Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:01

 

RATS EXPLOITÉS ET RATS EXPLOITEURS, VOLEURS OU PROFITEURS.



Charles MOUGEL, le président de la Société Francophone de Mémétique
évoque ces expériences lui aussi sur Facebook.


 




La page de Canal U avec toutes les données.


Oui, les humains sont comme les rats. Ils sont eux aussi des mammifères sociaux et se "répartissent les tâches" en bonne intelligence afin que chacun puisse se nourrir grâce aux autres ou même au détriment des autres.
Sans doute est-il vrai aussi que ce sont les plus pusillanimes ou les plus lâches qui profitent le mieux de l'audace de certains moins sujets au stress et plus prompts à "aller au charbon" parce que sans doute plus primaires, mais tout est relatif.
Ainsi, dès le départ, on peut se demander quels sont ceux (chez les Homo sapiens) qui ont été les producteurs des ingrédients constitutifs de la nourriture [des croquettes donc] puis ceux qui ont transformé les éléments pour en faire un produit commercialisable... Qui a gagné le plus dans ce deal ? Les producteurs, les transformateurs, les transporteurs ou les distributeurs ?

En fait, chez les hommes, il y a aussi de manière très visible ceux qui ont peur de mouiller leur chemise et qui envoient volontiers les plus "volontaires" effectuer les tâches peu gratifiantes afin d'en retirer à leur profit les marrons du feu.
Les échanges de coquillages ou autres monnaies remplaçant le troc n'ont plus lieu et les hommes scélérats ont mis au point de nouveaux moyens de rétribution et de récompenses, à différents niveaux. Ceux qui vont chercher la nourriture, qui vont gagner le pain et les croquettes des autres sont en général les moins bien récompensés.
Ceux qui semblent le mieux s'en sortir sont ceux qui stockent des croquettes pour les revendre et spéculent ainsi sur toutes les autres activités induites. On appelle ça le libéralisme ou le capitalisme.
Ceux (non-transporteurs) qui réussissent à capter (voler) un maximum de nourriture deviennent donc riches, millionnaires ou milliardaires selon les cas.
Les autres, (les transporteurs) se contentent de mouiller la chemise pour le compte des autres et ne peuvent se nourrir que lorsque les autres sont repus.
Quand on met ceux qui n'hésitent pas à mouiller leur chemise ensemble, certains continuent d'être des transporteurs tandis que d'autres s'emparent de la nourriture sans se mouiller.
Par contre lorsqu'on met les non-transporteurs ensemble, c'est beaucoup plus dur d'aller chercher de quoi gagner sa croûte, il y a beaucoup plus de réticences mais ce comportement de vol - par les profiteurs - reste dominant.


Et que dire de la collaboration

Deux Rats cherchaient leur vie ; ils trouvèrent un Oeuf.
(180) Le dîné suffisait à gens de cette espèce !
Il n'était pas besoin qu'ils trouvassent un Boeuf.
Pleins d'appétit, et d'allégresse,
Ils allaient de leur oeuf manger chacun sa part,
Quand un Quidam (1) parut. C'était maître Renard ;
Rencontre incommode et fâcheuse.
Car comment sauver l'Oeuf ? Le bien empaqueter,
Puis des pieds de devant ensemble le porter,
Ou le rouler, ou le traîner,
C'était chose impossible autant que hasardeuse.
(190) Nécessité l'ingénieuse
Leur fournit une invention.
Comme ils pouvaient gagner leur habitation,
L'écornifleur (2) étant à demi-quart de lieue,
L'un se mit sur le dos, prit l'Oeuf entre ses bras,
Puis, malgré quelques heurts, et quelques mauvais pas,
L'autre le traîna par la queue.

Partager cet article

Repost 0
Published by Merlin des mèmes - dans Mémétique appliquée
commenter cet article

commentaires

Valentine :0056: 20/04/2010 12:28



Pauvres rats que nous sommes ; l'idée n'est pas nouvelle. Mais la fable, est-elle de La Fontaine ? Elle est bonne !


En ce qui me concerne par contre, je n'ai jamais vu de rats poètes, peintres ou musiciens ; encore moins de rats mystiques ; alors à mon avis, là est l'avenir de l'Homo Sapiens sapiens
!



