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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 21:27

 

Je pense que le mieux est de prendre le temps de visionner cette assez longue vidéo. Après, on peut discuter de ce problème.


 

 

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Published by Merlin des mèmes - dans Mèmes religieux-anti-religieux
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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 17:33
 
    Le Petit Prince voulait retourner vers sa planète pour revoir sa rose.

     Il emprunta un vol de bernaches nonnettes qui avaient échappé à la vigilance de leur propriétaire Jacques Perrin... Et la troupe s’envola.

    La huitième planète était habitée par un nain ternaute. Tout au moins, c’est ce que le Petit Prince crut comprendre... En réalité, il ne le trouvait pas si nain que ça. Il était même grand et fort barbu car, disait-il, il n’avait pas le temps de se raser. En effet il était toujours campé devant des écrans LCD, des écrans plasma, des vieux moniteurs cathodiques pas très catholiques et il disait qu’ainsi il était à l’écoute de la communauté du Net. Il parlait de réseaux de réseaux et d’informations en temps direct "live"...

   Cet homme étrange lui rappelait un peu le businessman de la quatrième planète mais en moins intéressé par la rentabilité et l’argent généré. Le Nain ternaute manipulait des informations écrites, photographiques ou vidéo et de la musique. Il parlait aussi de ’ouebecames’ placées ici et là dans le microcosme où il vivait mais aussi bien au-delà... Le Petit prince lui demanda :

- Est-ce que tu pourrais voir sur tes écrans si ma fleur se porte bien sur ma planète B 612 ?
- Oui, sans doute ! As-tu placé une web cam devant ta fleur et as-tu une connexion à Internet ?
- C’est quoi Internet ?
- Oh, c’est une installation complexe, une toile d'araignée qui tisse des liens entre les hommes dans le réseau infini des systèmes de planètes de cet univers. Nous pouvons tous communiquer, à tout moment, les uns avec les autres.
- Alors quand je voyage, je pourrais communiquer avec ma rose ?
- Oui, bien sûr !
- Et avec mon mouton ?
- Assurément, tu pourras parler avec lui quand tu le voudras.

  Le Petit Prince était vraiment très heureux d’avoir rencontré un homme qui lui permettrait de rester en relation avec ses amis. Il ajouta :

- Et avec Antoine l’aviateur que j’ai rencontré dans le désert ?
- Bien sûr petit ! Les aviateurs ont des ordinateurs très performants dans leurs cockpits, tu pourras...
- Et avec mon ami le Renard que j’ai apprivoisé ? Ce sera possible aussi ?
- Là, tu me poses une question plus difficile petit bonhomme. S’agit-il d’un Renard sauvage ou d’un Renard qui vit dans un parc zoologique ?
- Je crois qu’il est libre et sauvage. C’est comment ton nom à toi ?
- Je m’appelle Merlin.

  Le Petit Prince était vraiment content d’avoir rencontré un nain (Ternaute) aussi grand et il se demandait avec la dernière curiosité quelle pouvait être cette ethnie des Ternautes, mais comme il était très fatigué par son voyage sur le dos de ses amies les bernaches nonnettes, il s’endormit dans le duvet chaud des doux volatiles...


         L'image « http://idata.over-blog.com/0/00/65/29/prince.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 15:12

"Quand après un départ à 5h du matin, les grands dauphins croisent, au large de Saint-Malo, le bateau de l'association Al lark, cela donne ce pur moment de magie...

Pour info: l'intégralité des images sous-marines a été tournée avec un caisson étanche tenu à bout de bras et simplement plongé sous la surface de l'eau. Personne à bord du bateau ne s'est bien entendu mis à l'eau.


L'association Al-lark est une association loi 1901 basée à Cancale qui a pour but premier de faire découvrir à ses adhérents les richesses du patrimoine naturel de la baie du Mont Saint-Michel et de Saint-Malo afin de les sensibiliser à la fragilité de ces merveilleux sites."
 

Perfect Morning-Al lark from Easy Ride on Vimeo.

 

Al Lark web site

 

 


Les dauphins dans la Manche 

 

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 11:24

 

Ralph McTell - Streets Of London


 

 

 

Une bonne chanson reste une bonne chanson quoi qu'il advienne. Est-ce à dire que la chanson elle-même constitue un mème ou un ensemble de mèmes cohérent ? Le fait de la reprendre est-il une solution culturelle (créature chère à Pascal JOUXTEL) ? En tout cas, beaucoup de chanteurs l'ont reprise à leur compte depuis 1969.


