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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:05

La mémétique pour les nuls

Souvent c'est la découverte d'une certaine autonomie des idées qui

nous conduit lorsqu'on croise les chemins de la mémétique à nous y

intéresser. Dès lors c'est le début des complications.

 

Je cherche dans mon expérience personnelle, dans mon environnement amical et familier, des exemples qui montrent l’autonomie des idées ou même « une certaine autonomie » de celles-ci, mais j’avoue un peu honteusement ne pas en avoir trouvé une seule. Au contraire, je trouve que toutes les idées sont liées, reliées  entre elles, dans une sorte de hiérarchie ressemblant à une arborescence extrêmement complexe. Elles nous viennent d’ailleurs toutes d’assez loin… et s’enchaînent les unes aux autres comme une suite de conséquences logiques.

Dans le monde des idées de Platon comme dans le mythe de la caverne certes les idées ont une apparente entéléchie qui pourrait les faire apparaître comme vivant dans un monde indépendant, un peu comme les monades de LEIBNIZ ou les vâsânâs du Bouddhisme qui nous viendraient de nos vies précédentes. Idem pour les samskaras…

http://www.sadhana.ca/kc041010f.html

(Lire ce texte fort explicite)

 

Un des premiers écueils auquel on se trouve fréquemment confronté est

d'essayer de comprendre en quoi la mémétique diffère de plein d'autres

approches s'occupant de la culture. Pour n'en citer que quelques unes :

l'ethnologie, le Darwinisme social, la psychologie des foules, etc

apparaissent comme autant d'expertises creusant chacune dans la

connaissance en se complétant pour étendre notre savoir.

 

 

En définissant avec une meilleure précision ce que sont les mèmes, cela deviendrait plus aisé de dire enfin ce qu’étudie exactement la mémétique : étudie-t-elle des propriétés humaines, des conséquences sociales et humaines des possibilités épigénétiques des Homo sapiens ou se concentre-t-elle sur la nature et le fonctionnement des ces patterns culturels reproductibles sans tenir compte du milieu biologique qui les héberge, ni du milieu naturel (nature, environnement minéral, végétal et animal au sein d’une planète tellurique composée aux trois quarts d’eau salée) ?

 

Où situer la mémétique dans ce paysage ? Dire qu'elle n'est pas à un

endroit mais partout embrouille en général plus que cela n'éclaire. Nous

y reviendrons.

A la difficulté de la situer s'ajoute un second écueil. Au lieu de nous

apporter des réponses elle nous inonde de questions. A commencer par

le mème lui même incapable de nous livrer facilement son identité.

Perdu dans ses multiples définitions qui ont pour effet de renforcer la

confusion.

 

Mais la mémétique — plus récente — est nécessairement au confluent de toutes ces disciplines scientifiques dures ou plus orientées sciences humaines. Elle a juste la spécificité d’étudier les mèmes dans leur environnement global.

 

 

Si l'on persiste malgré tout, un autre écueil se dresse encore sur notre

chemin. On s'aperçoit qu'il faut laisser tomber la métaphore génétique

qui nous avait permis de commencer à comprendre cette approche pour

le moins déroutante. Béquille nécessaire pour mettre le pied à l'étrier qui

se révèle un fardeau lorsqu'on souhaite commencer à lâcher la bride.

S'ajoute à tout cela le sourire en coin provoqué à l'énonciation du mot

mémétique qui le plus souvent peine à être défendu tellement il n'est pas

simple d'expliquer la mémétique en quelques mots. A moins d'effectuer

ce petit raccourci auquel à eu recours ma fille à 12 ans et sûrement bien

d'autres : "La mémétique c'est l'étude des grands mères pourquoi ?".

 

 

Il est assez frappant de constater que beaucoup d’auteurs et peut-être Richard DAWKINS lui-même ne trouvent plus l’analogie gène/mème & génétique/mémétique aussi pertinente qu’à une époque à laquelle la certitude était de mise.

De béquilles en prothèses on peut parfois induire des cheminements un peu faussés ou prendre des « décourcis » qui font perdre du temps.

Tu as raison Bertrand et ta fille le montre clairement, le mot « mémétique » ne fait pas très sérieux en français. C’est le même — jeu de mots facile — qui l’emporte d’emblée sur toutes les autres amorçages sémantiques. « Si mémé tique, pépé toque… » Je l’ai entendu plusieurs fois ! Et je ne dois pas être seul, et pas seulement dans la bouche des enfants…

 

 

 

 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:04

 

 

Une autre façon de voir les choses ?

Un moyen permettant d'y voir plus clair est d'envisager un changement

de point de vue. Et pour se faciliter la tâche, changer de référent. Ce

dessin d'Escher : "Concave, convexe" peut nous aider à mettre en place

cette gymnastique de l'esprit qui consiste en changeant de référent à

voir la même chose autrement.

 

Bien sûr ! C’est un autre procédé, très différent de celui de l’analogie  quasi totale avec un autre concept.

 

Mais cette fois-ci on s’éloigne résolument de la science et de ses règles pour entrer dans le domaine de l’art, souvent persuasif, qui explore lui aussi très bien les imperfections de la perception humaine, les illusions d’optique, mais fait aussi référence au surréalisme comme dans le cas de ce travail de M.C ESCHER qui est assez fantastique il faut bien le dire.

Néanmoins, la notion de concave ou convexe, sous certains angles n’est pas facile à discriminer car notre équipement neuronal des aires visuelles, bien que très sophistiqué n’est tout simplement pas apte à saisir ces nuances d’importance. Alors, on se perd dans les pavages ou dans des motifs de papiers peints qui se répètent.

Heureusement, pour s’en sortir, le néocortex a d’autres outils d’analyse et de compréhension…

 

 

En prenant la partie de droite comme référent tout le dessin semble

convexe. Une fois cette vision bien en place, on s'amuse à prendre le

côté gauche en référent et là tout ce qui était convexe devient concave.

 

Le point de fixation de l’œil est en effet très important et notre perception-représentation peut varier très très vite.

 

 

C'est à cette gymnastique qu'il faut avoir recours, et en ce qui nous

concerne cela se traduit par chausser les lunettes de méméticien. C'est

à dire faire l'hypothèse que les idées agissent plus sur nous que nous

sur elles.

 

Faire l’hypothése ? Voilà une méthode qui pourrait ressembler à s’y méprendre à une première étape de méthode scientifique. Mais il faut y adjoindre tout un protocole rigoureux pour parvenir à une validation de cette hypothèse.

Le problème c’est  — si d’aventure  — les méméticiens chaussaient les mauvaises lunettes, qu’ils pourraient voir des choses contraires à la vérité, imaginaires ou délirantes. Convexe quand c’est concave ou vice versa.

Faire l’hypothèse que les idées agissent plus sur nous que nous sur elles, ça c’est un acte de foi ! Pour ma part, je préfère observer ce qui se passe, compiler les résultats et les analyser.

 

Un changement de réfèrent qui petit à petit va nous faire voir autrement.

Tout est pareil et en même temps tout est différent. Si ce n'est plus moi

qui ai le contrôle de mes idées mais elles qui fonctionnent pour leur

propre compte (à l'insu de mon plein gré) cela signifie que ce que je suis

en train d'écrire prend forme malgré moi.

 

On revient très très vite au libre-arbitre et à l’usage de la conscience. Bien sûr que ce que tu as écrit, comme ce que je fais moi-même prend essentiellement forme compte tenu de nos vécus respectifs, des idées qui nous ont construits, pénétrés quelquefois à l’insu de notre plein gré comme les piqûres que subissait Virenque. (° !*) Mais j’espère que, comme moi tu as parfois réagi, refusé de tendre la fesse sans savoir pour autant ce qu’il y avait dans la seringue

 

 

 

Bien sûr pas contre moi sans que je ne puisse rien faire. Juste comme

une plante poussant au milieu des autres simplement parce que les

conditions lui permettant d'éclore sont réunies. Nous essayons tous plus

ou moins de réunir ces conditions permettant à nos idées de prendre vie

mais on voit bien aux résultats que si nous avions le contrôle les choses

se feraient autrement. Peut-être un peu plus comme on le souhaite.

