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9 décembre 1955 5 09 /12 /décembre /1955 11:33

Pierre JOURDE tel qu'en lui-même...

 

 

Biographie de Pierre JOURDE

 

9 déc.
1955

 

Naissance de Pierre Jourde, dans une famille de petits employés habitant Créteil. Jean, le père, après avoir été chauffeur de la famille Lesieur, fait des photocopies dans un bureau à Boulogne. Colette, la mère, est institutrice en cours préparatoire dans une institution religieuse. Ni l’un ni l’autre n’ont le baccalauréat. Les grands-parents maternels, originaires du Morvan et de la Brie, sont bouchers sur les marchés. Le grand-père et la grand-mère paternels sont cousins germains, issus de la même famille du Cantal. On les voit peu. Jean est né d’une liaison adultérine entre les deux cousins. La grand-mère, née Jourde, possède un important patrimoine foncier. Le grand-père, Emile Roughol, qui n’a pas reconnu son fils, a fait fortune dans les peaux de lapin et la bourse. 
Élevé en partie par une arrière-grand-mère paysanne et maraîchère et par des cousins âgés, d’origine ouvrière, socialistes. Le cousin a combattu sur la Somme et à Verdun, a été gravement gazé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23 mai 1958

 

 

 

 

 

 

 

Naissance de Bernard, le frère cadet. Tous les étés, vacances dans la maison du Cantal, à laquelle est attenante une ferme en activité, propriété des grands-parents paternels. Plus tard, très nombreux séjours, en toutes saisons, jusqu’en 2004.  

1967

 

Pierre entre en sixième à l’école des Francs-Bourgeois, dans le Marais, à Paris, tenue par les Frères des écoles chrétiennes. Y rencontre Jean-Michel Moreaux. Amitié depuis.

1971

 

Participe aux grèves et manifestations contre la loi Debré sur le sursis

1972

 

Découverte de Proust. Première grande passion littéraire. 

1973

 

En première littéraire, renvoyé deux semaines pour indiscipline. Commence à jouer de l’orgue dans un groupe de rock. Au répertoire : Doors, Pink Floyd, etc.  Stage de voile dans l’archipel des Glénans.

1974

 

Baccalauréat littéraire. Travaille un mois dans les bureaux de l’hôpital intercommunal de Créteil pour se payer son premier grand voyage, en Grèce, avec un ami, avec la carte interrail. Gagne Athènes en train par l’Italie et la Yougoslavie. Visite Delphes, Olympie, Mycènes, Epidaure, Corinthe, Andros, Delos, Rhodes, etc, pendant la crise chypriote.
Entre en Hypokhâgne à Marcellin Berthelot, à Saint-Maur (94). Rencontre avec Franck Coquet, géographe de formation, à l’époque membre du PCF. Commence à pratiquer le cross country et le demi-fond (5000 m.), le football, le ski alpin, la randonnée en montagne ainsi que la poésie, la photographie et les échecs à la Maison des jeunes de Créteil. Publie de mauvais poèmes dans le bulletin de la maison des jeunes.

1975

 

Décide de renoncer à la khâgne. S’inscrit en philosophie à Paris XII-Créteil, et au parti communiste. Milite dans sa cellule de quartier, à Créteil, et prend la direction de la section de l’Union des Etudiants Communistes à Paris XII. Elu de l’UEC à l’université. Reçu au concours des IPES en lettres. Fait de l’alphabétisation pour les travailleurs immigrés. Traversée à pied des Cévennes, de Carcassonne au Mont Lozère, première de nombreuses randonnées en France et à l’étranger.

1976

 

Des divergences avec la hiérarchie de l’UEC le poussent à se démettre de ses mandats. A la suite d’erreurs d’inscription, s’aperçoit qu’il n’a pas suivi les bons cours pour obtenir son Deug de philosophie. Renonce à la philosophie et est admis en khâgne de lettres modernes au lycée Claude Monet, à Paris.  Prend un appartement dans un immeuble de Créteil. Elève des lézards. Voyage en Turquie orientale : Istambul, Ankara, Trabzon, Erzurum, Kars, Van, Diyarbakir, Urfa, la Cappadoce et le Nemrud Dagh.

