L'esclavage de l'heure

undefined
TEMPUS FUGIT...
 

Le temps s'en va madame
Las le temps
Mais nous nous en allons

Et tôt serons étendus sous la lame...
 

Un univers pascalien

 
Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie.

L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/paleo-feu.gif » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
Le libre arbitre des hommes consiste à choisir la femme qui décidera à leur place.

C’est le propre des censures violentes d’accréditer les opinions qu’elles attaquent.
(Voltaire)

Si tu ne mènes pas ton propre combat, on fera de toi le combattant d'une cause qui n'est pas la tienne.

Au jour le jour

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Présentation

Des photos

Profil

  • : Merlin le zététicien des Mèmes
  • memetics-story
  • : Homme
  • : 01/01/2008
  • : Pontorson

Présentation

Dimanche 11 novembre 2007
UNE ACTIVITÉ CULTURELLE ÉTONNANTE, LA LECTURE...


http://accel6.mettre-put-idata.over-blog.com/0/13/42/39/ombrelumiere.jpg

Comme les caravanes s'étirent sur les crêtes des ergs et des regs du sable brûlant du désert, les influx générés dans les réseaux de neurones de notre cerveau font le commerce du savoir et assurent sa transmission, pour une meilleure réplication de notre culture humaine.
Ainsi, l'invention de l'écriture, il y a plus de 6000 ans nous permet de conserver de précieuses informations, bien au-delà de la mémoire des traditions orales.
Mais comment tout cela se passe-t-il et d'abord pourquoi et comment apprend-on à lire ?

Lecture et écriture, des potentialités du cerveau
 
http://accel95.mettre-put-idata.over-blog.com/0/13/42/39/langage.jpg



La lecture est une acquisition culturelle de niveau supérieur car elle implique au moins une dizaine d'aires neuronales de notre néocortex. Elle est une activité à la fois consciente et non-consciente, qui met en action des processus observables et mémorisables et d'autres qui sont parfois de nature subliminale. Par ailleurs, l'hémisphère gauche (majoritaire dans ces opérations de décodage) et l'hémisphère droit communiquent leurs informations-perceptions par le canal du corps calleux.

Les dernières découvertes en neurosciences cognitives sur les aires neuronales et les processus activés lors de l’acte de lire/écrire et singulièrement au moment de ses apprentissages montrent sans ambiguïté qu’il y a (au moins) deux voies essentielles qui permettent de décrypter les messages écrits et qu’il est indispensable de les solliciter  simultanément  :

- La voie ventrale qui, après les signaux transmis par  l’œil aux aires visuelles 17, 18,19  est un processus qui  focalise d'abord dans une aire précise de neurones située juste entre une zone qui traite/perçoit les objet/les outils et une autre qui traite et reconnaît les visages, juste avant une autre qui est dédiée à la perception des maisons. Puis ces informations (graphèmes) sont transmises aux zones phonologiques qui traitent les phonèmes et les syllabes avant de transmettre le message aux aires de la compréhension sémantique.
C’est par excellence la voie qui nécessite un apprentissage alphabético-syllabique celle d’une saisie à dominante visuelle mais sollicitant instantanément la boucle phonologique.

- La voie dorsale qui s’occupe des mots de grande fréquence et/ou des mots irréguliers mais qui surtout permet d’accéder directement au sens.


http://accel6.mettre-put-idata.over-blog.com/0/13/42/39/brodmann.jpg

Des aires bien spécialisées (aires de Brodmann)


Aire 7. (Cortex pariétal supérieur) Cette zone d'assemblée de neurones est impliquée dans la vision spatiale.
Aire 8. (Aire frontale supérieure) Très impliquée dans l'oculomotricité et les modifications pupillaires.  Elle est activée lors de tâches de discrimination visuelle.

Aires 9-12. (Ce sont les aires frontales associatives)  Ces régions ont un rôle essentiel dans les fontions intellectuelles et psychiques les plus élevées. Par exemple, elles sont importantes dans la concentration, les critères moraux et sociaux et le comportement. Ainsi, dans certains cas de névroses obsessionnelles ou d'angoisse, de schizophrénie ou de douleurs rebelles, des interventions chirurgicales étaient réalisées pour éliminer ces régions du lobe frontal (lobotomie frontale), en particulier les aires 9 et 10. Ces deux dernières sont aussi activées lors de tâches de discrimination auditive. Les aires 9-11 auraient également un rôle régulateur de la motricité. L'aire 12 est particulièrement impliquée dans la mémoire des traits et des caractéristiques des objets.

Aires 11 et 12. (Région du cortex préfrontal) impliquée dans la mémoire des traits et caractéristiques des objets. Gyrus orbital.



Aire 17. (Aire visuelle primaire) Elle est située au niveau du pôle occipital. Sa destruction provoque des amputations du champ visuel ou la cécité totale. Au contraire, son excitation provoque des hallucinations visuelles (scintillements, éclairs, etc...)

Aires 18, 19. (Cortex visuel associatif) Il est situé au niveau du lobe occipital. Une lésion au niveau de ces aires peut entraîner des troubles de l'orientation spatiale et une désorganisation visuelle.

