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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 12:08

  DIABÈTE ET OBÉSITÉ

 


  Les mutations du gène ENPP1 :

 

Le gène ENPP1 est en train de faire des dégâts dans nos sociétés développées occidentales où la nourriture abonde mais aussi dans lesquelles les habitudes alimentaires s'orientent vers des pratiques anarchiques de grignotage de n'importe quoi n'importe quand. Cette pandémie semble aussi se répandre dans des pays en développement grâce à l'importation de surplus alimentaires en provenance des pays développés. On évoque pour ce gène le concept de diabésité car il est à la fois à l'origine de l'obésité (y compris celle de l'enfant) et du diabète sucré ou diabète de type 2.

 

Qu'en est-il au départ ?

 

Au début de la Révolution Néolithique, les hommes se sont progressivement trouvés contraints à modifier leurs habitudes alimentaires : de chasseurs-cueilleurs, ils sont devenus agriculteurs et éleveurs... Mais de nombreux aléas climatiques (inondations, sécheresses ou autres catastrophes naturelles) les ont trop souvent mis en situation de manque, de famine, de disettes. Il a été inévitable que des adaptations évolutives leur permettent de résister et de survivre. Il semble que le gène ENPP1 ait subi à cette époque des mutations qui se sont trouvées favorables à ceux qui en avaient été touchés et à une partie de leur descendance. ENPP1 est indiscutablement un déterminant génétique commun à l'obésité et au diabète. On peut parler d'un gène de la "diabésité". Or ce gène semble avoir subi trois mutations qui lui conférent ses caractéristiques.

Durant des millénaires, manger à sa faim n'a pas toujours été la chose la plus courante.

 

Diabésité

  link (Vers le Power point) 

 

Depuis les premiers moments de l'apparition de l'Homme, il lui a été indispensable de lutter et de dépenser beaucoup d'énergie physique à la recherche sa nourriture., pour partie en chasses et d'autre part en cueillettes. Quand il trouvait ce qu'il lui fallait, il n'hésitait pas à se nourrir d'abondance en pensant aux jours à venir qui pourraient être maigres.

Gérard SLAMA, professeur de médecine à l'Hôtel Dieu de Paris,  présente une hypothèse qui postulerait que ces mutations du gène ENPP1 auraient été favorables à la survie de l'humanité. pendant des milliers d'années... Mais aujourd'hui - compte-tenu de conditions de milieu radicalement changées - ce serait devenu au contraire une prédisposition à une redoutable maladie. En Europe, le diabète touche 25 à 30 % des sujets de 65 ans ou plus.

L'insulinorésistance qui s'ensuit est génétiquement déterminée. On a localisé cette anomalie sur la région chromosomique 6q liée à la « diabésité », du gène ENPP1 qui code pour un inhibiteur du récepteur de l’insuline.

Les chercheurs soupçonnent quatre régions du génome, qui seraient localisées situées sur les chromosomes 6, 8, 10 et 20, et qui présentant des liaisons génétiques redondantes tant pour  l’obésité que le DT2, suggérant que dans ces régions pourraient se trouver des gènes ou packs de gènes responsables de cette pathologie.Mais d'autres chromosomes seraient impliqué : les numéros 2, 6, 15, 16, 17 et 19, le plus fort signal de liaison se situant dans la région 6q 22.31-q23.2. (Chromosome 6.)

  ENPP1  (Détails)

  Les personnes qui actuellement sont porteuses de ces mutations sont à contre-temps et on peut considérer que nous sommes avec ce gène de la diabésité dans une impasse de l'Évolution. Ces "mutants" devront donc manger moins, manger mieux, bouger plus et finalement se soigner avec les nouvelles techniques thérapeutiques qui seront mises à leur disposition.

À moins que ne reviennent de nouvelles périodes de famines, de disettes ?


Je me souviens que - dans la première partie du XXème siècle encore - les gens 'bien en chair' étaient enviés et considérés comme ayant en eux un gage de bonne santé et de longévité associé à celui  d'être à l'abri en cas de famine ou de manque de nourriture. Aujourd'hui, on a plus de considération pour les top models plus ou moins anorexiques qui se contentent d'une pomme ou d'un yaourt par repas : les temps changent !

Les gènes aussi mais beaucoup plus lentement...