 

Comparer Homo sapiens à une plante est fort sympathique mais il y a quand même de grosses différences entre ces deux êtres vivants. J’ai entendu souvent dire cette bêtise à de jeunes enfants pour leur faire un semblant d’éducation « rigoureuse » à la sexualité (appelée éducation sexuelle) et sur le sujet de la reproduction des hommes et des femmes sur notre Planète Bleue. Je peux te dire que cette analogie de la petite graine que le papa dépose dans le ventre de la maman a posé plus de problèmes à ces gamins que les roses et les choux.

Il faut appeler un chat et reconnaître qu’il miaule.

 

 

 

 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:03

Lorsque j'ai croisé les chemins de la mémétique cela m'est apparu

comme une évidence. Notamment l'idée d'une extension du domaine du

vivant à la culture. Les phénomènes culturels ayant nombre de

similarités dans leurs fonctionnements (transmissions, reproductions,

mutations, etc) qu'un second réplicateur pourrait être à l'oeuvre. Le

premier du domaine biologique, le gène et le second du domaine culturel

le mème. La mémétique une approche pour l'étudier. En résumé une

théorie de l'évolution des idées.

 

Sur les mots similarités et réplicateur, je tique ! Pépé tique…)  Il y a quantité de similitudes et de similarités dans le monde du vivant mais ça ne veut pas dire que tout se produit et se reproduit de la même manière. Quant au mot « réplicateur », je le conteste avec vigueur. Ce n’est pas un mot français, juste une très mauvaise traduction du mot utilisé par DAWKINS « replicator ». Jean-Paul BAQUIAST utilise le terme « réplicant » et je suis d’accord avec lui. Ce mot est mieux formé et plus conforme à l’idée qu’il est supposé représenter.

 

Une théorie de l’évolution des idées. Je suis entièrement d’accord ! C’est une excellente dénomination.

 

Seulement voilà tout ce que je viens d'énoncer ne résonne sans doute

pas aussi clairement en vous qu'en moi. Il m'a fallu du temps pour que le

changement de point de vue s'opère. Même si cela m'apparaissait

comme une évidence je le considérais à l'aide mes anciens référents. Je

m'en rendais compte car j'étais incapable de le formuler non seulement

aux autres mais également à moi même.

 

Pour que  la résonance qui agit en toi soit la même que toutes celles qui se produisent dans nos esprits, dans notre conscience

Il faudrait que nous soyons tous (lecteurs de ce forum et singulièrement, de ce pdf) des clones parfaits

Il faudrait que nous ayons vécu depuis notre naissance exactement les mêmes stimulations, les mêmes expériences, fait les mêmes apprentissages.

Et encore, je suis persuadé qu’il y aurait des variantes plus ou moins légères.

 

 

Je me trouvais dans cette apparente contradiction de commencer à

comprendre quelque chose sans pouvoir l'expliquer. Situation somme

toute assez banale et habituelle. Tant que le changement de référent

n'est pas stabilisé tout est un peu embrouillé.

Ce que l'on voit concave apparaît également convexe. Ce dédoublement

de vision de la même chose en l'occurrence de la relation de moi à mes

idées amène un certain trouble jusqu'à ce qu'on n'accorde plus

d'importance au nouveau référent.

 

Si tu balances ainsi dans tes raisonnements Bertrand, permets-moi d’être un peu inquiet. Tu n’es pas certain, vraiment, que tes idées sont les tiennes, qu’elles occupent des espaces de mémoire bien précis dans tes réseaux de neurones à toi, sortes d’engrammes, de traces mnésiques de nature chimico-hormonale mais générant des impulsions électriques, activant des synapses de proche en proche. Si tu n’es pas certain que ces idées sont ta particularité cognitive, ta carte d’identité de sapiens Français, Parisien, alors je mange mon tapis de souris de suite…

 

 

 

Je me considérais créateur de mes idées.

 

Tu avais tort cher Bertrand.

 

Les créateurs de nos idées appartiennent au passé pour la quasi-totalité d’entre eux. Ce sont nos ancêtres les plus lointains, nos aïeux, nos parents, nos enseignants, nos amis, nos rencontres, notre environnement, nos expériences (recherchées ou fortuites), les accidents de notre vie, qui sont les créateurs de 98 % de nos idées.

Seuls nos neurones-miroirs dont nous sommes presque tous bien équipés qualitativement ont su capter leurs gestes, leurs mots, leurs rires, leurs peurs, leur désespoir parfois mais aussi leurs grandes joies et leur envie d’apprendre et de comprendre.

Il y a eu des émetteurs pour ces idées, des réseaux et des chemins de transmission et notre récepteur cérébral avec toutes ses composantes a capté les messages et s’en est approprié une partie. Celle pour laquelle il avait déjà été stimulé, préparé par des amorçages sémantiques imperceptibles, parfois subliminaux. Je n’utiliserai plus la métaphore du « terrain » car j’aurais trop peur de me retrouver en bonzaï ou en séquoia.

Les ressemblances ont des limites. Les propriétés des différentes espèces aussi sont finies et spécifiques.

 

 

Je les considère maintenant

suffisamment autonomes pour se débrouiller toutes seules et se servir

au moins autant de moi que moi d'elles.

 

 

Je trouve que des expressions comme « suffisamment autonomes pour se débrouiller toutes seules » sont terriblement anthropomorphiques. Les idées ne sont ni des petits garçons, ni des petites filles. Ce sont tes lunettes qui te font croire cela ou qui t’incitent à parler ainsi.

Tes idées sont installées dans ton cerveau ; elles n’ont aucune intention ni la moindre possiblité de « se débrouiller ». C’est un ensemble symbiotique qui fait qu’elles existent,  qu’elle peuvent être entendues ou lues :

- Les concepts qu’elles véhiculent grâce à la mémoire épisodique, sémantique et procédurale qui les maintient en vie dans un biome parfaitement adapté à leur survie, tout au moins durant un certain temps.

- Le support biologique appelé cerveau qui les accueille, les traite et les mémorise de manière satisfaisante mais avec une perte de fidélité non négligeable suivie de reconstitutions imparfaites le plus souvent (H Ebinghaus)

- Le milieu social humain et son langage ainsi que ses institutions, ses règles, milieu  dans lequel ces idées ont un sens, une histoire, des antécédents, des motivations, un log cheminement. Bref le cadre relationnel qui justifie ces idées.

- Le milieu naturel, végétal, animal, celui de notre vaisseau spatial commun dont nous sommes dépendants, totalement tributaires.

Les idées ne peuvent exister que dans ce grand cadre systémique. On ne peut pas les isoler et leur donner une quelconque autonomie.

 

Mais on peut les étudier pour elles-mêmes, pour ce qu’elles sont biologiquement, philosophiquement, dans le cadre de bien des disciplines déjà installées, mais aussi dans l’optique de leur transmission au sein des sociétés humaines : les mèmes, c’est quoi ? Comment ça marche ? Des réplicants de tous les apprentissages humains dans des frontières ethno-culturelles ? Au-delà des limites des bassins culturels ? Les mèmes absolus que l’on retrouve partout dans toutes les civilisations ? Les phénomènes de convergence culturelle ? Etc…

-----

 

 

 

 

De quoi se nourrissent les idées ?

 

De notre temps de cerveau. Comme celui-ci n'est pas illimité on

comprend bien qu'elles sont en compétition. Elles ne se livrent pas pour

autant de batailles (au sens propre du terme). Elles n'ont pas d'intention

ni de volonté. Mais au final toutes ne pourront éclore. Seules celles

rencontrant les conditions suffisantes y arriveront.

 

 

Comme j’aimerais discuter de ce point tel que tu l’évoques ci-dessus Bertrand !

Es-tu sûr que le combat entre les idées se déroule expressément dans le cerveau ?

Je vois personnellement bien d’autres endroits. Je vois les médias de grande diffusion mais quantité d’autres lieux qui font gare de triage des idées.

 

Si on considère les idées comme des créatures vivantes, il faut bien les nourrir mais je ne crois pas que le temps de cerveau leur suffira. Il leur faut surtout les ressources énergétiques de leurs hôtes humains comme le fait par exemple le gui sur le chêne.

 

 

Cette tentative d'explication de la mémétique pour les nuls en train

d'éclore dans mon cerveau en se répandant en ce moment sur ces

lignes n'y échappe pas. Qu'est ce qui lui permet d'apparaître ?

- Une prédisposition chez moi à prendre du plaisir à transmettre. Donc

un terrain favorable pour qu'elle se développe.

- Une réunion hier avec des méméticiens anciens et nouveaux.

- Un constat se faisant jour : les écueils auxquels chacun se heurte en

abordant les rivages de la mémétique.