Aires 20-21-22. (Aires temporales associatives) inférieure, médiane, supérieure. Circonvolution temporale supérieure ou T1 pour l'aire 22 ; médiane ou T2 pour l'aire 21 et inférieure ou T3 pour l'aire 20. Ces régions jouent un rôle dans la perception et la mémoire. (Cf aire de Wernicke.)

Aires 23, 31. (Cortex cingulaire postérieur. Cortex limbique.) Zone des émotions perçues.

Aie 24. (Cortex cingulaire antérieur.) Des expériences d'excitation et de destruction de l'aire 24 semble indiquer qu'elle joue un rôle dans les réactions émotionnelles, la dilatation des pupilles, l'érection des poils, des modifications cardio-vasculaires variables. Son excitation peut par exemple conduire à un arrêt respiratoire et une perte de tonus musculaire (inhibition de la motricité volontaire).

Aire 25. Lobe frontal, cortex infralimbique B (LB)/FL; FM/Juxta allocortex, mesocortex
Aire 26. Lobe temporal/limbique C (LC)/LE2/Allocortex.
Aire 27. Présubiculum, lobe temporal. Cortex limbique.
Aire 28. Cortex entorhinal. Cette aire limbique reçoit des projections nerveuses de toutes les régions du néocortex et envoit à son tour des projections vers l'hippocampe.
Aire 29. Région limbique C (LC) / LE1 / Allocortex. Aires rétrospléniales. Voir aussi aire 30.
Aire  30. Région limbique C (LC) / LD / Homotypique. Voir aire 29.
Aire 31. Cortex cingulaire postérieur. Cortex limbique. Voir aire 23.
Aire 32. Aire prélimbique. Gyrus frontal supérieur mésial.
Aire 33. Lobe frontal.
Aire 34. Voir hippocampe.
Aire 35-37. Gyrus fusiforme. Correspond à la 4ème circonvolution temporale. Aire impliquée dans les processus mnésiques (de la mémoire).
Aire 37: comprend une partie de la 2ème (moyenne), de la 3ème (inférieure) et la 4ème circonvolution temporale.
Aire 36 Région périrhinale, limbique.
Aire 37. Lobe temporal.
Aire 38. Aire temporale associative. Temporal antérieur. Région limbique. Une excitation de cette région va provoquer une augmentation de la tension artérielle
Aire 39. Gyrus angulaire. Lobe pariétal inférieur.
Des lésions dans cette région vont provoquer une aphasie de conduction, et une aphasie de Wernicke s'il y a également des lésions dans le cortex temporal (aire 22): les mots sont entendus normalement mais le patient est incapable de comprendre leur signification. De même, il peut y avoir une cécité verbale: incompréhension du langage écrit alors que la vision est normale.
Aire 40. Gyrus supramarginalis. Aire associative du cortex. Lobe pariétal inférieur.
Aire 41, 42 Aire auditive primaire du gyrus de Heschl. Située dans le cortex temporal supérieur, en position postérieure et interne sur la circonvolution temporale T1 (voir aire de Brodmann 20-22). Une destruction unilatérale va provoquer une baisse significative de l'acuité auditive; une destruction totale provoque la surdité.
Aire 42. Cortex auditif secondaire. Il appartient au lobe temporal, circonvolution supérieure T1, partie interne. Cette aire enregistre les sons sans les interpréter.
Aire 43. FB/PF; dysgranulaire et homotypique; aire gustative primaire??
Aire 44-45. Ces régions sont aussi regroupées sous le terme d'aire de Broca. Elles appartiennent au lobe frontal. Une lésion dans cette partie du cerveau peut être responsable d'une aphasie motrice. Le patient, bien qu'il puisse bouger les lèvres et la langue est dans l'impossibilité d'effectuer correctement les mouvements nécessaires à la production du langage articulé. Ce trouble est souvent accompagné d'une agraphie: impossibilité d'écrire les mots. L'aire 45 est également activée lors de l'analyse d'informations visuelles ou auditives. Une atteinte de cette région provoque une "aphasie de Broca".
Aire 46. Région du cortex frontal impliquée dans la mémoire spatiale. Rôle régulateur de la motricité, activé lors de tâches de discrimination auditive.
Aire 47. Partie postérieure de la face orbitaire du lobe frontal. Son excitation peut provoquer des troubles végétatifs intenses, une inhibition respiratoire et des variations de la pression artérielle. Rôle régulateur de la motricité. Activée lors de l'analyse d'informations visuelles ou auditives.
Aire  48. Présubiculum. Région hippocampique.
Aire  49. Parasubiculum. Région hippocampique.
Aire 51. Cortex rudimentaire de la région prépiriforme et du tubercule olfactif
Aire  52. Insula.

Un livre événement :


http://accel10.mettre-put-idata.over-blog.com/0/13/42/39/lesneuronesdelalecture.jpg


Le livre de Stanislas DEHAENE "Les Neurones de la lecture" pose d'abord une question troublante à propos de l'apprentissage de la lecture car l'évolution n'a pas eu le temps de remanier les circuits neuronaux de notre cerveau de primates Homo sapiens. Or en quelques mois d'un apprentissage approprié, le miracle se produit. J'ai l'habitude de dire "vers Pâques, la mayonnaise prend". DEHAENE et ses collaborateurs parlent d'un recyclage neuronal : des zones limitées qui étaient dédiées à l'observation minutieuse des objets de la nature sont réaffectées à la reconnaissance des caractères écrits. La lecture est à l'échelle du développement de notre espèce une activité culturelle récente et c'est l'invention de pictogrammes d'abord, puis de hiéroglyphes et enfin d'un alphabet qui code pour des sons particuliers, c'est cette succession quelque peu tâtonnante, démarrée il y a un peu plus de 6000 ans qui va se reproduire dans le cerveau du jeune enfant qui va apprendre à lire en quelques mois seulement.

