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Dans le cerveau humain, l'engramme d'un mème occupe des réseaux de neurones
interconnectés au sein d'aires spécialisées dans des tâches bien spécifiques (Vision, audition, émotion, olfaction, cognition...)
Les 5 types de mémoires peuvent être sollicitées.
LES 5 TYPES DE MÉMOIRES
(Cliquer sur le lien ci-dessus pour lire l'article)
Pour davantage de détails quant aux fonctions de chaque aire,
se reporter à ce site
(Cliquer sur le lien ci-dessus)
Mèmes: Les mèmes sont à la fois un processus biologique du type réactions d'un système à des stimulations, et au final le résultat culturel de transformations neurochimiques au niveau
de réseaux de neurones et de tout le substrat cérébral des Homo sapiens. Ils s'inscrivent dans le cadre de propriétés génétiques & épigénétiques identifiables chez tous les êtres humains,
quelles que soient leurs origines géographiques ou ethniques et ces éléments de culture sont transférables, duplicables, transmissibles chez tous les peuples dès la plus tendre enfance
(sous réserve que des amorçages perceptifs appropriés aient été initiés par des stimulations affectives et émotionnelles de la
mère) jusqu'à un âge avancé.
Les mèmes sont donc des propriétés épigénétiques du système nerveux humain et ils subissent des phénomènes évolutifs d'un type
assez proche de ceux de l'évolution génétique des espèces, telle qu'elle a été définie par Darwin.
Il existe plusieurs grandes catégories de mèmes mais on devrait en faire un inventaire exhaustif et dresser une typologie des mèmes qui serait souvent en relation étroite avec les
trois niveaux du cerveau humain définis par Paul D. MacLean :
- Les mèmes inspirés par la nécessité impérieuse de la survie (mèmes issus des propriétés et des capacités propres du cerveau reptilien.) On apprend donc, dans le cadre de la société, par
imitation des anciens à adopter des comportements sécuritaires, protégeant le clan et chaque individu du groupe. La maîtrise du feu et l'apprentissage de sa reproduction à volonté sont parmi les
premiers mèmes qui ont permis à l'Humanité de se constituer en collectif pensant, agissant et reproduisant socialement des mèmes.
- Les mèmes qui sont sous la dépendance du cerveau paléo-mammalien (le système limbique) et qui gèrent essentiellement les situations de peur, de fuite, de répulsion, d'aversion et toute la
dialectique fondamentale des systèmes de récompense/sanction.
- Les mèmes que permet de créer et de modifier le cerveau néo-mammalien (le néo-cortex*) qui traite des informations, les prend à son compte ou les rejette avec une importance considérable de
l'éducation première qui conduit à un déterminisme global très prégnant mais assorti néanmoins d'un petit espace (mais si précieux !) de choix volontaires : le libre-arbitre de chacun.
* Le cerveau qui calcule et conjecture...
Les mèmes les plus puissants et qui n'ont que peu de difficulté à se répliquer sont ceux qui font partie du deuxième groupe (émotions) ou qui en proviennent indirectement.
L'arborescence quasi-fractale du bagage mémétique humain peut se concevoir comme une pyramide inversée avec les mèmes fondamentaux ou archétypaux à la base (de sa pointe) et les
mèmes les plus récents, les plus évolués, mais aussi les plus volatils, les plus mouvants, les plus changeants, dans la partie supérieure dont la surface augmente régulièrement en quantité
et... très peu en qualité.
Cette même arborescence peut être figurée sous la forme d'un arbre dont les racines constitueraient les mèmes de base, le tronc contiendrait les mèmes de second niveau (émotions &
premières technologies) et les branches, de différents diamètres, feraient émerger les mèmes plus modernes et plus mouvants, sujets éventuellement à des... émondages ou à des modifications
d'aspect.
Les mèmes ne sont rien sans leur support biologique car c'est lui qui a permis leur émergence, leur création, par observation et comparaisons du milieu environnant ou par
calculs comparatifs & spéculatifs (Homo sapiens est le seul mammifère à prévoir à long terme et à conjecturer ...
sur les mèmes) et c'est ce même support biologique qui les nourrit, les supporte et permet leur stockage transitoire ou
de plus longue durée dans les 5 mémoires des hommes.
