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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 17:37

La conférence de Dominique Guillo

 


15/07/2003    Durée 83 mn 58 '

 

Depuis une trentaine d'années, les explications néo-darwiniennes de la diffusion des idées, des sentiments et des pratiques dans les sociétés humaines — autrement dit, de la culture, au sens large — se multiplient et connaissent un succès croissant. Aux yeux des théoriciens qui proposent de telles explications, les principes fondamentaux du néo-darwinisme ont vocation à s'étendre bien au-delà de la biologie : ils constitueraient les clés épistémologiques des sciences humaines et sociales. Toutefois, derrière cette référence affichée à un même paradigme biologique, ces théories de la culture présentent d'assez vifs contrastes, fréquemment brouillés au regard par les polémiques qu'elles ont soulevées. Outre les vues réductionnistes souvent fort sommaires proposées depuis les années 70 sous l'étiquette "sociobiologie humaine", que l'on n'évoquera pas ou peu ici, deux grands modèles peuvent être dégagés. Le premier, inspiré par les sciences cognitives, explique les phénomènes culturels en les ramenant, plus ou moins directement selon les cas, à des dispositions innées inscrites dans le cerveau et commandées par des gènes (S. Pinker, J. Tooby et L. Cosmides, ou D. Sperber). Le second, dont la version la plus célèbre est la théorie des mèmes de l'éthologue Richard Dawkins, propose de rendre raison de la diffusion des idées et des pratiques dans les groupes sociaux en s'appuyant sur une analogie avec le mode de diffusion des gènes : les phénomènes culturels seraient le siège d'une évolution semblable dans ses principes à celle des gènes, mais totalement indépendante vis-à-vis d'eux. La conférence sera consacrée à la présentation et à la discussion générales de ces deux grands modèles explicatifs. Une attention toute particulière sera accordée au second, qui reste sans doute encore relativement méconnu en France.






Quel dommage que l'explication du rôle des neurones-miroirs ne soit pas  (en 2003) venue éclairer cette très bonne conférence à l'appui de la théorie  mémétique de la diffusion des idées, une théorie évolutionniste en parfaite cohérence avec la théorie darwinienne de l'évolution des espèces ! Lors de la discussion, le questionnement d'un monsieur à barbe blanche était tout à fait remarquable et il n'était pas facile de lui répondre...



Les théories néodarwiniennes de la société et de la culture

DOMINIQUE GUILLO

Texte extrait de Sciences Humaines  

http://www.scienceshumaines.com/index.php?id_article=1613&lg=fr

"Expliquer les règles sociales, les idées, l'imaginaire... à partir de la théorie de l'évolution: tel est l'objectif des modèles néodarwiniens de la culture. Toutes ces théories accordent une autonomie à la culture par rapport aux contraintes de la nature.

La morale, le pouvoir, l'amour, la religion, les relations sociales ou encore la culture peuvent-ils s'expliquer en termes d'évolution darwinienne, c'est-à-dire en évoquant la sélection naturelle et des mécanismes héréditaires ? A cette question délicate et sensible, l'anthropologie et la sociologie ont le plus souvent répondu, au xxe siècle, par la négative. Depuis le début de ce siècle, les sciences sociales se sont en effet globalement développées autour de l'idée selon laquelle le propre de l'humain consiste à s'être affranchi en grande partie des contraintes naturelles pour entrer dans le monde de la culture : grâce au langage, à la technique, à l'intelligence, à la complexité de l'organisation sociale ou encore à la prohibition de l'inceste. Une ligne de démarcation s'est ainsi implicitement établie entre les sciences naturelles et les sciences de la société : d'un côté donc, la nature, où règnent les lois de la biologie ; de l'autre, la culture et les sociétés humaines, régies par des dynamiques autonomes.

Depuis les années 70, les théories néodarwiniennes de la culture ont cherché à remettre en cause ce découpage. Elles proposent d'appliquer les logiques de l'évolution aux phénomènes sociaux et culturels. Ces tentatives ont suscité de vives polémiques. Les auteurs sont souvent accusés de « réductionnisme biologique » et de nier toute autonomie à la culture humaine. La radicalisation du débat entre les tenants du « tout biologique » et du « tout culturel » a fait écran à la bonne compréhension des positions en présence. Les théories néodarwiniennes sont ainsi assez fréquemment décrites comme les variantes d'un corps doctrinal homogène, principalement centré sur l'idée de déterminisme génétique. Pourtant, par-delà la référence commune aux interprétations contemporaines de Darwin, ces modèles explicatifs dessinent un ensemble assez vaste, dans lequel on trouve, à côté de thèses réductionnistes, des théories articulées — tout à l'opposé — autour de l'idée d'une indépendance totale de la culture humaine à l'égard des gènes. Dans cet ensemble, on peut dégager au moins quatre grands types de modèles :

1) la sociobiologie humaine stricto sensu ;

2) la théorie des « mèmes », forgée par Richard Dawkins ;

3) les théories de la coévolution gène/culture ;

4) et enfin les théories anthropologiques inspirées des sciences cognitives.

La sociobiologie humaine

La sociobiologie humaine est apparue dans le paysage intellectuel occidental au milieu des années 70, sous l'impulsion, principalement, de l'entomologiste américain Edward O. Wilson. Cette théorie a été bâtie dans le prolongement d'une sociobiologie animale. Elle consiste en une extension du darwinisme à l'explication des comportements sociaux, tel que l'altruisme, observables dans le monde vivant.

Le dévouement à autrui, comme celui des abeilles stériles qui consacrent toute leur énergie à la reproduction ou à la défense de la reine, restait en effet une énigme depuis Darwin : comment expliquer que des conduites apparemment si désavantageuses pour les individus aient pu être retenues par la sélection naturelle ? Au début des années 60, le généticien William Hamilton propose une réponse à cette énigme à travers la théorie de la « sélection de parentèle » (kin selection). Cette théorie dit, en simplifiant, qu'un comportement altruiste à l'égard d'un membre de sa parenté (par exemple, pour les fourmis ouvrières, de s'occuper des larves pondues par la reine) peut constituer, dans certains cas, un comportement adaptatif : en s'occupant de ses jeunes soeurs, avec qui elle partage les trois quarts de son patrimoine génétique, la fourmi ouvrière stérile assure la propagation d'une partie importante de ses gènes, tout autant que si elle se reproduisait directement par voie sexuée.

Dans son livre Sociobiology (1975), E.O. Wilson a rassemblé et synthétisé toute une série de travaux relatifs à « l'étude des bases biologiques du comportement social chez l'animal comme chez l'homme » (1). Qu'il s'agisse de la chasse collective chez les lions ou les loups, des relations hiérarchiques chez les poules, des comportements parentaux et sexuels chez les oiseaux et mammifères, E.O. Wilson s'attache à montrer que les conduites sociales peuvent s'expliquer en termes adaptatifs. Par exemple, le fait que les femelles s'occupent plus de leur progéniture que les mâles dans la plupart des espèces animales tiendrait à ce que la production d'un ovule représente un investissement biologique plus grand que la production d'un spermatozoïde. Les comportements masculin et féminin chez les animaux constitueraient deux stratégies adaptatives différentes, mais également efficaces : la stratégie du mâle consisterait à consacrer tous ses efforts à multiplier les cellules sexuelles et à les répandre le plus largement possible, en dépensant un mininum d'énergie pour le développement des rejetons issus de ces cellules ; celle des femelles, à produire peu de cellules sexuelles, mais à maximiser les chances de développement et de survie de chacune d'entre elles, notamment en leur prodiguant des soins tout au long de leur croissance.

Dans le dernier chapitre de son livre, celui qui déclencha la polémique, E.O. Wilson a voulu transposer la logique darwinienne à toute une classe de phénomènes humains : le mariage, la morale, la religion, les rituels, le troc, la division du travail homme/femme. Ainsi, à ses yeux, les normes sociales (règles de l'éthique, de l'évitement de l'inceste, de mariage et de parenté) sont l'expression de dispositions biologiques ancrées dans les gènes humains. Ces dispositions génétiques, dont le siège se trouverait pour l'essentiel dans le système limbique du cerveau, auraient été sélectionnées chez nos ancêtres du pléistocène, en vertu des avantages qu'elles procuraient.

Les critiques adressées à la sociobiologie humaine ne vinrent pas seulement de scientifiques ou d'intellectuels hostiles aux thèses zoologiques de E.O. Wilson. Dès le début des années 70, certains éthologistes néodarwiniens refusèrent d'étendre leurs conclusions à l'homme. Une partie d'entre eux était toutefois convaincue que le darwinisme restait valable pour expliquer les phénomènes sociaux et culturels humains, mais sous une forme radicalement opposée au déterminisme réductionniste proposé par la sociobiologie humaine. Reprenant à leur compte, en la réactualisant, une idée assez ancienne, soutenue également à la même époque par des psychologues comme D.T. Campbell ou des généticiens comme Luca Cavalli-Sforza, ces chercheurs soutinrent ainsi la thèse selon laquelle le principe de sélection ou d'évolution conserve toute sa pertinence dans l'explication des phénomènes humains, pour autant que l'on s'en serve comme d'un schéma abstrait permettant de formaliser, par analogie, la dynamique culturelle.

Les « mèmes » contre les gènes

La plus célèbre de ces constructions théoriques est assurément la théorie des « mèmes », proposée par l'éthologiste anglais R. Dawkins au milieu des années 70 et reprise aujourd'hui, notamment par le philosophe américain Daniel C. Dennett.