L'IRMf, le PET Scan (caméra à positons) mais aussi l'électroencéphalographie permettent de pister dans le cerveau lui-même tandis que les résultats obtenus en sciences cognitives permettent d'imaginer puis de valider les thèses Ces résultats inédits conduisent à une hypothèse scientifique nouvelle.   C'est donc l'explication du recyclage neuronal qui est proposée par Stanislas DEHAENE, avec la dualité de cet acte de lire qui utilise une voie ventrale essentiellement alphabético-phonétique et une voie dorsale qui fait directement du sens, sans oublier le cas échéant une voie subliminale (profonde et impliquant le système limbique) qui faciliterait la compréhension en réalisant des amorçages sémantiques.

DEHAENE évoque aussi les "déboires" de la méthode globale cette sorte de serpent de mer qui n'est pratiquée nulle part mais ça c'est ce que créent les médias de toutes pièces. Peut-être veut-il plutôt parler de la méthode "idéo-visuelle" qui a été introduite dans les années 1980 par des chercheurs en pédagogie ?
Il termine par une observation de ce que pourrait-être la dyslexie.
par Merlin le zététicien publié dans : Dans le champ des neurosciences
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Mardi 14 novembre 2006
   Un certain bateleur de mes amis a proposé sur son blog ce sujet de discussion ou de réflexion :


        Avez vous l'idée d'une  (prise de)   décision qui ne comporte aucune hésitation ?


(c'est à dire concevez vous possible l'un sans l'autre, avec éventuellement un exemple dans le cas où la réponse est affirmative )

Merci d'avance.




Évidemment, la question peut paraître simple au premier abord, mais en réalité, elle est aussi complexe que l'est le fonctionnement du cerveau humain dans sa totalité et dans les fonctions plus spécifiques mettant en jeu des choix qui sont autant de prises de décision.
Un début de discussion a été amorcé sur le blog de Luc   ici-même.
Mais je voudrais essayer de reprendre quelques points relatifs à ce sujet car il m'appparaît comme extrêmement important :

 La problématique elle-même est-elle celle de l'intelligence humaine et sa capacité à faire des choix volontaires, c'est à dire examiner les conditions dans lesquelles s'exerce le libre-arbitre de tout un chacun. Ou s'agit-il d'une exégèse sur les piétinements de l'intelligence artificielle qui louvoie depuis de nombreuses années, en essayant de montrer son... intelligence, notamment par des choix extraordinairement complexes à effectuer.
La question comporte l'expression "qui ne comporte aucune hésitation".

C'est donc d'abord sur le choix de ce mot "hésitation" que je voudrais braquer l'objectif de ma réflexion. En fait, hésiter, avoir des hésitations donc, c'est être dans un état d'incertitude, d'irrésolution qui suspend l'action, la détermination. (Ainsi parle le Petit Robert...)
Il est bien évident que, dans un certain nombre de situations - suivant la gravité, l'intensité et l'enjeu d'une décision qui va être prise - on peut être amené à balancer, atermoyer, consulter, délibérer longuement, douter, flotter, patauger, reculer, se tâter et même rester en suspens, à se demander si... La langue française est très riche pour traduire ces situations de doute qui sont tout à fait à l'honneur des êtres humains. Au moins 43 mots ou expressions expriment ces états d'âme !
 Dans chaque esprit qui a à prendre une décision, cet effet qui consiste à peser le pour et le contre, à se retrouver dans des atermoiements délicats est bien connu, notamment dans les drames classiques (Le Cid ; Hamlet). Mais, bien sûr aucune décision n'est de même nature qu'une autre.
En fait, Luc fait une remarque qui peut nous approcher de la réalité biologique de ces "prises de décision" :
"J'ai tout de même l'impression que dans chacune
(si on excepte l'acte réflexe où tout en nous est court-circuité)
il y a tout de même un moment d'orientation vers l'action qui a un rapport avec la prise de décision."

1) Le cerveau humain est le résultat d'une évolution de plusieurs centaines de millions d'années et MacLEAN a bien montré que la partie reptilienne de notre "organe-à-réfléchir" ne réfléchissait pas beaucoup puisqu'elle est consacrée effectivement aux actions réflexes dont la finalité est la survie : tous les gestes réflexes - contre lesquels on ne peut absolument rien - sont de cet ordre là.

2) La partie paléo-mammalienne (vieille de quelques dizaine de millions d'années) est déjà porteuse de fonctions plus élaborées car le système limbique notamment est responsable d'émotions comme la peur, l'affection (ou ce qui en tient lieu) et il faut bien dire qu'il est en grande partie dominé par des hormones ou plutôt des équilibres hormonaux qui le font réagir dans tel ou tel sens suivant les sollicitations de l'environnement...
Finalement, ces deux cerveaux-là ne laissent pas beaucoup de liberté et les décisions qu'ils prennent ne sont pas entachées de beaucoup d'hésitations tant il est vrai qu'on reste dans les actes réflexes, les habitus pavloviens et la dictature des hormones.