Dans la plupart des duplications de mèmes qui se font de cerveau à cerveau, il y a modification de l'information, du code qui se transmet de génération en génération mais, de plus en
plus, de saison en saison. L'évolution des mèmes du XXIème siècle est infiniment plus rapide que celle qui a concerné les mèmes du XIIème au XIXème siècles.
Les mèmes n'ont aucune autonomie, aucune capacité d'autarcie : ils restent sous l'entière dépendance du milieu environnant physique et surtout de leur milieu de vie qu'est le système
biologique complexe qui les héberge. Les mèmes ne sont que des interactions d'idées émises par des hommes. Pas tous c'est vrai ! Mais, comme chez les autres primates, ce sont les "dominants*" qui
sont les créateurs et les pourvoyeurs de mèmes.
* Reste à bien définir ce qu'est un "dominant" chez les Homo sapiens...
Les mèmes ne sont pas des "créatures" mais juste des créations temporaires (émergence, vie, mort) déterminées ou issues des potentialités
épigénétiques des cerveaux humains interconnectés en réseaux d'intelligence collective au sein de sociétés organisées par les acquis culturels (règles,
habitudes, comportements et lois), le package qui est "donné*" à chacun et à chaque communauté de vie à un instant "t" de la civilisation donnée.
* Ce qui est reçu en héritage
La culture humaine et sa sauvegarde peuvent être considérés comme un système informatique complexe (un système qui traite de
l'information) constitué de réseaux de réseaux interconnectés en interne (chaque être avec ses modules propres, ses aires spécifiques
spécialisées) et en externe (l'ensemble de la communauté humaine) en liaison avec le milieu environnant par des périphériques d'entrée
(ouïe, vue, odorat, goût, toucher associés à de multiples capteurs), par des périphériques de sortie (gestuelle, mimiques, mouvements, voix/parole/langages, écrit & dessin assistés de nombreuses machines amplifiant et facilitant la communication).
Cette culture que reçoivent et font évoluer sans cesse les humains est sous l'effet dynamique d'une "machine universelle" à traiter de l'information dont le coeur de l'unité centrale
décisionnelle est de nature biologique. Pierre Lévy parle de la Machine Univers (il désigne plutôt l'ordinateur) mais pour la conscience c'est sans doute le seul Homo sapiens qui "peut" tout
changer. Une preuve ? Je ne sais pas ! Ne sommes-nous pas en train d'en discuter entre nous ?
Où commence le jeu des mèmes ?
« Le biologique ignore le culturel. De tout ce que l'homme a appris, éprouvé, ressenti au long des siècles, rien ne s'est déposé dans son
organisme [...]. Chaque génération doit refaire tout l'apprentissage [...]. Là gît la grande différence des civilisations humaines avec les civilisations animales. De jeunes fourmis isolées de
la fourmilière refont d'emblée une fourmilière parfaite. Mais de jeunes humains séparés de l'humanité ne pourraient reprendre qu'à la base l'édification de la cité humaine. La civilisation
fourmi est inscrite dans les réflexes de l'insecte [...]. La civilisation de l'homme est dans les bibliothèques, dans les musées et dans les codes ; elle exprime les chromosomes humains, elle
ne s'y imprime pas. »
Jean ROSTAND (Pensées d'un biologiste)
Par Jean-Pierre CRESPIN
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Réponse à Sylvain MAGNE à propos du mème "A".
Sylvain en bleu et J-P en orangé
J-P, ta réponse était on ne peut plus claire. Merci.
J'ai fait de mon mieux mais ce n'est pas toujours facile d'exprimer sa pensée.
Il est vrai que je n'ai pas développé dans mon document le caractère historique des supports mémétiques, mais je trouve la question très intéressante. Si tu as des
détails à partager sur le mème "A" et l'évolution des symboles et des codes, je serais vraiment ravi de les entendre.
J'ai commencé en ce qui concerne ce que tu as appelé en page 2 de ton topo pdf le mème "A". Je suis aussi sur deux autres
pistes :
- le gène de l'obésité et le mème de l'obésité en concurrence ?