1977

 

Se présente au concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure. Admis dans les premiers après les épreuves écrites, s’effondre complètement à l’épreuve libre de l’oral. Figure dans les premiers non admis de la liste complémentaire. Découragé par cet échec in extremis, rejoint l’université Paris XII en renonçant à une deuxième tentative. Rencontre avec le peintre Kristian Desailly. Avec un groupe d’amis, retape un vieux combi Volkswagen. Font le tour de l’Espagne et du Portugal. Ramassent au passage le Hollandais Rien Hilhorst, qui devient un ami.  

1978

 

Maîtrise de lettres modernes, L’Esthétique décadente dans A rebours. Echec à l’oral du Capes, qui se renouvellera deux fois. Part en octobre au service militaire. Classes à la base aérienne de Cambrai, puis école d’officiers à la base d’Evreux. Manœuvres hivernales dans la neige. En février 1979, sorti de l’école d’officiers dans les premiers, il devient aspirant au Château de Vincennes, au Service Historique de l’armée de l’air. Relations très conflictuelles avec les scientifiques du contingent et la hiérarchie militaire, qui lui supprime des permissions, pour des raisons politiques et de service. Commence à rédiger des nouvelles fantastiques.

1979

 

Retour à Paris XII. Nouvel échec au Capes. Longues explorations solitaires des forêts et des steppes du Cézallier. 

 

1980

 

Reçu en lettres et histoire au concours PEGC, sorte de super-instituteurs voués à enseigner deux matières dans les collèges. Année de stage de formation à l’école normale de Livry-Gargan. Cesse de militer au parti communiste. S’inscrit à l’agrégation sans la préparer. Voyage en Inde avec un groupe d’amis : Cachemire, Ladakh, Rajasthan, Katmandou. Stage de voile aux Glénans (base en Irlande, près de Cork).

1981

 

Reçu à l’agrégation de lettres modernes. Deuxième voyage en Inde. Randonnée à pied du Ladakh au Zanskar. Nommé professeur dans le collège d’un petit bourg du Puy de Dôme. Enseigne le français et le latin, de la 6e à la 4e. Création d’un club théâtre, avec fabrication de masques, pour les élèves de 6e. Chargé de cours à l’université de Clermont. Habite en partie à Royat. Achève un premier manuscrit de nouvelles sous influence borgésienne, Obscures. Refus général.

1982

 

Disponibilité, pour passer le DEA  et partir plusieurs mois en Inde.

1983

 

En mai, départ pour l’Inde avec un ami. Franchissent l’Himalaya enneigé pour passer au Zanskar, non sans difficultés. Trois semaines de marche. Retour par le Cachemire, puis, jusqu’en août, Agra, Bhopal et l’Inde du sud, Madras, Pondichéry, Mahabalipuram. En septembre, reprend son poste en Auvergne. Commence à rédiger son premier roman, Jardins déserts, structure fondée sur une alternance de différents moments d’une vie, en descendant puis en remontant le flux temporel, et une trame fantastique autour du thème du double, où le personnage principal est amené à se rencontrer et à se tuer lui-même.

     

1984

 

Nommé à Lillers, dans le Pas de Calais, près de Béthune. Habite le XXe arrondissement de Paris. Achève Jardins déserts. Le manuscrit est refusé partout, ainsi que d’autres recueils de nouvelles.

1985

 

Nommé au lycée Marie Curie de Nogent sur Oise, près de Creil. Classes générales et professionnelles (chaudronnerie). Anime le club théâtre, qui donne diverses représentations au lycée et dans la région. Au programme : Ruzzante, Vaclav Havel, Roland Dubillard. Emmène ses élèves randonner en Auvergne, ou en stage de rugby, varappe, boxe et canoë dans le Tarn.  Premier voyage, en solitaire, en Italie. Durant les années qui vont suivre, l’exploration de l’Italie se poursuit systématiquement, notamment à l’occasion de colloques ou de rencontres amicales : Venise, Rome, les Castelli romani, la Toscane, l’Ombrie, les lacs, Naples, les Pouilles, Ischia, Mantoue, Vérone, Ferrare, Florence, la Toscane, Turin, la Sicile, Ischia, les Marches, Trieste, les Dolomites et le Tyrol, la Ligurie. Musées, vins et plats italiens sont scrupuleusement examinés.

1986

 

Rejoint son frère, qui vit dans le sud du Mexique. Voyage au Mexique et au Guatemala. Arrêtés et interrogés par l’armée et les paramilitaires dans la forêt guatémaltèque. S’en tirent sans dommages. Ecrit Faux Christ, roman qui raconte la vie d’adolescents dans une institution religieuse. Le texte est refusé partout. Participe aux manifestations contre la réforme Devaquet.