3) Reste alors  le 3ème niveau de notre évolution biologique : le cerveau néomammalien (qu'on appelle couramment néocortex.) Ce dernier s'est progressivement mis en place (mais c'est assez rapide au regard du temps de l'Évolution darwinienne) il y a 120 000 ou 100 000 ans et s'est stabilisé depuis 35 000 ans environ.
C'est une couche de neurones pleine de replis, beaucoup plus élaborée que les deux précédentes moutures : aires du langage et aires frontales en particulier qui permettent notamment l'exercice de la raison, de la discussion, de la réflexion et  les choix ou décisions volontaires après analyse  complexe dans les aires frontales et pré-frontales des données de l'environnement (au sens large du mot.)
Alors bien sûr, le plus souvent, dans ce cas - et c'est d'autant plus vrai que l'analyse des données et leur confrontation sont complexes  - on assiste à des balancements du jugement que l'on peut appeler hésitations, comme balancent les plateaux et l'aiguille d'une... balance de Roberval quand les poids  déposés sur chaque plateau sont assez proches. Elle semble hésiter elle aussi avant de donner son verdict d'équilibre. Mais si la différence est flagrante, la décision est immédiate : l'aiguille penche instantanément à droite ou à gauche.
La justice humaine fonctionne comme cela aussi ou devrait le faire. Mais peut-être faudrait-il procéder à une révision générale des balances et des glaives qui sont devenus de moins en moins équilibrées pour les unes et tranchants pour les autres.

L'image « http://195.20.15.209/0/13/42/39/roberval.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
Quelle décision prendre ? Les manger ou les laisser sur le plateau ?

    Mais il est bien court le temps des cerises...
par Merlin le zététicien des Mèmes publié dans : Dans le champ des neurosciences
ajouter un commentaire commentaires (8)    créer un trackback recommander
Lundi 6 novembre 2006



L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/brodmann.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.

Dans le cerveau humain, l'engramme d'un mème occupe des réseaux de neurones interconnectés au sein d'aires spécialisées dans des tâches bien spécifiques (Vision, audition, émotion, olfaction, cognition...)
Les 5 types de mémoires peuvent être sollicitées.

Pour davantage de détails quant aux fonctions de chaque aire,
se reporter à ce site
(Cliquer sur le lien ci-dessus)


Mèmes: Les mèmes sont le résultat culturel de transformations neurochimiques au niveau de réseaux de neurones et de tout le substrat cérébral des Homo sapiens. Ils s'inscrivent dans le cadre de propriétés génétiques & épigénétiques identifiables chez tous les êtres humains, quelles que soient leurs origines géographiques ou ethniques et sont transférables, duplicables chez tous les peuples dès la plus tendre enfance (sous réserve que des amorçages perceptifs appropriés aient été initiés par des stimulations affectives et émotionnelles de la mère)  jusqu'à un âge avancé.
 Les mèmes sont donc eux-mêmes des propriétés épigénétiques du système nerveux humain et ils subissent des phénomènes évolutifs d'un type assez proche de ceux de l'évolution génétique des espèces telle qu'elle a été définie par Darwin.
   Il existe trois grandes catégories de mèmes* mais on peut en faire un inventaire exhaustif et dresser une typologie des mèmes qui est en relation avec les trois niveaux du cerveau humain définis par Paul D. MacLean :
- Les mèmes générés par la nécessité première des instincts de survie (mèmes issus des propriétés du cerveau reptilien.)
- Les mèmes qui sont sous la dépendance du cerveau paléo-mammalien (le système limbique) et qui gèrent essentiellement les situations de peur, de fuite, de répulsion, d'aversion et toute la dialectique fondamentale des systèmes de récompense/sanction.
- Les mèmes que permet de créer et de modifier le cerveau néo-mammalien (le néo-cortex) qui traite des informations, les prend à son compte ou les rejette avec une importance considérable de l'éducation première qui conduit à un déterminisme global très prégnant mais assorti néanmoins d'un petit espace (mais si précieux !)  de choix volontaires : le libre-arbitre de chacun.

  Les mèmes les plus puissants et qui n'ont que peu de difficulté à se répliquer sont ceux qui font partie du deuxième groupe (émotions) ou qui en proviennent indirectement.

  L'arborescence quasi-fractale  du bagage mémétique humain peut se concevoir comme une pyramide inversée avec les mèmes fondamentaux ou archétypaux à la base (de sa pointe) et les mèmes les plus récents, les plus évolués, mais aussi les plus volatils, les plus mouvants, les plus changeants, dans la partie supérieure dont la surface augmente régulièrement en quantité et...  très peu en qualité.
  Cette même arborescence peut être figurée sous la forme d'un arbre dont les racines constitueraient les mèmes de base, le tronc contiendrait les mèmes de second niveau (émotions & premières technologies) et les branches, de différents diamètres, feraient émerger les mèmes plus modernes et plus mouvants, sujets éventuellement à des...  émondages ou à des modifications d'aspect.

