L'esclavage de l'heure

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TEMPUS FUGIT...
 

Le temps s'en va madame
Las le temps
Mais nous nous en allons

Et tôt serons étendus sous la lame...
 

Un univers pascalien

 
Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie.

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Le libre arbitre des hommes consiste à choisir la femme qui décidera à leur place.

C’est le propre des censures violentes d’accréditer les opinions qu’elles attaquent.
(Voltaire)

Si tu ne mènes pas ton propre combat, on fera de toi le combattant d'une cause qui n'est pas la tienne.

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  • : Merlin le zététicien des Mèmes
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Dimanche 14 octobre 2007
Cet oiseau, comme tous ses comparses ratites n'est pas un oiseau voleur mais un oiseau coureur.
Si cela vous émeu, il peut avaler un kiwi comme vous gobez une cacahuète à l'apéritif. Il ne fait jamais la politique de l'autruche, ne se mêle jamais aux nandous et s'il a pu rencontrer l'aepyornis ou le moa, c'est assurément dans des temps très lointains...


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SFM = Société Francophone de Mémétique
(Cliquer sur ce lien)

   Cet oiseau court pour une bonne cause ! Ne tirez pas dessus...
                Oui, c'est un cas so hard... (°!*) Un casoar casqué qui porte la casaque de la Société Francophone de Mémétique.

par Merlin le zététicien des Mèmes publié dans : M2, le mème des mèmes qui tourne en rond
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Dimanche 11 mars 2007
[memetique] Les articles de Erwan

Erwan, j’ai enfin pris le temps de relire quelques-uns de tes articles sur internet. Je les ai trouvés très chouettes et, en conséquence, j’ai quelques remarques et questions à formuler ^_^

 

Voici des extraits de UNE DÉFINITION POSSIBLE DES MÈMES auxquels je réagis.

 

Erwan :

[ … Mèmes: Les mèmes sont le résultat culturel de transformations neurochimiques au niveau de réseaux de neurones et de tout le substrat cérébral des Homo sapiens. Ils s'inscrivent dans le cadre de propriétés génétiques & épigénétiques identifiables chez tous les êtres humains, quelles que soient leurs origines géographiques ou ethniques et sont transférables, duplicables chez tous les peuples dès la plus tendre enfance (sous réserve que des amorçages perceptifs appropriés aient été initiés par des stimulations affectives et émotionnelles de la mère)  jusqu'à un âge avancé. … ]

 

Sylvain :

Tu sembles insister dans tes articles sur la recentralisation du mème au niveau cérébral. Presque comme si d’autres supports pouvaient être négligeables.


Oui, je considère en effet qu'il n'y a pas d'autre support pour les mèmes que celui du substrat neuronal avec toutes ses potentialités. C'est le cerveau qui est l'habitat exclusif de ces culturèmes, aussi bien en phase de création qu'après diffusion et adoption... Les différents procédés utilisés pour noter ou stocker ces culturèmes - inventés par des cerveaux humains - ne sont là que comme médias, pour les transmettre. Ainsi le mème  [...] "je voudrois aussi qu'on fut soigneux de luy choisir un conducteur qui eust plustost la teste bien faicte que bien pleine, et qu'on y requit tous les deux, mais plus les meurs et l'entendement que la science; et qu'il se conduisist en sa charge d'une nouvelle maniere" [...] est une idée qui a germé dans le cerveau de MONTAIGNE et qu'il a transcrite dans "Les Essais" (Chap 'de l'institution des enfans'.) Ce que j'ai mis là en violet et en italique n'est pas un mème. C'est juste une notation d'un mème qui se trouvait dans l'esprit de Michel EYQUEM, une représentation codée et symbolique bien utile pour le retrouver certes. L'écriture est un médium qui permet la distribution des mèmes dans d'autres cerveaux mais elle n'est qu'un moyen de ce broadcasting, de cette déhiscence des idées et des concepts, comme la modulation de fréquence en radio ou les réseaux hertziens en télévision. Au final, ce mème est parvenu textuellement dans mon cerveau et dans des dizaines de milliers de cerveaux de pédagogues ou de didacticiens depuis le XVIème siècle jusqu'à aujourd'hui. Le médium, ce qui permet le broadcasting n'est pas le mème. Ça c'est mon avis personnel.
Pour tout dire la pierre de Rosette n'était pas un mème (car elle ne transmettait plus rien, ne diffusait rien depuis bien longtemps) jusqu'à ce que Champollion lui redonne tout son sens et permette que l'émission atteigne de nouveau des cerveaux à l'esprit ouvert et accueillant. Un objet didactique ne diffuse des mèmes que lorsque le code de son message est connu c'est à dire que les cerveaux potentiellement accueillants ont intégré le décodeur. Sinon, c'est l'écran noir. Un "fait culturel" ancien, voire très ancien qui ne se transmet plus n'est pas un mème puisque aussi bien la caractéristique principale de celui-ci est de se répliquer. Alors bien sûr des paléoméméticiens pourraient dire qu'il s'agit de mèmes fossiles ou de paléomèmes. Je veux bien. Pour moi, ce sont des signaux, des stockages de données et rien de plus. Mais certains sont éventuellement extraordinairement précieux.