1988

 

Mort de son père, enterré dans son village du Cantal. Fait imprimer à Reims, chez William Théry, deux recueils de nouvelles illustrés par Kristian Desailly : Histoires acéphales et Territoire des confins. Commence à pratiquer le kick boxing au foyer des jeunes travailleurs de Meaux.

1989

 

Mariage. Soutient sa thèse à Paris XII : Géographies imaginaires, sur les mondes imaginaires dans la littérature. Nommé au lycée de Coulommiers. Rencontre avec le poète, dessinateur et metteur en scène Robert Vigneau, de retour du Japon. Rencontre Danièle Duport, spécialiste de la Renaissance, et Philippe Delamare, traducteur de l’anglais. Voyage en Martinique, dans la famille de son épouse. Initiation à la plongée sous-marine. Y écrit Noirs desseins, roman policier se déroulant dans un pays imaginaire d’Afrique. Le texte est refusé partout.

 

1991

 

Naissance d’Axel. Publie sa thèse remaniée chez Corti, ainsi qu’un livre sur Huysmans chez Champion. Avec Robert Vigneau, écrit une adaptation théâtrale du Voyage dans la lune de Cyrano de Bergerac. La pièce ne trouve pas preneur.

1992

 

Élu maître de conférences en littérature comparée à l’université de Mulhouse. Y noue des amitiés durables et de solides inimités. Se lie avec André Guyaux, spécialiste de Baudelaire, Rimbaud, Huysmans, Paolo Tortonese, élu la même année à l’université de Chambéry, Gilbert Salmon, et plus tard Sophie Basch. Exploration des vins d’Alsace.

1993

 

Robert Vigneau lui fait découvrir l’œuvre d’Eric Chevillard. Enthousiasme immédiat. Rédige un article pour la NRF. Refus général de Carnage de clowns. Rencontre du peintre Barrie Hastings, qui enseigne aux Beaux-arts de Mulhouse. Travaille à établir la bibliographie de la correspondance de Huysmans. Randonnées à la Réunion.

1994

 

Naissance de Gabriel. Soutient son habilitation à diriger des recherches en littérature française du XIXe siècle. Sa thèse d’habilitation, sur la littérature fin de siècle, paraît chez Champion sous le titre L’Alcool du silence. Avec Gilles Polizzi, spécialiste du XVIe siècle, et Claudio Galderisi, spécialiste du moyen âge, lancent un projet de recherche commun sur la notion d’incongruité dans la littérature. Commencent des séminaires sur le sujet. Expertise de maquettes universitaires pour le ministère de l’enseignement supérieur. Chevillard, qui a d’abord refusé, accepte de le rencontrer. Amitié.  

1995

 

Élu professeur des universités à Mulhouse. Après les grandes grèves de l’hiver 1995, lui et Claudio Galderisi sont pris à partie par le président de l’université qui les accuse de n’avoir pas assuré leurs cours, dans une faculté bloquée par les étudiants et rendue inaccessible par la grève des transports. Envoie une réponse publique au président, lui reprochant de tenir des propos diffamatoires sans s’informer sérieusement. En représailles, le président de l’université entame contre eux une procédure disciplinaire. Après audition, ils ne seront finalement pas traduits devant le conseil de discipline. Publie, à l’école des beaux-arts de Mulhouse, Bouts de monde, illustré par Barrie Hastings. Commence à collaborer à la collection « Mémoire de la critique » fondée par André Guyaux aux Presses Universitaires de la Sorbonne, et qui a pour but de publier les critiques publiées sur grands auteurs du passé à l’époque de la parution de leurs ouvrages.

1996

 

Élu à l’université de Tours. Exploration des vins de Touraine. Retrouve par hasard la conseillère pédagogique de ses débuts, Sylvette Marty, et son mari, Jacques Marty. Enseigne littérature française et littérature comparée, assure des séminaires de maîtrise et de DEA, des cours de DEUG, de licence, de CAPES et d’agrégation. Se lie d’amitié avec des étudiants, dont certains deviendront écrivains et enseignants (Laurent Soufflet, Johann Trümmel, Yann Migoubert…). Avec certains collègues déjà en place, les relations deviennent rapidement très conflictuelles. Rédige en deux mois un essai sur Vialatte, L’Opérette métaphysique d’Alexandre Vialatte. Ecrit avec Paolo Tortonese Visages du double. Commence à rédiger les premiers textes de La Littérature sans estomac. Découverte admirative de Valère Novarina.