- Suite à mes explications orales répétées pour tenter d'éclaircir les

choses, une proposition de Charles d'en faire un résumé.

- Une disponibilité aujourd'hui pour m'y coller aidé par l'envie de renouer

avec le plaisir d'écrire.

- La perception que mon propos (la graine) semblait suffisamment mure

pour que cela vaille la peine d'y consacrer plusieurs heures et donc y

dépenser une énergie qui j'espère m'apportera en retour.

Un retour espéré étant par exemple le fait que ce texte puisse contribuer

à éclairer un peu les choses ne serait ce que pour une personne. Ceci

constituant un peu d'eau pour cette petite plante (idée) lui offrant la

possibilité de pousser un peu plus (un autre article pour étoffer le sujet)

à moins que d'autres graines ou plantes (travail, loisir, etc) à ce moment

accaparent mes ressources en escomptant un retour plus important.

Aujourd'hui c'est cette idée qui a eu le dessus sur les autres. Je ne peux

pas prévoir si d'autres conditions se présenteront pour qu'elle se

développe.

 

Ta tentative est louable Bertrand et consacrer le temps que tu as consacré à la mise en forme de ce travail « La mémétique pour les nuls » mérite un grand merci et un coup de chapeau.

 

Je ne crois pas me souvenir que tu es pédagogue ou didacticien. Je crois plutôt que tu es un créateur.

DAWKINS a fait comme toi à plusieurs reprises : il utilise des métaphores pour faire passer le message auprès des nuls. D’ailleurs, j’en profite pour dire que « XXXXX pour les nuls » est devenu en soi un mème  à succès dans le monde de l’édition. Ce qui tendrait à prouver que beaucoup d’Homo sapiens se considèrent comme des nuls dans tel ou tel domaine.

Les images de la graine, de la plante sont dites « pédagogiques » ou considérées comme telles. Pour ma part, je ne le crois pas. Elles font au contraire dévier du vrai sujet. Quand DAWKINS fait œuvre de divulgation il fait de même, avec « le gène égoïste » par exemple mais pas seulement. Et, honnête,  il le reconnaît lui-même. Mais « didactiser » est très difficile. Demandez donc à des enseignants si vous en avez parmi vos proches.

Je préfère pour ma part l’approche des représentations que l’on fait évoluer.

 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:02

A quoi la mémétique peut-elle bien servir ?

 

Comme tout changement de point de vue, à élargir notre champ de

vision.

L'hypothèse mémétique propose comme je l'évoquai plus haut d'étendre

la notion du vivant au domaine culturel.

 

Oui Bertrand. Il paraît évident que ce qui est issu du vivant est vivant.

Quoi que il faudrait le démontrer...

 

 

 

Chausser les lunettes de méméticien :

 

- Amène à considérer les idées vivant à travers nous sans que nous

ayons plus de contrôle sur elles que la Terre en a sur les plantes, les

animaux ou nous même.

- Revient à se considérer comme du terreau pour les idées. Et donc

prendre de la distance pour ne plus s'imaginer créateur de celles ayant

poussé chez soi.

 

Tout ce que tu dis là est très sage. Personne ne peut se considérer comme créateur des idées qui l’animent. Mais ces idées ne sont que phénomènes de mémoire, de communication, de mimétisme retenu et intégré. L’image du terreau fait un peu pub pour « Jardiland ». Je ne me considère pas comme terreau à idées : je n’ai même pas cette prétention car même le terreau se vend cher. Non, je suis —enfin je le crois — un être vivant susceptible de capter comme toi les idées des autres, de les retenir et de les agencer à ma façon dans mon cerveau de 1600 cm3. Oui, tu vois une capacité de Néanderthal !

Donc 98 % de déterminisme génétique et de fidélité mémétique, mais quelques miettes de libre-arbitre, d’originalité et de créativité personnelle pour laquelle je mets aussi en œuvre ma volonté et mon désir de sortir des poncifs, des schémas moutonniers et d’un panurgisme utile à certains égards mais trop point ne faut !

 

 

 

 

 

- C'est développer un autre regard qui nous ferra voir différemment tout

ce qu'on connaissait déjà et ce qu'on découvrira.

Pour revenir à notre premier écueil, on comprendra sans doute un peu

mieux (enfin si cette graine qui me semblait mure l'est réellement) que la

mémétique ne se situe pas au même niveau que les différents domaines

de recherche. Elle est un changement de point de vue et donc on peut

dire qu'elle est partout en ce sens que chacun peut chausser les lunettes

de méméticien pour continuer ses recherches en ethnologie ou autres

disciplines.

 

Ça les lunettes c’est une idée ! Un même qui a envahi ton esprit, ton terreau. Au fait, tu le tiens de qui ? Car comme le disait si bien l’instituteur que fut Jules RENARD :

 

 "N'importe quelle idée semble personnelle, dès que l'on ne se rappelle plus à qui on l'a empruntée."

Ça figure dans le site de la SFM !

 

Les féministes pures et dures (genre Amazones) disent elles aussi qu’il faut chausser les bonnes lunettes pour voir la vie en féministe.

Je suis en relation avec certaines d’entre elles mais je dois avouer que moi je chausse les lunettes d’une humanité sexuée (femmes + hommes faisant des enfants…) Toute vision partielle ou partiale ne peut être qu’insuffisante et erronée. Il y a entre les hommes et les femmes de nos sociétés une complémentarité à la fois innée et culturelle.

Pour observer les mèmes et faire avancer le paradigme mémétique il faut adopter les différents points de vues afin de bien rendre compte de la complexité des cultures humaines et de leur évolution qui s’exerce il est vrai sur un mode tout à fait darwinien.

Il faut le faire savoir aux nuls : j’en fais partie ! Aux moyens tout à fait lambda (c’est la majorité) mais aussi aux gens très intelligents qui sont — le plus souvent — les mieux à même de faire comprendre au plus grand nombre des notions complexes qui demandent réflexion, abandon de tout dogmatisme et observation de plus en plus pointue, rigoureuse, des phénomènes et des processus en présence.

        

9 (9)

        

6 (8)

 

 

 

Avec ce nouveau regard le chercheur verra peut-être autrement sa

discipline et ce qu'il observe. Il établira peut-être des relations qu'ils

n'auraient pu imaginer auparavant.

En dehors de la recherche, chacun de la même manière portera un

regard différent avec un peu plus de recul sur ce qui se passe en lui.

S'il veut aller plus loin il pourra devenir méméticien, c'est à dire étudier

les mécanismes de reproductions, mutations et sélections des idées afin

de faire avancer leur compréhension.

 

 

Bertrand

 

 

Tout est question de lunettes Bertrand ! Moi j’en ai acheté un lot dans un magasin d’optique mutualiste et j’ai demandé des doubles foyers pour voir de près et de loin et surtout des verres bien ouverts qui permettent d’observer à 360 ° car il faut balayer et changer de point de vue. Mais chaque paire a sa spécificité et aucune n’est habilitée à regarder les mêmes objets.

J’aime « essayer » de voir, d’observer aussi avec toutes les puissances de 10 disponibles, de 10^+23 à 10^-15 mètres. Ça donne de la marge ! Pour ça j’utilise des prothèses visuelles plus puissantes. Télé, micro etc…

 

Tout dépend du point de vue auquel on se place en définitive.

 

@micalement,

 

 

 

 

Jean-Pierre

 

 

 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:01

 

RATS EXPLOITÉS ET RATS EXPLOITEURS, VOLEURS OU PROFITEURS.



Charles MOUGEL, le président de la Société Francophone de Mémétique
évoque ces expériences lui aussi sur Facebook.


 




La page de Canal U avec toutes les données.


Oui, les humains sont comme les rats. Ils sont eux aussi des mammifères sociaux et se "répartissent les tâches" en bonne intelligence afin que chacun puisse se nourrir grâce aux autres ou même au détriment des autres.
Sans doute est-il vrai aussi que ce sont les plus pusillanimes ou les plus lâches qui profitent le mieux de l'audace de certains moins sujets au stress et plus prompts à "aller au charbon" parce que sans doute plus primaires, mais tout est relatif.
Ainsi, dès le départ, on peut se demander quels sont ceux (chez les Homo sapiens) qui ont été les producteurs des ingrédients constitutifs de la nourriture [des croquettes donc] puis ceux qui ont transformé les éléments pour en faire un produit commercialisable... Qui a gagné le plus dans ce deal ? Les producteurs, les transformateurs, les transporteurs ou les distributeurs ?