Certes, la représentation cérébrale est une condition nécessaire à leur existence, mais pour moi, l’inscription d’un mème dans le cerveau n’est qu’une de ses nombreuses représentations possibles. Et ces représentations me semblent tout aussi importantes. Par exemple, un autre élément parfaitement nécessaire à leur existence est le support comportementale, simplement pour que la transmission des mèmes se fasse.

Tu parles de "représentations" Sylvain et c'est pour moi un mot très important. Les codes écrits ou toutes les notations de nature sémiotique ne sont que des relais, des étapes transitoires de la transmission d'un mème. Par contre le mème revit ou se réactive dès qu'il se retrouve dans le milieu adapté, i.e le milieu cérébral auquel il est destiné et c'est là qu'il devient une représentation mentale, de mémoire, potentiellement retransmissible, quel que soit le type de mémoire impliqué parmi les 5 qui sont répertoriées actuellement.
Le comportement (humain) a deux composantes essentielles, tu le sais : ce qui provient du génome (inné, génétique donc) et ce qui découle de l'éducation et donc de la culture acquise. Je pense avec  Marguerite DESILE (et ceci est développé par des chercheurs comme Alain BERTHOZ, Antonio DAMASIO ou Jean DECETY) que l'émotion (le système limbique par conséquent et l'amygdale notamment) jouent un rôle primordial dans la transmission des mèmes. Et, DECETY ne me contredira pas, l'empathie et la réactivité des neurones miroirs y est aussi pour une part considérable. René GIRARD parlera de désir mimétique ou de rivalité mimétique, mais on est dans le même schéma. Les comportements se fabriquent dans le cerveau, grâce notamment à des neuro-hormones ou à des neuro-médiateurs chimiques spécifiques à chaque comportement observable. Le comportement n'est pas selon moi un support. C'est un des éléments de l'état neuronal favorable ou défavorable à l'accueil de mèmes qui sont diffusés dans une culture donnée par des médias donnés.

D’accord les langages parlé ou écrit, ne sont effectivement pas « nécessaires », mais certainement très utiles. Un mème écrit dans un livre n’est-il pas un mème au même titre que son équivalent cérébral ? Qu’il dépende ou nom du cerveau pour se copier ?

J'ai déjà répondu par avance. On peut écrire ce qu'on veut ! Il s'agit d'un broadcasting, d'une diffusion. Pour que ça fasse tilt, il faut qu'il y ait au bout du processus des récepteurs qui connaissent le code et percutent.
Si je t'écris "CLNSARIOE" sans que tu connaisses le code, tu vas pouvoir chercher longtemps et le mème qu'il contient ne te sera pas transmis. Si je te dis par contre que c'est une anagramme d'une plante marine, tu vas au moins pouvoir orienter ton antenne et comme tu es intelligent, tu vas trouver que c'est ... le haricot de ... (°!*)

Il y a donc mème au départ et mème à l'arrivée (le même en principe, sauf mutations), dans le cerveau de l'émetteur et dans celui du récepteur (des récepteurs) à condition qu'ils aient le bon décodeur et qu'il fonctionne bien. Bon, là c'est juste un mème lexical mais si tu veux, je pourrais te donner une recette intéressante pour la salicorne puisque c'est d'elle qu'il s'agissait. (°!*)



Un parasite n’est pas moins un être vivant même si son existence dépend de son hôte.

