HISTOIRE DE LA MÉMÉTIQUE ET DES MÈMES

Hommage attristé à la mémoire de Guillaume DEPARDIEU

Lorsque j'écoute cette improvisation, cette interprétation inspirée d'un au-dedans exceptionnellement dense, douloureux, torturé, alors je pleure car c'est une figuration de la perfection possible entre les sentiments d'un homme et la technicité qu'un luthier a conférée - avec le plus grand art - à un instrument magique.

Ne pleurez pas trop ! Ça assèche les glandes lacrymales...




                                                          

Un film magnifique ! Un acteur expressif et convainquant...
Pauvre garçon !
Mar 14 oct 2008 8 commentaires
Oh que je suis contente...
Cette scène est si merveilleusement jouée, avec tant de finesse par le jeune interprète de Marin Marais. Il passe tant dans son instrument, tant de vigueur et de mélancolie. C'est effectivement Jordi Savall qui a choisi les musiques de ce film de toute beauté. Est-ce lui qui interprète la partie de Basse de Viole que joue à l'écran ce jeune homme?
Toujours est-il qu'il y a là comme tu dis de quoi arracher des larmes...
Viviane - le 26/02/2008 à 18h45
Je trouve ce passage magnifique. Merveilleusement bien mimé/interprété (dans le mouvement) par  Depardiou junior mais surtout divinement joué à la viole par Jordi SAVALL. Une émotion intense se dégage de ce jeu subtil, violent et tendre à la fois. Et quelle beauté du son obtenu ! C'est ça la magie de la musique...
Celui/celle qui n'aime pas ça, qui n'est pas ému n'a plus rien à espérer de la vie. Et puis, les spectateurs, Marielle en tête ne sont pas mal impliqués non plus, au point d'en être presque mal à l'aise, tellement c'est diaboliquement/divinement beau.
La viole tutoie la mort et la douleur avec sa beauté insolente. Ça c'est de l'art !
Jipé
Merci Jean Pierre pour cette émotion qui vibre
et
bon anniversaire ...
le bateleur - le 28/02/2008 à 23h58
Merci à toi Luc d'avoir ressenti cette émotion.
Et pour l'anniversaire aussi : je me suis tard couché, après avoir essayé de refaire le monde sarkozien et ai fait des rêves de violes de gambe qui résolvaient la théorie des cordes.
Jipé
Je ne risque pas de pleurer ; ce style baroque maniéré me donne des boutons, et ce pauvre type me fait de la peine à s'escrimer sur un instrument aussi peu pratique que la basse de viole.
(Je suis méchante... il y a de belles choses !)
Valentine - le 02/06/2008 à 22h11
Ne t'excuse pas Valentine. Tu peux aimer & être sensible à ce qui te convient. Pour moi, Jordi Savall qui interprète magnifiquement cette follia a su s'imprégner de l'époque de Marin Marais, des indications de jeu qu'il a fournies à ce propos mais ce qui compte le plus en définitive, c'est l'émotion pure donnée et reçue 5/5. On la perçoit ou on ne la perçoit pas, tout dépend de la manière dont le récepteur a été éduqué.
Quant au jeune Depardieu, il a fort bien su s'imprégner de la gestuelle et de la tenue de l'archet qui conviennent : un excellent imitateur !

Merci de ta franchise Martine, mais si tu attrapes des boutons, tu vas finir par pleurer quand même car ça démange horriblement ces boutons d'allergies musicales.
Jipé
Ahurissant ce commentaire de Valentine. Ou alors c'est de la pure provoc. C'est sûr que ça change de Maurice Chevalier. En tout cas, bravo à toi Merlin.
Angèle Paoli - le 03/06/2008 à 18h34
Oh, je ne suis pas étonné outre mesure. Martine (Valentine) a reçu une éducation musicale classique stricte et a du mal à s'en extraire parfois. Mais je ne désespère pas de la voir aimer un jour la viole lorsqu'elle en aura suffisamment écouté et vu animer des pièces musicales faites pour cet instrument profond, poignant et encore plus sensible que le violoncelle qui est lui aussi magnifique.
Oui, c'est vrai qu'après avoir écouté "Ah, si vous connaissiez ma poule", on est traversé par d'autres vibrations lorsque Jordi Savall joue 'à la folie'...
Merci de ton passage Angèle. J'aime beaucoup ton blog qui me donne du baume au coeur car la qualité n'est plus la règle commune sur la toile. J'apprécie tes choix et ce que tu écris...
Pour moi  qui adore le clavecin, l'extrait 
de Douze Variations sur le thème de « La Folia »,
 de Carl Philipp Emanuel Bach
que tu donnes sur ton blog est une pure merveille d'inventivité et de technique baroques. Merci.