En fait, chez les hommes, il y a aussi de manière très visible ceux qui ont peur de mouiller leur chemise et qui envoient volontiers les plus "volontaires" effectuer les tâches peu gratifiantes afin d'en retirer à leur profit les marrons du feu.
Les échanges de coquillages ou autres monnaies remplaçant le troc n'ont plus lieu et les hommes scélérats ont mis au point de nouveaux moyens de rétribution et de récompenses, à différents niveaux. Ceux qui vont chercher la nourriture, qui vont gagner le pain et les croquettes des autres sont en général les moins bien récompensés.
Ceux qui semblent le mieux s'en sortir sont ceux qui stockent des croquettes pour les revendre et spéculent ainsi sur toutes les autres activités induites. On appelle ça le libéralisme ou le capitalisme.
Ceux (non-transporteurs) qui réussissent à capter (voler) un maximum de nourriture deviennent donc riches, millionnaires ou milliardaires selon les cas.
Les autres, (les transporteurs) se contentent de mouiller la chemise pour le compte des autres et ne peuvent se nourrir que lorsque les autres sont repus.
Quand on met ceux qui n'hésitent pas à mouiller leur chemise ensemble, certains continuent d'être des transporteurs tandis que d'autres s'emparent de la nourriture sans se mouiller.
Par contre lorsqu'on met les non-transporteurs ensemble, c'est beaucoup plus dur d'aller chercher de quoi gagner sa croûte, il y a beaucoup plus de réticences mais ce comportement de vol - par les profiteurs - reste dominant.


Et que dire de la collaboration

Deux Rats cherchaient leur vie ; ils trouvèrent un Oeuf.
(180) Le dîné suffisait à gens de cette espèce !
Il n'était pas besoin qu'ils trouvassent un Boeuf.
Pleins d'appétit, et d'allégresse,
Ils allaient de leur oeuf manger chacun sa part,
Quand un Quidam (1) parut. C'était maître Renard ;
Rencontre incommode et fâcheuse.
Car comment sauver l'Oeuf ? Le bien empaqueter,
Puis des pieds de devant ensemble le porter,
Ou le rouler, ou le traîner,
C'était chose impossible autant que hasardeuse.
(190) Nécessité l'ingénieuse
Leur fournit une invention.
Comme ils pouvaient gagner leur habitation,
L'écornifleur (2) étant à demi-quart de lieue,
L'un se mit sur le dos, prit l'Oeuf entre ses bras,
Puis, malgré quelques heurts, et quelques mauvais pas,
L'autre le traîna par la queue.

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:00


Épisode #33 : Le monde des mèmes (Balado de Sylvain MAGNE)

Réponse au commentaire de Jean-Michel ABRASSART sur son blog "SCEPTICISME SCIENTIFIQUE" 19 JANVIER  2010 12 :07

 

 

 

Pour accéder au blog de Jean-Michel et aux commentaires




@Jean-Michel ABRASSART, Sceptique « Scientifique » devant l’Éternel,

 

 



 

Je m’appelle toujours Merlin (c’est mon pseudo) et je m’autorise à m’attribuer les titres - de roturier - qui m’agréent sans avoir besoin de te demander la permission…

Pour ce qu’il en est à propos de mes doutes au sujet de la mémétique, je te conseille de t’adresser à Pascal JOUXTEL ou à Charles MOUGEL : je n’ai jamais adhéré à la posture méméticienne qui consiste à voir ces patterns basiques de culture (culturons ou culturèmes de mon point de vue) comme des créatures autonomes face à l’évolution, ne se servant de l’humain que comme terrain sur lequel elles ‘pousseraient’ comme des akènes de pissenlit sur un champ bien fertile. J’ai d’ailleurs été exclu du forum de la SFM pour cette position. Je me demande donc sur quoi tu te bases pour affirmer que « je ne doute absolument pas de la mémétique ? »

Par ailleurs, je ne doute pas de tout : la Science (la vraie) a des certitudes que je fais miennes. Mes posts SFM ainsi que ceux  d’Erwan LEGOEDEC  (près de 700 en tout) sont là pour le prouver en cas de besoin. Il n’est jamais bon d’affirmer ‘n’importe quoi’ quand on n’a pas pris le temps de se renseigner…


Citation de Jean-Michel ABRASSART :


J'en profite pour dire que sur le forum des Sceptiques du Québec, Hallucigenia a pointé une erreur dans cet épisode: les fourmis ne naissent pas par clonage.

 

Oui, cela est exact et le post d’Hallucigenia est très bon en ce qu’il précise que le « réplicateur » biologique est sous la dépendance directe du système sexuel (biologique donc) des dites fourmis. Mais là, on n’est plus du tout dans le domaine culturel, juste dans le système reproducteur de ces insectes sociaux.

Je me permets de citer Jean ROSTAND :

« Le biologique ignore le culturel. De tout ce que l'homme a appris, éprouvé, ressenti au long des siècles, rien ne s'est déposé dans son organisme [...]. Chaque génération doit refaire tout l'apprentissage [...]. Là gît la grande différence des civilisations humaines avec les civilisations animales. De jeunes fourmis isolées de la fourmilière refont d'emblée une fourmilière parfaite. Mais de jeunes humains séparés de l'humanité ne pourraient reprendre qu'à la base l'édification de la cité humaine. La civilisation fourmi est inscrite dans les réflexes de l'insecte [...]. La civilisation de l'homme est dans les bibliothèques, dans les musées et dans les codes ; elle exprime les chromosomes humains, elle ne s'y imprime pas. »

 

 

Citation (ma question):


Mais qui a défriché les quelques 1800 pages de military memetics proposées ici par OldCola sur son blog ?

 

J-M Abrassart interprète ma question :

 

C'est un argument classique des tenants des sciences pathologiques: vous ne pouvez pas critiquer X sans avoir lu Y ou Z.

 

1) Je ne suis pas un adepte des « sciences pathologiques » pas plus que de l’utilisation de ce verbiage entre initiés sceptiques. ;o)) Je ne critiquais personne en outre…

2) Il n’y a là aucun "argument de ma part" : je pose simplement la question « qui a parcouru ces fichiers pdf de l’armée américaine ? »

On peut au minimum répondre par oui ou non.

En tout cas les militaires US ont planché sur les mèmes et la mémétique et ils ont produit des données qui sont à la fois objectives et assez pointues.

 

Jean-Michel repart dans ses vieilles croyances qu’en dehors des sceptiques "scientifiques" ¿  tous les autres sont des ..   « psiphiles » :

 

 Les psiphiles jouent au même jeu lorsqu'ils scandent en coeur que "les sceptiques ne lisent (prétendument) pas la littérature".

 

Je ne connais pas les psiphiles (para tout ce que tu veux) et par principe, je suis opposé à tout ce qui est extrapolations sur le psychisme humain en dehors des découvertes prouvées par les neurosciences dures. Mes initiateurs en ce domaine sont Jean-Pierre CHANGEUX, Stanislas DEHAENE, Alain BERTHOZ, Giaccomo RIZZOLATTI entre autres...

 

Toujours J-M A dans une envolée qui m’en apprend énormément sur moi-même… (°!*)

 

 

C'est bien entendu une manière rhétorique de protéger sa théorie des critiques. Plutôt que de discuter des arguments de fonds, on met en doute l'expertise du critique.

 

 

L'expertise ? En quoi ?... Quelle expertise précisément ?

Arrête un peu Jean-Michel ! Je ne t’ai jamais vu proposer un seul argument de fond dans tes textes. Tu as juste des grilles de lecture très sélectives, restrictives et plutôt dogmatiques... Mais moi, je n’ai pas de théorie en dehors de celle que tout ce qui n’est pas prouvé scientifiquement (avec certitude absolue et de manière reproductible) est à mettre dans le grand panier du doute et, dans le doute, on cherche, on s’abstient jusqu’à ce qu’on obtienne de nouvelles certitudes scientifiques, si cela devient possible quand ça ne l'est pas encore...

 

Bref, il faut prendre ce genre de rhétorique avec énormément d'esprit critique.