Les parasites sont effectivement des êtres vivants. Ils dépendent complètement de leur hôte. Ils ont néanmoins un génome bien défini (Je pense au gui par exemple). Mais pour autant le gui qui se développera sur des pommiers ou des peupliers n'a pas jusqu'à présent développé une culture ? Si ?
Pour en revenir au concept général des interactions biologiques (parasitisme, symbiose, mutualisme, commensalisme, concurrence voire phorésie), rien de tout cela ne peut s'appliquer aux mèmes qui ne sont pas des éléments biologiques associés aux bilans énergétiques de l'être humain mais qui - au contraire, n'en sont que des émanations, des productions épigénétiques, tant au titre de concepts créés, que des messages codés émis que de messages réceptionnés après émission (broadcasting ou déhiscence.)
Plus qu'un phénomène de parasitisme, la diffusion de mèmes et sa réplication s'apparenterait davantage à un processus d'économie en énergie dévolue à la création de solutions. Une manifestation naturelle de l'écologie cognitive. Ils parviennent aux cerveaux accueillants sans effort autre que celui de l'émotion que suscite le pattern transmis. L'énergie utile, là encore est celle de l'être vivant Homo sapiens. Le mème, lui, ne dépense rien qui ne soit à charge des humains ou de la société. Mais - pour ma part - ce n'est pas un "être" vivant, pas plus que la pensée ne peut se représenter par une "âme". Juste un phénomène biologique humain et rien de plus...


Un humain n’est pas moins humain qu’il soit d'origine noble ou paysanne. Qu’en penses-tu ?


Je pense que ces deux critères-là n'ont plus aucun sens depuis la nuit du 4 août 1789. (°!*)
Un humain n'est humain qu'au regard de son génome d'Homo sapiens avec ses 23 paires de chromosomes et ses quelque 30000 gènes. Le reste, la culture qui se transmet verticalement (transmission de génération à génération) ou horizontalement (transmission par les pairs et les membres des réseaux relationnels contemporains) comporte de par le monde tellement de variables que noble ou paysan n'ont que peu de pertinence. Certains paysans ont une noblesse d'âme remarquable alors que certains "nobles" se comportent comme les premiers ploucs venus.
As-tu regardé les deux films inspirés de Maupassant hier soir sur France 2 ? Dans le premier, tu avais la réponse à ta question. L'origine n'y est pour rien. Seule compte l'éducation ! Le sang bleu, c'est une grosse galéjade des aristo, évidemment. ;o((

 

Erwan :

[ … Les mèmes les plus puissants et qui n'ont que peu de difficulté à se répliquer sont ceux qui font partie du deuxième groupe (émotions) ou qui en proviennent indirectement. … ]

 

Sylvain :

Je suis confus. Dis-tu que les émotions sont des mèmes ? Ou que certains mèmes sont des émotions ? Je n’oserais pas dire qu’un émotion est un mème. Pourrais-tu développer ce point ?

Volontiers, ne sois pas confus.
Dans les familles, il se transmet des valeurs, des façons de réagir, des mèmes comportementaux étonnants.
Par exemple, dès que l'eau se met à chanter dans une casserole, la maman transmet à sa progéniture un signal de danger imminent. Sans doute dû à un accident qui remonte à plusieurs générations au cours duquel un bambin s'est fait grièvement brûler le corps par l'eau bouillante qui s'est répandue sur lui. Cet événement a donné le départ d'un mème qui est émotion pure. Oui Sylvain, les émotions se transmettent telles quelles parfois ou indirectement, de manière innocente ou insidieuse. En fait, c'est se saisir de la casserole qui présente un danger, pas le fait que l'eau soit en ébullition. N'est-ce pas Marguerite ?
D'ailleurs la télévision cible à fond sur ces mèmes chargés d'émotions qui font un bien meilleur score à l'audimat.



