cet éveil aléatoire et finalement très chanceux s'ajoute en effet une autre capacité de l'espèce à imiter ses leaders et à transmettre le message. Marcel Gauchet explique cet asservissement progressif de l'homme et la dépossession primitive radicale de l'individu au profit de l'ordre qui rassemble, en ces termes (p. 13 in "Le Désenchantement du Monde") :

   "Il est vrai qu'on a quelque peine à concilier l'idée d'un choix d'institution avec la régularité sans faille dans la radicalité qui paraît avoir présidé à son adoption. Partout, sous les latitudes les plus variées, et ce sans une seule exception, c'est, dans les vestiges de sociétés d'avant l'État que nous sommes à même d'observer la même double observation, aussi diverse en ses expressions que monotone en sa teneur dernière, d'une dépossession radicale des hommes quant à ce qui détermine leur existence et d'une permanence intangible de l'ordre qui les rassemble. Nous ne sommes pour rien dans ce qui est. Notre manière de vivre, nos règles, nos usages, ce que nous savons, c'est à d'autres que nous le devons, ce sont des êtres d'une autre nature que nous, des Ancêtres, des Héros, des Dieux, qui les ont établis ou instaurés. Nous ne faisons que les suivre, les imiter ou répéter ce qu'ils nous ont appris. Par essence, en d'autres termes, tout ce qui règle les travaux et les jours est reçu ; grandes obligations et menus gestes, toute l'armature dans laquelle se coule la pratique des présents-vivants procède d'un passé fondateur que le rite vient en permanence réactiver comme inépuisable source et réaffirmer dans son altérité sacrée. Pareille récurrence uniforme d'un dispositif par ailleurs aussi complet dans sa cohérence tend évidemment à accréditer l'intervention d'un déterminisme à la fois originel, universel et particulièrement implacable. Il faut qu'il y ait plus même qu'une puissante raison, une impérieuse obligation, est-on tenté de penser, pour qu'une attitude aussi systématique ait unaniment prévalu, sur des millénaires, par-dessus l'infinie fragmentation planétaire des cultures et des groupes. L'un des points sans doute où s'atteste le mieux l'unité de l'espèce humaine et de son histoire - et donc, est-il logique de le supposer, où doit s'avérer le plus clairement l'identité des facteurs susceptibles d'en façonner le cours.
   Au nombre de ceux-ci, on songe aussitôt bien sûr au très faible développement des ressources techniques, et, en général, des moyens de contrôle de la nature - la dépendance religieuse traduisant en représentation l'infériorité ressentie devant ces puissances infiniment autres que l'homme. À quoi les objections se ramènent toutes au fond à faire ressortir la forte autonomie relative de ce système d'attitudes et de pensée par rapport à son substrat matériel et son organisation systématique au regard des données de l'expérience. Constat historique, pour commencer : un changement aussi capital dans les moyens de production et de subsistance que la "révolution du néolithique", l'une des deux grandes transformations de la base matérielle des sociétés, a pu survenir sans du tout systématiquement entraîner de mutation culturelle et religieuse"... [......]
Par Merlin - Publié dans : Histoire
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