1997

 

Fonde la revue littéraire Hesperis, avec, entre autres, Loïc Chotard, André Guyaux, Claudio Galderisi, Paolo Tortonese. S’occupe du choix des textes et des artistes invités. La revue publie de jeunes auteurs, des traductions, des inédits de grands écrivains, des pages critiques. Quelques-uns des textes que l’on retrouvera dans La Littérature sans estomac commencent à y paraître. Se lie avec le réalisateur Bernard Jannin, originaire du même hameau du Cantal. Plus tard, projet commun d’émission sur Vialatte pour Arte, qui n’aboutit pas.

1998

 

En février, mort, dans le village du Cantal, de la fille d’un couple d’amis paysans. Porte la bière de la jeune fille et la descend dans le caveau. Ces obsèques déclencheront le besoin d’écrire sur le village. Au printemps, organise à Mulhouse un colloque sur Alexandre Vialatte. Ecrit une première version de La Cantatrice avariée.  

1999

 

Obtient six mois de congé sabbatique pour recherche. Durant un trajet nocturne Paris-Tours en voiture, se trame le début du long poème « Soliloque du gardien anglais ». Organise un colloque sur l’incongru au château d’Azay le Ferron. Rencontre Claude Louis-Combet à Besançon. Rédige Dans mon chien, refusé partout. Carnage de clowns finit par être accepté à l’Harmattan. C’est le premier récit réellement publié. Il s’en vendra quelques dizaines. Mort, à trente-neuf ans, de Loïc Chotard, jeune romancier talentueux, co-fondateur d’Hesperis. Publie chez Corti son essai sur L’Incongru dans la littérature, issu de ses séminaires. Séparation, puis divorce. Elu professeur de littérature moderne à l’université Grenoble III, à l’antenne de Valence. Exploration des Côtes du Rhône. Commence à rédiger Littérature et authenticité, ouvrage de théorie littéraire et philosophique, sur la relation expérience vécue-écriture, qui part d’une réflexion sur l’expérience du deuil, la contemplation du paysage, les illusions de l’«  authenticité ». Figure au jury d’habilitation à diriger des recherches de Claudio Galderisi, sur l’incongru au moyen âge. Vacances de Noël au village pendant la grande tempête. Une semaine sans chauffage ni lumière. Tout le village passe le réveillon dans sa maison.

 

 

2003

 

Avec Eric Naulleau, publie Petit déjeuner chez tyrannie, pour faire le point sur l’accueil de La Littérature sans estomac, notamment au Monde des livres, et la tentative de censure orchestrée par la direction de ce supplément. Josyane Savigneau et Jean-Luc Douin, du Monde, lui font envoyer par Maître Pierrat une mise en demeure de suppression de certains passages. Refuse. Une pétition de soutien est lancée par des universitaires et des éditeurs, menés par Fabrice Thumerel et Loïc di Stefano. Parution de Pays perdu, sur le hameau du Cantal. Le livre est bien accueilli, sauf au Monde des livres. A la suite d’un différent de voisinage, sa voisine du dessus tente de l’éventrer avec un couteau de cuisine. Au commissariat, elle exhibe l’article de Jean-Luc Douin dans Le Monde sur La Littérature sans estomac pour prouver le caractère peu recommandable de Jourde. Travaille sur des ébauches du Maréchal absolu. Rencontre le peintre et photographe Henri Maccheroni.

2004

 

Naissance de Jean. Série de conférences à l’université de Tel Aviv. Découvre Jérusalem, Massada. Randonnée dans le désert du Néguev. Pour répondre à une commande de Jean-Loup Chiflet, écrit avec Eric Naulleau Le Jourde et Naulleau, parodie du « Lagarde et Michard » sur des écrivains contemporains. Le livre reçoit un accueil assez mitigé. Voyage au Japon : Nagasaki et les îles Goto. Amitiés japonaises. Conférence sur Marcel Schwob et l’affaire Dreyfus à l’université Hitotsubaschi de Tokyo. Travaille avec Kristian Desailly à Haïkus tout foutus, qu’ils mettent au point au cours d’une nuit arrosée de pur malt. En atelier d’écriture, fait travailler ses étudiants sur des parodies du « Petit chaperon rouge » façon Exercices de style. Rencontre la troupe des Lecteurs livreurs, dirigée par Bernhard Engel, qui lit ses textes à plusieurs reprises. Pays perdu parvient jusqu’au hameau du Cantal décrit dans l’ouvrage. Certains villageois le prennent très mal. Ecrit une longue lettre d’explication à toutes les familles.