Dans un ouvrage qui a fait date, Le Gène égoïste (2), R. Dawkins souligne que l'idée révolutionnaire du darwinisme consiste à concevoir l'évolution comme un processus de descendance avec modification ou, si l'on veut, de réplication avec mutations. Les gènes, précise l'éthologiste anglais, sont des unités qui se perpétuent en vertu de leur capacité à produire des répliques fidèles d'elles-mêmes, soit par la reproduction, sexuée ou non, des organismes qui les portent, soit par d'autres moyens, en particulier les comportements sociaux qu'ils engendrent dans ces mêmes organismes. Les organismes biologiques ne seraient ainsi que des machines utilisées par les gènes pour se reproduire eux-mêmes. Mais comme dans tout processus de copie, ajoute R. Dawkins, il arrive que ces répliques soient entachées d'erreurs : ce sont les mutations, qui forment de nouveaux gènes. Certains de ces nouveaux gènes parviennent à produire plus de répliques que les autres : ils deviennent alors statistiquement dominant dans la population des gènes avec lesquels ils sont en concurrence. Parfois, ils échouent à se répliquer et disparaissent.

Les gènes, ajoute R. Dawkins, ne constituent qu'un exemple parmi d'autres de réplicateurs. À ses yeux, le mécanisme de l'évolution, tel qu'il est modélisé dans le darwinisme, loin d'être limité aux phénomènes biologiques, commande également la dynamique culturelle. La culture de chaque groupe humain peut être décrite, selon Richard Dawkins, comme un ensemble d'unités qu'il choisit de nommer les « mèmes » - qui forment en quelque sorte les idées élémentaires d'une culture. Un mème - ce peut être l'idée de Dieu, une recette de cuisine, une chanson, une opinion xénophobe, un adagio de Mozart, un théorème mathématique... Les mèmes se transmettent de cerveau à cerveaux en se répliquant, tout comme les gènes au cours de la reproduction. La réplication s'effectue ici, principalement, par imitation, au sens large, d'autrui : les bons réplicateurs culturels colonisent ainsi les populations humaines.

Les mèmes se transmettent donc d'un cerveau à l'autre comme les virus dans un processus épidémiologique. Mais comme pour les gènes, qui se transmettent également par réplication, il y a parfois des ratés dans le processus de copie. Et cette copie modifiée se solde par la production d'une réplique mutante : le moine du Moyen Age oublie ou modifie une phrase en recopiant un ouvrage ancien ; un gouvernement fait voter un amendement à une loi ; une personne change un mot dans le couplet d'une chanson ; ou encore, quelqu'un introduit une amélioration technique dans les moteurs automobiles ou modifie la coupe d'un vêtement. Souvent, les mèmes mutants ne parviennent pas à produire de répliques d'eux-mêmes : en d'autres termes, personne ne les imite. Mais dans certains cas, sautant d'un cerveau à un autre, ils se répandent dans la population, parfois de façon fugitive - ce sont les modes - d'autres fois de manière durable - comme le mème de Dieu, par exemple. En ce sens, les mèmes, comme les gènes, sont l'objet d'un processus de sélection.

Les mèmes, ajoute R. Dawkins, peuvent améliorer leur chance de propagation en s'associant entre eux, formant des complexes intégrés susceptibles de se répliquer plus efficacement que s'ils étaient séparés. Ainsi, les idées du feu de l'enfer et de Dieu, lorsqu'elles sont associées, se renforcent considérablement l'une l'autre et augmentent leurs probabilités respectives de propagation, tout comme les gènes commandant un agencement cohérent de dents, de mâchoire, d'estomac, d'intestins et d'organes des sens.

Dans la théorie des mèmes, la culture humaine apparaît comme le siège d'une évolution autonome, déconnectée de l'évolution biologique et beaucoup plus rapide qu'elle : les réplicateurs culturels, comme par exemple l'idée de célibat, peuvent même se trouver en opposition avec les gènes. En ce sens, la théorie proposée par Dawkins s'oppose à toute forme de déterminisme génétique ou de réductionnisme dans l'explication des phénomènes culturels.

La coévolution gène/culture

C'est en anthropologie que ces théories ont remporté, jusqu'à aujourd'hui, leurs plus grands succès, notamment à travers le modèle de la transmission des traits culturels de L. Cavalli-Sforza et Marcus W. Feldman, et celui de l'évolution des organismes culturels proposé par Robert Boyd et Peter J. Richerson (3). Dans cette discipline, les réflexions théoriques menées autour de l'analogie entre les gènes et les réplicateurs culturels se sont peu à peu orientées vers la constitution d'une théorie globale de la culture, intégrant les deux niveaux d'évolution. Deux tendances majeures se dessinent dans ces modélisations de la coévolution gène/culture.

La première est représentée par E.O. Wilson qui, dans les années 80, s'est quelque peu éloigné de la sociobiologie pour défendre une théorie dans laquelle la culture n'est plus conçue, en principe du moins, comme la simple expression de dispositions biologiques, mais comme un ordre de phénomènes relativement autonomes, interagissant avec les gènes dans un processus coévolutif. L'idée générale de la coévolution gène/ culture, telle que l'entend E.O. Wilson, peut se résumer ainsi : la sélection naturelle favorise l'acquisition, par les gènes porteurs de certaines aptitudes, des comportements culturels (aptitude à l'apprentissage, création d'outils, maîtrise du langage, conduites sociales, etc). Les cultures humaines qui se développent à partir de ce fonds d'aptitudes (génétiquement programmées) influent en retour sur la sélection des gènes porteurs de ces comportements (4). E.O. Wilson en donne l'exemple suivant. La peur et la fascination face aux serpents résultent en partie d'un instinct inné chez la plupart des mammifères. Chez les humains, la transmission de la peur du serpent se fait autant par le relais de la culture que par instinct : de nombreuses sociétés ont construit des mythes autour du serpent comme représentant du mal. L'adoption de ce « culturegène » (peur des serpents) favorise donc la fuite face aux serpents, et les sociétés qui adoptent et transmettent le mieux ces « culturegènes » ont une meilleure chance de survie. Il y a donc coévolution entre gène/culture. Toutefois, même si la culture intervient ici dans le processus de sélection des aptitudes, elle constitue en définitive le relais ou l'accélérateur de l'évolution, plutôt que son véritable moteur : en dernière instance, les conduites et les croyances, autrement dit la culture, restent encore sous le contrôle des gènes : les gènes « tiennent en laisse la culture », dit E.O. Wilson.

La seconde tendance rassemble des anthropologues qui, tout en accordant une autonomie réelle à l'évolution culturelle, s'efforcent de dresser une typologie des relations possibles entre gènes et unités culturelles - ou mèmes - et proposent des études empiriques illustrant les modèles ainsi élaborés. L'Américain William H. Durham, en particulier, distingue deux grands cas de figures (5) : d'un côté, les modes de relation gène/culture dans lesquels l'évolution biologique et l'évolution culturelle agissent et réagissent l'une sur l'autre, comme dans le cas de l'absorption du lactose chez les adultes (une majorité d'humains est incapable, à l'âge adulte, de digérer le lait, cette affection frappant surtout dans les pays n'ayant pas de tradition de consommation de produits lactés) ; de l'autre, les situations dans lesquelles la culture change principalement sous l'effet de sa dynamique propre.

Trois cas doivent être distingués, selon W.H. Durham, dans ce second sous-ensemble : le « renforcement » de la dynamique culturelle par la dynamique génétique - dont l'évolution culturelle du tabou de l'inceste constitue, aux yeux de l'anthropologue américain, le meilleur exemple -, la « neutralité » et, enfin, l'« opposition » - que l'on peut observer en particulier chez les Fores de Nouvelle-Guinée. Les pratiques cannibales, culturellement valorisées dans la société Fore, auraient ainsi entraîné la diffusion, dans les groupes dont se compose cette société, d'une maladie neurophysiologique mortelle - le kuru, variante ancienne de la maladie de la vache folle - qui décimerait assez régulièrement une partie de la population.

Depuis le début des années 80 s'est dessiné en anthropologie un autre courant darwinien, qui s'inscrit dans le prolongement des thèses psychologiques développées dans le cadre des sciences cognitives. Les représentants de ce courant, en particulier l'anthropologue Dan Sperber, considèrent, comme les théoriciens des mèmes et la plupart des théoriciens de la coévolution, que l'évolution culturelle obéit à une logique de diffusion qui rappelle celle des épidémies. Aux yeux de D. Sperber, les idées et représentations se répandent d'un cerveau à l'autre par une sorte de contamination. D'où le titre de son livre : La Contagion des idées (6). Toutefois, les anthropologues dont il est ici question marquent très nettement leur distance à l'égard des divers modèles appuyés, d'une manière ou d'une autre, sur l'idée de réplicateurs culturels, et leur adressent de nombreuses critiques. D. Sperber, notamment, fait remarquer que la diffusion des unités culturelles ne s'effectue que rarement selon une réplication à l'identique. Le plus souvent, en passant d'un cerveau à l'autre, les idées sont transformées. Une telle instabilité interdit de concevoir les représentations culturelles comme des réplicateurs. En réalité, souligne ainsi D. Sperber, la transformation, et non la réplication, constitue la loi générale de la transmission culturelle.

Selon D. Sperber, si certaines représentations culturelles possèdent une certaine stabilité, c'est en vertu de l'existence « d'attracteurs culturels ». L'histoire du Petit Chaperon rouge, par exemple, subit d'incessantes modifications en passant d'un individu à un autre, d'un individu à un livre ou d'un livre à un individu. Ces changements qui s'ajoutent les uns aux autres n'entraînent pas, toutefois, de modifications telles que la version obtenue après plusieurs transmissions n'ait plus rien à voir avec la version initiale : tout à l'inverse, les différentes versions se maintiennent autour d'un contenu standard moyen, sans jamais, toutefois, lui être identique. Cette stabilité des représentations culturelles s'explique, selon D. Sperber, par le caractère « attractif » de telles versions moyennes.

Mais d'où vient le pouvoir attracteur de ces représentations ? Pourquoi telle ou telle idée prendrait plus d'importance que d'autre, se reproduirait avec plus de facilité ? Sur ce point, D. Sperber reprend les thèses de la psychologie évolutionniste inspirée par les sciences cognitives, en particulier les travaux de John Tooby et Leda Cosmides (voir l'article en p. 37).