   Les mèmes ne sont rien sans leur support biologique car c'est lui qui les a créés par observation et comparaisons du milieu environnant  ou par calculs comparatifs & spéculatifs (Homo sapiens
est le seul mammifère à prévoir à long terme et à conjecturer ... sur les mèmes) et c'est ce même support biologique qui les nourrit, les supporte et permet leur stockage transitoire ou de plus longue durée dans les 5 mémoires des hommes.
   Dans la plupart des duplications de mèmes qui se font de cerveau à cerveau, il y a modification de l'information, du code qui se transmet de génération en génération mais, de plus en plus, de saison en saison. L'évolution des mèmes du XXIème siècle étant plus rapide que celle qui a concerné les mèmes du XIIème au XIXème siècles.
  Les mèmes n'ont aucune autonomie, aucune capacité d'autarcie : ils restent sous l'entière dépendance du milieu environnant physique et surtout de leur milieu de vie qu'est le système biologique complexe qui les héberge.

  La culture humaine et sa sauvegarde peuvent être considérés comme un système informatique complexe constitué de réseaux de réseaux interconnectés en interne (chaque être) et en externe (l'ensemble de la communauté humaine) en liaison avec le milieu environnant par des périphériques d'entrée (ouïe, vue, odorat, goût, toucher associés à de multiples capteurs), par des périphériques de sortie (gestuelle,  mimiques, mouvements, voix/parole/langages, écrit & dessin assistés de nombreuses machines amplifiant et facilitant la communication). La culture humaine est sous l'effet dynamique d'une machine universelle à traiter de l'information dont le coeur de l'unité centrale décisionnelle est de nature biologique. Pierre Lévy parle de la Machine Univers (il désigne plutôt l'ordinateur) mais pour la conscience c'est sans doute le seul Homo sapiens qui "peut" tout changer. Une preuve ? Je ne sais pas ! Ne sommes-nous pas en train d'en discuter entre nous ?
  

par Jean-Pierre CRESPIN publié dans : Dans le champ des neurosciences
ajouter un commentaire commentaires (8)    créer un trackback trackback (1)    recommander
Dimanche 29 octobre 2006


"C'est parce que quelque chose des objets extérieurs pénètre en nous que nous voyons les formes et que nous pensons."
                   
(Épicure : lettre à Hérodote)

ÉVACUER  ENFIN  L'INCONSCIENT...

Le conscient - s'agissant du fonctionnement cérébral de l'être humain - voilà une notion bien difficile à cerner et à définir...
   En effet, si le système nerveux de l'homme, installé dans son enveloppe corporelle est un système intelligent, c'est parce qu'il est en interaction permanente avec son environnement et qu'il fait évoluer sans discontinuer le modèle - qu'il se crée et se recrée - de ce milieu de vie.
  Avant d'entreprendre la moindre action sur cet environnement, dans un but déterminé, le système nerveux teste cette action sur son modèle. Si le résultat de la simulation n'est pas favorable ou n'est pas celui escompté, une autre action est entreprise, jusqu'à l'obtention d'un résultat conforme au projet conçu...
  En fait, tout commence à partir des stimulations sensorielles objectives, avec les perceptions reçues par les périphériques essentiels que sont la vue, l'ouïe, l'odorat, le toucher, le goût, l'équilibre, la douleur, le plaisir etc... Et il est vrai que nous avons de multiples capteurs spécialisés pour toute la périphérie du corps ainsi que pour... l'intérieur.
  Les constructions d'images mentales (de représentations) de la réalité se font donc à partir de tous ces percepts automatisés. C'est à partir de ce moment, juste après que les processus neuronaux associés à ceux de l'ensemble du système nerveux aient été activés qu'entre en jeu notre conscience, dans un instant très bref, et il ne reste au système qu'une seule ressource, celle de mémoriser tous les concepts consciemment élaborés à partir des percepts reçus.
  Dans l'exercice automatique de cette boucle de la conscience, il faut bien isoler les processus perceptifs des actions mentales comparatives visant à distinguer des ressemblances au sein de tout ce qui a été reçu. Il est également indispensable de repérer des attributs redondants afin de penser des inférences ou des hypothèses qui devront êtres vérifiées autant de fois qu'il le faudra. C'est alors, et seulement si la répétition des vérifications réitérées est satisfaisante, qu'on pourra en inférer un concept, avec une conclusion provisoire.
  La conscience que nous avons de notre environnement génère à son tour une conscience des pensées mémorisées qui parcourent notre esprit et, pour essayer de définir un peu ce concept étrange, on pourrait dire que la conscience, c'est un état mental actif, transitoire, que l'on peut exprimer par le langage oral, écrit, par le dessin, la musique, par des constructions physiques, mathématiques ou mécaniques.
  Être conscient, c'est comprendre la relation qui existe entre des phénomènes (extérieurs ou intérieurs) et ce que l'on en perçoit objectivement, tout en étant capables de les  énoncer et de les analyser. Il paraît donc évident que la conscience ne s'exerce, ne se manifeste que chez un être qui a déjà conscience de son existence propre ainsi que de sa position réflexive et existentielle unique.
  Toute conscience est ancrée dans un substrat de mémoire(s) et se projette vers un futur souhaité par le sujet conscient.