- le mème "réchauffement climatique" et ses implications dans les milieux de la recherche & dans le microcosme politique.
S'agissant de la déjà longue histoire du mème "A", je commence.
L'émergence première
du mème "A" prend corps dans l'Égypte ancienne, il y a près de 5000 ans avec un pictogramme qui désigne de manière très
figurative un boeuf ou taureau (Bâta) sur ses quatre pattes :
Un peu plus tard, chez les Cananéens & chez les Phéniciens (du côté de Byblos) qui vont répandre ce signe le long de
la Méditerranée, le boeuf (Aleph) est déjà beaucoup plus stylisé et ce n'est plus que la tête qui est représentée
:
En même temps qu'on a réduit la représentation du bovin à sa tête, d'autres représentations expriment ses qualités morales
telles la puissance, l'énergie, le calme, la vigueur et la robustesse :
Une nouvelle étape arrive qui n'est plus guère figurative et qui symbolise le
même"aleph" en 3 traits simples et dépouillés :
Le stade suivant fait faire au signe une rotation horaire de 90° et la barre qui traverse la tête
symbolise les cornes du boeuf, toujours "aleph" :
Une nouvelle rotation horaire de 90° donnera le A grec tel que nous le connaissons aujourd'hui. Il s'appelera "alpha" :
J'aimerais moi-même explorer l'idée que les supports se développent et se complexifient à la manière d'un code informatique
(et oui encore ^_^) en se complexifiant en couches successives. Plus un ordinateur se donne une capacité de codage élevée (générations des 8 bits, 16 bits, 32, 64, 128 etc.) plus elle peut
élaborer son langage et ses capacités.
C'est très exactement ce que je pense et ceci est aussi vrai pour les langages de programmation
que pour les logiciels utilisés pour les faire tourner, fonctionner. C'est le même principe d'efficacité qui a fait passer les hommes des hiéroglyphes, pictogrammes ou autres idéogrammes aux
lettres alphabétiques qui codent pour des sons bien déterminés. Du boeuf qui symbolisait des concepts divers, on est passés à des signes (pour le aleph) de plus en plus épurés qui avaient
d'abord le sens sémitique de "coup de glotte" puis qui chez les Grecs représentèrent le son "A".
Il en fut de même pour les codes des langages informatiques qui, pour finir par un codage binaire réservé à la machine se devaient d'être de plus en plus rapides, précis, performants. Toujours
dans le sens d'un gain en économie d'énergie mais sans se soucier du potentiel en mémoire vive et en mémoire morte qui pouvait technologiquement s'accroître de manière
fulgurante.
Je ne dis pas que le cerveau fonctionne ainsi mais que le passage du « support comportemental » au « support verbal », puis « au
supports physiques modernes », semble être représentatif des niveaux de complexités cérébraux de plus en plus complexes.
Mon opinion est que c'est exactement pareil. Le cerveau se comporte comme un
réseau de réseaux d'ordinateurs interconnectés qui sont reliés à des périphériques sensoriels entrants et sortants. C'est une machine à fabriquer de la pensée, à traiter les données, à
faire des choix opportunistes. Reste à définir les limites du libre-arbitre. Il en a déjà été question sur cette liste de discussions et sur "Automates intelligents". Je pense pour ma part que
le pourcentage de libre-arbitre dans nos décisions est très ténu mais c'est l'existence de celui-ci qui fait toute la différence entre les mammifères supérieurs et Homo sapiens : c'est cette
conscience qui ne peut traiter qu'un seul problème à la fois (il y a une file d'attente...) mais qui peut surtout choisir en pesant les conséquences des différents choix possibles. En fait
cette conscience peut extrapoler et imaginer, calculer des 'possibles'...
D'ailleurs, il est intéressant de remarquer comment lorsqu'un programmeur doit utiliser un langage d'un niveau
supérieur, cela lui prendra beaucoup de temps pour en explorer toutes les capacités, ce n’est pas immédiat. Plus un langage est complexe plus l’horizon des possibles augmente et plus cela prend
du temps à explorer, de facon exponentielle. Je veux dire que depuis que nos cerveaux sont capables de gérer des mèmes complexes, cela ne veut pas dire qu'il ne nous faudra pas encore de
nombreux siècles pour en explorer toutes les capacités. Le nombre de mèmes possibles, imaginés et imaginables est infini.