Un ensemble hétérogène

De la sociobiologie humaine aux théories de la coévolution gène/culture, de la théorie des mèmes à l'anthropologie cognitive, les modèles qui s'inspirent aujourd'hui de Darwin en sciences sociales sont fort divers. Parfois même, ils sont opposés les uns aux autres dans leurs principes et leurs conclusions. En tout cas, ils sont bien loin de se réduire au seul modèle réductionniste de la sociobiologie humaine. Ces théories apparaissent plutôt comme des reformulations, dans le langage des sciences de la vie, de quelques grands modèles sociologiques traditionnels.

Parmi ces différents modèles néodarwiniens, tous n'ont pas la même qualité scientifique. Certains relèvent de spéculations sommaires et à forte charge idéologique. C'est le cas de bien des études qui jalonnent la littérature sociobiologique consacrée à l'homme (7). D'autres, comme celui de W.H. Durham, constituent des modèles élaborés et complexes. La communauté ou la ressemblance de vocabulaire ne doit pas tromper sur la nature de ces différents modèles. Il est important d'analyser chacun d'entre eux à part, dans sa spécificité, et de se demander, dans chaque cas, si l'on a affaire à une reformulation théorique originale et suffisamment solide pour être discutée, ou à un simple habillage lexical, destiné à donner l'allure de la science à des vues stériles."


NOTES


1 E.O. Wilson, La Sociobiologie (trad. de l'édition abrégée de Sociobiology: The new synthesis, 1975), Le Rocher, 1987.

2 R. Dawkins, Le Gène égoïste (1re édition anglaise en 1976, revue et augmentée en 1989), Odile Jacob, 1996.

3 D. Guillo, Sciences sociales et sciences de la vie, Puf, 2000.

4 C.J. Lumsden et E.O. Wilson, Genes, Mind, and Culture. The coevolutionary process, Harvard University Press, 1981.

5 W.H. Durham, Coevolution. Genes, culture and human diversity, Stanford University Press, 1991.

6 D. Sperber, La Contagion des idées, Odile Jacob, 1996.

7 R. Wright, L'Animal moral, éd. Michalon, 1995.
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Published by Merlin le zététicien des Mèmes - dans Mémétique appliquée
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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 12:08

  DIABÈTE ET OBÉSITÉ

 


  Les mutations du gène ENPP1 :

 

Le gène ENPP1 est en train de faire des dégâts dans nos sociétés développées occidentales où la nourriture abonde mais aussi dans lesquelles les habitudes alimentaires s'orientent vers des pratiques anarchiques de grignotage de n'importe quoi n'importe quand. Cette pandémie semble aussi se répandre dans des pays en développement grâce à l'importation de surplus alimentaires en provenance des pays développés. On évoque pour ce gène le concept de diabésité car il est à la fois à l'origine de l'obésité (y compris celle de l'enfant) et du diabète sucré ou diabète de type 2.

 

Qu'en est-il au départ ?

 

Au début de la Révolution Néolithique, les hommes se sont progressivement trouvés contraints à modifier leurs habitudes alimentaires : de chasseurs-cueilleurs, ils sont devenus agriculteurs et éleveurs... Mais de nombreux aléas climatiques (inondations, sécheresses ou autres catastrophes naturelles) les ont trop souvent mis en situation de manque, de famine, de disettes. Il a été inévitable que des adaptations évolutives leur permettent de résister et de survivre. Il semble que le gène ENPP1 ait subi à cette époque des mutations qui se sont trouvées favorables à ceux qui en avaient été touchés et à une partie de leur descendance. ENPP1 est indiscutablement un déterminant génétique commun à l'obésité et au diabète. On peut parler d'un gène de la "diabésité". Or ce gène semble avoir subi trois mutations qui lui conférent ses caractéristiques.

Durant des millénaires, manger à sa faim n'a pas toujours été la chose la plus courante.

 

Diabésité

  link (Vers le Power point) 

 

Depuis les premiers moments de l'apparition de l'Homme, il lui a été indispensable de lutter et de dépenser beaucoup d'énergie physique à la recherche sa nourriture., pour partie en chasses et d'autre part en cueillettes. Quand il trouvait ce qu'il lui fallait, il n'hésitait pas à se nourrir d'abondance en pensant aux jours à venir qui pourraient être maigres.

Gérard SLAMA, professeur de médecine à l'Hôtel Dieu de Paris,  présente une hypothèse qui postulerait que ces mutations du gène ENPP1 auraient été favorables à la survie de l'humanité. pendant des milliers d'années... Mais aujourd'hui - compte-tenu de conditions de milieu radicalement changées - ce serait devenu au contraire une prédisposition à une redoutable maladie. En Europe, le diabète touche 25 à 30 % des sujets de 65 ans ou plus.

L'insulinorésistance qui s'ensuit est génétiquement déterminée. On a localisé cette anomalie sur la région chromosomique 6q liée à la « diabésité », du gène ENPP1 qui code pour un inhibiteur du récepteur de l’insuline.

Les chercheurs soupçonnent quatre régions du génome, qui seraient localisées situées sur les chromosomes 6, 8, 10 et 20, et qui présentant des liaisons génétiques redondantes tant pour  l’obésité que le DT2, suggérant que dans ces régions pourraient se trouver des gènes ou packs de gènes responsables de cette pathologie.Mais d'autres chromosomes seraient impliqué : les numéros 2, 6, 15, 16, 17 et 19, le plus fort signal de liaison se situant dans la région 6q 22.31-q23.2. (Chromosome 6.)

  ENPP1  (Détails)

  Les personnes qui actuellement sont porteuses de ces mutations sont à contre-temps et on peut considérer que nous sommes avec ce gène de la diabésité dans une impasse de l'Évolution. Ces "mutants" devront donc manger moins, manger mieux, bouger plus et finalement se soigner avec les nouvelles techniques thérapeutiques qui seront mises à leur disposition.

À moins que ne reviennent de nouvelles périodes de famines, de disettes ?


Je me souviens que - dans la première partie du XXème siècle encore - les gens 'bien en chair' étaient enviés et considérés comme ayant en eux un gage de bonne santé et de longévité associé à celui  d'être à l'abri en cas de famine ou de manque de nourriture. Aujourd'hui, on a plus de considération pour les top models plus ou moins anorexiques qui se contentent d'une pomme ou d'un yaourt par repas : les temps changent !

Les gènes aussi mais beaucoup plus lentement...


 

Des recherches sur l'obésité

 

"À l'Hôpital Necker, Daniel Ricquier, professeur et directeur du Centre de recherche sur l'endocrinologie moléculaire et le développement, travaille également sur le tissu adipeux, et plus précisément, sur les différences entre les deux types d'adipocytes qui le composent : les adipocytes blancs qui stockent les graisses pour résister au jeûne et les adipocytes bruns qui sont capables d'oxyder les graisses et de les transformer en chaleur. « Chez les animaux, ces derniers sont très importants pour lutter contre le froid ou pour réchauffer leur corps lors du réveil qui suit l'hibernation, explique le chercheur. Mais chez l'homme, ce tissu n'existe pratiquement plus, sauf chez le bébé à la naissance où il semblerait prêt à fonctionner comme une sécurité dans le cas d'un refroidissement brutal. »

Cependant, de récents travaux réalisés chez les rongeurs montrent que le tissu adipeux brun pourrait aussi contribuer à la thermogenèse alimentaire. Chez des souris obèses, on a remarqué en effet la faible activité de ce tissu. Mais qu'en est-il chez l'homme ? Est-il encore actif ? « Chez certaines populations qui vivent dans le froid, en Europe ou en Amérique du Nord, des adipocytes bruns ont été mis en évidence », annonce Daniel Ricquier. Mais favorisent-ils pour autant l'oxydation des acides gras ? La question est ouverte et reste une piste intéressante pour le traitement de l'obésité. En effet, il n'est pas inenvisageable un jour de mettre au point des molécules qui puissent accélérer la combustion énergétique. « Chez un adulte, avec une activité régulière et un poids corporel constant, la totalité des calories alimentaires est dissipée sous forme de chaleur, explique le chercheur. 60 % de ces calories8 sont oxydés par les cellules qui ont besoin d'énergie pour vivre, se multiplier, bouger, accomplir leurs tâches. Mais si le corps ne dépense pas les 40 % restant, le poids s'accroît9. »

Pourquoi ? Les molécules carbonées – glucose, acides gras et acides aminés – produisent, lors de leur transformation, de la chaleur et de l'ATP10, des molécules riches en énergie. L'énergie de l'ATP est ensuite utilisée par les cellules pour leurs travaux. Les chercheurs savent qu'un excès d'ATP favorise le stockage d'énergie sous forme de graisses. Or les adipocytes bruns ont un rendement très faible en ATP et brûlent leurs graisses contrairement aux autres cellules. C'est pourquoi une piste thérapeutique actuelle est la recherche de molécules qui favorisent l'oxydation et réduisent légèrement le rendement en ATP dans les muscles par exemple. De telles molécules auraient peut-être une action anti-obésité. Une autre piste de recherche est de favoriser la population des adipocytes bruns au détriment de celle des adipocytes blancs. L'équipe de Louis Casteilla et de Luc Pénicaud à Toulouse travaille actuellement sur le problème en essayant de prime abord d'identifier ces deux types de cellules au stade préadipocytaire.

Le terrain génétique

Et les gènes dans tout cela ? Sont-ils responsables de l'obésité comme on a pu souvent le lire ? C'est en 1998 que la forme génétique la plus fréquente d'obésité monogène11 est découverte par le Laboratoire de Génétique des maladies multifactorielles de Lille (CNRS–Institut Pasteur) que dirige Philippe Froguel. Mais le fameux gène de l'obésité ne concerne en réalité que 5 % des obèses massifs qui sont porteurs de la mutation. « Ce sont finalement des formes assez rares d'obésité. Il convient de les distinguer des 95 % d'obèses qui souffrent d'une forme commune, multifactorielle et polygénique de la maladie », explique David Meyre, responsable du projet « Génétique de l'obésité infantile » au laboratoire.