 

Des recherches sur l'obésité

 

"À l'Hôpital Necker, Daniel Ricquier, professeur et directeur du Centre de recherche sur l'endocrinologie moléculaire et le développement, travaille également sur le tissu adipeux, et plus précisément, sur les différences entre les deux types d'adipocytes qui le composent : les adipocytes blancs qui stockent les graisses pour résister au jeûne et les adipocytes bruns qui sont capables d'oxyder les graisses et de les transformer en chaleur. « Chez les animaux, ces derniers sont très importants pour lutter contre le froid ou pour réchauffer leur corps lors du réveil qui suit l'hibernation, explique le chercheur. Mais chez l'homme, ce tissu n'existe pratiquement plus, sauf chez le bébé à la naissance où il semblerait prêt à fonctionner comme une sécurité dans le cas d'un refroidissement brutal. »

Cependant, de récents travaux réalisés chez les rongeurs montrent que le tissu adipeux brun pourrait aussi contribuer à la thermogenèse alimentaire. Chez des souris obèses, on a remarqué en effet la faible activité de ce tissu. Mais qu'en est-il chez l'homme ? Est-il encore actif ? « Chez certaines populations qui vivent dans le froid, en Europe ou en Amérique du Nord, des adipocytes bruns ont été mis en évidence », annonce Daniel Ricquier. Mais favorisent-ils pour autant l'oxydation des acides gras ? La question est ouverte et reste une piste intéressante pour le traitement de l'obésité. En effet, il n'est pas inenvisageable un jour de mettre au point des molécules qui puissent accélérer la combustion énergétique. « Chez un adulte, avec une activité régulière et un poids corporel constant, la totalité des calories alimentaires est dissipée sous forme de chaleur, explique le chercheur. 60 % de ces calories8 sont oxydés par les cellules qui ont besoin d'énergie pour vivre, se multiplier, bouger, accomplir leurs tâches. Mais si le corps ne dépense pas les 40 % restant, le poids s'accroît9. »

Pourquoi ? Les molécules carbonées – glucose, acides gras et acides aminés – produisent, lors de leur transformation, de la chaleur et de l'ATP10, des molécules riches en énergie. L'énergie de l'ATP est ensuite utilisée par les cellules pour leurs travaux. Les chercheurs savent qu'un excès d'ATP favorise le stockage d'énergie sous forme de graisses. Or les adipocytes bruns ont un rendement très faible en ATP et brûlent leurs graisses contrairement aux autres cellules. C'est pourquoi une piste thérapeutique actuelle est la recherche de molécules qui favorisent l'oxydation et réduisent légèrement le rendement en ATP dans les muscles par exemple. De telles molécules auraient peut-être une action anti-obésité. Une autre piste de recherche est de favoriser la population des adipocytes bruns au détriment de celle des adipocytes blancs. L'équipe de Louis Casteilla et de Luc Pénicaud à Toulouse travaille actuellement sur le problème en essayant de prime abord d'identifier ces deux types de cellules au stade préadipocytaire.

Le terrain génétique

Et les gènes dans tout cela ? Sont-ils responsables de l'obésité comme on a pu souvent le lire ? C'est en 1998 que la forme génétique la plus fréquente d'obésité monogène11 est découverte par le Laboratoire de Génétique des maladies multifactorielles de Lille (CNRS–Institut Pasteur) que dirige Philippe Froguel. Mais le fameux gène de l'obésité ne concerne en réalité que 5 % des obèses massifs qui sont porteurs de la mutation. « Ce sont finalement des formes assez rares d'obésité. Il convient de les distinguer des 95 % d'obèses qui souffrent d'une forme commune, multifactorielle et polygénique de la maladie », explique David Meyre, responsable du projet « Génétique de l'obésité infantile » au laboratoire.

Aujourd'hui, son équipe préfère donc se concentrer sur des combinaisons de mutations de gènes à effet modeste et étudier leurs interactions avec des facteurs environnementaux. En 2003, le premier gène d'obésité polygénique a d'ailleurs été identifié dans le laboratoire : le gène GAD212. Comment procèdent les chercheurs ? C'est en partant du génome entier qu'ils détectent des combinaisons de facteurs génétiques liés à l'obésité. « Pour chasser ces gènes, nous préférons désormais travailler sur le génome d'enfants obèses parce qu'ils ne sont pas encore atteints par des complications médicales, explique Philippe Boutin, ingénieur de recherche CNRS du laboratoire. C'est pourquoi depuis 1997, nous recrutons des familles dont au moins un enfant – et de préférence deux – est obèse. Notre objectif est d'obtenir, à terme, au moins mille familles avec obésité infantile, pour identifier de manière exhaustive les gènes de prédisposition dans la population française ». Une fois l'ADN récupéré, les chercheurs visent des gènes sur une région précise d'un chromosome qui se distingue par une forte ressemblance génétique entre enfants apparentés. C'est de cette façon qu'ils viennent d'identifier sur une région du chromosome 6 une forte liaison avec l'obésité infantile13. Et ces gamins avaient une glycémie plus élevée que les autres. « Nous avons donc recherché sur ce chromosome des gènes impliqués dans les voies de signalisation de l'insuline et nous sommes aperçus que le gène ENPP1 codait pour un inhibiteur du récepteur de l'insuline », explique David Meyre. Cette surprenante découverte montre qu'une des causes de l'obésité serait, dès la naissance et certainement dès la période fœtale, une résistance à l'insuline. Et on le sait désormais, une personne insulinorésistante va produire dans un premier temps une grande quantité d'insuline. Une surproduction qui serait impliquée dans le stockage de graisse dans les adipocytes.