Erwan :

[ … Les mèmes n'ont aucune autonomie, aucune capacité d'autarcie : ils restent sous l'entière dépendance du milieu environnant physique et surtout de leur milieu de vie qu'est le système biologique complexe qui les héberge. … La culture humaine est sous l'effet dynamique d'une machine universelle à traiter de l'information dont le coeur de l'unité centrale décisionnelle est de nature biologique. Pierre Lévy parle de la Machine Univers (il désigne plutôt l'ordinateur) mais pour la conscience c'est sans doute le seul Homo sapiens qui "peut" tout changer. Une preuve ? Je ne sais pas ! Ne sommes-nous pas en train d'en discuter entre nous ? … ]

 

Sylvain:

De mon point de vue, ceci n’est réellement que temporaire à l’échelle de l’évolution.

Sans doute, mais nous n'en sommes pour l'instant que là où nous en sommes. J'ai lu beaucoup d'oeuvres de science fiction dès la fin des années 50 et durant les années 60 : "Le meilleur des mondes", "1984", "Les robots" d'Isaac ASIMOV (je n'ai pas lu "Le robot qui rêvait" et je le regrette bien). J'ai lu également René BARJAVEL et je retiens son "avertissement" contenu dans "Ravage". Enfin, j'ai vu en 2004 l'excellent film d'Alex PROYAS "I, robot" et je parcours régulièrement "Automates intelligents". Bon, en fait je lisais ces merveilleuses histoires alors que beaucoup d'entre vous n'étiez pas encore nés mais j'ai gardé une part de mon âme d'enfant... J'imaginais l'an 2000 plein de robots déjà, d'hélicoptères individuels et de terrasses servant d'héliports. Hum, nous n'y sommes pas encore. L'imaginaire est une chose. Le faisable en est une autre...

Bientôt nous pourrons créer des robots ou nano-robots, capables de se dupliquer, de trouver de l’énergie et d’évoluer d’eux-mêmes. Ce ne sera que le premier pas vers des intelligences artificielles qui pourront donner corps à des comportements purement mémétiques, très probablement même développeront-ils une conscience propre.

On le disait déjà lorsque j'avais 10 ans, 15 ans etc... Des comportements purement mémétiques, moi je veux bien mais dans quel type de culture et transmise comment ? La conscience, ce n'est peut-être pas ce qui sera le plus difficile mais ce sera la capacité d'une libre décision. (Cf "I, robot...)


Certaines formes d’ I.A. développent déjà des langages informatiques propres à elles-mêmes. A mon avis l’avenir mémétique se tracera dans les supports cybernétiques et non dans les supports biologiques. L’humain sera laissé loin derrière bien incapable de tenir la comparaison face à la débauche technologique de l’avenir. Les Super-mèmes de l’avenir n’auront pas besoin des hommes, et parleront de leur avenir entre eux, dans leurs « corps artificiels ».

C'est une prévision Sylvain, pas une prophétie.
Tu vois, j'en suis revenu pour ma part à RAHAN, "le fils des âges farouches". Quand je vois tous les mèmes qu'il a inventés et transmis à ses semblables, à ceux qui marchent debout, je suis stupéfait du chemin parcouru. Il y a une mine mémétique incroyable dans les RAHAN, comme si ses concepteurs avaient été des méméticiens avant la lettre...

 

Ceci dit, ce sont les mèmes humains d’aujourd’hui qui nous concernent le plus. Est-ce là ton avis ?