Aujourd'hui, son équipe préfère donc se concentrer sur des combinaisons de mutations de gènes à effet modeste et étudier leurs interactions avec des facteurs environnementaux. En 2003, le premier gène d'obésité polygénique a d'ailleurs été identifié dans le laboratoire : le gène GAD212. Comment procèdent les chercheurs ? C'est en partant du génome entier qu'ils détectent des combinaisons de facteurs génétiques liés à l'obésité. « Pour chasser ces gènes, nous préférons désormais travailler sur le génome d'enfants obèses parce qu'ils ne sont pas encore atteints par des complications médicales, explique Philippe Boutin, ingénieur de recherche CNRS du laboratoire. C'est pourquoi depuis 1997, nous recrutons des familles dont au moins un enfant – et de préférence deux – est obèse. Notre objectif est d'obtenir, à terme, au moins mille familles avec obésité infantile, pour identifier de manière exhaustive les gènes de prédisposition dans la population française ». Une fois l'ADN récupéré, les chercheurs visent des gènes sur une région précise d'un chromosome qui se distingue par une forte ressemblance génétique entre enfants apparentés. C'est de cette façon qu'ils viennent d'identifier sur une région du chromosome 6 une forte liaison avec l'obésité infantile13. Et ces gamins avaient une glycémie plus élevée que les autres. « Nous avons donc recherché sur ce chromosome des gènes impliqués dans les voies de signalisation de l'insuline et nous sommes aperçus que le gène ENPP1 codait pour un inhibiteur du récepteur de l'insuline », explique David Meyre. Cette surprenante découverte montre qu'une des causes de l'obésité serait, dès la naissance et certainement dès la période fœtale, une résistance à l'insuline. Et on le sait désormais, une personne insulinorésistante va produire dans un premier temps une grande quantité d'insuline. Une surproduction qui serait impliquée dans le stockage de graisse dans les adipocytes.

Ce résultat, parmi les autres14, confirme qu'une approche polygénique est primordiale pour essayer de comprendre toute la complexité de la maladie. « Mais il faut être clair, affirme David Meyre. La prédisposition génétique ou les mutations ne peuvent pas expliquer à elles seules la prévalence actuelle de l'obésité. D'autre part, plus le nombre de gènes impliqués sera important, plus il sera difficile de mettre un traitement au point. Car à chaque obésité correspondra alors une combinaison particulière de facteurs de risques : pour certains, cela va jouer sur la prise alimentaire, pour d'autres sur la sécrétion d'insuline, pour d'autres encore, sur la fonction des adipocytes. » Le mythe d'un gène de l'obésité est bien loin."

 

 Origines bio de l'obésité (Texte de Fabrice IMPERIALI)

 

Pas si sûr ! Et si les hommes de la préhistoire avaient développé (pour certains) une aptitude à stocker des graisses pour résister aux hivers très rigoureux qui se sont répétés jusqu'à la dernière glaciation ?

 

 

 

http://www-good.ibl.fr/accueil/presse/html/campagne-obe-0108/DNID_diabesite_genotype_econome.htm 

  (Par Philippe FROGUEL)

 

 

Fatigué en hiver, sommeil un peu plus long (on dort en moyenne 1/2h à 1h de plus les mois d'hiver),  ne seriez-vous pas en train d'hiberner, enfin d'hiverner, comme l'ours polaire?

Un chercheur toulousain Christian Bourbon, médecin spécialiste du sommeil au CHU de Toulouse soutient cette hypothèse.


L’explorateur Stéphane Lévin s’est prêté à cette étonnante expérience : muni de capteurs avant et après son expédition, il a dû passer 5 mois en Arctique  seul, dans l’obscurité, trois mois et demi sans soleil à des températures de -40°C.


Les données récoltées lors de cette expéditions montrent, plus encore que le facteur solaire, que la température ambiante agit sur notre sommeil. "Elle est capable de déclencher une réponse conduisant à des nuits de seize à dix-huit heures de sommeil et à une augmentation de 75 % de la somnolence pendant la journée" explique Christian Bourbon. Comme l’ours polaire, pendant l’hibernation, Stéphane Lévin alterne de nombreuses phases d’éveil et de sommeil.


Source l'article de Maxiscience

Déjà en 1931,  Le professeur Jean Lhermitte rapportait dans son petit ouvrage « Le sommeil » une observation faite par un médecin russe le Dr Volkov qui décrivait le sommeil hibernal des paysans russes où pendant 4 à 5 mois lors de l’hiver le plus rude,  le paysan et sa famille se mettaient « en couchée ». « La maison est  plongée dans l’obscurité et le silence… Le sommeil ne s’interrompt que pour des motifs impérieux ; aussitôt que les dormants ont satisfait  à leurs besoins les plus immédiats, tout se replonge dans un silence de mort ».

 

Ce comportement a été également rapporté dans d’autres régions polaires, où les habitants n’avaient guère le choix pour survivre. Ainsi ils  essayaient de tromper leur faim et d' éviter de souffrir du froid.  Il est bien évident qu’on s’éloigne du sommeil normal pour se rapprocher du sommeil hibernal de l’ours qui se met en situation d’économie pour survivre au manque de nourriture lié à la saison hivernale.

Ce qui confirme l’adage « qui dort dîne ». (nb: en fait cette adage n'a rien à voir... C'était l'obligation faite aux clients des auberges de prendre un repas s'ils souhaitaient dormir sur place 

L'homme a-t-il des capacités d'hibernation résiduelles  (Lien vers l'article entier)

 

"L’homme possède-t-il une capacité latente à hiberner qui ne demande qu’à être développée? Le British Medical Journal rapporte qu’il y a un siècle, les paysans de la région de Pskov, dans le nord-ouest de la Russie «adoptaient l’expédient économique» de passer la moitié de l’année à dormir:

«Dès la première chute de neige, toute la famille se rassemblait autour du fourneau, s’allongeait, et cessait de se battre avec les problèmes existentiels, pour aller tranquillement dormir. Une fois par jour, chacun se réveillait pour manger un morceau de pain dur… Après six mois de cette existence au repos, la famille se réveillait, se secouait et sortait pour voir si l’herbe avait poussé."

 

Homo hibernatus ?  (Lien vers le site source)

 

 

© 14 mai 2011

 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 16:00

 

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Qu’est-ce que la mémétique ? Quels liens avec la communication ? Pascal Jouxtel, co-fondateur de la Société Française de la Mémétique nous donne une définition détaillée de cette théorie et explique ses usages dans le domaine de la communication.

À propos de Pascal Jouxtel, sa vie professionnelle l’a conduit vers le marketing et la sociologie des organisations. Actuellement, il est consultant dans un grand cabinet français dont une des spécialités est le levier comportemental de la performance durable des entreprises.

En apprendre plus sur la mémétique c’est aussi simple que de cliquer ici.

 

Ce que dit Pascal dans la vidéo ci-dessus :

"La mémétique, c'est une théorie de l'autonomie des choses. On dit "La mémétique est à la culture ce que la génétique est à la nature", c'est à dire que c'est une théorie qui tente d'expliquer comment les choses humaines se reproduisent et se propagent pour leur propre compte à travers le tissu de la société. Et donc, ça me permet d'enchaîner directement sur le rapport entre la mémétique et les réseaux sociaux : en fait, la mémétique a beaucoup progressé grâce à l'essor de l'internet. Elle a commencé à devenir importante dans les années 80. Le mot "mème" (le terme 'mème') date de 1976. La mémétique a grandi à mesure qu'on a commencé à envisager d'étendre le modèle évolutionniste darwinien à des formes de vie qui n'étaient pas biologiques, un vivant qui peut être informationnel, qui peut être ... de civilisation a donné la mémétique. Donc, aujourd'hui - pour moi - la mémétique c'est l'étude de créature culturelles, c'est à dire ce que les gens font tous les jours, ce que vous et moi, nous faisons tous les jours...

La mémétique apporte une nouvelle métaphore : elle apporte une nouvelle paire de lunettes et de nouveaux outils, de nouveaux modèles pour comprendre ce qui se passe dans le monde et notamment des choses qui se passent dans le monde aujourd'hui et qui ne s'étaient jamais passées avant. Par eemple, le tissu social : aujourd'hui, avec Internet, le tissu social n'est plus du tout ce qu'il était. Les individus sont de plus en plus reliés entre eux, c'est à dire qu'il se crée une couche de communication entre les gens et, ce nouveau tissu social, aucune science humaine n'a jamais apporté des outils pour l'étudier ou pour l'expliquer parce que ça ne s'était jamais produit auparavant et donc, la mémétique considère ce tissu social comme une sorte de nouveau terrain d'évolution, une sorte de nouvelle niche écologique où de nouvelles habitudes, de nouvelles façons de vivre, de nouvelles pratiques, de nouveaux gestes, de nouveaux rites et tout un nouveau vocabulaire sont en train de naître. C'est un peu comme si on avait découvert un nouveau continent, et sur ce nouveau continent eh bien il y a une théorie évolutionniste qui étudie les créatures ... de ce continent.

Une des choses que la mémétique nous apprend, c'est que utiliser un objet qui est voyant et qui donc permet d'augmenter votre visibilité en société se reproduit : par exemple, un téléphone portable. Et, dans le nouveau territoire de l'Internet, il y a une faune nouvelle qui est en train de se reproduire à toute vitesse, c'est ce qui s'appelle de près ou de loin "partager du contenu". C'est à dire que, lorsque je vois quelqu'un sur FaceBook - un de mes amis - qui a déposé des photos, je dis "Ah, moi aussi je vais faire pareil, je vais mettre des photos !" Et si vous regardez bien, à chaque fois que vous passez votre souris sur un contenu (photo, texte, etc...) vous avez des petits menus contextuels qui disent "Ah, vous pouvez le partager sur..." (plein de petites icônes s'ouvrent) et si vous vous souvenez bie, il y a encore deux ans, il y avait deux ou trois petites icônes de cette sorte qui apparaissaient sous votre souris quand vous le faisiez. Et aujourd'hui, il y en a à peu près douze ou quinze.

