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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:03

Lorsque j'ai croisé les chemins de la mémétique cela m'est apparu

comme une évidence. Notamment l'idée d'une extension du domaine du

vivant à la culture. Les phénomènes culturels ayant nombre de

similarités dans leurs fonctionnements (transmissions, reproductions,

mutations, etc) qu'un second réplicateur pourrait être à l'oeuvre. Le

premier du domaine biologique, le gène et le second du domaine culturel

le mème. La mémétique une approche pour l'étudier. En résumé une

théorie de l'évolution des idées.

 

Sur les mots similarités et réplicateur, je tique ! Pépé tique…)  Il y a quantité de similitudes et de similarités dans le monde du vivant mais ça ne veut pas dire que tout se produit et se reproduit de la même manière. Quant au mot « réplicateur », je le conteste avec vigueur. Ce n’est pas un mot français, juste une très mauvaise traduction du mot utilisé par DAWKINS « replicator ». Jean-Paul BAQUIAST utilise le terme « réplicant » et je suis d’accord avec lui. Ce mot est mieux formé et plus conforme à l’idée qu’il est supposé représenter.

 

Une théorie de l’évolution des idées. Je suis entièrement d’accord ! C’est une excellente dénomination.

 

Seulement voilà tout ce que je viens d'énoncer ne résonne sans doute

pas aussi clairement en vous qu'en moi. Il m'a fallu du temps pour que le

changement de point de vue s'opère. Même si cela m'apparaissait

comme une évidence je le considérais à l'aide mes anciens référents. Je

m'en rendais compte car j'étais incapable de le formuler non seulement

aux autres mais également à moi même.

 

Pour que  la résonance qui agit en toi soit la même que toutes celles qui se produisent dans nos esprits, dans notre conscience

Il faudrait que nous soyons tous (lecteurs de ce forum et singulièrement, de ce pdf) des clones parfaits

Il faudrait que nous ayons vécu depuis notre naissance exactement les mêmes stimulations, les mêmes expériences, fait les mêmes apprentissages.

Et encore, je suis persuadé qu’il y aurait des variantes plus ou moins légères.

 

 

Je me trouvais dans cette apparente contradiction de commencer à

comprendre quelque chose sans pouvoir l'expliquer. Situation somme

toute assez banale et habituelle. Tant que le changement de référent

n'est pas stabilisé tout est un peu embrouillé.

Ce que l'on voit concave apparaît également convexe. Ce dédoublement

de vision de la même chose en l'occurrence de la relation de moi à mes

idées amène un certain trouble jusqu'à ce qu'on n'accorde plus

d'importance au nouveau référent.

 

Si tu balances ainsi dans tes raisonnements Bertrand, permets-moi d’être un peu inquiet. Tu n’es pas certain, vraiment, que tes idées sont les tiennes, qu’elles occupent des espaces de mémoire bien précis dans tes réseaux de neurones à toi, sortes d’engrammes, de traces mnésiques de nature chimico-hormonale mais générant des impulsions électriques, activant des synapses de proche en proche. Si tu n’es pas certain que ces idées sont ta particularité cognitive, ta carte d’identité de sapiens Français, Parisien, alors je mange mon tapis de souris de suite…

 

 

 

Je me considérais créateur de mes idées.

 

Tu avais tort cher Bertrand.

 

Les créateurs de nos idées appartiennent au passé pour la quasi-totalité d’entre eux. Ce sont nos ancêtres les plus lointains, nos aïeux, nos parents, nos enseignants, nos amis, nos rencontres, notre environnement, nos expériences (recherchées ou fortuites), les accidents de notre vie, qui sont les créateurs de 98 % de nos idées.

Seuls nos neurones-miroirs dont nous sommes presque tous bien équipés qualitativement ont su capter leurs gestes, leurs mots, leurs rires, leurs peurs, leur désespoir parfois mais aussi leurs grandes joies et leur envie d’apprendre et de comprendre.

Il y a eu des émetteurs pour ces idées, des réseaux et des chemins de transmission et notre récepteur cérébral avec toutes ses composantes a capté les messages et s’en est approprié une partie. Celle pour laquelle il avait déjà été stimulé, préparé par des amorçages sémantiques imperceptibles, parfois subliminaux. Je n’utiliserai plus la métaphore du « terrain » car j’aurais trop peur de me retrouver en bonzaï ou en séquoia.

Les ressemblances ont des limites. Les propriétés des différentes espèces aussi sont finies et spécifiques.

 

 

Je les considère maintenant

suffisamment autonomes pour se débrouiller toutes seules et se servir

au moins autant de moi que moi d'elles.

 

 

Je trouve que des expressions comme « suffisamment autonomes pour se débrouiller toutes seules » sont terriblement anthropomorphiques. Les idées ne sont ni des petits garçons, ni des petites filles. Ce sont tes lunettes qui te font croire cela ou qui t’incitent à parler ainsi.

Tes idées sont installées dans ton cerveau ; elles n’ont aucune intention ni la moindre possiblité de « se débrouiller ». C’est un ensemble symbiotique qui fait qu’elles existent,  qu’elle peuvent être entendues ou lues :

- Les concepts qu’elles véhiculent grâce à la mémoire épisodique, sémantique et procédurale qui les maintient en vie dans un biome parfaitement adapté à leur survie, tout au moins durant un certain temps.