Le chaos c'est ça ! Plus c'est compliqué et plus ça devient complexe. Alors je ne
te dis pas les fractales que ça va générer. Mais nous avons à présent des ordinateurs extraordinairement puissants pour faire cela. Que nos pauvres cerveaux monotâche se concentrent sur les
problèmes les plus vitaux !
(Où on en revient étonnamment au concept d'externalisation de l'intelligence humaine abordé par Hervé JUVIN
lors du séminaire de mémétique, le 27 juin dernier à Puteaux, chez Eurogroup justement...)
Pour ce qui est de la spirale, je reste encore dubitatif.
Le temps me manque mais je reste curieux.
Moi aussi je regarde avec curiosité ces "trouvailles" qui mettent en liaison
l'évolution des sociétés humaines et celle de chaque individu mais je préfère me référer à Gregory BATESON et à son "Écologie de l'esprit" plutôt qu'à une dynamique, fût-elle en forme de
spirale. (Ce que je ne crois pas d'ailleurs...) Je pense plutôt à des concepts évolutifs qui s'emboîtent de manière concentrique (théorie des ensembles) ou à la formidable métaphore de
l'hypertexte qui permet de générer des liens pertinents entre tous les concepts, avec ou sans hiérarchisation.
Un bref extrait de l'introduction du livre de BATESON :
"Les questions que soulève ce livre sont bien des questions écologiques:
Comment les idées agissent-elles les unes sur les autres ? Y a-t-il une sorte de sélection naturelle qui détermine la survivance de certaines idées et l'extinction ou la mort de certaines
autres ? Quel type d'économie limite la multiplication des idées dans une région donnée de la pensée ? Quelles sont les conditions nécessaires pour la stabilité (ou la survivance) d'un système
ou d'un sous-système de ce genre ? Certains de ces problèmes seront concrètement analysés par la suite, le but de ce livre étant surtout de nettoyer le terrain pour que des questions comme
celles qu'on vient d'évoquer puissent être posées d'une façon sensée."
-
Vers une écologie de l’esprit, I, Seuil, Paris, 1977.
-
Vers une écologie de l’esprit, II, Seuil, Paris, 1980.
Je reviendrai sur ce sujet en développant un peu "le mème de la lecture, un apprentissage culturel exemplaire".
Par Merlin le zététicien
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Samedi 26 juillet 2008
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BOITES À BIJOUX, BOÎTES À MUSIQUES, BOÎTES À SECRETS, BOÎTES PRÉCIEUSES
Ces douze miniatures de Fabergé sont tout cela à la fois. Chacune d'elles représente et joue un air d'un ballet célèbre. Ce sont des créations
très soignées en porcelaine, décorées richement comme sait le faire un habile joaillier. Cette collection limitée, je l'ai offerte à mon épouse il y a une vingtaine d'années car elle trouvait
cela trop joli et moi, j'y voyais déjà un fabuleux 'juke box' miniature.
Je lui ai confectionné un petit meuble en bois brut, juste ciré pour l'occasion, et j'ai suspendu ce présentoir dans notre chambre dans l'intention de faire de beaux rêves avec tous ces ballets
fabuleux...
Voici l'ordre de ces boîtes dans les différentes étagères qui leur ont été affectées par nos soins.
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Le rossignol
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Pulcinella
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Pétrouchka
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Cendrillon
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La fleur de pierre
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Shéhérazade
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Le lac des cygnes
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Raymonda
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Roméo & Juliette
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La belle au bois dormant
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L'oiseau de feu
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Casse noisette
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La collection de douze boîtes à musique
Gros plan sur "Le lac des cygnes"
Le Lac des Cygnes joué par une boîte à musique
Avec une quinzaine de notes, tout est joué !
Mais on peut aussi en écouter une version orchestrale
Bon d'accord c'est un peu pompier ! Je préfère la sobriété de ma boîte à musique.