 Claire Sergent, chercheure de l'équipe de neuro-imagerie du CEA-INSERM dirigée par Stanislas Dehaene et soutenue par Jean-Pierre Changeux, souvent en collaboration avec Lionel Naccache vient de réaliser des expériences édifiantes sur le sujet de la conscience humaine. Claire affirme "Pour que des informations visuelles [.........] nous deviennent conscientes, un réseau cérébral spécifique doit être activé...
  À l'écran, on voit très bien que, du cortex visuel, l'activité cérébrale se transpose au cortex frontal, puis au préfrontal ainsi qu'au cingulaire antérieur..."
  Et ce, 436 milli secondes après la diffusion de l'objet qui suscitera la prise de conscience.
  Mais, ces aires de la conscience ne traitent qu'une seule tâche à la fois...
  Il existe donc bien chez l'homme un espace neuronal spécifique dédié au travail conscient.
  Tandis que de nombreuses stimulations (des bruits, des parfums, des formes ou des couleurs, des visages familiers, des mots entendus ou vus) sont traitées de manière automatisée et non-consciente dans différentes aires cérébrales, les zones de la conscience prennent en charge le traitement d'une information pour la rendre consciente et transmissible à d'autres membres de l'espèce.
  En outre, pendant cette brève période durant laquelle l'attention est indispensable, nous sommes conscients d'avoir effectué ce traitement et nous pouvons en mémoriser durablement les résultats.

La mémoire   prend en charge les percepts devenus conscients au même titre que les processus sollicités de manière automatique et non-consciente mais dans au moins cinq types de mémoires spécifiques :

Les cinq types de mémoires
(Cliquer sur ce lien qui rappelle les caractéristiques de ces mémoires)

   Il paraît néanmoins évident que la mémoire n'est pas une capacité inépuisable et infinie et qu'elle perd de sa pertinence au fur et à mesure que le temps s'écoule. Hermann Ebinghaus, un philosophe Allemand de la fin du XIXème siècle a étudié méthodiquement l'instauration et la déperdition de mémoire.

Portrait d'Hermann Ebbinghaus

L'image « http://195.20.14.208/0/13/42/39/hermann-ebbinghaus.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.


L'image « http://62.233.40.83/0/13/42/39/ebbinghaus2.gif » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
La courbe de perte de mémoire de 0 à 31 jours.


 La mémoire est une faculté éphémère. Il faut la réactiver en permanence afin qu'elle conserve son efficacité.
  Mais il reste que de nombreux acquis cognitifs ou événementiels seront oubliés faute d'être réactivés.

 
Le non-conscient, après une telle déperdition de mémoire devient l'essentiel de notre package mémoriel.
(75 % de pertes d'informations en un mois c'est vraiment très important !)

  En effet, il reste très peu de nos acquisitions cognitives au bout de 31 jours. Mais au bout de 31 mois et, mieux encore, au bout de 31 ans, il ne reste plus que des souvenirs de souvenirs sans cesse reconstruits.
  Alors, est-ce à dire qu'il ne reste rien ? Sans doute pas. Il reste des traces, des facilités à reconstruire un succédané de nos expériences passées. Cependant, d'aucuns ont voulu, dès la fin du XIXème siècle et surtout au début du XXème mettre en avant un inconscient tout puissant, sorte de chef d'orchestre du psychisme. En fait, tout ce qui est "non-conscient" est constitué de traces mnésiques imperceptibles et non accessibles à la conscience car la conscience ne peut traiter qu'une information-événement à la fois. Le non-conscient est essentiellement composé d'une réserve infinie d'automatisme salutaires (notamment toutes les acquisitions de la mémoire procédurale) qui font que nous conduisons une voiture, une bicyclette ou manipulons nos outils technologiques complexes sans y réfléchir. Les mécanismes sont du même ordre pour les autres types de mémoires et fort heureusement !
  Est-ce qu'on met toute la mémoire de nos ordinateurs sur le bureau, ou en mémoire vive ? C'est impossible !  La comparaison est satisfaisante au niveau de ces attributs. Là où on diffère sensiblement c'est que notre "unité centrale" est tenue de gérer à la fois la informations courantes fournies par nos différents capteurs et périphériques d'information sur le milieu extérieur que sont la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher associés à des kyrielles de capteurs internes qui renseignent l'unité centrale sur des centaines de paramètres, et, sommum des problèmes, c'est que nous, Homo sapiens, avons trois niveaux de cerveaux :
- le reptilien pour la survie basique.
- le paléomammalien pour de multiples fonctions vitales mais en particulier le système limbique (amygdale en tête) pour réceptionner les stimulations qui vont fabriquer des émotions aussi diverses que la peur, la satisfaction, la tristesse etc :
- le néomammalien (néocortex) comme chef d'orchestre et superviseur final de toutes ces informations parvenues à lui en quelques dizaines de millisecondes, celui qui, en bon superviseur, prendra les décisions finales. (Libre-arbitre oblige...)