- Le support biologique appelé cerveau qui les accueille, les traite et les mémorise de manière satisfaisante mais avec une perte de fidélité non négligeable suivie de reconstitutions imparfaites le plus souvent (H Ebinghaus)

- Le milieu social humain et son langage ainsi que ses institutions, ses règles, milieu  dans lequel ces idées ont un sens, une histoire, des antécédents, des motivations, un log cheminement. Bref le cadre relationnel qui justifie ces idées.

- Le milieu naturel, végétal, animal, celui de notre vaisseau spatial commun dont nous sommes dépendants, totalement tributaires.

Les idées ne peuvent exister que dans ce grand cadre systémique. On ne peut pas les isoler et leur donner une quelconque autonomie.

 

Mais on peut les étudier pour elles-mêmes, pour ce qu’elles sont biologiquement, philosophiquement, dans le cadre de bien des disciplines déjà installées, mais aussi dans l’optique de leur transmission au sein des sociétés humaines : les mèmes, c’est quoi ? Comment ça marche ? Des réplicants de tous les apprentissages humains dans des frontières ethno-culturelles ? Au-delà des limites des bassins culturels ? Les mèmes absolus que l’on retrouve partout dans toutes les civilisations ? Les phénomènes de convergence culturelle ? Etc…

-----

 

 

 

 

De quoi se nourrissent les idées ?

 

De notre temps de cerveau. Comme celui-ci n'est pas illimité on

comprend bien qu'elles sont en compétition. Elles ne se livrent pas pour

autant de batailles (au sens propre du terme). Elles n'ont pas d'intention

ni de volonté. Mais au final toutes ne pourront éclore. Seules celles

rencontrant les conditions suffisantes y arriveront.

 

 

Comme j’aimerais discuter de ce point tel que tu l’évoques ci-dessus Bertrand !

Es-tu sûr que le combat entre les idées se déroule expressément dans le cerveau ?

Je vois personnellement bien d’autres endroits. Je vois les médias de grande diffusion mais quantité d’autres lieux qui font gare de triage des idées.

 

Si on considère les idées comme des créatures vivantes, il faut bien les nourrir mais je ne crois pas que le temps de cerveau leur suffira. Il leur faut surtout les ressources énergétiques de leurs hôtes humains comme le fait par exemple le gui sur le chêne.

 

 

Cette tentative d'explication de la mémétique pour les nuls en train

d'éclore dans mon cerveau en se répandant en ce moment sur ces

lignes n'y échappe pas. Qu'est ce qui lui permet d'apparaître ?

- Une prédisposition chez moi à prendre du plaisir à transmettre. Donc

un terrain favorable pour qu'elle se développe.

- Une réunion hier avec des méméticiens anciens et nouveaux.

- Un constat se faisant jour : les écueils auxquels chacun se heurte en

abordant les rivages de la mémétique.

- Suite à mes explications orales répétées pour tenter d'éclaircir les

choses, une proposition de Charles d'en faire un résumé.

- Une disponibilité aujourd'hui pour m'y coller aidé par l'envie de renouer

avec le plaisir d'écrire.

- La perception que mon propos (la graine) semblait suffisamment mure

pour que cela vaille la peine d'y consacrer plusieurs heures et donc y

dépenser une énergie qui j'espère m'apportera en retour.

Un retour espéré étant par exemple le fait que ce texte puisse contribuer

à éclairer un peu les choses ne serait ce que pour une personne. Ceci

constituant un peu d'eau pour cette petite plante (idée) lui offrant la

possibilité de pousser un peu plus (un autre article pour étoffer le sujet)

à moins que d'autres graines ou plantes (travail, loisir, etc) à ce moment

accaparent mes ressources en escomptant un retour plus important.

Aujourd'hui c'est cette idée qui a eu le dessus sur les autres. Je ne peux

pas prévoir si d'autres conditions se présenteront pour qu'elle se

développe.

 

Ta tentative est louable Bertrand et consacrer le temps que tu as consacré à la mise en forme de ce travail « La mémétique pour les nuls » mérite un grand merci et un coup de chapeau.

 

Je ne crois pas me souvenir que tu es pédagogue ou didacticien. Je crois plutôt que tu es un créateur.

DAWKINS a fait comme toi à plusieurs reprises : il utilise des métaphores pour faire passer le message auprès des nuls. D’ailleurs, j’en profite pour dire que « XXXXX pour les nuls » est devenu en soi un mème  à succès dans le monde de l’édition. Ce qui tendrait à prouver que beaucoup d’Homo sapiens se considèrent comme des nuls dans tel ou tel domaine.

Les images de la graine, de la plante sont dites « pédagogiques » ou considérées comme telles. Pour ma part, je ne le crois pas. Elles font au contraire dévier du vrai sujet. Quand DAWKINS fait œuvre de divulgation il fait de même, avec « le gène égoïste » par exemple mais pas seulement. Et, honnête,  il le reconnaît lui-même. Mais « didactiser » est très difficile. Demandez donc à des enseignants si vous en avez parmi vos proches.

Je préfère pour ma part l’approche des représentations que l’on fait évoluer.

 

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Published by Merlin des mèmes - dans Mémétique appliquée
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