Voici donc jouée par l'Orchestre National de Paris en 1992 à l'Opéra Bastille,
l'ouverture du 2ème acte du Lac des Cygnes. Direction Jonathan DARLINGTON.
La clef n° 1 :
Cette boîte à musique contient le code inscrit sur son cylindre. Les lamelles métalliques tremblent lorsqu'un
picot - judicieusement placé - les fait vibrer dans la bonne tonalité et dans le bon rythme.
Une grille d'analyse mémétique relative à l'élément culturel transmissible "Le lac des Cygnes" :
Par Merlin le zététicien des Mèmes
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Dimanche 22 juin 2008
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Une nouvelle terminologie : le tème
"Si nous retenons l’approche proposée par Susan
Blackmore, celle des "tèmes" , nous ferions de ces technologies des réplicants autonomes, venant en compétition avec les gènes et les mèmes. Comme ces réplicants
paraissent doués de beaucoup plus de pouvoirs (technologiques) que les gènes et les mèmes, ils pourraient en se multipliant éliminer la vie et en tous cas l’homme de la Terre. En contrepartie,
ils pourraient peut-être entreprendre la conquête d’autres planètes. Nous pensons pour notre part que ces considérations relèvent – au moins à ce jour – de la science fiction.
Dans l'approche moins simplificatrice que nous avions proposée dans les articles précédents, nous suggérions le terme de systèmes bioanthropotechniques*. Le mot est affreux, convenons-en.
Mais il montre bien le côté composite des réplicants technologiques, comme "le monde de l'automobile" ou celui "des armes à feu". Il y a en eux du biologique (nos gènes nous conduisant à nous
regrouper, à nous approprier des objets, etc.), de l'anthropologique culturel (les cultures qui nous poussent à construire tels types de société, d'outils et d'usages) et du technologique (les
techniques qui se développent selon des lois propres où l'humain intervient peu).
Parler d'une troisième catégorie de réplicants, les tèmes, comme le fait
Blackmore, présuppose que, dès maintenant ou très vite, ces entités prendront leur autonomie réplicative et entreront en conflit
darwinien avec les gènes et les mèmes, c’est-à-dire avec nous. La perspective, on le sait, a déjà été envisagée à propos des robots. Or, ceux de nos lecteurs bien informés des progrès de la
robotique autonome savent que, pour le moment encore, l’ère de robots s’émancipant des hommes et les combattant avec succès n’apparaît pas proche."
(Jean-Paul BAQUIAST)
* Systèmes bioanthropotechniques ? Non, le mot n'est
pas si affreux Jean-Paul : il est au contraire extrêmement bien formé, contrairement à "ère du zootechnocène" dont je ne comprends bien ni le "zoo" ni le "cène" car le monde animal n'a jamais développé de technologies, juste des stratégies adaptatives de
nature innée et transmises par le génome (génétiques pour tout dire) et le suffixe "cène" s'il prend ses racines il y a 1,5 million ou 2 millions d'années n'est pas tout à fait approprié.
S'agissant des découvertes utiles à Homo sapiens par contre (quelques dizaines de milliers d'années) cela pourrait se concevoir...
Susan Blackmore présente les concurrents des gènes et des mèmes,
parfois avec beaucoup d'humour.
Par Merlin le zététicien des Mèmes
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Publié dans : Pour une refondation de la mémétique
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Samedi 24 mai 2008
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10:18
Retenir des informations, voilà un challenge intéressant pour un système ouvert sur le monde comme le cerveau humain, ouvert
sur son environnement immédiat et global tant d'un point de vue diachronique que synchronique.
C'est le travail de tous les instants de la mémoire humaine dont on peut dire qu'elle est très complexe et composée de modules ou plutôt de potentialités spécifiques à la fois bien spécialisées
et complémentaires les unes des autres.
Ces deux types de mémoire sont indispensables à tout
apprentissage
Un site bien passionnant sur ce sujet où il est question de mèmes
Ce type de mémoire (à long terme) est par excellence
celle dont se servent les mèmes
Il y a donc cinq sortes de mémoires qui s'exercent au sein du cerveau de l'homme afin de conserver les traces
d'apprentissage que lui fournissent en même temps le milieu environnant naturel et celui créé par ses semblables, depuis que les civilisations existent : il s'agit de la culture humaine,
transmise par l'éducation familiale, sociale et par tous les médias utilisables dans la communication, l'information et la distraction.