Ce résultat, parmi les autres14, confirme qu'une approche polygénique est primordiale pour essayer de comprendre toute la complexité de la maladie. « Mais il faut être clair, affirme David Meyre. La prédisposition génétique ou les mutations ne peuvent pas expliquer à elles seules la prévalence actuelle de l'obésité. D'autre part, plus le nombre de gènes impliqués sera important, plus il sera difficile de mettre un traitement au point. Car à chaque obésité correspondra alors une combinaison particulière de facteurs de risques : pour certains, cela va jouer sur la prise alimentaire, pour d'autres sur la sécrétion d'insuline, pour d'autres encore, sur la fonction des adipocytes. » Le mythe d'un gène de l'obésité est bien loin."

 

 Origines bio de l'obésité (Texte de Fabrice IMPERIALI)

 

Pas si sûr ! Et si les hommes de la préhistoire avaient développé (pour certains) une aptitude à stocker des graisses pour résister aux hivers très rigoureux qui se sont répétés jusqu'à la dernière glaciation ?

 

 

 

http://www-good.ibl.fr/accueil/presse/html/campagne-obe-0108/DNID_diabesite_genotype_econome.htm 

  (Par Philippe FROGUEL)

 

 

Fatigué en hiver, sommeil un peu plus long (on dort en moyenne 1/2h à 1h de plus les mois d'hiver),  ne seriez-vous pas en train d'hiberner, enfin d'hiverner, comme l'ours polaire?

Un chercheur toulousain Christian Bourbon, médecin spécialiste du sommeil au CHU de Toulouse soutient cette hypothèse.


L’explorateur Stéphane Lévin s’est prêté à cette étonnante expérience : muni de capteurs avant et après son expédition, il a dû passer 5 mois en Arctique  seul, dans l’obscurité, trois mois et demi sans soleil à des températures de -40°C.


Les données récoltées lors de cette expéditions montrent, plus encore que le facteur solaire, que la température ambiante agit sur notre sommeil. "Elle est capable de déclencher une réponse conduisant à des nuits de seize à dix-huit heures de sommeil et à une augmentation de 75 % de la somnolence pendant la journée" explique Christian Bourbon. Comme l’ours polaire, pendant l’hibernation, Stéphane Lévin alterne de nombreuses phases d’éveil et de sommeil.


Source l'article de Maxiscience

Déjà en 1931,  Le professeur Jean Lhermitte rapportait dans son petit ouvrage « Le sommeil » une observation faite par un médecin russe le Dr Volkov qui décrivait le sommeil hibernal des paysans russes où pendant 4 à 5 mois lors de l’hiver le plus rude,  le paysan et sa famille se mettaient « en couchée ». « La maison est  plongée dans l’obscurité et le silence… Le sommeil ne s’interrompt que pour des motifs impérieux ; aussitôt que les dormants ont satisfait  à leurs besoins les plus immédiats, tout se replonge dans un silence de mort ».

 

Ce comportement a été également rapporté dans d’autres régions polaires, où les habitants n’avaient guère le choix pour survivre. Ainsi ils  essayaient de tromper leur faim et d' éviter de souffrir du froid.  Il est bien évident qu’on s’éloigne du sommeil normal pour se rapprocher du sommeil hibernal de l’ours qui se met en situation d’économie pour survivre au manque de nourriture lié à la saison hivernale.

Ce qui confirme l’adage « qui dort dîne ». (nb: en fait cette adage n'a rien à voir... C'était l'obligation faite aux clients des auberges de prendre un repas s'ils souhaitaient dormir sur place 

L'homme a-t-il des capacités d'hibernation résiduelles  (Lien vers l'article entier)

 

"L’homme possède-t-il une capacité latente à hiberner qui ne demande qu’à être développée? Le British Medical Journal rapporte qu’il y a un siècle, les paysans de la région de Pskov, dans le nord-ouest de la Russie «adoptaient l’expédient économique» de passer la moitié de l’année à dormir:

«Dès la première chute de neige, toute la famille se rassemblait autour du fourneau, s’allongeait, et cessait de se battre avec les problèmes existentiels, pour aller tranquillement dormir. Une fois par jour, chacun se réveillait pour manger un morceau de pain dur… Après six mois de cette existence au repos, la famille se réveillait, se secouait et sortait pour voir si l’herbe avait poussé."