 

Quelle rhétorique ? Celle qui questionne ou celle qui bastonne avec des pré-supposés inexacts dus à une mauvaise lecture trop sélectives ? Il faut toujours garder son esprit critique affûté, certes, mais lorsque je vois les inférences de ta lecture (ou plutôt de ta non-lecture), je suis obligé de te dire que j’ai des doutes quant à la rigueur que développe ton soi-disant "esprit critique." Tu fais de l’herméneutique orientée ! Tes interprétations sont toutes fortement connotées et dérivées d'un pesant catéchisme sceptique "dit" scientifique. Tu as donc juste des idées préconçues et tu ne retiens que ce qui abonde dans ton sens. Si c'est ça l'esprit critique du Sceptique "Scientifique" de base, je ne tiens pas à être dans les rangs d'un tel mouvement. Je préfère mon doute raisonnable.

En la matière, il n’y avait dans ce commentaire que tu brocardes aucune rhétorique comme tu sembles vouloir le dire. Juste une question ... sans réponse pour l'instant. Comme d'hab !

 

Bien à toi,

Dubitativement…

 

 

 

 

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Published by Merlin le zététicien des Mèmes - dans Mémétique appliquée
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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 11:38
   Voici un texte que je vous demande de lire avec un regard de méméticien c'est à dire en ne considérant que l'espace du savoir, son évolution, ses mutations et son devenir dans une perspective d'écologie cognitive...


  Les objets de connaissance privilégiés de l’Espace du savoir sont les intellectuels collectifs et leurs mondes.
   Les intellectuels collectifs, c’est-à-dire des communautés humaines communiquant avec soi, se pensant elles-mêmes, partageant et négociant en permanence leurs relations et leurs contextes de significations partagées. Leurs mondes, c’est-à-dire leurs ressources, leurs environnements, leurs connexions cosmopolites avec les êtres, les signes et les choses, leurs implications dans les diverses machines cosmiques, techniques et sociales qui les traversent. Le monde d’un intellectuel collectif n’est rien de stable ni d’objectif. Il résulte d’ouvertures, d’élaborations, d’usages et d’évaluations mouvants, sans cesse réitérés. Si bien que ce monde dérive et se transforme au rythme des métamorphoses de son intellectuel collectif.
  L’objet privilégié de l’Espace du savoir n’est donc pas l’homme en général, ni même l’objet des sciences humaines ou sociales, mais une figure spécifique de l’Espace du savoir qui ne pourra s’appréhender qu’avec les instruments conceptuels et techniques propres à cet espace. Pourtant, le candidat qui semblait désigné pour être l’objet de connaissance favori du quatrième espace n’était-il pas la cognition ? En effet, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les sciences cognitives accompagnent la montée en puissance de l’Espace du savoir. Les sciences et techniques de la cognition forgent effectivement les outils informatiques et certains instruments conceptuels du quatrième espace. Mais bien qu’elles contribuent dans les faits à une véritable mutation anthropologique, les sciences cognitives ne sont pas, aujourd’hui, à la hauteur des effets qu’elles sont capables de provoquer. En effet, elles sont censées traiter de l’intelligence humaine en général, indépendamment des temps, des lieux et des cultures, alors que l’intelligence est depuis toujours artificielle, équipée de signes, de techniques, en devenir et collective.
  Nous avons proposé dans Les Technologies de l’intelligence un élargissement des perspectives des sciences de la cognition en esquissant le programme d’une « écologie cognitive ». Le régime de production et de distribution du savoir ne dépend pas seulement des particularités du système cognitif humain, mais également des modes d’organisation collective et des instruments de communication et de traitement de l’information. L’écologie cognitive devrait donc se consacrer à l’étude des interactions entre les déterminants biologiques, sociaux et techniques de la connaissance. Mais l’écologie cognitive relèverait encore des sciences humaines ou sociales, or nous voudrions indiquer ici un au-delà des sciences humaines.
 Si elles prenaient véritablement en compte la spécificité de leur objet, les sciences humaines traiteraient de la liberté et de la signification. La notion de signification doit être prise ici dans son acception la plus étendue. Il s’agit moins de la manière dont un signe se réfère à l’objet qu’il désigne que du rapport entre un événement et un contexte. La signification d’une entité propre au domaine humain n’émerge qu’en relation avec une configuration dynamique, et ne se réduit pas à la simple flèche de la référence. On peut dire que les êtres humains, considérés en tant qu’hommes, et non en tant qu’objets physiques ou corps vivants, évoluent dans les espaces de signification, espaces qu’ils ne se contentent pas de remplir et d’arpenter mais qu’ils contribuent tout aussi bien à produire et à transformer.
            Pierre LÉVY (L'Intelligence collective 1994 éd de la Découverte)


Mon commentaire à propos de cet extrait 1ère diff le 8 février 2006...

Les savoirs fondamentaux de l’espace culturel humain contribuent à édifier au fil du temps un conscient collectif en mouvement dans son environnement. Les ensembles de réseaux de réseaux de neurones composés par les systèmes nerveux de chacun, associés dans une relation permanente de toute la communauté humaine, constituent de fait les intellectuels collectifs de notre Humanité.
   Leurs mondes ou micro-mondes sont  les objets environnementaux que testent en permanence leurs capteurs : vue, ouïe, sens du toucher, goût, odorat, et tous les autres capteurs internes modifiant presque en temps réel équilibres hormonaux et neuro-hormonaux du système.
S’y ajoutent la raison - la capacité de choix donc -  et les machines (technologies intellectuelles) créées par l’esprit humain afin de prolonger ou affiner leurs sens et leurs potentialités diverses. Ce sont des systèmes intelligents, experts, en interaction permanente avec le milieu environnant. Ils testent leur espace de vie afin de s’y adapter de mieux en mieux en produisant des solutions et des comportements de plus en plus pertinents.
   Le sujet humain, individuellement et collectivement, ainsi que les objets de ce monde ambiant sont engagés conjointement dans une interactivité dynamique continuelle. L’objet privilégié qui anime cet ensemble et ce système qui se réajustent et se rééquilibrent en permanence n’est pas identifiable au premier abord. Est-ce une entité de niveau supérieur qui préside et contrôle l’équilibre de ces systèmes ? Est-ce le chaos ? Une construction fractale d’un espace modélisable du savoir ? On aimerait comprendre comment s’ajustent et s’organisent les conditions de la connaissance et comment s’opèrent les apprentissages au sein des cerveaux associés de l’Humanité…
   Les seules sciences auxquelles je reconnais actuellement une validité incontestable pour permettre d’aborder l'élucidation des mystères de la cognition sont les neurosciences dures. L’anthropologie peut être une aide diachronique précieuse mais elle ne peut expliquer à elle seule les ressorts de tous les fonctionnements neuronaux qui façonnent de manière quasi synchrone la pensée humaine et ses évolutions culturelles dans ses moindres détails.
   Les ressources à la fois individuelles et collectives de cette intelligence en réseau sont semblables à celles de la toile du www, cette étrange base de données qui nous relie tous. La différence essentielle étant que nous, à chaque instant, nous avons l’initiative et restons maîtres des choix que nous y opérons… Énorme différence de nature avec l’ univers cathodique ou médiatique classique, de la TSF ou des autres médias.
L’équilibre entre le sujet humain, ses collectifs intelligents associés et les objets environnants dans lequel Homo sapiens est condamné à vivre est indispensable à la survie de l’espèce, mais il est en même temps le moteur d’inférence de toutes les mutations et de tous les progrès que réalise le collectif intelligent.
À cet égard, les outils « amplificateurs de communication » que nos technologies les plus récentes ont permis de mettre en œuvre sont des artifices précieux de traitement de l’information, en même temps que des prothèses-prolongements techniques extra-biologiques. Leur utilisation est néanmoins entièrement sous notre contrôle et il conviendrait d’établir à cet égard des protocoles rigoureux et scientifiques afin d’en mesurer les effets pour  l'avenir et de proposer des prospectives fiables ainsi que des modèles explicatifs incontournables.
   Le libre-arbitre de l’Homme est en jeu dans la maîtrise de ce défi technologique. Le sens de la présence de l’homme dans ce pari est finalement celui d'une responsabilité totale. Les êtres humains ne sont pas seulement des objets physiques, lieux de résidence des objets de signification codés, mais ils sont avant tout créateurs, auteurs et acteurs des objets de culture - ces mèmes - qu’ils contribuent à transformer et à pérenniser dans les structures biologiques et dans les matières inertes qu’ils ont colonisées.
                          Jean-Pierre Crespin


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       Pierre LÉVY ?       

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      ORGANIGRAMME ?    
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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 11:32

Comment un méméticien définirait-il la phase dite (en américain) de demoralization ?