Streets Of London (Les Rues De Londres)
 
As-tu vu le vieillard
Dans le marché après la fermeture
Donnant des coups de pied aux papiers
Avec ses souliers usés
Dans ses yeux tu ne vois aucune fierté
Il retient flottant contre lui
Le journal d'hier,
Relatant les nouvelles d'hier.
 
[Refrain]
Alors comment peux-tu (oser) me dire que tu es seul
Et que pour toi le soleil ne brille pas
Laisse-moi te prendre par la main
Et te conduire à travers les rues de Londres
Je te montrerai quelque chose
Qui te fera changer d'avis.
 
As-tu vu la vieille fille
Qui arpente les rues de Londres
De la crasse dans les cheveux
Et ses vêtements en loques
Elle n'a aucun temps pour parler
Elle continue simplement à marcher
Portant son foyer
Dans deux sacs en papier.
 
[Refrain]
 
Dans le café qui ouvre toute la nuit
A onze heures et quart
Le même vieillard
Est assis là tout seul
Regardant le monde
Par dessus le rebord de sa tasse de thé
Chaque thé dure une heure,
Puis il déambule et rentre seul chez lui.
 
[Refrain]
 
As-tu vu le vieillard
Devant le bureau de la marine
Ses souvenirs se décolorant comme
Les rubans des médailles qu'il porte
Dans notre ville hivernale
La pluie ne prend guère en pitié
Un héros oublié de plus
Et un monde qui s'en fout.
 
[Refrain]

Have you seen the old man
In the closed-down market
Kicking up the paper,
with his worn out shoes?
In his eyes you see no pride
And held loosely at his side
Yesterday's paper telling yesterday's news

So how can you tell me you're lonely,
And say for you that the sun don't shine?
Let me take you by the hand and lead you through the streets of London
I'll show you something to make you change your mind

Have you seen the old girl
Who walks the streets of London
Dirt in her hair and her clothes in rags?
She's no time for talking,
She just keeps right on walking
Carrying her home in two carrier bags.

Chorus

In the all night cafe
At a quarter past eleven,
Same old man is sitting there on his own
Looking at the world
Over the rim of his tea-cup,
Each tea last an hour
Then he wanders home alone

Chorus

And have you seen the old man
Outside the seaman's mission
Memory fading with
The medal ribbons that he wears.
In our winter city,
The rain cries a little pity
For one more forgotten hero
And a world that doesn't care

Chorus

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 11:15
Débattons sur des arguments et non pas sur des opinions... (Claude ALLÈGRE)



C'était avant le sommet de Copenhague.


Depuis, le 4 mars 2010 :

Bon, c'est la promotion d'un livre c'est vrai. Je n'ai pas toujours été d'accord avec Claude ALLÈGRE (notamment sur le sujet de l'Éducation Nationale qu'il a puissamment contribué à casser). Mais là au moins, il dit des vérités qui sortent du consensus général écologico-hypocrite entretenu par le GIEC et certains papes d'une écologie religieuse se voulant avant tout culpabilisante, comme toute bonne religion...




Claude Allègre
envoyé par BFM. - L'actualité du moment en vidéo.


Les météorologistes Américains ont été interrogés sur l'origine humaine d'un actuel réchauffement climatique :

- 50 % disent non
- 25 % ne savent pas
- 25 % disent oui

Le GIEC, lui, dans son dernier rapport admet que "une attribution non néquivoque (de la cause du réchauffement) requerrait une expérimentation contrôlée du système climatique".

(Voir ce blog très édifiant)
http://climat-sceptique.over-blog.com/


En clair - disent Cécile Bonneau & Yves Sciama,  dans le n° 1110 de Science & Vie,  mars 2010, p. 52 - une expérience qui placerait la terre entière sous contrôle pour prouver l'origine du réchauffement est totalement irréalisable.

Alors, que les adeptes de la nouvelle religion, harangués et guidés par les prophètes d'un catastrophisme climatique à venir dont l'homme serait le principal responsable se calment. Faire renaître la culpabilité et les peurs millénaires, c'est d'une autre époque ! Essayons plutôt d'être réellement écologistes, rigoureux et respectueux de ce patrimoine que nous empruntons à nos enfants et petits enfants...