Gilles LAURENT 04/04/2010 04:41



Bonjour,


J'ai trouvé votre expérience très intéressante. Je voudrais juste réagir sur le commentaire. Le libéralisme interdit le vol. Vous ne pouvez donc pas comparer votre expérience au libéralisme. Le
droit de propriété est l'un des droits naturels de l'Homme.



aimela 24/03/2010 13:02


Aujourd'hui, je suis revenue  car hier, je n'ai pas pu  déposer de commentaire très intéressantes ces
expériences  bon, je suis comme Viviane, je suis térrorisée par l'eau et encore plus  par les rats, cela n'empêche que certains avaient bien du courage pour aller chercher à manger . je
ne sais pas si  j'y aurais été  mais je ne pense pas non plus que j'aurai  dérober la nouriture . Amitiés  Merlin 


Merlin des mèmes 31/03/2010 12:29



Oh, Aimela, je n'avais pas vu ton commentaire passer. Je sais qu'il y a parfois des blocages sur Over-Blog.


Ne sois pas terrorisée par l'eau. Personne ne t'obligera à aller chercher la nourriture des autres fainéants en jouant la Petite Sirène... (D'ailleurs,
celle-ci a quitté Copenhague pour Shangaï...)


Moi, je serais plutôt du genre à aller chercher la nourriture pour les miens et si d'autres veulent me dépouiller pour éviter de se mouiller (au sens propre
comme au figuré), je suis de nature à faire le coup de poing sans hésiter, sans états d'âme. Amitiés...



Viviane 20/03/2010 21:18


j'ai écouté avec immense intérêt cette très riche vidéo. Mal au ventre en regardant ces pauvres bêtes hésiter devant l'eau, moi qui en ai une trouille bleue... Et pourtant elles s'y jettent,
emportées par la faim et ce sens de la survie du groupe, de l'équilibre dans la distribution des taches qui est effleuré à la fin. Lors d"une des expériences, celle où les deux rats appuient sur un
bouton pour faire tomber des croquettes aux feignants qui leurs tournent le dos en attendant pitance facile, je me suis imaginé une suite: celle où d'un commun accord, les deux ouvriers
décideraient de se relayer pour appuyer sur la touche pendant que le compère va prendre sa part du gateau; mais ce n'est que du rêven tempéré par l'idée qu'il n'y a pas de fatalité finalement et
que tout dépend du groupe dans lequel on tombe ...

Le poème que tu joins et que je ne connaissais pas me rappelle un vieux poème, une expérience vécue et mise en vers il y a déjà longtemps, mais qui prouve au moins que le comportement des rats en
de telles circonstance est d'une ingéniosité sans faille...
Je te l'offre en te remerciant de ce très bon et instructif moment.

Dans mon jardin quelques poulettes
Celles qui ont des botillons
Et chez nous s'appellent Fanchon
Pondent des oeufs à la sauvette.......

Depuis quelques soirées, déjà,
Les fruits oblongs se font plus rares.
Je fouille et cherche cà et là
Un trou attire mon regard.

Un trou qui passe sous la grille
Et rentre dans le vieil enclos.
Soudain j’en vois sortir tranquille
Un  rat nourri comme un bedeau.

Mais le plus surprenant, sachez,
Est qu’il en tire par la queue
Son compagnon tenant un oeuf
Calé sur son ventre  douillet...

Oh, la sainte colère me prend,
La bêche à moi vient sans broncher
Et je m’apprète à les lyncher
Quand leur regard très fixement

Dans le mien plonge en un défi.
Bottines noires, je vous aurai !
Nos yeux se croisent dans la nuit.
Le premier part sans sa monnaie

Me laisse l’oeuf au fond du trou,
Et le second un peu plus fou
Soutient mon oeil avec fierté.
Mes yeux chavirent, se laissent aller,

En un éclair il est parti !
C’est ce soir là que j’ai repris
Confiance .



Merlin des mèmes 23/03/2010 18:09



Merci de ton écoute attentive de la vidéo-expérience et bravo pour le poème.
Les hommes sont des rats comme les autres !



Luc 19/03/2010 17:30


Une analyse pertinente qui prend sa place, toute sa place dans notre quotidien, de plus en plus quotidien.
Merci JP de ton regard affuté
même si tu nous laisses ensuite aller chercher le remède là où bon nous semble
...
libre arbitre oblige.


Merlin des mèmes 19/03/2010 21:36



Oui, je n'ai pas de remède en dehors de la révolte. Mais ce n'est plus de mon âge. Alors, en effet, que chacun use de son libre arbitre pour agir en essayant de
mieux récompenser les transporteurs, ceux qui font abstraction de leur stress pour nourrir toute la population.
La Fontaine avait écrit "Le savetier et le financier". Quel observateur fin et averti !
Yep, les financiers stressés font marcher les savetiers, les transporteurs, les producteurs et tous les autres bras de nos pays libéraux car eux auraient bien trop la trouille de mouiller leur
chemise ou de souffrir du moindre effort déployé.