Yuri Bezmenov
envoyé par onmyway02.


"Youri  Alexandrovitch Bezmenov est né en 1939 dans la banlieue de Moscou. Il est le fils d’un officier de haut rang de l’armée soviétique. Il est issu des écoles de l’élite du système soviétique, et il est devenu un expert de la culture et des langues de l’Inde. Il a fait une carrière exceptionnelle au sein de Novosti, qui était, et est encore, l’agence de presse du régime soviétique, agence qui servait également de paravent pour le KGB.

Il est passé à l’Ouest en 1970 après été avoir été totalement dégouté du système soviétique, et il l’a fait au péril de sa vie. C’est certainement l’un des plus grands experts mondiaux en matière de propagande soviétique, de désinformation et de manipulation. Quand les soviétiques parlent de subversion idéologique , qu’entendent-ils par là ?

La subversion idéologique, c’est un processus qui n’a rien d’illégal ou de caché. C’est une action menée au grand jour. Il suffit pour s’en rendre compte de se déboucher les oreilles, d’ouvrir les yeux, et cela devient évident. Il n’y a aucun mystère. Cela n’a rien à voir avec l’espionnage. Je sais que travailler dans le renseignement, cela fait plus romantique, c’est plus vendeur auprès du public. C’est sûrement pour ça que les producteurs d’Hollywood aiment tant les films du genre James Bond.

Mais en réalité, l’action principale du KGB n’est pas du tout de faire du renseignement. Selon moi, et selon l’avis de beaucoup d’autres transfuges qui ont le même profil que moi, seuls 15% du temps, de l’argent et des effectifs sont consacrés à l’espionnage en tant que tel. Les 85% restants sont consacrés à un processus très lent, que l’on appelle soit subversion idéologique ou manipulation de l’opinion, – xxxxxxxxxxx dans le langage du KGB – ou guerre psychologique . Cela signifie essentiellement : changer la perception de la réalité de tous les américains, au point que malgré la profusion d’information, plus personne n’est plus capable de tenir un raisonnement correct afin de défendre ses propres intérêts, ceux de sa famille, de sa communauté, ou de son pays. C’est un processus de lavage de cerveau généralisé, qui va très lentement, et qui comprend 4 phases.

La première phase est celle de la démoralisation . Cela prend entre 15 et 20 ans pour démoraliser un pays. Pourquoi tant d’années ? Parce que c’est le nombre d’années minimum requis pour éduquer une génération d’étudiants du pays visé, et pour l’exposer à l’idéologie adverse. En d’autres termes, l’idéologie marxiste-léniniste est actuellement injectée dans les esprits malléables d’au moins 3 générations de jeunes américains, sans rencontrer de résistance, sans être contre-balancée par les valeurs de base de l’Amérique ou par un patriotisme américain.

L’essentiel de l’activité du département était de compiler d’énormes quantités d’information sur des personnes qui étaient ensuite instrumentalisés pour influencer l’opinion publique. Éditeurs, écrivains, journalistes, acteurs, éducateurs, profs de sciences politiques, députés, hommes d’affaires… La plupart de ces gens étaient divisés en deux groupes : ceux qui soutenaient la politique du régime soviétique étaient promus à des postes de pouvoir. grâce à la manipulation de l’opinion et des media. Ceux qui refusaient l’influence du communisme dans leur pays, leur réputation était ruinée. Ou ils étaient exécutés. Physiquement. Révolution oblige.

Ainsi, dans une petite ville du Sud-Vietnam, plusieurs milliers de Vietnamiens ont été exécutés en une seule nuit, après que la ville ait été prise par les Viet-Cong, au bout de seulement deux jours. Et la CIA n’a jamais compris comment les communistes avaient pu aller si vite, pour repérer chacun d’entre eux, connaître leurs domiciles là où les trouver, les arrêter, tout cela en une seule nuit. en à peine quelques heures, avant le lever du jour, et les embarquer dans des camions, les conduire hors de la ville et les exécuter.

La réponse est très simple : bien avant que les communistes occupent la ville, il existait un réseau complet d’informateurs, des vietnamiens habitant la région, qui savaient absolument tout des personnes en mesure d’influencer l’opinion publique, jusqu’aux simples barbiers ou aux chauffeurs de taxi. Tout ceux qui étaient favorables aux États-Unis ont été exécutés. Même chose à Hanoï [Vietnam], pilotée par l’ambassade soviétique. et je faisais la même chose à New-Dheli. À ma grande horreur, j’ai découvert, dans les dossiers des personnes qui allaient être exécutées, le nom de journalistes pro-soviétiques qui étaient mes amis personnels

- Pro-soviétiques !?
- Oui, absolument ! Ils défendaient un idéal communiste, ils avaient fait plusieurs voyages en URSS. Et pourtant, le KGB avait décidé que, révolution oblige, pour mener à bien les changements politiques drastiques de l’Inde, il fallait les éliminer. – Pourquoi cela ? Parce qu’ils en savaient trop… Simplement parce que les idiots utiles, les gens de gauche qui sont idéalistes, qui croient en la beauté du système soviétique, communiste, socialiste… quand ils ouvrent les yeux sur la réalité, ils deviennent les pires ennemis du système.

C’est pourquoi mes instructeurs, au KGB, insistaient tout particulièrement sur ce point : Ne vous préoccupez jamais des gauchistes. Oubliez ces prostitués politiques. Visez plus haut. Telles étaient mes instructions. Essayez de pénétrer les média conservateurs bien établis, essayez d’atteindre les producteurs de films riches à millions les intellectuels, les milieux soit-disant académiques, entrez en contact avec les cyniques, les égo-centriques qui peuvent vous mentir d’un air angélique en vous regardant droit dans les yeux. Voilà les gens qu’il fallait recruter : ceux qui n’avaient plus aucuns principes moraux, les gens avides de pouvoir, ceux qui se prennent pour quelqu’un, ou qui se croient très importants. Voilà les profils que le KGB cherchait à recruter .

- Mais pour éliminer les autres, ne sont-ils pas utiles ?
- Non, ils ne sont utiles que dans la phase de déstabilisation du pays. Par exemple, tous les gens de gauche ici, tous ces professeurs, et ces magnifiques défenseurs des droits à l’égalité, sont instrumentalisés dans ce processus de subversion, et ce uniquement pour déstabiliser le pays. Quand cette étape sera achevée, ils ne seront plus nécessaires. Ils en savent trop. Quand leurs illusions tomberont, une fois un pouvoir marxiste en place, ils seront bien évidemment scandalisés, car ils s’imaginent que ce sont eux qui vont prendre le pouvoir. Cela n’arrivera jamais bien sur. Ils seront alignés contre un mur et exécutés. Ils seraient les adversaires les plus acharnés d’un régime marxiste-leniniste.

C’est ce qui s’est passé au Nicaragua : vous vous souvenez quand la plupart des anciens communistes ont été jetés en prison, ou quand l’un d’entre eux a changé de camp pour s’opposer aux sandinistes. C’est aussi arrivé à Grenade, quand Maurice Bishop, du parti marxiste, a été exécuté par un autre, plus marxiste que lui. Même chose en Afghanistan quand Taraki a été assassiné par Amin, lui même assassiné par Karmal avec l’aide du KGB. Même chose au Bangladesh, avec Mujibur Rahman, un leader de gauche très pro-soviétique, assassiné par ses propres amis communistes de l’armée. Le mécanisme se répète chaque fois à l’identique. Une fois qu’ils ont servi, les idiots utiles sont soit exécutés jusqu’au dernier – je parle des idéalistes marxistes – ou exilés, ou jetés en prison, comme à Cuba, ou beaucoup d’anciens marxistes sont en prison.

Fondamentalement, l’Amérique est coincée par cette démoralisation . Si vous commenciez maintenant, à la minute même, à former une nouvelle génération d’américains, cela prendra quand même de 15 à 20 ans pour inverser la tendance, pour inverser cette perception idéologique de la réalité, et revenir à la normale et aux idées patriotiques.

Le résultat ? Vous pouvez observer le résultat. La plupart de ceux qui ont fait leurs études dans les années 60, de ceux qui ont quitté l’école, et la plupart des pseudo- intellectuels occupent à l’heure actuelle des postes de pouvoir au gouvernement, dans l’administration, dans les affaires, les médias, ou dans le système éducatif. Vous êtes coincés avec eux. Et vous ne pouvez pas vous en débarasser. Ils sont contaminés. Ils sont programmés pour penser et réagir à certains stimulus d’une façon déterminée. Vous ne pouvez pas changer leur façon de voir, même si vous leur présentez des informations véridiques. Même si vous leur démontrez que blanc, c’est blanc, et noir c’est noir, vous ne pouvez pas modifier leur perception de base et leur logique de comportement.