Autre article sur le réchauffement climatique
(Là, c'est Vincent COURTILLOT qui s'exprime...)
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 15:18

"Il vit surgir, du fond obscur du corridor, un gros rat à la démarche incertaine
et au pelage mouillé. La bête s'arrêta, sembla chercher un équilibre,
prit sa course vers le docteur, s'arrêta encore,
tourna sur elle-même avec un petit cri
et tomba enfin en rejetant du sang
par les babines entrouvertes.
Le docteur la contempla
un moment et remonta
chez lui.

Ce n'était pas au rat qu'il pensait."
(Albert CAMUS, La Peste)

Mieux vaut un rat vivant qu'un chat crevé.


J'étais parti de bonne heure ce matin-là car la veille, j'avais débusqué de son gîte un beau lièvre dans les environs du château de Crosville. J'avais préparé minutieusement mes cartouches avec du plomb n° 4, graissé mon fusil 'Robust-Idéal', un calibre 16 de belle facture qui ne manquerait pas sa cible le moment venu...

Le château de Crosville

Dans le grand jardin, derrière la splendide demeure, j'aperçus Michèle la propriétaire, et je lui demandai si elle n'avait pas vu le capucin dans les parages. Comme elle s'apprêtait à me répondre, le rouquin sauta du talus et se dirigea vers les marais.

                   Michèle LEFOL

Michèle me souhaita bonne chance. Je sifflai Princesse ma chienne,  une braque, qui avait un flair exceptionnel et un souffle de marathonienne.
Le lièvre s'en allait vers la rivière qui contourne le marais. Il s'orientait vers la butte que nous appelons l'île de Crosville car en hiver lorsque les marais sont totalement inondés, c'est le seul espace de terre qui reste émergé. Là, habitait un vieux misanthrope, Hyppolite LEHADOUEY, une sorte d'ermite qui avait à peu près 70 ans. Sa maison en pierre du pays était encore couverte de chaume et le petit jardin qui l'entourait était remarquablement mal entretenu car le lierre et les ronces y faisaient la loi.
Hyppolite m'aperçut de loin et me cria :
- " Tchi qu' tu traches par ilô ?"
- Vous n'auriez pas vu un lièvre dans le coin Maît' LEHADOUEY ?
- Ah pas à matin mais i vyint souvent par ichin. J' l'y veu aco y' a treis jours.










À peine avait-il achevé cette phase que j'entendis Princesse s'agiter bruyamment. Elle aboya trois fois en direction de la haie et le fuyard repartit vers le marais. Je visai rapidement le cul et tirai les deux coups à la suite. Mon lièvre fit une triple culbute et ma chienne courut vers lui en jappant comme une folle. Nous le tenions...
Le père Hyppolite me félicita et me dit :
- Veux-tu veni beire une moque ?
- Oui, merci à vous, ce n'est pas de refus. Je posai mon gros capucin sur la table de son antre et nous bavardâmes pendant trois bons quarts d'heure en buvant un cidre bouché qui n'était ma foi pas mauvais du tout.
Mais il fallait que je reparte car on m'attendait déjà pour le déjeuner. Il était plus de treize heures...

- "À la prochaine fois Maît' Hyppolite et prenez bien soin de vous !
- Tei itou man garçon, dis byin l' boujou à ta grand-mère de ma part...
- Je n'y manquerai pas. Merci pour la moque. Au revoir !"






Je ne retournai pas à l'Île de Crosville durant l'été car je travaillais dans une ferme à une vingtaine de kilomètres plus à l'ouest.
Après une arrière-saison particulièrement pluvieuse, l'hiver 1962-1963 fut  exceptionnellement rigoureux. Les marais étaient inondés comme jamais ils ne l'avaient été et un froid sibérien se répandit, pendant plus de cinq semaines sur ces étendues d'eau à perte de vue. Il fit jusqu'à - 23 ° C. Le lait gelait dans les seaux et les bidons, et cela, même dans les maisons. Une épaisseur de glace de 40 à 50 cm recouvrit nos marécages. Il était devenu possible de rouler en voiture sur cette étendue parfois recouverte d'une couche de 10 cm de neige. La Douve et toutes les rivières étaient prises par les glaces, en tous endroits ,et la mer gelait aussi, détruisant de nombreux coquillages et crustacés de l'estran.


Puis, le printemps revint, tardivement. La glace fondit et l'eau se retira rapidement.