2005

 

Se met en disponibilité de l’université. Parution de Festins secrets. Rédige La Quadrature du sexe, sur des photomontages de Maccheroni. Voyage en Egypte à l’occasion d’un colloque à Alexandrie. Durant une nuit d’insomnie à l’hôtel Cecil, construit la trame de L’Heure et l’ombre. Conférence en Norvège, à l’université de Bergen. Organise un colloque Jaccottet à Valence. En été, retour dans le Cantal avec sa famille. Agressée par une partie des habitants, qui lancent des pierres, la famille doit fuir, avec un enfant d’un an blessé.    

2006

 

Écrit L’Heure et l’ombre entre décembre 2005 et février 2006. Conférence à l’université de Florence. Participe à un ouvrage collectif réunissant poètes et artistes, Qui rira le dernier, à l’initiative d’Alain Blanc, des éditions Voix d’encre. Une soirée de lectures de ses textes en Sorbonne, dont des extraits du Jourde et Naulleau, par les Lecteurs Livreurs provoque la colère de certains professeurs, ulcérés que l’on se moque de Dominique de Villepin. Publication à l’Archange minotaure de L’œuvre du propriétaire, parodie de travail universitaire appliqué à ses propres textes. Jean-Michel Cornu, directeur de l’Archange minotaure, accepte également de publier Petits chaperons dans le rouge, textes issus des ateliers d’écriture de l’université de Valence. Le livre se vend bien, malgré l’absence d’articles. Rédige Carnets d’un voyageur zoulou, en réaction aux émeutes de novembre 2005. En juin, résidence d’écrivain pendant un mois à la villa Marguerite Yourcenar, dans le Nord. Y rencontre la romancière Fabienne Kanor et la poétesse américaine Eva Salzmann. Ecrit Le Tibet sans peine. Abandon, provisoire, d’un projet de roman, Trois rois, sur Nabonide, Demetrios Poliorcère et Tamerlan. Dans les coulisses du Théâtre de la Colline, pour la sélection du prix France-Culture Télérama, la rencontre avec Christine Angot tourne mal. La romancière jette à terre le gobelet tendu par son critique et quitte les lieux furieuse.

2007

 

0btient du CNL une bourse d’année sabbatique, pour écrire Le Maréchal absolu, à l’état d’ébauche. Le début du roman paraît en plusieurs livraisons sur le site libr.critique. En octobre, le sujet et la trame de Paradis noirs s’imposent, et repoussent encore l’écriture du Maréchal absolu, qui s’avère presque aussi difficile que celle de Festins secrets. En revanche, Paradis noirs est terminé en mars 2008. Publie le collectif Université : la grande illusion, en préparation depuis deux ans, pour réagir à la dégradation continue de l’université en France. Procès d’Aurillac. Défendu par Jean-Paul Carminati, avocat, écrivain, membre des Lecteurs Livreurs. Condamnation des agresseurs du village, sur les témoignages d’autres habitants. Au salon du livre, entrevue houleuse avec François Bégaudeau, qui n’a pas du tout aimé Carnets d’un voyageur zoulou. Cet ouvrage, par ailleurs, entraîne des accusations de racisme. En Août, voyage au Québec, Montréal, Gaspésie.  Deux jours de descente en kayak d’une rivière canadienne, dans la forêt, avec ses enfants. L’opération manque tourner à la catastrophe après le naufrage de l’une des embarcations. Court séjour à New York. 

2008

 

Parution de La Cantatrice avariée, version remaniée du texte écrit dix ans auparavant. Parution de la version augmentée du Jourde et Naulleau. Critiques généralement assez négatives. Parution de Littérature monstre, gros recueil de textes critiques. Petits chaperons dans le rouge est mis en scène par deux compagnies théâtrales.

2009

 

Un article publié dans Le Monde pour remettre en cause l’indignation sélective contre Israël à propos de la crise de Gaza suscite de nombreuses réactions, positives ou négatives, parfois violentes. Accusé de racisme. Commence un blog sur le site du Nouvel Observateur.  Parution de Paradis noirs. Juin, revient pour la première fois à Lussaud, pour aider à monter le troupeau d’un ami à l’estive. Octobre, voyage à Jérusalem et Bethléem, en tant que membre du Conseil scientifique du Centre de recherche français de Jérusalem.