Ces choses-là se reproduisent de façon autonome, de façon naturelle, pour leur propre compte, comme s'il s'agissait d'espèces vivantes qui utilisent quoi ? qui utilisent le temps de cerveau et tout ce qui est capable de se nourrir de temps de cerveau et de l'attention à la fois des individus et des groupes aussi de l'attention partagée eh bien ces choses sont capables de se reproduire et de proliférer..."

 

 


Juste une remarque : "Ces choses-là se reproduisent de façon autonome, de façon naturelle, pour leur propre compte, comme s'il s'agissait d'espèces vivantes".

Voilà une curieuse façon de dire que les gestionnaires de FaceBook ou autres réseaux sociaux ajoutent des icônes pour augmenter le traffic et le buzz sur leurs sites car plus il y aura de mouvement, de copies et de réplications, de partages comme ils disent, plus ils gagneront en audience et en bénéfices ! Tout simplement !

 


L'article de Pascal JOUXTEL sur le Larousse encyclopédique contributif.

 

Mémétique
Publié le:16/11/2008

Tentative de définition par un méméticien


Les mots "mème" et "mémétique" ne figurent à ce jour dans aucun dictionnaire de la langue française.

 

La mémétique est un théorie évolutionniste des phénomènes culturels humains.

Le mot "culturel" est ici pris par opposition à "naturel". Il englobe tout ce qui s'est ajouté, à travers l'homme, à ses diverses façons d'exister, en plus de sa condition naturelle d'origine.

La théorie évolutionniste étendue nous fait dire, quant à elle, que tout système autonome, capable de générer des instances ressemblantes de lui-même (nommées véhicules, créatures ou interacteurs) présentant entre elles des différences quant à leur capacité d'interagir avec l’environnement, évoluera naturellement, au fil des générations, dans le sens d'une adaptation progressive à cet environnement.

Voyons de quels phénomènes ils s'agit.

 

Champ d'observation et d'étude

La mémétique est une approche transdisciplinaire qui prend le parti d'étendre le vivant au-delà du strict règne biologique. Elle étend la notion de "vivant" à tout ce qui constitue la sphère d'activité humaine, notamment les techniques et les idées.

Au regard de la théorie mémétique, la sphère - considérée comme unique - des techniques et des idées inclut aussi l'économie, les arts, les religions et les lois. Les phénomènes - impliquant des humains - qui se produisent dans cette sphère sont considérés de plein droit comme des phénomènes naturels non biologiques. Ces phénomènes font appel au potentiel de désir, de réflexion et d'action des humains, mais leur existence ne dépend pas d'une quelconque volonté ou responsabilité, individuelle ou collective.

Les phénomènes qui relèvent de la mémétique sont donc de nature événementielle et transpersonnelle. Ils traduisent "ce qui se reproduit", c'est-à-dire la relation entre des personnes et des techniques. Exemple : deux personnes font une heure de footing le dimanche matin dans un parc, en ville. La créature "nait" au moment où les deux personnes se mettent à trotter côte à côte et "meurt" lorsqu'elles se séparent.

Les méméticiens nomment habituellement "pré-instanciation" ce qui se produit entre le moment où la possibilité de passage à l'acte pour cette instance donnée est envisagée et le moment, porteur d'une certaine irréversibilité, où la créature mémétique se manifeste. La pré-instanciation correspond, dans le vivant biologique, aux périodes transitoires telles que la gestation, les états larvaires et toutes les formes d'ontogénèse.  

Les créatures ou véhicules qui rendent possible l'expression, la sélection à travers l'épreuve de vie, et la reproduction des codes culturels reproductibles ou mèmes, sont les solutions (de connaissance ou d'action) mises en oeuvre par l'homme.

Le mème exprimé par "porter des baskets" ainsi que le mème exprimé par "être à deux dans un parc" sont communs à cette solution particulière et à d'autres. 

Les véhicules mémétiques se regroupent en familles de solutions comparables  que l'on peut tenter de classer selon diverses formes de taxonomies pour rendre compte d'une phylogénèse.

Exemple : loisirs collectifs >> activités physiques >> entrainement informel >> footing du dimanche. 

 

La mémétique en tant que discipline

La discipline dont il est question est la mise à l'épreuve de la théorie mémétique ainsi que son utilisation pour re-percevoir le monde. La discipline mémétique est avant tout un changement de regard.

Le terme anglais "memetics" aurait été suggéré en 1982 par un lecteur de la rubrique de Douglas Hofstadter, Metamagical Themas, dans la revue Scientific American.

Le mot "mémétique" est construit sur le modèle du mot "génétique", en utilisant le radical "mème" proposé par Dawkins, lui-même inspiré de "gène", du grec mimesis (imitation) et du français "même" pour représenter l'idée d'un code culturel élémentaire reproductible et imitable. Pour autant, la mémétique n'est pas une simple analogie, mais plutôt un chantier de rénovation de notre façon de percevoir ce que nous sommes et ce que nous faisons, ou plus exactement ce qui se fait par nous.

La mémétique se distingue nettement de la sociobiologie, laquelle s'intéresse aux influences du génome d'une espèce animale sur les comportements sociaux de cette espèce.

 En terme philosophiques, la mémétique s'apparente davantage à une épistémologie (modélisant l'évolution de ce que l'on tient pour vrai) qu'à une ontologie (qui indiquerait la nature essentielle des choses). En particulier, le fait que la définition "officielle" des mèmes dans la langue française ne soit pas encore reconnue, alors qu'elle l'est dans la langue anglaise depuis 1996, ne constitue pas un obstacle majeur à l'investissement intellectuel dans la recherche mémétique.

Elle est pourtant assez facile à donner : 

 

Mème, n. m.

 Elément de code culturel reconnaissable et reproductible.

 

Etat de l'art en matière de définition publique.

Le plus probant est de voir ce qui n'appartient plus à aucun auteur en particulier, mais traine librement sur le web de mise à jour en mise à jour. Voici une présentation anonyme qui synthétise l'essentiel des idées reçues actuelles et comporte un certain nombre d'erreurs, comme par exemple d'attribuer la paternité du mot "mémétique" à R.Dawkins.

La vision des mèmes qui ressort de la liste d'exemples est à mon sens erronée car trop limitative.  Imaginez ce que pourrait être une liste d'exemples de gènes, et comparez.

 

 (Pascal Jouxtel dans l'encyclopédie contributive Larousse.)

 

 

L'article de Pascal

 

 

 

 

 

http://www.fra.eu/mmtique_fr.html

 


 

 

 

Qu'est-ce qu'un mème ?

On comprend clairement que chacun donne sa définition d'un mème en fonction de ses représentations personnelles, et c'est bien normal qu'il en soit ainsi jusqu'à ce qu'on aille débusquer leur trace là où ils ont laissé une empreinte.
Et le livre alors ?

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28 novembre 2005

clspg.jpg     clsp.jpg    clsp-pj.jpg

C'est koi ÇA ?

   Oh, c'est un ensemble de recettes bien décortiquées parues le 27 octobre dernier pour faire pousser des mèmes sur toutes sortes de terrains.
   Ça s' intitule "Comment les systèmes pondent" et celui qui l'a... pondu s'appelle Pascal  JOUXTEL* aux éditions 'Le pommier'. Ainsi, après la pomme vous aurez aussi les pépins et vous pourrez les semer pour qu'ils pondent de nouveaux pommiers.

Je zoome un peu si vous voulez mieux voir ?

L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/clspg2.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.

   Je ne vous raconte pas, non ! Ce n'est pas un roman...
De la science fiction ? Que nenni ! Plutôt de la science-frictions avec beaucoup de questions à la clef.

   Bon ! Voilà : CLSP c'est une somme de travail importante, un gros bouquin de plus de 330 pages qui explique comment les objets de culture se reproduisent dans le microcosme d'un certain Homo sapiens. C'est un exposé clair, documenté, humoristique parfois et jamais ennuyeux de ce qu'est ou pourrait devenir la mémétique francophone. C'est très bien écrit, logique et bien construit !
Je considère à présent davantage cet ouvrage qui se veut être "Une introduction à la mémétique" comme un bloc de réflexions que l'on peut consulter dans tous les sens et, si le coeur vous en dit, on peut y saisir au hasard - comme on lirait des versets du Coran - quelques paragraphes édifiants comme par exemple à la page 287 (je jure que j'ai utilisé la fonction randomize !), là où Pascal parle "du premier présent que l'on offre à un enfant : un nom ! L'auteur ne fait pas allusion aux modalités de réplication du code, de ce prénom donné en "baptême" à chaque gamin qui vient de naître, mais les règles qui avaient cours jusqu'à la moitié du XXème siècle étaient alors immuables, tant dans le choix du premier prénom que dans l'ordre des suivants...

Lire ce message

Au sujet des mèmes de la soupe, je voudrais ajouter quelques éléments : je confirme que dans l'élaboration de cet objet culturel précieux et si sympathique, le feu est l'élément sans lequel rien de ce qui ressemble à une soupe ou à un potage ne se serait produit.
Pascal Jouxtel évoque successivement
- un mème symbolique, celui de la convivialité et du partage autour d'un plat qui rassemble le groupe, la famille. Que d'expressions familières avec le mot soupe ! Mais curieusement c'est peut-être l'une des soupes les plus simples qui est la plus conviviale et la plus... festive : je veux parler de la soupe à l'oignon !
- un mème logique qui donne des justifications ou des explications autour de cette pratique culinaire : pourquoi ? comment ? Quelles conditions matérielles, circonstancielles et environnementales président à la confection d'une soupe ?
- un mème pratique qui énonce le code en sollicitant la mémoire sémantique et un peu la mémoire épisodique.
- un mème neuronal qui regroupe les états émotionnels, les procédures mémorisées et qui est un engramme neuro-chimique bien circonscrit.

L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/pascal.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.

Pascal ? C'est une soupe aux oignons
ou une omelette norvégienne ?

 

    En fait, je considère personnellement que c'est ce mème neuronal qui est le détenteur et l'enveloppe des quatre mèmes dont parle Pascal, car il traite en des lieux divers du cortex tous les aspects de l'information culturelle soupe.