Jipé
Plus sage encore que Salomon, cher Merlin. C'est vrai qu'Angèle a des "oursins dans les poches", comme toute bonne Cap-Corsine. A mon avis c'est à la chanson "Valentine" qu'elle pensait... Pour réconcilier tout le monde, je vous propose une Passacaille ["Homo fugit velut umbra", Passacaglia della vita interprétée par l’Arpeggiata de Christina Pluhar] que chantaient en dansant les étudiants en période de carnaval, crânes et tibias à la main (à l'époque de Landi...). Bisogna morire... C'est vrai. Mieux vaut mourir en chantant tous ensemble...
Yves - le 07/06/2008 à 16h55
Salomon se proposait de couper un enfant en deux pour découvrir la vraie mère. Je n'aurai pas cette cruauté avec Valentine. Ah, les femmes Corses ! J'en ai rencontré dans ma vie, d'excellentes collègues et néanmoins amies comme Xavière ou Marc. Je ne peux pas mieux trouver que des analogies avec Colomba.

Oui, cette passacaille peut réconcilier les empêchés du baroque et les baroqueux fans. En effet la victoire en chantant ou la mort au bout du refrain.
Jipé
Bizarre, ce lien qui provient du catalogue Alpha (http://www.fugalibera.be/readmorecd.php?id=116), ne marche pas. Je vous en envoie un autre à tout hasard : http://opus100.free.fr/fr/choral0.html
Yves - le 07/06/2008 à 17h05
Merci. Ça a fonctionné !
Jipé
J'écoute et écoute et ré-écoute
car ce morceau qui se trouve en permanence sur mon ordi me fait monter les larmes aux yeux. Ce film fut ma seule et unique rencontre (mais quelle rencontre!)  avec cet acteur extraordinaire, qui portait sur ses larges et pourtant fragiles épaules un personnage tout en contraste et en densité. Hier apprenant sa mort, quelque chose en moi a crié, comme chez toute mère imaginant que son enfant lui soit enlevé. C'est beau que tu lui rendes ainsi hommage. Il le méritait et c'est bien triste de partir ainsi en laissant derrière soi tant d'inachevé...
Viviane - le 14/10/2008 à 18h38
Je suis moi aussi très ému par cette disparition prématurée comme je le suis aussi à postériori  pour celles de Frantz SCHUBERT, W A MOZART, Gérard PHILIPPE, Patrick DEWAERE et tant d'autres comme Maryline qui, à des niveaux différents, étaient chargés de trop d'émotion(S) pour vivre sereinement. Mais Guillaume a presque tout raté, tout perdu. Je suis plein de compassion pour sa mère et sa fille. Je pense qu'il était en outre un musicien très honorable, pas à la viole de gambe mais au piano.
Bon vent à toi Guillaume ! On ne t'oubliera pas.
Jipé
Tout comme Valentine, je ne suis pas réceptive à cette musique  ni  même à d'autres  d'ailleurs , j'ai du mal avec cet art ( rires) Mais je peux pleurer devant un tableau ou au théâtre . Chacun son truc ( sourires) . En tout cas merci de ce petit hommage
aimela - le 16/10/2008 à 11h39
Tu sais Aimela, nous sommes réceptifs à ce à quoi nous avons été préparés par nos expériences et nos vécus personnels. La sensibilité à la musique ou plutôt aux différentes sortes de musique se prépare par un bain de musique dans la plus tendre enfance. Ainsi, j'ai une petite fille de 6 mois qui est très réceptive à la musique car elle en a toujours entendu depuis sans doute près d'un an, peut-être plus même. En fait, c'est une imprégnation, un bain. Pour Valentine c'est sans doute différent : elle a reçu une éducation musicale qui s'est bornée à la période classique la plus classique. Son oreille et sa sensibilité sont donc confinées à cela. Le baroque est pourtant remarquable car il est générateur de tant d'oeuvres classiques. La viole de gambe est l'antécédent du violoncelle qui est l'un des plus beaux instruments.
Comme toi, je peux être très ému devant un tableau, à la lecture d'un poème, d'un roman ou face à une pièce de théâtre et là, je trouve ce petit morceau sublime : il génère en moi une émotion considérable en audio ou à la vue de cette vidéo d'une sonorité exceptionnelle puisque la bande son est jouée par Jordi SAVALL. Mais bien sûr, il y a un code pour être "réceptif".
Jipé