Oui, évidemment, surtout les mèmes véhiculés par les différentes cultures d'homo sapiens. Mais je ne rejette pas ceux de Néandertal ni d'autres hominidés, ni ceux, souvent plus simples, de nos cousins primates, ni ceux de quantité d'autres espèces comme les cétacés ou certains oiseaux. Les mutations du gène FOXP2 que nous avons en commun avec eux sont bien intéressantes à cet égard car il semble que ce soit le gène qui permet le mieux d'imiter, de répliquer, d'apprendre donc de développer une culture transmissibles par broadcasting, bref des mèmes. Nous avons bénéficié nous les humains de deux mutations fondamentales de FOXP2 et ce sont ces "accidents" qui font notre spécificité au regard de la transmission des patterns culturels. Nous sommes uniques à cet égard !
J'ai une définition très précise du terme culture. C'est un concept très complexe. Peut-être que toi ou Charles vous verrez ce que tu conjectures dans l'avant dernier de tes paragraphes. Pas moi, j'en suis sûr ! Ça fait trop longtemps que j'attends ce que j'avais imaginé. Je sais maintenant que ça ne viendra pas car les contraintes sont autres.

Bien à toi et à ceux qui liront notre conversation.

Erwan

 

C’est tout ?

 

Sylvain

Oui pour aujourd'hui. ;o))
par Merlin le zététicien des Mèmes publié dans : M2, le mème des mèmes qui tourne en rond
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Dimanche 4 février 2007
Réponse à Sylvain MAGNE à propos du mème "A"                                                                     



Erwan, ta réponse était on ne peut plus claire. Merci.

J'ai fait de mon mieux mais ce n'est pas toujours facile d'exprimer sa pensée.

Il est vrai que je n'ai pas développé dans mon document le caractère historique des supports mémétiques, mais je trouve la question très intéressante. Si tu as des détails à partager sur le mème "A" et l'évolution des symboles et des codes, je serais vraiment ravi de les entendre.

J'ai commencé en ce qui concerne ce que tu as appelé en page 2 de ton topo pdf le mème "A".  Je suis aussi sur deux autres pistes :
- le gène de l'obésité et le mème de l'obésité en concurrence ?
- le mème "réchauffement climatique" et ses implications dans les milieux de la recherche & dans le microcosme politique.
S'agissant de la déjà longue histoire du mème "A", je commence.

L'émergence première du mème "A" prend corps dans l'Égypte ancienne, il y a près de 5000 ans avec un pictogramme qui désigne de manière très figurative un boeuf ou taureau (Bâta) sur ses quatre pattes :
http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-07.gif

Un peu plus tard, chez les Cananéens & chez les Phéniciens (du côté de Byblos) qui vont répandre ce signe le long de la Méditerranée, le boeuf (Aleph) est déjà beaucoup plus stylisé et ce n'est plus que la tête qui est représentée :

http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-02.gif

En même temps qu'on a réduit la représentation du bovin à sa tête, d'autres représentations expriment ses qualités morales telles la puissance, l'énergie, le calme, la vigueur et la robustesse :

http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-06.gif

Une nouvelle étape arrive qui n'est plus guère figurative et qui symbolise le même "aleph" en 3 traits simples et dépouillés :
http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-03.gif



Le stade suivant fait faire au signe une rotation horaire de 90° et la barre qui traverse la tête symbolise les cornes du boeuf, toujours "aleph" :
http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-04.gif

Une nouvelle rotation horaire de 90° donnera le A grec tel que nous le connaissons aujourd'hui. Il s'appelera "alpha" :
http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-05.gif


J'aimerais moi-même explorer l'idée que les supports se développent et se complexifient à la manière d'un code informatique (et oui encore ^_^) en se complexifiant en couches successives. Plus un ordinateur se donne une capacitéde codage élevée (générations des 8 bits, 16 bits, 32, 64, 128 etc.) plus elle peut élaborer son langage et ses capacités.

C'est très exactement ce que je pense et ceci est aussi vrai pour les langages de programmation que pour les logiciels utilisés pour les faire tourner, fonctionner. C'est le même principe d'efficacité qui a fait passer les hommes des hiéroglyphes, pictogrammes ou autres idéogrammes aux lettres alphabétiques qui codent pour des sons bien déterminés. Du boeuf qui symbolisait des concepts divers, on est passés à des signes (pour le aleph) de plus en plus épurés qui avaient d'abord le sens sémitique de "coup de glotte" puis qui chez les Grecs représentèrent le son "A".
Il en fut de même pour les codes des langages informatiques qui, pour finir par un codage binaire réservé à la machine se devaient d'être de plus en plus rapides, précis, performants. Toujours dans le sens d'un gain en économie d'énergie mais sans se soucier du potentiel en mémoire vive et en mémoire morte qui pouvait technologiquement s'accroître de manière fulgurante.