  Le psychisme, c'est qualitativement la gestion de tout cela.

par Merlin des Mèmes publié dans : Dans le champ des neurosciences
ajouter un commentaire commentaires (6)    créer un trackback recommander
Lundi 26 juin 2006
Un modèle informatique du cerveau

    Il se développe à l'heure actuelle tout un vocabulaire à propos d'une quête nouvelle au sujet du fonctionnement du cerveau des humains : sciences cognitives, psychologie cognitive, cognitivisme, connexionnisme etc...
Il est vrai que trop longtemps, des psychologues aussi rigoureux que Jean Piaget se sont contentés de noter scrupuleusement ce qui se passait à l'entrée et à la sortie de la boîte noire que constitue le cerveau.

     Dans ses entretiens avec François Azouvi & Sylvain Piron, répondant à la question,

De quel côté, selon vous, peut venir aujourd'hui ou demain le renouvellement de la psychanalyse ? Du cognitivisme ?

Marcel Gauchet* déclare : 

"Je reste assez sceptique, en l'état actuel, sur la portée de ce qui nous est proposé sous le nom de cognitivisme. Énormément de bruit pour pas grand chose. Je suis prêt à penser, cela dit, que ce mouvement aura de profondes retombées. Pas celles qu'on croit. Mais la comparaison entre les cerveau humain et l'ordinateur me semble ponctuellement très féconde. Je suis sûr qu'on écrira un jour un grand livre expliquant en quoi le cerveau humain n'est pas un ordinateur et fonctionne autrement, en dépit de ses aspects computationnels.
Il y a à ce scepticisme un motif de méthode. Je ne crois pas beaucoup à la psychologie normale. L'esprit humain est une machine tellement compliquée, opaque et surprenante que, si on l'approche en bloc, on ne voit pas grand chose. En revanche, quand on l'aborde à partir de ses défaillances, on peut entrer dans l'intimité de son fonctionnement. La voie royale pour avancer dans sa connaissance, c'est la pathologie. De ce point de vue, je crois qu'on peut fonder de légitimes espoirs sur la neuropsychologie clinique, et en particulier sur l'étude des aphasies. À côté des névroses et des psychoses, il y a là un continent pathologique qui est susceptible de renouveler profondément notre compréhension de l'architecture et des mécanismes de l'esprit. L'équivalent pour le XXIè siècle de ce que le freudisme a été pour le XXè peut sortir de l'analyse des pathologies de fonctionnement langagier." [......]

(La condition historique Stock 2003  p. 211-212)

    Je dois dire que si je suis assez globalement d'accord avec ce que dit Gauchet à ce sujet, j'ai néanmoins quelques petites divergences de détail par rapport à ce qu'il conjecture.
     Cognitivisme, psychologie cognitive, toutes ces étiquettes, semblables à celle de "sciences de l'éducation", ne font que récupérer une discipline qui, elle, est rigoureusement une science : les neurosciences (neurobiologie, neurophysiologie). Ce qui aura des retombées réelles grâce aux progrès de l'imagerie médicale notamment mais aussi de la micro-chirurgie cérébrale, ce sont les applications des neurosciences elles-mêmes, pas les inférences en "psychologie". L'IRMf et la caméra à positons (TEP) feront davantage avancer nos connaissances sur le fonctionnement du cerveau que les spéculations psychologiques qui en découleraient.

     Si on veut bien utiliser comme outil intellectuel spéculatif un modèle computationnel du cerveau, je suis actuellement entièrement d'accord pour cela tout durant qu'on n'aura pas un modèle technologique plus évolué, puisqu'aussi bien il s'agit d'un organ chargé du traitement de l'information, de la régulation et de la prise de décision.
     En fait, mieux qu'un seul ordinateur, c'est l'équivalent d'un réseau de réseaux informatiques interconnectés au sein desquels chaque réseau est spécialisé dans une tâche bien spécifique, les aires préfrontales et frontales du néocortex jouant le rôle du coordinateur ou du chef d'orchestre alors que le système limbique assure la fonction émotionnelle et énergétique de l'ensemble du système (avec un rôle fondamental dévolu à l'amygdale.)
     Selon ce modèle computationnel, connexionniste, mais également systémique, le cerveau humain (système nerveux central) est l'un des systèmes intelligents contenus dans l'ensemble du corpus de l'être Homo sapiens sapiens (système osseux, musculaire, articulaire, digestif, cardio-vasculaire, endocrinien, lymphatique etc...) système qui est doté de périphériques (vision, ouïe, olfaction, goût, toucher) et qui teste en permanence l'environnement naturel (biotope) et humain (société) en vue d'adapter ses décisions/choix aux tests effectués, en renforçant à chaque fois qu'il progresse (test réussi) la pertinence de ses processus conscients ou non-conscients. Mais c'est la véritable unité centrale de l'ensemble des systèmes associés.

     Il est vrai que, comme le souligne Marcel Gauchet, pour la connaissance plus pointue de ce système intelligent, les pathologies ont été et seront encore d'un secours terriblement éclairant dans les particularités fonctionnelles locales de telle ou telle zone. S'agissant des troubles ou pathologies plus lourdes du langage, en dehors des aires incontournables que sont celle de Broca et de Wernicke, on commence à rétablir des vérités qui avaient été dévoyées (comme pour la dyslexie ou l'autisme). On est en mesure de repérer sérieusement les anomalies de "câblage" (Cf Pr Michel Habib) qui en sont à l'origine et les hypothèses de Bruno Bettelheim, largement et complaisamment répandues, n'ont plus guère cours en 2005.