Le 28 mars 1963 — c'était un jeudi — je me décidai à aller rendre une petite visite à Hyppolite LEHADOUEY. Je frappai à sa porte à  trois reprises. N'entendant rien, je poussai la porte doucement.
- Père Hyppolite ?
Aucune réponse ! J'avançai dans la pièce sombre et m'approchai de l'alcôve où dormait habituellement le père LEHADOUEY. Il était là, étendu, mais il semblait très amaigri dans des vêtements trop grands. Je m'approchai encore et entrevis un visage complètement décharné et couvert de meurtrissures encore sanguinolentes. Son vieux chat était mort à ses côtés. Il n'avait pas pu assez bien le défendre.
La mort remontait à plusieurs semaines sans doute...

Les rats l'avaient mangé.
©Merlin 10-9-2009
©Merlin 10-9-2009
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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 12:18
Je voulais commencer cette année 2010 par un hommage à ce formidable ténor. Quels qu'aient été ses défauts (et il en avait) ce fut un chanteur fantastique. Puissant, sombre, dramatique, expressif, sa voix fait encore trembler et pleurer.

Je pense que c'est cet air de la Tosca qui convient le mieux à Luciano PAVAROTTI : il lui permet d'exprimer tout son talent (qui était immense) dans tous les domaines de sa voix.


Pavarotti - Tosca - E lucevan le stelle
envoyé par Quarouble. - Regardez la dernière sélection musicale.




Mais écoutez donc cette puissance ! Et les deux autres ténors, Carreras et Domingo sont magnifiques eux aussi. Que c'est beau !


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Published by Merlin le zététicien des Mèmes - dans Légendes d'hier & d'aujourd'hui
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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 17:30



Sylvestre

J'espère que vous avez tous du bon Champagne !
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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 18:18
Merci à Isabelle qui m'a prêté si aimablement son livre personnel car celui de la bibliothèque pour tous de mon village n'était pas rentré. J'aurais même accepté de sa part un album pour enfants : dans cette éventualité, je l'aurais lu à ma petite fille qui aurait adoré ça...






Je suis d’abord allé voir le film « Le hérisson » qui est une adaption du « roman » de Muriel BARBERY, «  L’élégance du hérisson » avec les comédiens Josiane BALASKO,  Garance LEGUILLERMIC & Togo IGAWA. Puis j’ai un peu regretté cette démarche inversée. J’aurais sans doute dû lire le livre d’abord.

Dans le film Paloma m’a bien convaincu, de même que Kakuro OZU mais, pour Renée, la concierge, le compte n’y est pas même si Josiane BALASKO a fait des efforts pour se transformer physiquement en personne revêche, acariâtre et un rien bourrue, notamment dans les expressions faciales et celles de sa bouche. J'aurais préféré que l'on donnât le rôle à Catherine FROT, sans hésitation...

 

 


Mais j’ai voulu lire le livre pour essayer de me rendre compte - texte à l’appui – qui était ce hérisson en réalité. Très très bon livre en vérité, qui a construit son succès exceptionnel par le bouche à oreille, et c’est amplement mérité.

Mais, ne nous y trompons pas, il ne s’agit pas vraiment d’un roman. C’est assez agréable à lire, comme un roman. Ça se présente un peu comme un double journal de bord dans lequel Paloma et Renée déposent leurs témoignages et réflexions. Il y a quelques personnages assez secondaires (quoi que…) qui sont évoqués mais les cinq héros de ce récit sont Renée, Paloma, Kakuro, Léon et… le poisson rouge.

 

En fait, c’est un conte philosophique  sur les sujets aussi importants que sont la vie, la mort et l’art. En même temps, c’est aussi - un peu à la manière de Montesquieu et de Voltaire dans « Les lettres persanes » ou dans « Candide », un pamphlet social assez discret, qui a lui, l’élégance piquante du hérisson.

 

Car Renée MICHEL, ce n’est pas elle le véritable hérisson : elle est plutôt la figure discrète du  wabi-sabi,  cette forme effacée du beau, ce comportement modeste et réservé de cette quinquagénaire qui, dans la discrétion la plus parfaite, recèle une qualité de raffinement masqué par sa rusticité apparente. (Cf p. 175)

Car le « wabi » est le cœur du livre, au sens propre comme au sens figuré.