    Pour en finir (juste pour aujourd'hui) je voudrais dire que cet ouvrage est à lire absolument. Je ne dirai pas que je partage tous les points de vues qu'expose le président de l'AFM*, mais il ouvre des horizons et des champs de réflexion sur ce que pourrait être la mémétique et c'est une quête formidable qui se prépare...


    Ma plus grosse objection à cette vision de la transmission de tous les patterns de culture tient au fait qu'elle réduit le libre-arbitre de l'homme à zéro ou quasiment et que Pascal considère les humains comme étant juste un terrain de propagation pour les mèmes de toutes sortes... Une maison accueillante ! Un home douillet.
    Je considère pour ma part que les mèmes sont des créations humaines et que c'est essentiellement la volonté et l'énergie que les hommes déploient pour les faire fructifier qui permet leur propagation. Je dirais même que le succès de certains mèmes est proportionnel à la somme des énergies dispensées pour les faire valoir. Or, l'énergie à dispatcher n'est  pas dans les mêmes résidents mais dans les potentialités neuro-chimiques et notamment neuro-hormonales des êtres humains. Appelons cela personnalité, motivation, pugnacité, comme on veut. Mais ce ne sont pas des mèmes, juste des gènes ou leurs expression sociale et personnelle, aussi magnifiquement surprenante que le sont les fractales tant il est vrai que le fonctionnement du cerveau humain est chaotique, à l'unisson de tout ce qui s'agite dans l'univers.

* Pascal Jouxtel  (Pascal est un prénom d'agneau mais si vous trouvez la signification onomastique du patronyme Jouxtel, je vous envoie un mème gratuit... Jean Tosti ne l'évoque même pas !)
Je propose donc, par parenté avec le verbe de langue normande "joster" Jouxtel = joueur invétéré ??? Peut-être joue-t-il avec les mêmes mèmes que nous-mêmes ?
À moins que ce ne soit le mot latin "juxta" qui soit son mème lexical originel, auquel cas s'il jouxte, c'est qu'il est un voisin... Mr Jouxtel est donc un parent sémantique de Mr Voisin ?
En tout cas, c'est un patronyme assez ancien, comme le mien !



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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:10


CONFÉRENCE DE JEAN DECETY





DORIS BISCHOF-KHOLER



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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:09

 

Nous n'avons pas de vidéo d'époque hélas ;o(( mais peut-être une indication avec Pierre HANTAÏ et son clavecin :

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:07

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Les neurones miroirs désignent une catégorie de neurones du cerveau qui présentent une activité aussi bien lorsqu'un individu (humain ou animal) exécute une action que lorsqu'il observe un autre individu (en particulier de son espèce) exécuter la même action, d'où le terme miroir.

En neurosciences cognitives, ces neurones miroirs sont supposés jouer un rôle dans des capacités cognitives liées à la vie sociale notamment dans l'apprentissage par imitation, mais aussi dans les processus affectifs, tels que l'empathie.

Les neurones miroirs sont considérés comme une découverte majeure en neurosciences. Si, pour certains chercheurs[1], ils constituent un élément central de la cognition sociale (depuis le langage jusqu'à l'art, en passant par les émotions et la compréhension d'autrui), pour d'autres[2], ces conclusions restent très hypothétiques étant donné l'absence de preuves directes concernant le rôle de ces neurones dans ces processus psychologiques.

Sommaire

[masquer]

Découverte [modifier]

L'identification de neurones miroirs au cours des années 1990 est due à l'équipe de Giacomo Rizzolatti, directeur du département de neurosciences de la faculté de médecine de Parme[3],[4].

Ils ont d'abord été observés dans le cortex prémoteur ventral du singe (aire F5) mais aussi, par la suite, dans la partie rostrale du lobule pariétal inférieur. Ce type de neurones a également été trouvé chez certains oiseaux où ils sont activés à la fois lors du chant et lorsque l'animal écoute un congénère chantant[5].

Chez l'Homme, il n'existe pas de preuve directe de l'existence de neurones miroirs. Néanmoins, étant données les nombreuses homologies entre les cerveaux des différents primates, il est admis que de tels neurones doivent aussi exister chez l'espèce humaine. En outre, par imagerie cérébrale fonctionnelle (tomographie par émissions de positons ou imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, par exemple), il est possible de montrer que dans certaines régions du cortex cérébral (notamment autour de l'aire de Broca, homologue à l'aire F5 du singe, et au niveau du cortex pariétal inférieur), il est possible d'observer une activation à la fois quand l'individu produit une action et lorsqu'il observe un autre individu exécuter une action plus ou moins similaire. Mais, étant donné la résolution spatiale de ces techniques, rien ne permet d'affirmer que ces activations proviennent exactement des mêmes neurones et non pas de deux populations de neurones entremêlées[6]. Par précaution, on utilise donc parfois les termes « système miroir » ou « système de neurones miroirs » plutôt que « neurones miroirs » pour désigner ces aires fonctionnelles.

Propriétés fonctionnelles des neurones miroirs [modifier]

La particularité de ces neurones tient au fait qu'ils déchargent des potentiels d'action pendant que l'individu exécute un mouvement (c'est le cas pour la plupart des neurones du cortex moteur et prémoteur) mais aussi lorsqu'il est immobile et voit (ou même entend) une action similaire effectuée par un autre individu, voire seulement quand il pense que ce dernier va effectuer cette action. Les neurones miroirs sont donc définis par deux propriétés :

  • leur caractère « miroir » : le fait qu'ils réagissent aussi bien aux actions de soi que d'autrui
  • leur sélectivité : chaque neurone ne répond qu'à un seul type d'action, mais ne répond pas (ou peu) quand il s'agit d'un autre geste. Par exemple, un neurone sensible à un mouvement préhension de la main ne réagira pas si l'individu effectue un autre geste (comme une extension des doigts) ou si cet autre geste est effectué par un autre individu.

Rôle des neurones miroirs [modifier]

Empathie [modifier]

Un certains nombre de chercheurs (comme Frans de Waal[7], Jean Decety[8] et Vittorio Gallese[9]) ont proposé que les neurones miroirs jouent un rôle important dans l'empathie, c'est-à-dire dans la capacité à percevoir et reconnaître les émotions d'autrui, notamment sur la base du fait qu'un système miroir semble exister pour les émotions : par exemple, la partie antérieure du lobe de l'insula, est active aussi bien quand la personne éprouve du dégoût que lorsqu'elle voit quelqu'un exprimant du dégoût.

L'interprétation de ces données est donc que le système miroir des émotions permet de simuler l'état émotionnel d'autrui dans notre cerveau et donc de mieux identifier les émotions éprouvées par les individus de notre entourage.

Néanmoins, ces interprétations sont très débattues car le système miroir mis en évidence pour les émotions est très différent de celui qui a été identifié chez le singe, en utilisant des actions motrices. Établir un lien entre ces deux systèmes reste donc très spéculatif.

Autisme [modifier]

Des anomalies du fonctionnement du système miroir auraient été retrouvées chez des autistes[10].

Références [modifier]

  1. « [Les neurones miroirs] sont les promoteurs du langage, ils expliquent pourquoi nous parlons avec nos mains. Ils rendent compte de l'expression des émotions ; ils sont le mécanisme de notre compréhension d'autrui », in Les neurones miroirs, de Giacomo Rizzolatti et Corrado Sinigaglia, Editions Odile Jacob, traduit par Marilène Raiola, Paris 2007.
  2. (en) http://www.cognitionandculture.net/index.php?option=com_content&id=223 [archive]
  3. Rizzolatti, G. et al. (1996) Premotor cortex and the recognition of motor actions Cognit. Brain Res. 3, 131–141
  4. Les neurones miroirs, G Rizzolatti, L Folgassi, V Gallese, Pour la Science, Janvier 2007, p 44-49
  5. http://www.nature.com/nature/journal/v451/n7176/abs/nature06492.html [archive]
  6. Dinstein I, Thomas C, Behrmann M, Heeger DJ, « A mirror up to nature », dans Curr Biol, vol. 18, no 1, 2008, p. R13–8 [lien PMID [archive] lien DOI [archive]] 
  7. Preston, S. D., & de Waal, F.B.M. (2002) Empathy: Its ultimate and proximate bases. Behavioral and Brain Sciences, 25, 1-72.
  8. Decety, J. (2002). Naturaliser l’empathie [Empathy naturalized]. L'Encéphale, 28, 9-20.
  9. Gallese, V., & Goldman, A.I. (1998). Mirror neurons and the simulation theory. Trends in Cognitive Sciences, 2, 493-501.
  10. Les miroirs brisés de l'autisme, V Ramachandran, L Oberman, Pour la Science, janvier 2007, p 50-57

Lien externe [modifier]

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:06
    J'adore l'oeuvre de Vincent Van Gogh et j'aime beaucoup les tableaux de mon 'pays' Jean-François Millet. Mais de ces deux peintres si talentueux, lequel fut le maître de l'autre ?

   Il n'est pas inutile de savoir que c'est en visitant une exposition consacrée à Millet à l'Hôtel Drouot que Van Gogh découvrit sa vocation...
   Pour Vincent, "Millet, c'est Millet le père, c'est à dire qu'il est guide et conseiller en tout pour les jeunes peintres."
  Alors, sur un blog consacré à la mémétique, je ne vais pas manquer de souligner à quel point V VG a copié J-F M :

" Ce n'est pas une copie pure et simple que l'on fait, c'est plutôt traduire dans une autre langue, celle des couleurs, les impressions en clair-obscur en noir et blanc."