* Marcel Gauchet, un des tout premiers penseurs français actuels
     (J'aime beaucoup cet article du Point qui décrit si bien Marcel.)

Ce que je crois, c'est que, bien au-delà des pathologies, on sera capables (et on est déjà en mesure de le faire) de suivre à la trace les processus normaux des activités intellectuelles courantes comme lire, parler, écouter, calculer, mémoriser, reproduire etc...
Et cette nouvelle cartographie du normalement normal nous donnera des indications précieuses sur l'origine des pathologies du langage ou de la mémoire (lésions physiques ou traumatismes psychiques.)
L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/langage.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.

Voir par exemple les travaux de l'équipe de Stanislas Dehaene :

par Jean-Pierre CRESPIN publié dans : Dans le champ des neurosciences
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Dimanche 13 novembre 2005


Le blond, l'abrupt et le méméticien
Pascal JOUXTEL, le président de la  Société Francophone de Mémétique  a écrit hier :

   "J'avais un ami psy qui définissait l'intelligence comme la capacité de faire des liens et surtout de produire de nouveaux liens entre des éléments simples.
Vu d'où je suis, on peut considérer non seulement chaque lien entre deux objets mentaux comme un mème capable de se transmettre à travers des solutions de langage ou de comportement, mais également la règle consistant à rechercher systématiquement la fabrication de nouveaux liens comme un mème transmissible et producteur d'intelligence." [.......]

    Je pense que c'est non seulement une excellente définition de l'intelligence humaine et ce, dans tous les domaines que peut répertorier le facteur "g" : conceptuelle, créative, manuelle, théorique, etc...  et notamment celle de très haut niveau qui ne concerne que les "phares" de l'Humanité, mais c'est en même temps une évocation du fonctionnement de type hypertextuel de nos facultés mentales. À côté des perroquets humains qui ne sont capables que de psittacisme, de 'réciter' des listes sans le moindre intérêt, l'intelligence vraie met les objets, les personnes, les êtres en relation et établit donc des passerelles intelligibles entre le cosmos, l'inerte et le vivant.
   D'ailleurs l'essentiel de la mission d'enseigner ne consiste-t-il pas à susciter la création de liens personnels entre les différentes données que renferme un programme scolaire ?

"Un enfant n'est pas un vase qu'on remplit mais un feu qu'on allume." (Rabelais)

  Ainsi l'intelligence ne se développe pas tant sur les données auxquelles font penser les vingt mots qui suivent, mais bien davantage dans les espaces blancs supposés représenter ce qui les relie, logiquement et d'un point de vue sémantique. Par exemple, quel(s) lien(s) entre une ziggourat et les 19 autres mots de cette sélection ? Ce n'est pas aussi aléatoire et étranger qu'il y paraît au premier abord ? (On dira une ziggourat de 7 étages pour faciliter la réflexion...)


Les 20 mots qui suivent sont des liens hypertextes cohérents :

Mèmes       mémétique       mémoires       MemEx

   liens       imitation       psittacisme (26)

analogie       ziggourat

Bush

Gutenberg       systèmes

Dawkins       Blackmore       hypertexte

niche       neurone       astrocyte       synapse       neurotransmetteur

   La meilleure interprétation de ce puzzle psycho-liguistique ou psycho mémétique méritera bien la note de 20/20. Mais, bien sûr, il n'y a pas que vingt liens simples. Il y en a au moins 400 !
Outre les liens (arbitraires) que j'ai associés à ce sablier verbal, les liens-idées et liens-créatifs me paraissent potentiellement plus riches que tout ce qui existe déjà.
    Je pense notamment aux liens à trouver entre neurones et astrocytes.

L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/feu.gif » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
ziggourat       Bush

Dawkins       hypertexte        Sue Blackmore

Gutenberg       MemEx       mèmes       mémétique

imitation        psittacisme       analogie       liens       systèmes

niche       neurone       astrocyte       synapse       neurotransmetteurs       mémoires

CAGCTAGCAGCTAGCAGCTAGCAGCTAGCAGCTAGCAGCTAGCAGCTAGCAGCTAGCAGCTAGCAGCTAG

     Vous remarquez que le premier niveau est celui du code, celui qui relie les deux éléments terre + eau : la matrice de tout ce qui est vivant. L'ADN est issu de cette association.
Le second niveau est celui du substrat neuronal, de tous les systèmes nerveux.
Le niveau 3 est celui de l'imitation, premier moyen de communication entre tous les systèmes, le niveau pré-mémétique par excellence.
Le niveau 4 est celui de la reproduction des faits culturels & de leur systématisation.
Le 5ème niveau met en relation des humains qui ont mis en relation tous les éléments précédents.
Le 6ème niveau parle de la construction de tout cet édifice, de l'air qui est le liant de tous ces concepts empilés.
Le dernier élément, le feu (sacré) symbolise le soleil qui est notre source de vie indispensable.
L'eau, la terre, l'air et le feu. Les quatre éléments auxquels il ne manquait presque rien pour s'associer, une technologie intellectuelle dont les hommes se sont servis très tôt : l'hypertexte.



par Jean-Pierre CRESPIN publié dans : Dans le champ des neurosciences
ajouter un commentaire commentaires (7)    créer un trackback recommander