Je ne dis pas que le cerveau fonctionne ainsi mais que le passage du « support comportemental » au « support verbal », puis « au supports physiques modernes », semble être représentatif des niveaux de complexités cérébraux de plus en plus complexes.

Mon opinion est que c'est exactement pareil. Le cerveau se comporte comme un réseau de réseaux d'ordinateurs interconnectés qui sont reliés à des périphériques sensoriels  entrants et sortants. C'est une machine à fabriquer de la pensée, à traiter les données, à faire des choix opportunistes. Reste à définir les limites du libre-arbitre. Il en a déjà été question sur cette liste de discussions et sur "Automates intelligents". Je pense pour ma part que le pourcentage de libre-arbitre dans nos décisions est très ténu mais c'est l'existence de celui-ci qui fait toute la différence entre les mammifères supérieurs et Homo sapiens : c'est cette conscience qui ne peut traiter qu'un seul problème à la fois (il y a une file d'attente...) mais qui peut surtout choisir en pesant les conséquences des différents choix possibles. En fait cette conscience peut extrapoler et imaginer, calculer des 'possibles'...

D'ailleurs, il est intéressant de remarquer comment lorsqu'un programmeur doit utiliser un langage d'un niveau supérieur, cela lui prendra beaucoup de temps pour en explorer toutes les capacités, ce n’est pas immédiat. Plus un langage est complexe plus l’horizon des possibles augmente et plus cela prend du temps à explorer, de facon exponentielle. Je veux dire que depuis que nos cerveaux sont capables de gérer des mèmes complexes, cela ne veut pas dire qu'il ne nous faudra pas encore de nombreux siècles pour en explorer toutes les capacités. Le nombre de mèmes possibles, imaginés et imaginables est infini.

Le chaos c'est ça ! Plus c'est compliqué et plus ça devient complexe. Alors je ne te dis pas les fractales que ça va générer. Mais nous avons à présent des ordinateurs extraordinairement puissants pour faire cela. Que nos pauvres cerveaux monotâche se concentrent sur les problèmes les plus vitaux !

Pour ce qui est de la spirale, je reste encore dubitatif.
Le temps me manque mais je reste curieux.

Moi aussi je regarde avec curiosité ces "trouvailles" qui mettent en liaison l'évolution des sociétés humaines et celle de chaque individu mais je préfère me référer à Gregory BATESON et à son "Écologie de l'esprit" plutôt qu'à une dynamique, fût-elle en forme de spirale. (Ce que je ne crois pas d'ailleurs...) Je pense plutôt à des concepts évolutifs qui s'emboîtent de manière concentrique (théorie des ensembles) ou à la formidable métaphore de l'hypertexte qui permet de générer des liens pertinents entre tous les concepts, avec ou sans hiérarchisation.

Un bref extrait de l'introduction du livre de BATESON :

"Les questions que soulève ce livre sont bien des questions écologiques: Comment les idées agissent-elles les unes sur les autres ? Y a-t-il une sorte de sélection naturelle qui détermine la survivance de certaines idées et l'extinction ou la mort de certaines autres ? Quel type d'économie limite la multiplication des idées dans une région donnée de la pensée ? Quelles sont les conditions nécessaires pour la stabilité (ou la survivance) d'un système ou d'un sous-système de ce genre ? Certains de ces problèmes seront concrètement analysés par la suite, le but de ce livre étant surtout de nettoyer le terrain pour que des questions comme celles qu'on vient d'évoquer puissent être posées d'une façon sensée."
  • Vers une écologie de l’esprit,  I, Seuil, Paris, 1977.
  • Vers une écologie de l’esprit, II, Seuil, Paris, 1980.