En d’autres termes, chez ces gens, le processus de «démoralisation» est total et irréversible. Pour débarasser la société de ces personnes, il faut de nouveau attendre 15 à 20 ans, pour éduquer une nouvelle génération d’étudiants, leur inculquer des idéaux patriotiques et en faire des gens de bon sens, qui agissent dans l’intérêt de la société américaine. Et ces personnes qui ont été programmées , et qui sont en place, favorables aux idéaux communistes, ce sont ces mêmes personnes qui seraient voués à être massacrés dans un tel système. La plupart d’entre eux, oui. Simplement parce que avec le choc psychologique qu’ils éprouveraient en découvrant ce qu’est VRAIMENT leur magnifique société d’égalité et de justice , ils se révolteraient, c’est bien évident. Ils seraient extrêmement mécontents, frustrés. Et un régime marxiste-léniniste ne peut tolérer ce genre de personnes. Ils rejoindraient à coup sûr le camp des dissidents et des opposants. Et à la différence des États-Unis actuels, il n’y a pas de place pour les dissidents dans un régime marxiste-léniniste. Ici, vous pouvez devenir très célèbre, comme Daniel Ellsberg, ou démesurément riche comme Jane Fonda, en répandant des opinions dissidentes ou en critiquant la politique du Pentagone. Dans un système marxiste, ces gens seraient simplement pfft’, écrasés comme des cafards. Ils n’obtiendraient rien en retour de leurs belles et nobles idées d’égalité. Ca, ils ne le comprennent pas. Ce serait un shock terrible pour eux.

Aux États-Unis, le processus de démoralisation est en fait terminé. Et cela depuis 25 ans. Il dépasse même toutes les espérances : la démoralisation atteint désormais une telle ampleur que même Andropov et tous ses experts n’auraient jamais rêvé d’un tel succès. Pour la plupart, elle est maintenant effectuée par les américains eux-mêmes sur d’autres américains, grâce à la disparition des repères moraux. Comme je l’ai dit auparavant, dire la vérité [sur les régimes marxistes] n’a plus aucune d’importance. Une personne démoralisée n’est plus en mesure de prendre en compte la réalité des faits. Les faits, le réel, cela ne l’atteint plus. Même si je la bombardais d’information, de preuves authentiques, de documents, de photos, même si je l’emmenais de force en URSS pour lui montrer les camps de concentration, elle refuserait de le croire, jusqu’à ce qu’il recoive un bon coup de pied au derrière. C’est seulement quand la botte militaire s’abattra qu’alors il comprendra. Mais pas avant. C’est ça le tragique de la démoralisation.

L’étape suivante est la déstabilisation : dans ce cas, les révolutionnaires ne se soucient plus de vos idées ou de votre façon de vivre. Tout ça ne compte plus. Cela prend seulement 2 à 5 ans pour déstabiliser un pays, et ce qui compte, ce sont les fondamentaux : économie, relations étrangères, défense. Et l’on peut voir clairement que, dans certains domaines, dans des domaines aussi sensibles que la défense ou l’économie, l’influence des idées marxistes-léninistes est absolument prodigieuse. Je n’en croyais pas mes yeux, il y a 14 ans, quand je suis arrivé ici, je ne pensais pas que le processus irait aussi vite.

L’étape suivante est l’insurrection. Cela prend environ 6 semaines pour amener un pays au bord de la crise, comme vous pouvez le voir en Amérique Centrale actuellement.

Après la crise, à la suite des violents changements de régime, de structure et d’économie, arrive ce que l’on appelle la phase de normalisation, qui peut durer indéfiniment. La normalisation est une expression d’un grand cynisme, issue de la propagande soviétique. Quand les chars ont envahi la Tchécoslovaquie en 1968, Brejnev a déclaré : Maintenant, la situation en Tchécoslovaquie est normalisée .

Et c’est ce qui arrivera aux Etats-Unis si vous laissez tous ces abrutis amener le pays à la crise, si vous les laissez promettre aux gens monts-et-merveilles et le paradis sur terre , si vous les laissez déstabiliser votre économie, éliminer l’économie de libre-échange, et mettre un gouvernement Big-Brother à Washington, avec des dictateurs bienveillants du genre Walter Mondale qui vous promettront tout ce que voulez, peu importe que ces promesses sont tenues ou non. Il ira ensuite à Moscou baiser les pieds de la nouvelle génération de criminels communistes. Il donnera l’illusion d’avoir les choses bien en main et qu’il contrôle la situation.

Mais la situation n’est PAS sous contrôle. Elle est même épouvantablement hors de tout contrôle, La plupart des politiciens américains, la plupart des médias, et le système éducatif forment une génération de gens qui croient vivre une période de paix. C’est faux. Les Etats-Unis sont en guerre. Une guerre non déclarée et totale, contre les principes et les fondements même de ce système. Et l’initiateur de cette guerre, ce n’est pas Andropov, bien sur, c’est une guerre contre le système communiste mondial, aussi ridicule que cela paraisse. ou contre la conspiration communiste mondiale, que cela fasse peur aux gens ou non, je m’en fiche. Et si vous n’avez pas peur maintenant, rien ne vous fera peur… Il ne faut pas devenir paranoiaque à ce sujet. A vrai dire, ce qui se passe actuellement, c’est que contrairement à moi, vous avez encore plusieurs années à vivre, – à moins que l’Amérique ne se réveille – avec cette bombe à retardement. Et le désastre approche chaque seconde un peu plus. Et contrairement à moi, vous n’aurez nulle part où vous réfugier. A moins d’aller en Antarctique, avec les pingouins. Ici, c’est le dernier pays de libertés, où tout reste possible.

Et que faire alors ? Que recommandez-vous aux Américains ?
La première chose qui me vient à l’esprit, c’est qu’il faut un effort national de grande ampleur pour éduquer les gens dans le sens des valeurs patriotiques, et ensuite expliquer le réel danger du système socialiste, communiste, quel que soit son nom, le danger de l’état providence , du système Big Brother . Si les gens ne réussissent pas à saisir l’imminence de ce danger et de cette évolution, rien n’aidera les Etats-Unis. Vous pouvez dire au revoir à vos libertés. à la liberté des homosexuels, aux droits des détenus etc… Toutes vos libertés disparaitront, elles seront carbonisées en quelques secondes. Et vos précieuses vies avec. Deuxièmement, au moins une partie de la population est convaincue que le danger est réel. Ils doivent FORCER le gouvernement, – et je ne parle pas d’envoyer des lettres, des pétitions, ou d’autres nobles et belles activités de ce genre – , je parle bien de forcer le gouvernement à arrêter d’aider le communisme."




1: Aust N Z J Psychiatry. 2002 Dec;36(6):733-42.Click here to read Links
    Demoralization: its phenomenology and importance.
    Clarke DM, Kissane DW.

    Consultation-Liaison Psychiatry Research Unit, Department of Psychological Medicine, Monash University, Monash Medical Centre, Melbourne, Australia. david.clarke@med.monash.edu.au


    OBJECTIVE: Demoralization, as described by Jerome Frank, is experienced as a persistent inability to cope, together with associated feelings of helplessness, hopelessness, meaninglessness, subjective incompetence and diminished self-esteem. It is arguably the main reason people seek psychiatric treatment, yet is a concept largely ignored in psychiatry. The aim here is to review and summarize the literature pertaining to demoralization in order to examine the validity of the construct. METHOD: A narrative review of demoralization and the related concepts of hope, hopelessness, and meaning is presented, drawing on a range of empirical and observational studies in the medical and psychiatric literature. RESULTS: An examination of the concepts of the 'Giving Up-Given Up' syndrome (George Engel), 'suffering' (Eric Cassell), and demoralization (Jerome Frank), demonstrate considerable convergence of ideas. Demoralization has been commonly observed in the medically and psychiatrically ill and is experienced as existential despair, hopelessness, helplessness, and loss of meaning and purpose in life. Although sharing symptoms of distress, demoralization is distinguished from depression by subjective incompetence in the former and anhedonia in the latter. Demoralization can occur in people who are depressed, cancer patients who are not depressed and those with schizophrenia. Hopelessness, the hallmark of demoralization, is associated with poor outcomes in physical and psychiatric illness, and importantly, with suicidal ideation and the wish to die. CONCLUSIONS: Demoralization is an important construct with established descriptive and predictive validity. A place needs to be found for it in psychiatric nomenclature.
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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 11:20



"C'est parce que quelque chose des objets extérieurs pénètre en nous que nous voyons les formes et que nous pensons."
                   