1) La mémoire procédurale est quasiment une mémoire motrice réflexe qui s'alimente avec grand profit de
l'activation des neurones-miroirs susceptibles de s'activer lors des actions des autres et incitant celui qui en est le siège à reproduire ces actions à l'identique. Mais certains gestes de
virtuoses, qui ne sont le fait que de très grands musiciens ou sportifs, nécessitent un entraînement très long et très complexe. Conduire une voiture, piloter un avion ou un hélicoptère
font appel à cette mémoire procédurale au même titre que monter ou descendre un escalier, faire du vélo, du ski ou du patinage.
2) La mémoire de travail n'est efficace que sur une très brève période.
Elle permet de retenir quelque temps le n° minéralogique d'une voiture qui nous a arraché le rétroviseur en dépassant mais il est prudent de le noter assez vite ce numéro car cette
mémorisation ne tient pas plus de 90 secondes en général.
On peut aussi se servir de cette mémoire de travail pour retenir un n° de téléphone, juste le temps de le composer sur un clavier.
3) La mémoire de nos SRP (Systèmes
de Représentation Perceptive)
C'est une mémoire qui permet de reconnaître les formes et les structures, les sihouettes, les figures géométriques, les mots écrits, des abstractions, des
signes complexes, des visages mais abstraction faite de leur signification sémantique explicite, tout au plus nous reconnaissons en quelques dizaines de millisecondes leur connotation
émotionnelle, affective.
4) La mémoire épisodique est sans doute notre mémoire la plus
personnelle. C'est celle de notre histoire individuelle dans laquelle sont répertoriés tous les événements que nous avons vécus ou dont nous avons été témoins. Toutes nos expériences sont
emmagasinées dans cette mémoire très nombriliste. On l'appelle parfois aussi mémoire autobiographique. C'est vraiment la mémoire du "je". En cas d'amnésie, c'est ce type de mémoire
personnelle qui est touchée...
5) La mémoire sémantique est un type de mémoire très complexe et très
étendu. C'est elle qui nous fait retenir le sens des mots. Elle est par excellence la mémoire des écoliers, des étudiants, celle de tous les apprentissages, la mémoire de tous les
événements culturels que nous nous sommes appropriés ainsi que celle des repères historiques et géographiques.
Il semble bien, au travers de cette exploration des mémoires, que
les mèmes de première catégorie - premiers savoir-faire du corps et des aires corticales motrices chargées de générer le mouvement des articulations et des muscles qui les actionnent - sont
majoritairement des utilisateurs de la mémoire procédurale.
Par contre, les mèmes du deuxième type, nécessitant un vocabulaire, une culture verbale bien développée seront plutôt enclins à se nicher
dans les replis de la mémoire sémantique qui constitue l'essentiel de notre bibliothèque (lexique & répertoire de protocoles ainsi que bases de données culturelles
diverses...)
Quant aux mèmes du troisième type, volatils et superfétatoires par excellence, ils papillonnent d'une mémoire à l'autre en inscrivant des
"étiquettes" superficielles dans la mémoire sémantique, en fixant provisoirement quelques attitudes & comportements de mode dans la mémoire procédurale, en chassant la mémoire de
travail d'un revers de la main au profit du travail mécanique des neurones-miroirs, imitateurs parfaits, en faisant passer tous les éléments de mémoire épisodique dans une mémoire
collective moutonnière et sans la moindre personnalité, bref en favorisant systématiquement la nouveauté de groupe, éphémère et superficielle, au détriment de l'originalité profonde et
durable. Ce sont les mèmes du tout jetable et des technologies du futile et de l'inutile, les mèmes de la société de consommation et du tout Kleenex, y compris les employés...
jetables. Ce sont aussi les mèmes du "prêt-à...", du Mac Do, des publicités stupides, de la tyrannie des "marques" chez les jeunes.
©Merlin 06-11-2006