Le véritable hérisson, c’est Muriel BARBERY, l’auteur, normalienne, agrégée de philosophie. Elle est à la fois Renée, la mère MICHEL et Paloma JOSSE. Les polices de caractère différentes utilisées pour distinguer la concierge érudite et la pré-adolescente surdouée constituent en fait toute la problématique de l’auteur, Muriel. C’est elle qui perçoit son microcosme ainsi, avec les problèmes existentiels face à l’absurde enfermement de nos concitoyens (parents, voisins et amis) dans la spirale infernale du poisson rouge dans un bocal. La philosophe de ce conte, c’est Paloma qui s’interroge sur la vacuité de la vie, sur la mort. Elle aborde même le dilemme sarkozien de la parole et de l’action :

« Les hommes vivent dans un monde où se sont les mots et non les actes qui ont du pouvoir, où la compétence ultime, c’est la maîtrise du langage. »

D’ailleurs, cet homme qui déclare à qui veut l’entendre qu’il aime faire, agir, faire bouger les choses ne fend que des déclarations de principe, souvent contradictoires, s’agite lui-même dans sa propre bougitude, mais on n’avance pas. On peut même penser qu’on recule…

 


 

Renée, elle, présente le côté esthétique de la connaissance du monde : la littérature avec TOLSTOÏ, le cinéma avec les films d’OZU, l’amour des plus belles pièces de  MOZART mais elle cultive tout cela dans le secret, dans son antre caché, tout en restant  la concierge de façade. Oui, le beau, c’est l’adéquation, l’intuition des formes authentiques et des harmonies universelles.

 

Mais parfois, les préoccupations de Renée et de Paloma se rejoignent, Muriel retrouve son unité de pensée : c’est surtout vrai quand elles sont en présence de Kakuro car elle(s) apprécie(nt)au plus haut point, le raffinement de son savoir, de sa culture japonaise tout en finesse et en sagesse. Mr OZU est wabi c’est incontestable !

 

On pourrait penser que l’élégance du hérisson est une tragi-comédie philosophique mais lorsque Renée meurt, c’est peut-être en partie la résolution du problème de Muriel BARBERY. Elle va abandonner cette culture parisienne (ou normande, ou celle des IUFM) semblable à celle du bocal du poisson, pour se rendre à Kyoto et développer cet art de vivre wahi-sabi qu'elle apprécie tant. Ce qu'elle a fait...

 

Ce conte est vraiment délicieux. Je n’ai qu’une envie, c’est de le relire… Muriel avait 36 ans quand elle l’a écrit. J’aurais dit 26 ! C’est très frais et juvénile, grâce à Paloma qui a osé dire ce que Muriel n’osait plus déclarer dans la bonne société… C'est rempli d'une culture discrète faite d'allusions et de vérités simples. Mais bon, admettons, ce n’est qu’une fiction, un rien romanesque, comme le fut « Candide » en son temps.

 

Muriel  a dédicacé son livre à Isabelle qui fut une de ses élèves à l'IUFM de Saint-Lô. Elle évoque dans son autographe, des amitiés piquantes. Je ne sais vraiment pas d'où vient ce titre (commercialement excellent au demeurant) car je ne trouve rien de ces défenses acérées du charmant petit animal chez les protagonistes de ce conte philosophique, même quand celui-ci se met en boule pour se protéger d'un danger. Renée n'est pas un hérisson et elle n'a pas une authentique élégance mais plutôt une finesse d'esprit érudite et profonde.

Sans doute une proposition du mari, Stéphane, qui est psychologue et qui aura attribué à Renée un profil junguien de "hérisson". Non, WABI !

 


Certains fâcheux ont trouvé des fautes de goût, de langage ou que sais-je p. 146 dans "Cela vous ‘octroie’ une charge de travail supplémentaire" ou p. 150 "la ‘largesse’ d’esprit des socialistes," de même que  "l’immeuble ne ‘bruisse’  que de l’emménagement " p. 155. Elle est quand même normalienne et agrégée ! On ne peut lui faire ce grief pour des utilisations de mots dont elle connaît nécessairement et parfaitement le sens.

C’est le langage des habitués de la cage d’escalier et Renée est bien obligée de s’y conformer elle aussi, pour rester dans son rôle.