(Épicure : lettre à Hérodote)

ÉVACUER  ENFIN  L'INCONSCIENT FREUDIEN...


Le conscient
- s'agissant du fonctionnement cérébral de l'être humain - voilà une notion bien difficile à cerner et à définir...
   En effet, si le système nerveux de l'homme, installé dans son enveloppe corporelle est un système intelligent, c'est parce qu'il est en interaction permanente avec son environnement et qu'il fait évoluer sans discontinuer le modèle - qu'il se crée et se recrée - de ce milieu de vie.
  Avant d'entreprendre la moindre action sur cet environnement, dans un but déterminé, le système nerveux teste cette action sur son modèle. Si le résultat de la simulation n'est pas favorable ou n'est pas celui escompté, une autre action est entreprise, jusqu'à l'obtention d'un résultat conforme au projet conçu...
  En fait, tout commence à partir des stimulations sensorielles objectives, avec les perceptions reçues par les périphériques essentiels que sont la vue, l'ouïe, l'odorat, le toucher, le goût, l'équilibre, la douleur, le plaisir etc... Et il est vrai que nous avons de multiples capteurs spécialisés pour toute la périphérie du corps ainsi que pour... l'intérieur.
  Les constructions d'images mentales (de représentations) de la réalité se font donc à partir de tous ces percepts automatisés. C'est à partir de ce moment, juste après que les processus neuronaux associés à ceux de l'ensemble du système nerveux aient été activés qu'entre en jeu notre conscience, dans un instant très bref, et il ne reste au système qu'une seule ressource, celle de mémoriser tous les concepts consciemment élaborés à partir des percepts reçus.
  Dans l'exercice automatique de cette boucle de la conscience, il faut bien isoler les processus perceptifs des actions mentales comparatives visant à distinguer des ressemblances au sein de tout ce qui a été reçu. Il est également indispensable de repérer des attributs redondants afin de penser des inférences ou des hypothèses qui devront êtres vérifiées autant de fois qu'il le faudra. C'est alors, et seulement si la répétition des vérifications réitérées est satisfaisante, qu'on pourra en inférer un concept, avec une conclusion provisoire.
  La conscience que nous avons de notre environnement génère à son tour une conscience des pensées mémorisées qui parcourent notre esprit et, pour essayer de définir un peu ce concept étrange, on pourrait dire que la conscience, c'est un état mental actif, transitoire, que l'on peut exprimer par le langage oral, écrit, par le dessin, la musique, par des constructions physiques, mathématiques ou mécaniques.
  Être conscient, c'est comprendre la relation qui existe entre des phénomènes (extérieurs ou intérieurs) et ce que l'on en perçoit objectivement, tout en étant capables de les  énoncer et de les analyser. Il paraît donc évident que la conscience ne s'exerce, ne se manifeste que chez un être qui a déjà conscience de son existence propre ainsi que de sa position réflexive et existentielle unique.
  Toute conscience est ancrée dans un substrat de mémoire(s) et se projette vers un futur souhaité par le sujet conscient.

 Claire Sergent, chercheure de l'équipe de neuro-imagerie du CEA-INSERM dirigée par Stanislas Dehaene et soutenue par Jean-Pierre Changeux, souvent en collaboration avec Lionel Naccache vient de réaliser des expériences édifiantes sur le sujet de la conscience humaine. Claire affirme "Pour que des informations visuelles [.........] nous deviennent conscientes, un réseau cérébral spécifique doit être activé...
  À l'écran, on voit très bien que, du cortex visuel, l'activité cérébrale se transpose au cortex frontal, puis au préfrontal ainsi qu'au cingulaire antérieur..."
  Et ce, 436 milli secondes après la diffusion de l'objet qui suscitera la prise de conscience.
  Mais, ces aires de la conscience ne traitent qu'une seule tâche à la fois...
  Il existe donc bien chez l'homme un espace neuronal spécifique dédié au travail conscient.
  Tandis que de nombreuses stimulations (des bruits, des parfums, des formes ou des couleurs, des visages familiers, des mots entendus ou vus) sont traitées de manière automatisée et non-consciente dans différentes aires cérébrales, les zones de la conscience prennent en charge le traitement d'une information pour la rendre consciente et transmissible à d'autres membres de l'espèce.
  En outre, pendant cette brève période durant laquelle l'attention est indispensable, nous sommes conscients d'avoir effectué ce traitement et nous pouvons en mémoriser durablement les résultats.

La mémoire   prend en charge les percepts devenus conscients au même titre que les processus sollicités de manière automatique et non-consciente mais dans au moins cinq types de mémoires spécifiques :

Les cinq types de mémoires
(Cliquer sur ce lien qui rappelle les caractéristiques de ces mémoires)

   Il paraît néanmoins évident que la mémoire n'est pas une capacité inépuisable et infinie et qu'elle perd de sa pertinence au fur et à mesure que le temps s'écoule. Hermann Ebinghaus, un philosophe Allemand de la fin du XIXème siècle a étudié méthodiquement l'instauration et la déperdition de mémoire.

Portrait d'Hermann Ebbinghaus à livre ouvert (comme la mémoire...)


La courbe de perte de mémoire de 0 à 31 jours.


 La mémoire est une faculté éphémère. Il faut la réactiver en permanence afin qu'elle conserve son efficacité.
  Mais il reste que de nombreux acquis cognitifs ou événementiels seront oubliés faute d'être réactivés.

 
Le non-conscient, après une telle déperdition de mémoire devient l'essentiel de notre package mémoriel.
(75 % de pertes d'informations en un mois c'est vraiment très important !)

  En effet, il reste très peu de nos acquisitions cognitives au bout de 31 jours. Mais au bout de 31 mois et, mieux encore, au bout de 31 ans, il ne reste plus que des souvenirs de souvenirs sans cesse reconstruits.
  Alors, est-ce à dire qu'il ne reste rien ? Sans doute pas. Il reste des traces, des facilités à reconstruire un succédané de nos expériences passées. Cependant, d'aucuns ont voulu, dès la fin du XIXème siècle et surtout au début du XXème mettre en avant un inconscient tout puissant, sorte de chef d'orchestre du psychisme. En fait, tout ce qui est "non-conscient" est constitué de traces mnésiques imperceptibles et non accessibles à la conscience car la conscience ne peut traiter qu'une information-événement à la fois. Le non-conscient est essentiellement composé d'une réserve infinie d'automatismes salutaires (notamment toutes les acquisitions de la mémoire procédurale) qui font que nous conduisons une voiture, une bicyclette ou manipulons nos outils technologiques complexes sans y réfléchir. Les mécanismes sont du même ordre pour les autres types de mémoires et fort heureusement !
  Est-ce qu'on met toute la mémoire de nos ordinateurs sur le bureau, ou en mémoire vive ? C'est impossible !  La comparaison est satisfaisante au niveau de ces attributs. Là où on diffère sensiblement c'est que notre "unité centrale" est tenue de gérer à la fois la informations courantes fournies par nos différents capteurs et périphériques d'information sur le milieu extérieur que sont la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher associés à des kyrielles de capteurs internes qui renseignent l'unité centrale sur des centaines de paramètres, et, sommum des problèmes, c'est que nous, Homo sapiens, avons trois niveaux de cerveaux :
- le reptilien pour la survie basique.
- le paléomammalien pour de multiples fonctions vitales mais en particulier le système limbique (amygdale en tête) pour réceptionner les stimulations qui vont fabriquer des émotions aussi diverses que la peur, la satisfaction, la tristesse etc :
- le néomammalien (néocortex) comme chef d'orchestre et au final contrôleur de toutes ces informations parvenues à lui en quelques dizaines de millisecondes ; celui qui, en bon superviseur, prendra les décisions finales. (Libre-arbitre oblige...)


  Le psychisme, c'est qualitativement la gestion de tout cela.
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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 10:57
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Published by Merlin le zététicien des Mèmes - dans Mémétique appliquée
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