 

Homo hibernatus ?  (Lien vers le site source)

 

 

© 14 mai 2011

 

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commentaires

Viviane 17/10/2012 12:27


Je retrouve avec plaisir cet article ( il me semble que tu as ajouté des liens?) et éprouve toujours la même surprise à l'encontre de nos sociétés de l'oubli: oubli de la frugalité, oubli des
saisons, oubli de la lenteur qui était celle des marcheurs cueillers. Entre temps, les maladies ont supplanté la mort précoce, la retardant mais au prix aujourd'hui de pathologies et de
traitements souvent lourds. Merci Merlin de remettre en ligne tes articles on les relit toujours avec plaisir!

Jipé 17/10/2012 21:53



Non, je l'ai laissé tel quel... C'est parce que j'ai quelques jours à passer à l'hôpital que j'ai remis ce sujet en première ligne. Je trouve qu'on dit un
peu tout et n'importe quoi au sujet du diabète et de l'obésité. Il faut avant tout se persuader que nous héritons d'un génome (plus ou moins favorable), que nous bénéficions d'un environnement
culturel lié à la nourriture et aux habitus qui se créent autour de cela mais aussi, nous sommes l'objet de modifications épigénétiques qui remettent en question notre poids moyen, notre taille
moyenne et nos aptitudes moyennes à être plus ou moins résistants à l'insuline. En résumé, le diabète n'est pas qu'une maladie de la mal bouffe et du grignotage devant la télé, c'est aussi - et
avant tout - une maladie génétique qui a plus de 8000 ans - qui fait que les Homo sapiens actuels sont très inégaux devant ce fléau qui nous envahit car les ressources alimentaires sont
globalement trop pléthoriques, trop grasses, trop sucrées, trop riches et que les activités physiques des humains sont de moins en moins intenses. N'oubliez jamais les mutations du gène ENPP1 !
C'est lui le coupable... Enfin le vecteur de la diabésité qui nous envahit doucement.



Montigny charles-henri 28/10/2011 23:27



j'aimerais également avoir des news de Jean-marie Renard. Mais comment faire?



renard 10/09/2010 15:44



Hello, dans un de vos commentaires vous avez parlé de Charles-Henri montigny, organiste, c'est un ami d'enfance que j'ai complètement perdu de vue, sauriez-vous ce qu'il est devenu et
comment je pourrai prendre contact avec lui.


Très cordialement


jean-marie renard



Merlin des mèmes 13/09/2010 22:22



C'était dans quel commentaire ? Il vit au Gabon. Mais je n'ai pas de ses nouvelles récentes.



Viviane 11/06/2010 10:33



Ton article très riche me conforte dans la précaution qui est la nôtre depuis des années: celle de la frugalité. Il y a du diabète dans la famille de Michel et certainement aussi des
dispositions à une obésité sans diabète dans la mienne. Nous évitons depuis des années le surpoids des uns et des autres à force de volonté en matière alimentaire et d'activité physique intense.
Et pourtant, il semblerait, à lire cette page,  qu'il y ait quelque chose d'inéluctable qui fait que, un jour, en dépit de toutes les précautions , la maladie se déclenche.
Très intéressantes découvertes sur les adipocytes bruns et immédiatement je me demande de quelle manière les firmes de produits amincissants vont parvenir à glisser cet argument publicitaire dans
leurs pots de gélules et leurs crèmesde soin locaux. Car cela ne manquera pas d'arriver, bien sûr. Enfin, je découvre les moeurs de certaines contrées qui imitent les animaux. Et si la sagesse
était là? Se plier aux rythmes des saisons, aux heures où la lumière faiblit? Tu te rends compte, nous aurions moins besoin de tous ces biens de surconsommation qui épuisent notre géode et nous
rendent finalement bien malades... Mais tout cela est utopique et nous en sommes loin.
Merci en tous cas de cette revue de détail et des perspectives ouvertes pour expliquer ce qui est un grave problème de santé publique.



Merlin des mèmes 13/06/2010 21:40



Je ferai un autre article pour compléter celui-ci.



Luc 02/06/2010 18:16



Merci au veilleur guetteur pour cet article à propos de l'évolution.


Je vais de ce pas m'épouiller pour vérifier mon comptre de gènes et leur état ...


 



Merlin des mèmes 03/06/2010 18:43



Merci de ton passage poète ! Mais ne secoue pas trop les puces* de tes gènes car les réarrangements aléatoires
produits pourraient donner des mélanges détonnants.


Bof, en gros 25 000 et quelques milliers qui ne servent à rien sinon de support pour que ceux qui sont ± agissants
ne se trouvent pas dans l'inconsistance d'un vide sidérant.


J'espère en tout cas que ton gène ENPP1 n'a pas muté pour te conférer un diabète II et/ou une obésité
Invalidante.


* Oui, les puces comme sur les cartes Visa pour l'à-venir....