 

En fait, nous en connaissons tous de ces "hérissons élégants", trop élégants parfois... Je tiens à en signaler deux que je côtoie assez souvent par la lecture ou par l'écoute :

 

Philéas LEBESGUE

 

 

Susan BOYLE

 

La seconde, une modeste Écossaise de 48 ans, s'est fait connaître grâce à une émission de télévision anglaise.

Le premier est peu connu en France alors qu'il mériterait de figurer au panthéon des génies de la langue (des langues devrais-je dire) et le minimum serait qu'on l'étudie en classe de première aux chapitres de la littérature et de la poésie.

Ces deux personnes ont en commun avec Renée MICHEL d'être d'extraction modeste tout en ayant eu ou en ayant encore un potentiel exceptionnel, un raffinement subtil dans l'expression de leurs idées ou de leurs sentiments. Discrets et sans réseaux relationnels puissants, effacés car n'ayant pas vécu dans ces milieux où l'apparence et les mots comptent plus que l'action et les idées créatives, humbles car n'ayant jamais connu les vertiges du pouvoir et de l'argent, réservés car leur statut les a toujours confinés dans la prudence et la méfiance et simples enfin car ils n'ont vécu dans leur vraie vie que de rêves et de beauté cachée au fond d'eux-mêmes. Ils sont eux aussi - sans le savoir - des adeptes du wabi-sabi, des sages qui ont perçu la beauté des choses imparfaites, impermanentes et incomplètes, la beauté des choses modestes et humbles, la beauté des choses non conventionnelles.


 

Merci Isabelle.

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Published by Merlin le zététicien des Mèmes - dans Philosophie littérature poésie
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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 13:55
Le rebouteux




Certains destins tragiques commencent parfois comme des contes de fées...
Certains lecteurs seront peut-être touchés...



   Paul, Amédée, Bienaimé était un "poussin de haie". Né en 1904, il n'avait donc jamais connu son père et Rosine, sa pauvre mère n'avait que dix sept ans lorsqu'il vint au monde.
   Très vite, on s'aperçut qu'il avait une jambe plus courte que l'autre et ce handicap ne s'estompa jamais. Il apprit à marcher en boitant et fut vite affublé du surnom de "Bancroche" par ses petits copains, charitables ici comme partout ailleurs.
   Paul avait un visage d'ange, des cheveux blonds bouclés et des yeux bleus, d'un bleu si pur qu'on aurait cru voir l'entrée du Paradis…
Pendant que Rosine allait à sa journée pour gagner le pain quotidien, sa grand-mère Édélie faisait l'éducation de Paulo. Oh, bien sûr, il allait à l'école, au village de Doville, mais elle lui apprenait ses secrets, ses remèdes de bonne fâme, les vertus des plantes ainsi que des pratiques d'Étenclin désavouées, condamnées mais tenaces. Édélie avait encore la réputation d'une 'guérisseuse'. On n'avait plus le droit de dire le mot "sorcière"…depuis le procès de 1668 qui avait tant défrayé la chronique…
   Dès qu'il eut atteint ses dix huit ans, Paul fut très vite connu et reconnu pour son savoir-faire et ses dons à soigner le mal. Il devint rebouteux, guérisseur, magnétiseur. Sa réputation se répandit vite bien au-delà du canton.
   Mais, à partir de 1939, du fait de la guerre, son succès devint un triomphe !

   Bien sûr, il n'avait pas été mobilisé à cause de son infirmité, mais les patientes étaient nombreuses à venir le consulter pour un zona, une conjonctivite, des maux de tête persistants ou bien sûr une luxation, une entorse ou même une fracture.

   Les douleurs abdominales étaient - avec les rhumatismes - sa spécialité. Les gens disaient que Paul avait le don de toucher & guérir…
   À la fin de la guerre, un riche parisien, qui avait fait fortune dans la vente des armes, racheta l'abbaye de Blanchelande. Il fit procéder à des travaux car les lieux avaient été occupés sans ménagements par les troupes allemandes. Lors du nettoyage de l'étang, on retrouva treize cadavres d'enfants très jeunes, de nouveau-nés… L'affaire fit grand bruit dans toute la région !
   Mais Paul, pendant ce temps, avait toujours autant de succès. On venait à présent le voir de très loin. De petits autocars et de nombreux taxis amenaient des clients à son officine. Le bouche à oreille fonctionnait à merveille.
   Un jour, la fille du député du coin vint consulter le rebouteux pour une méchante entorse qui la faisait souffrir cruellement. Paulo réduisit le dommage, la toucha et lui concocta un traitement naturel à base de plantes qu'il cueillait lui-même dans les collines et dans les marais.
   Hélas, le cas de la jeune fille s'aggrava sérieusement. Il fallut l'hospitaliser d'urgence. Les radios et tous les examens révélèrent qu'elle avait de multiples micro-fractures et des lésions épouvantables.
   Le sous-préfet fut informé. Le Procureur de la République se dérangea et une enquête révéla que la gamine n'était pas la première victime du "rebouteux peu scrupuleux". Des dizaines de patients étaient restés infirmes, estropiés, invalides à la suite des manipulations effectuées par Paul.
Les langues se délièrent...