par Merlin le zététicien des Mèmes publié dans : M2, le mème des mèmes qui tourne en rond
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Dimanche 30 avril 2006
Le rond point de la mémétique
L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/giromemes.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
  M2 est très bien placé. Au centre du rond point autour duquel circulent tous les flux importants de la pensée humaine, il domine la situation et sa notoriété s'accroît d'heure en heure. Il suffit de demander à "Bison Fûté" pour s'en convaincre...
  Ainsi M2 contrôle les activités issues de l'avenue de la philosophie qui, par sa large avenue ouverte à tous les vents et à tous les courants draîne des idées et des mouvements culturels de toute nature.
  Le chemin de l'anthropologie n'échappe pas à la vigilance du mème des mèmes et, ainsi les mèmes fondateurs des civilisations sont repris en compte par M2 le fédérateur.
  Le sentier de la sociobiologie n'est pas épargné même s'il se tient un peu à l'écart. M2 le surveille néanmoins avec une attention jamais relâchée.
  Évidemment, tout ce qui sort de l'impasse de la génétique est analysé au microscope car maintenant que l'on a réalisé le séquençage complet des quelques 30 000 gènes du génome humain, on ne sait pas bien quoi en faire, ni comment ça marche exactement, c'est à dire quels sont les liens entre tous ces petits filaments ?
 Les promeneurs venant de la rue de la psychologie évolutionniste intéressent beaucoup M2 car leurs récits donnent des indications précieuses pour la mémétique.
  Mais la voie de la linguistique apporte régulièrement son flot de mots, de codes et de signes, et les méméticiens, embusqués sur le centre du rond point, par des ouvertures semblables à celles que l'on dispose dans les gabions, observent les réplications et les mutations des mèmes du langage. Sans le moindre fusil bien entendu !
  Enfin, le boulevard des neurosciences, très fréquenté depuis deux décennies, apporte ses images, ses explications irréfutables sur les assemblées de neurones spécialisées, quant à la réalité de la conscience et dans l'affirmation que tous les processus non-conscients ou subliminaux n'attendent qu'un signal pour émerger en plein jour.

  Bien sûr, d'autres réseaux sont proches de ceux dont on observe l'arrivée ou le départ ici, autour de ce rond point de la mémétique que l'on aimerait baptiser d'un nom révélateur de son orientation et de sa fonction. Rond Point Charles Darwin ou Rond Point Richard Dawkins ? Mais d'autres noms sont autorisés bien entendu...

(Un des grands espoirs de pistes pour Sylvain MAGNE)

Dans l'adaptation au cinéma de la biographie de Nash, Un homme d'exception, la découverte de cet équilibre est mise en scène par une stratégie de séduction.

   1. Quatre camarades de Nash souhaitent séduire une fille parmi les 5 présentes.
   2. Nash leur explique que s'ils suivent individuellement leur intérêt, ils tenteront tous les 4 de séduire la plus belle. Ils vont alors se court-circuiter et essaieront, par la suite, de se reporter sur l'une des quatre restantes. Mais « personne n'aime être un second choix », leur stratégie est donc vouée à l'échec.
   3. La meilleure stratégie serait donc de s'entendre pour séduire chacun l'une des quatre autres filles évitant, de ce fait, tout court-circuit. Ils augmenteront ainsi considérablement leurs chances de succès.

Nash en déduit que la théorie de la main invisible  de Smith est lacunaire. Ce à quoi ses camarades rétorquent qu'il ne s'agit là que d'une stratégie destinée à séduire la plus belle.

Cette situation n'est pas un exemple d'équilibre de Nash, puisque chaque individu est tenté de tricher pour avoir la plus belle à lui seul. Donc, il y a ici un point focal (la belle) qui empêche de garder l'équilibre en prétendant aller séduire seulement les autres filles.

Pour ma part, il y a 45 ans, avec mes 5 bons copains lorsqu'il y avait une seule belle fille dans un bal, c'était chacun notre tour ! Il suffisait d'attendre le 5ème bal et chacun était satisfait de son sort. La véritable écologie est dans le partage de tout ce qui est humainement... partageable... N'est-ce pas une stratégie évoluée ?

par Merlin des Mèmes publié dans : M2, le mème des mèmes qui tourne en rond
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