L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/milletsieste.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
Jean-François Millet "La méridienne" (1866) crayon noir et pastel    29,2 X 42
Museum of fine arts BOSTON


L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/lavieille.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
La sieste bois gravé de Jacques Adrien Lavieille 14,8 X 22
(Van Gogh s'est servi de ce modèle pour réaliser sa "Sieste")



L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/vincent.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
Vincent Van Gogh "La sieste" (1889-1890) Huile sur toile 75 X 91
Musée d'Orsay PARIS

Voir aussi cet article incontournable de Civetta
(Cliquer sur le lien ci-dessus)

   Bien d'autres oeuvres de Millet seront répliquées par Van Gogh, comme les bêcheurs, le semeur, le vanneur, la fin de la journée, l'hiver aux corbeaux, les premiers pas, le bûcheron, les quatre heures du jour, le départ pour les champs, la grande bergère, une série de "travaux des champs"...
   Vincent a considéré toutes ces copies comme des traductions en couleurs  des tableaux de son maître. Quelles traductions !

   Dans tout cela le mimétisme, ça pourrait bien être la copie conforme d'un mème qui semble avoir valeur de modèle. Il faut bien reconnaître que la duplication des deux tableaux ci-dessus a atteint des records... Pas autant que celle de l'Angélus ou des Glaneuses de Millet, mais quand même quel succès mémétique !


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Published by Jean-Pierre CRESPIN - dans Mémétique appliquée
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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:05

La mémétique pour les nuls

Souvent c'est la découverte d'une certaine autonomie des idées qui

nous conduit lorsqu'on croise les chemins de la mémétique à nous y

intéresser. Dès lors c'est le début des complications.

 

Je cherche dans mon expérience personnelle, dans mon environnement amical et familier, des exemples qui montrent l’autonomie des idées ou même « une certaine autonomie » de celles-ci, mais j’avoue un peu honteusement ne pas en avoir trouvé une seule. Au contraire, je trouve que toutes les idées sont liées, reliées  entre elles, dans une sorte de hiérarchie ressemblant à une arborescence extrêmement complexe. Elles nous viennent d’ailleurs toutes d’assez loin… et s’enchaînent les unes aux autres comme une suite de conséquences logiques.

Dans le monde des idées de Platon comme dans le mythe de la caverne certes les idées ont une apparente entéléchie qui pourrait les faire apparaître comme vivant dans un monde indépendant, un peu comme les monades de LEIBNIZ ou les vâsânâs du Bouddhisme qui nous viendraient de nos vies précédentes. Idem pour les samskaras…

http://www.sadhana.ca/kc041010f.html

(Lire ce texte fort explicite)

 

Un des premiers écueils auquel on se trouve fréquemment confronté est

d'essayer de comprendre en quoi la mémétique diffère de plein d'autres

approches s'occupant de la culture. Pour n'en citer que quelques unes :

l'ethnologie, le Darwinisme social, la psychologie des foules, etc

apparaissent comme autant d'expertises creusant chacune dans la

connaissance en se complétant pour étendre notre savoir.

 

 

En définissant avec une meilleure précision ce que sont les mèmes, cela deviendrait plus aisé de dire enfin ce qu’étudie exactement la mémétique : étudie-t-elle des propriétés humaines, des conséquences sociales et humaines des possibilités épigénétiques des Homo sapiens ou se concentre-t-elle sur la nature et le fonctionnement des ces patterns culturels reproductibles sans tenir compte du milieu biologique qui les héberge, ni du milieu naturel (nature, environnement minéral, végétal et animal au sein d’une planète tellurique composée aux trois quarts d’eau salée) ?

 

Où situer la mémétique dans ce paysage ? Dire qu'elle n'est pas à un

endroit mais partout embrouille en général plus que cela n'éclaire. Nous

y reviendrons.

A la difficulté de la situer s'ajoute un second écueil. Au lieu de nous

apporter des réponses elle nous inonde de questions. A commencer par

le mème lui même incapable de nous livrer facilement son identité.

Perdu dans ses multiples définitions qui ont pour effet de renforcer la

confusion.

 

Mais la mémétique — plus récente — est nécessairement au confluent de toutes ces disciplines scientifiques dures ou plus orientées sciences humaines. Elle a juste la spécificité d’étudier les mèmes dans leur environnement global.

 

 

Si l'on persiste malgré tout, un autre écueil se dresse encore sur notre

chemin. On s'aperçoit qu'il faut laisser tomber la métaphore génétique

qui nous avait permis de commencer à comprendre cette approche pour

le moins déroutante. Béquille nécessaire pour mettre le pied à l'étrier qui

se révèle un fardeau lorsqu'on souhaite commencer à lâcher la bride.

S'ajoute à tout cela le sourire en coin provoqué à l'énonciation du mot

mémétique qui le plus souvent peine à être défendu tellement il n'est pas

simple d'expliquer la mémétique en quelques mots. A moins d'effectuer

ce petit raccourci auquel à eu recours ma fille à 12 ans et sûrement bien

d'autres : "La mémétique c'est l'étude des grands mères pourquoi ?".

 

 

Il est assez frappant de constater que beaucoup d’auteurs et peut-être Richard DAWKINS lui-même ne trouvent plus l’analogie gène/mème & génétique/mémétique aussi pertinente qu’à une époque à laquelle la certitude était de mise.

De béquilles en prothèses on peut parfois induire des cheminements un peu faussés ou prendre des « décourcis » qui font perdre du temps.

Tu as raison Bertrand et ta fille le montre clairement, le mot « mémétique » ne fait pas très sérieux en français. C’est le même — jeu de mots facile — qui l’emporte d’emblée sur toutes les autres amorçages sémantiques. « Si mémé tique, pépé toque… » Je l’ai entendu plusieurs fois ! Et je ne dois pas être seul, et pas seulement dans la bouche des enfants…

 

 

 

 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:04

 

 

Une autre façon de voir les choses ?

Un moyen permettant d'y voir plus clair est d'envisager un changement

de point de vue. Et pour se faciliter la tâche, changer de référent. Ce

dessin d'Escher : "Concave, convexe" peut nous aider à mettre en place

cette gymnastique de l'esprit qui consiste en changeant de référent à

voir la même chose autrement.

 

Bien sûr ! C’est un autre procédé, très différent de celui de l’analogie  quasi totale avec un autre concept.

 

Mais cette fois-ci on s’éloigne résolument de la science et de ses règles pour entrer dans le domaine de l’art, souvent persuasif, qui explore lui aussi très bien les imperfections de la perception humaine, les illusions d’optique, mais fait aussi référence au surréalisme comme dans le cas de ce travail de M.C ESCHER qui est assez fantastique il faut bien le dire.

Néanmoins, la notion de concave ou convexe, sous certains angles n’est pas facile à discriminer car notre équipement neuronal des aires visuelles, bien que très sophistiqué n’est tout simplement pas apte à saisir ces nuances d’importance. Alors, on se perd dans les pavages ou dans des motifs de papiers peints qui se répètent.

Heureusement, pour s’en sortir, le néocortex a d’autres outils d’analyse et de compréhension…

 

 

En prenant la partie de droite comme référent tout le dessin semble

convexe. Une fois cette vision bien en place, on s'amuse à prendre le

côté gauche en référent et là tout ce qui était convexe devient concave.

 

Le point de fixation de l’œil est en effet très important et notre perception-représentation peut varier très très vite.

 

 

C'est à cette gymnastique qu'il faut avoir recours, et en ce qui nous

concerne cela se traduit par chausser les lunettes de méméticien. C'est

à dire faire l'hypothèse que les idées agissent plus sur nous que nous

sur elles.

 

Faire l’hypothése ? Voilà une méthode qui pourrait ressembler à s’y méprendre à une première étape de méthode scientifique. Mais il faut y adjoindre tout un protocole rigoureux pour parvenir à une validation de cette hypothèse.

Le problème c’est  — si d’aventure  — les méméticiens chaussaient les mauvaises lunettes, qu’ils pourraient voir des choses contraires à la vérité, imaginaires ou délirantes. Convexe quand c’est concave ou vice versa.

Faire l’hypothèse que les idées agissent plus sur nous que nous sur elles, ça c’est un acte de foi ! Pour ma part, je préfère observer ce qui se passe, compiler les résultats et les analyser.

 

Un changement de réfèrent qui petit à petit va nous faire voir autrement.

Tout est pareil et en même temps tout est différent. Si ce n'est plus moi

qui ai le contrôle de mes idées mais elles qui fonctionnent pour leur

propre compte (à l'insu de mon plein gré) cela signifie que ce que je suis

en train d'écrire prend forme malgré moi.

 

On revient très très vite au libre-arbitre et à l’usage de la conscience. Bien sûr que ce que tu as écrit, comme ce que je fais moi-même prend essentiellement forme compte tenu de nos vécus respectifs, des idées qui nous ont construits, pénétrés quelquefois à l’insu de notre plein gré comme les piqûres que subissait Virenque. (° !*) Mais j’espère que, comme moi tu as parfois réagi, refusé de tendre la fesse sans savoir pour autant ce qu’il y avait dans la seringue

 

 

 

Bien sûr pas contre moi sans que je ne puisse rien faire. Juste comme

une plante poussant au milieu des autres simplement parce que les

conditions lui permettant d'éclore sont réunies. Nous essayons tous plus

ou moins de réunir ces conditions permettant à nos idées de prendre vie

mais on voit bien aux résultats que si nous avions le contrôle les choses

se feraient autrement. Peut-être un peu plus comme on le souhaite.

 

Comparer Homo sapiens à une plante est fort sympathique mais il y a quand même de grosses différences entre ces deux êtres vivants. J’ai entendu souvent dire cette bêtise à de jeunes enfants pour leur faire un semblant d’éducation « rigoureuse » à la sexualité (appelée éducation sexuelle) et sur le sujet de la reproduction des hommes et des femmes sur notre Planète Bleue. Je peux te dire que cette analogie de la petite graine que le papa dépose dans le ventre de la maman a posé plus de problèmes à ces gamins que les roses et les choux.

Il faut appeler un chat et reconnaître qu’il miaule.

 

 

 

 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:03

Lorsque j'ai croisé les chemins de la mémétique cela m'est apparu

comme une évidence. Notamment l'idée d'une extension du domaine du

vivant à la culture. Les phénomènes culturels ayant nombre de

similarités dans leurs fonctionnements (transmissions, reproductions,

mutations, etc) qu'un second réplicateur pourrait être à l'oeuvre. Le

premier du domaine biologique, le gène et le second du domaine culturel

le mème. La mémétique une approche pour l'étudier. En résumé une

théorie de l'évolution des idées.