   Une femme de quarante cinq ans finit par révéler que, pendant la guerre, elle avait été "touchée" par le guérisseur pour des maux de ventre et… qu'elle s'était retrouvée grosse quelques mois plus tard. Son mari, prisonnier de guerre en Poméranie...
... n'en avait rien su bien entendu ! Mais le fruit de ces soins attentifs avait été jeté dans l'étang de Blanchelande. Elle n'était pas la seule…
Beaucoup de gens se mirent à parler, à jaser, à médire puis à calomnier peut-être. On en vint à découvrir ainsi que le père de Paul Amédée n'était autre que le curé de Varenguebec. On apprit que les douze autres mères infanticides étaient alors des jeunes filles de quatorze à dix sept ans. Bien d'autres manipulations et turpitudes du rebouteux se révélèrent jour après jour. On s'aperçut surtout qu'il était devenu immensément riche.
   Ce jour de janvier 1953, les gendarmes vinrent le chercher chez lui. Ils trouvèrent des quantités fabuleuses de billets de banque plus ou moins récents, mais de valeur nominale variée (les tarifs avaient augmenté sensiblement…)
   À la suite d'une enquête fort longue et fort pénible, le jugement de la cour d'assises fut prononcé : une peine de 30 ans.
   À sa sortie de prison, à l'automne 1983, il n'y avait personne pour l'accueillir. Sa grand-mère était décédée depuis longtemps et Rosine, après avoir essayé vainement par deux fois de se suicider, était morte de honte et de chagrin. Paul se retrouva seul à Doville…Le curé de Varenguebec avait été interné à l'hôpital psychiatrique de Pont l'Abbé. Il était mort lui aussi, deux ans après l'incarcération de Paul.
Le lendemain de sa libération, c'est Jean-Luc qui l'a découvert dans son jardin. Il se balançait…

Mélancobucolique


Odeur de foin fraîchement coupé, de terre labourée, de rosée sur l'humus...

Dans nos campagnes même le silence a une odeur. Si, je vous l'assure, une odeur de solitude...


Paul se balance d'avant en arrière.
Un oiseau siffle au-dessus de sa tête, mais la brise d'ouest se lève et le bruissement du vent dans les feuilles du vieux chêne le surprend. Le passereau apeuré s'envole jusqu'à la haie de buis entourant le puits et se faufile gracieusement à travers les épines des buissons pour se poser sur la margelle en pierre.
Un chien aboie dans le lointain, il est certainement en train de courir derrière le renard qui rôde près du village depuis plus d'une huitaine, demandez aux poules, elles vous en parleront.

Paul se balance d'arrière en avant.
Le petit village est calme, presque trop. C'est à peine si l'on perçoit le murmure des quelques postes de télévision encore allumés. Le ronronnement d'une automobile se perd derrière la colline tandis que le chien s'est fait plus silencieux, il est fort probable que monsieur Goupil se soit montré encore une fois bien plus malin que lui.
Le vent tombe, laissant la place à un silence pesant rompu de temps à autre par l'appel désespéré d'un grillon bien solitaire.

Paul se balance d'avant en arrière.
Le gémissement d'une vache prête à vêler s'élève de la ferme. Des volets s'ouvrent, des portes claquent et des pas précipités se dirigent vers l'étable. Dans peu de temps arrivera la fourgonnette du Marcel, vétérinaire dans le bourg voisin, et c'est une nouvelle vie qui verra le jour dans le sang et la souffrance.

Mais Paul s'en fout, il se balance d'arrière en avant, et la corde grince dans la nuit.




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26/09/2004
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Published by Merlin le zététicien des Mèmes - dans Légendes d'hier & d'aujourd'hui
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