 

 

2010

 

Le 10 avril, épouse Hélène Védrine, mère de Jean, sa compagne depuis 1999. 16 octobre : ultime descente à pied de l’estive, dans les monts du Cézallier, avec des amis paysans de Lussaud.

2011

 

Janvier : parution aux éditions Balland de C’est la culture qu’on assassine, recueil d’une partie des chroniques du blog tenu sur Bibliobs.
Mars : Parution de La Présence, premier ouvrage d’une nouvelle collection des éditions Les Allusifs : « Les peurs ». Arrachement des ligaments croisés aux sports d’hiver, greffe des ligaments en mai. L’accident empêche une tournée de lecture en Croatie avec Eric Chevillard et un séjour d’écriture en Lettonie.
Juin : Le troupeau est remonté au Cézallier pour la dernière fois. Il sera vendu. C’est la dernière estive à pied d’Auvergne. 
Septembre : reprend son poste à l’antenne de Valence de l’université Grenoble III, après cinq ans d’interruption.
Octobre : Voyage au Canada (Montréal et Laurentides). Rencontres à Montréal autour de La Présence, notamment à la librairie Gallimard.  
Novembre : troisième édition du Festival de lecture à voix haute au réfectoire des Cordeliers, à Paris. Deux textes d’étudiantes qui suivent l’atelier d’écriture de Pierre Jourde à Valence, France Dupuis et Flora ont été sélectionnés dans le thème « portrait » du festival, et sont lus en leur présence.

2012

 

Mai : lecture publique à l’université de Tours d’extrait du Maréchal absolu, à paraître.
Juin : séjour à Venise, chez Olivier Bivort, ordinario à l’université de Venise, Parution aux éditions Page Centrale de Voyage en Auvergne, linogravures de Piotr Kalinski, texte de Pierre Jourde, Voyage en Israël pour les 60 ans du Centre de Recherche Français de Jérusalem.
Juillet : lecture de Pays perdu au Marathon des mots de Toulouse.
Septembre : parution chez Gallimard de Le Maréchal absolu.  

  La source de cette biographie

 

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Published by Jipé - dans Drames humains
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28 février 1944 1 28 /02 /février /1944 08:00

Page de Jean-Pierre CRESPIN

 

Lundi 28 février 1944

Il neige. Il est huit heures du matin. Les Allemands sont toujours là...
Maman a les douleurs de l'enfantement et le médecin peine à venir à l'école de filles où je vais essayer de venir au monde. Avec sa carriole à cheval, il verse dans le fossé plus d'une fois car la neige est épaisse et glissante. Papa est inquiet, évidemment. Mais le docteur arrive finalement et tout se passe pour le mieux.


LES TEMPS ANCIENS

Copie de l'éphéméride du jour :

 

JP-PortraitN&B

 

Dans ce champ, je suis très jeune (6 mois ?) : c'est Maria qui me tient dans ses bras.

 

Là, c'est Rauville ; j'ai deux ans. Je fais du vélo sur 4 roues et mon manteau est un peu élimé, et pas seulement aux manches...



Cette petite photo date de 1947. Papa a 32 ans et il a déjà
perdu pas mal de cheveux, sans doute à cause des conditions
de vie durant sa captivité en Poméranie.
L'endroit où nous sommes s'appelle"Le champ de tir". C'est
dans le sud de Saint-Lô, juste à l'endroit où ont été fusillés
des résistants de Saint-Lô et des environs.

http://beaucoudray.free.fr/

Mon père avait un jardin ouvrier juste à côté de ce fameux "Champ de tir".



Cette jeune personne est ma petite maman, Marie, qui est morte
lorsque j'ai eu deux ans. Elle m'a beaucoup manqué pendant
ces longues années où il m'a fallu si souvent me débrouiller
seul, envers et contre tous, sauf ma grand-mère qui m'a
toujours épaulé, à chaque fois qu'elle le pouvait.
Ici Maman a environ 6 ans. Elle n'ira à l'école qu'à 8 ans
et à 11 ans, elle passera l'examen d'entrée en 6ème et le
concours des bourses pour poursuivre des études.
Elle deviendra institutrice, très jeune.
J-P studio sépia
Et moi et moi et moi...

 

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