 

Sur les mots similarités et réplicateur, je tique ! Pépé tique…)  Il y a quantité de similitudes et de similarités dans le monde du vivant mais ça ne veut pas dire que tout se produit et se reproduit de la même manière. Quant au mot « réplicateur », je le conteste avec vigueur. Ce n’est pas un mot français, juste une très mauvaise traduction du mot utilisé par DAWKINS « replicator ». Jean-Paul BAQUIAST utilise le terme « réplicant » et je suis d’accord avec lui. Ce mot est mieux formé et plus conforme à l’idée qu’il est supposé représenter.

 

Une théorie de l’évolution des idées. Je suis entièrement d’accord ! C’est une excellente dénomination.

 

Seulement voilà tout ce que je viens d'énoncer ne résonne sans doute

pas aussi clairement en vous qu'en moi. Il m'a fallu du temps pour que le

changement de point de vue s'opère. Même si cela m'apparaissait

comme une évidence je le considérais à l'aide mes anciens référents. Je

m'en rendais compte car j'étais incapable de le formuler non seulement

aux autres mais également à moi même.

 

Pour que  la résonance qui agit en toi soit la même que toutes celles qui se produisent dans nos esprits, dans notre conscience

Il faudrait que nous soyons tous (lecteurs de ce forum et singulièrement, de ce pdf) des clones parfaits

Il faudrait que nous ayons vécu depuis notre naissance exactement les mêmes stimulations, les mêmes expériences, fait les mêmes apprentissages.

Et encore, je suis persuadé qu’il y aurait des variantes plus ou moins légères.

 

 

Je me trouvais dans cette apparente contradiction de commencer à

comprendre quelque chose sans pouvoir l'expliquer. Situation somme

toute assez banale et habituelle. Tant que le changement de référent

n'est pas stabilisé tout est un peu embrouillé.

Ce que l'on voit concave apparaît également convexe. Ce dédoublement

de vision de la même chose en l'occurrence de la relation de moi à mes

idées amène un certain trouble jusqu'à ce qu'on n'accorde plus

d'importance au nouveau référent.

 

Si tu balances ainsi dans tes raisonnements Bertrand, permets-moi d’être un peu inquiet. Tu n’es pas certain, vraiment, que tes idées sont les tiennes, qu’elles occupent des espaces de mémoire bien précis dans tes réseaux de neurones à toi, sortes d’engrammes, de traces mnésiques de nature chimico-hormonale mais générant des impulsions électriques, activant des synapses de proche en proche. Si tu n’es pas certain que ces idées sont ta particularité cognitive, ta carte d’identité de sapiens Français, Parisien, alors je mange mon tapis de souris de suite…

 

 

 

Je me considérais créateur de mes idées.

 

Tu avais tort cher Bertrand.

 

Les créateurs de nos idées appartiennent au passé pour la quasi-totalité d’entre eux. Ce sont nos ancêtres les plus lointains, nos aïeux, nos parents, nos enseignants, nos amis, nos rencontres, notre environnement, nos expériences (recherchées ou fortuites), les accidents de notre vie, qui sont les créateurs de 98 % de nos idées.

Seuls nos neurones-miroirs dont nous sommes presque tous bien équipés qualitativement ont su capter leurs gestes, leurs mots, leurs rires, leurs peurs, leur désespoir parfois mais aussi leurs grandes joies et leur envie d’apprendre et de comprendre.

Il y a eu des émetteurs pour ces idées, des réseaux et des chemins de transmission et notre récepteur cérébral avec toutes ses composantes a capté les messages et s’en est approprié une partie. Celle pour laquelle il avait déjà été stimulé, préparé par des amorçages sémantiques imperceptibles, parfois subliminaux. Je n’utiliserai plus la métaphore du « terrain » car j’aurais trop peur de me retrouver en bonzaï ou en séquoia.

Les ressemblances ont des limites. Les propriétés des différentes espèces aussi sont finies et spécifiques.

 

 

Je les considère maintenant

suffisamment autonomes pour se débrouiller toutes seules et se servir

au moins autant de moi que moi d'elles.

 

 

Je trouve que des expressions comme « suffisamment autonomes pour se débrouiller toutes seules » sont terriblement anthropomorphiques. Les idées ne sont ni des petits garçons, ni des petites filles. Ce sont tes lunettes qui te font croire cela ou qui t’incitent à parler ainsi.

Tes idées sont installées dans ton cerveau ; elles n’ont aucune intention ni la moindre possiblité de « se débrouiller ». C’est un ensemble symbiotique qui fait qu’elles existent,  qu’elle peuvent être entendues ou lues :

- Les concepts qu’elles véhiculent grâce à la mémoire épisodique, sémantique et procédurale qui les maintient en vie dans un biome parfaitement adapté à leur survie, tout au moins durant un certain temps.

- Le support biologique appelé cerveau qui les accueille, les traite et les mémorise de manière satisfaisante mais avec une perte de fidélité non négligeable suivie de reconstitutions imparfaites le plus souvent (H Ebinghaus)

- Le milieu social humain et son langage ainsi que ses institutions, ses règles, milieu  dans lequel ces idées ont un sens, une histoire, des antécédents, des motivations, un log cheminement. Bref le cadre relationnel qui justifie ces idées.

- Le milieu naturel, végétal, animal, celui de notre vaisseau spatial commun dont nous sommes dépendants, totalement tributaires.

Les idées ne peuvent exister que dans ce grand cadre systémique. On ne peut pas les isoler et leur donner une quelconque autonomie.

 

Mais on peut les étudier pour elles-mêmes, pour ce qu’elles sont biologiquement, philosophiquement, dans le cadre de bien des disciplines déjà installées, mais aussi dans l’optique de leur transmission au sein des sociétés humaines : les mèmes, c’est quoi ? Comment ça marche ? Des réplicants de tous les apprentissages humains dans des frontières ethno-culturelles ? Au-delà des limites des bassins culturels ? Les mèmes absolus que l’on retrouve partout dans toutes les civilisations ? Les phénomènes de convergence culturelle ? Etc…

-----

 

 

 

 

De quoi se nourrissent les idées ?

 

De notre temps de cerveau. Comme celui-ci n'est pas illimité on

comprend bien qu'elles sont en compétition. Elles ne se livrent pas pour

autant de batailles (au sens propre du terme). Elles n'ont pas d'intention

ni de volonté. Mais au final toutes ne pourront éclore. Seules celles

rencontrant les conditions suffisantes y arriveront.

 

 

Comme j’aimerais discuter de ce point tel que tu l’évoques ci-dessus Bertrand !

Es-tu sûr que le combat entre les idées se déroule expressément dans le cerveau ?

Je vois personnellement bien d’autres endroits. Je vois les médias de grande diffusion mais quantité d’autres lieux qui font gare de triage des idées.

 

Si on considère les idées comme des créatures vivantes, il faut bien les nourrir mais je ne crois pas que le temps de cerveau leur suffira. Il leur faut surtout les ressources énergétiques de leurs hôtes humains comme le fait par exemple le gui sur le chêne.

 

 

Cette tentative d'explication de la mémétique pour les nuls en train

d'éclore dans mon cerveau en se répandant en ce moment sur ces

lignes n'y échappe pas. Qu'est ce qui lui permet d'apparaître ?

- Une prédisposition chez moi à prendre du plaisir à transmettre. Donc

un terrain favorable pour qu'elle se développe.

- Une réunion hier avec des méméticiens anciens et nouveaux.

- Un constat se faisant jour : les écueils auxquels chacun se heurte en

abordant les rivages de la mémétique.

- Suite à mes explications orales répétées pour tenter d'éclaircir les

choses, une proposition de Charles d'en faire un résumé.

- Une disponibilité aujourd'hui pour m'y coller aidé par l'envie de renouer

avec le plaisir d'écrire.

- La perception que mon propos (la graine) semblait suffisamment mure

pour que cela vaille la peine d'y consacrer plusieurs heures et donc y

dépenser une énergie qui j'espère m'apportera en retour.

Un retour espéré étant par exemple le fait que ce texte puisse contribuer

à éclairer un peu les choses ne serait ce que pour une personne. Ceci

constituant un peu d'eau pour cette petite plante (idée) lui offrant la

possibilité de pousser un peu plus (un autre article pour étoffer le sujet)

à moins que d'autres graines ou plantes (travail, loisir, etc) à ce moment

accaparent mes ressources en escomptant un retour plus important.

Aujourd'hui c'est cette idée qui a eu le dessus sur les autres. Je ne peux

pas prévoir si d'autres conditions se présenteront pour qu'elle se

développe.

 

Ta tentative est louable Bertrand et consacrer le temps que tu as consacré à la mise en forme de ce travail « La mémétique pour les nuls » mérite un grand merci et un coup de chapeau.

 

Je ne crois pas me souvenir que tu es pédagogue ou didacticien. Je crois plutôt que tu es un créateur.

DAWKINS a fait comme toi à plusieurs reprises : il utilise des métaphores pour faire passer le message auprès des nuls. D’ailleurs, j’en profite pour dire que « XXXXX pour les nuls » est devenu en soi un mème  à succès dans le monde de l’édition. Ce qui tendrait à prouver que beaucoup d’Homo sapiens se considèrent comme des nuls dans tel ou tel domaine.

Les images de la graine, de la plante sont dites « pédagogiques » ou considérées comme telles. Pour ma part, je ne le crois pas. Elles font au contraire dévier du vrai sujet. Quand DAWKINS fait œuvre de divulgation il fait de même, avec « le gène égoïste » par exemple mais pas seulement. Et, honnête,  il le reconnaît lui-même. Mais « didactiser » est très difficile. Demandez donc à des enseignants si vous en avez parmi vos proches.

Je préfère pour ma part l’approche des représentations que l’on fait évoluer.

 

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