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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 11:27

 

Puis, pour ceux qui ne profiteraient pas des joies de la neige cet hiver, un petit saut au-dessus du Semnoz... À visionner en mode plein écran.

 

 

 

La haut dans la montagne from Guigui86 on Vimeo.

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 16:25

 

Comprendre l'histoire de la démocratie 6 vidéos à suivre...

 

Marcel Gauchet 1/6 « Comprendre l'histoire de la démocratie » from Droit de cités on Vimeo.

  Marcel Gauchet
Directeur d’études à l’EHESS

Rencontres philosophiques Descartes – Diderot, 2009, la Sorbonne. Présentation par François Jullien, Professeur à l’Université Paris Diderot

Débat avec la participation de :
- Francis Affergan, Professeur d’Anthropologie à l’Université de Paris Descartes (Sorbonne)
- Pierre-Yves Gaudard, maître de conférence de sociologie à l’Université de Paris Descartes (Sorbonne)
- François Jullien
- Christian Lazzeri, Professeur à l’Université de Paris Ouest – Nanterre La Défense
- Yves Charles Zarka, Professeur de Philosophie politique à l’Université de Paris Descartes (Sorbonne)

(Le son est mauvais pendant les cinq premières minutes, mais ne vous découragez pas, après c’est beaucoup mieux...)

 

 

 

Marcel Gauchet 2/6 « Comprendre l'histoire de la démocratie » from Droit de cités on Vimeo.

 

 

Marcel Gauchet 3/6 « Comprendre l'histoire de la démocratie » from Droit de cités on Vimeo.

 

 

Marcel Gauchet 4/6 « Comprendre l'histoire de la démocratie » from Droit de cités on Vimeo.

 

 

Marcel Gauchet 5/6 « Comprendre l'histoire de la démocratie » Questions from Droit de cités on Vimeo.

 

 

Marcel Gauchet 6/6 « Comprendre l'histoire de la démocratie » Questions from Droit de cités on Vimeo.

 

 

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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 17:28

Réponse à l'article de Luc (Le Bateleur) ci-dessous :

 Je reviens sur le même sujet plus d'un an après...

Enseignement de l'histoire à l'école primaire

Le Bateleur écrit en bleu

Merlin répond en bistre

Le titre est en fait incorrect
il s'agit bien plus à présent d'enseigner la "démarche de l'historien" et ce dès l'école primaire

Oui, il s'agit bien de cela. Mais au travers de cette démarche qui va permettre aux écoliers de comprendre comment les historiens reconstruisent l'Histoire, il y a la vue plus lointaine qui consistera pour eux à mieux comprendre ce qu'est l'Histoire dans sa diversité.

Pour s'en convaincre, il suffit de lire quelques conseils donnés par un inspecteur de l'éducation nationale.

 

Je ne connais pas cet inspecteur de l'Éducation Nationale mais j'avoue que je ne suis pas loin de penser comme lui sur ce sujet tout au moins...
J'essaie de dire pourquoi et comment dans le corps de son texte (en vert) :

I. RÉFLEXION ET SUGGESTIONS SUR LES CONTENUS ENSEIGNES 
A L'ÉCOLE
ÉLÉMENTAIRE :

· Redonner place à l'événement, insister sur l'histoire de la vie quotidienne (alimentation, habillement, habitat, transports...), intérêt de l'étude diachronique d'une institution comme l'École...

§ Oui, c'est indiscutable ! Il faut en revenir à une histoire qui concerne les hommes du pays dont on étudie l'histoire et pas seulement les rois, les militaires et leurs batailles sous la forme d'une liste de dates remarquables sans doute mais dont les écoliers n'ont cure au fond de leur esprit.

· Penser "notions essentielles" plutôt qu'accumulation de questions encyclopédiques.(1) Par exemple, pour les deux ou trois séquences maximum à consacrer à la Préhistoire, privilégier l'essentiel, à savoir le passage du nomadisme lié à la chasse, au sédentarisme lié à l'agriculture.

§- C'est indispensable pour les jeunes élèves d'alléger le listing des étapes d'un ensemble de processus qui vont de la maîtrise du feu aux applications déjà très élaborées de la métallurgie parallèlement à la révolution du néolithique qui va voir la sédentarisation des tribus nomades s'effectuer très rapidement et la naissance des premières cités. Je suis d'accord aussi pour ne pas faire en sorte de s'éterniser chaque année en une longue succession de séances sur la préhistoire au prétexte un peu démagogue que ce sujet plaît aux enfants de tous âges. Mieux vaut expliquer en détail les raisons de ces changements de style de vie et insister en effet sur la véritable révolution culturelle que va constituer le passage de la chasse à l'élevage et de la cueillette à l'agriculture.


· Puiser dans l'histoire globale qui regroupe grands évènements chargés de sens, personnages significatifs,(2) vie économique, vie culturelle etc. Accéder, au-delà de l'histoire de la France à l'histoire universelle.

§- Tout à fait d'accord là aussi : c'est l'histoire de l'évolution des cultures qui est fondamentale. La description des événements qui marquent ces étapes est bien plus importante que les récits des batailles qui ont frappé ces époques. À cet égard - pour prendre juste un exemple - l'étude de la tapisserie de Bayeux est mille fois plus riche en détails concernant la vie des hommes qui ont été impliqués dans la bataille d'Hastings que les détails et la stratégie mise en oeuvre lors de cette bataille importante dans la perspective de mutations culturelles et linguistiques inédites en Angleterre.

· On peut partir de questions fondamentales d'aujourd'hui : évolution de l'environnement, des activités de production...

§ Là, je suis moins d'accord. Je dirais plutôt qu'on peut y arriver... Mais toujours partir de la réalité historique telle que relatée par des textes ou déduite de documents de l'époque.
L' évocation de ce qui se passe à notre époque ne pourra être faite qu'en toute fin et juste à titre de comparaison sans véritable intérêt historique... pour l'instant.


· Les évènements n'ont pas d'importance en eux-mêmes(3): ils sont intéressants quand ils révèlent les spécificités d'une époque, quand ils déterminent un avant et un après.

Oui, c'est ce que je voulais dire à propos de la bataille d'Hastings : c'est juste la péripétie qui permet de passer d'une époque à une autre. L'important se trouve plutôt dans les raisons de ce conflit de succession, les coutumes féodales, la tradition viking (à très gros traits pour ce qui est en amont) mais il sera bon d'y revenir lors des conflits de succession franco-anglais, la guerre de cent ans et toutes les misères humaines qui en découleront. 1066 est une date parce que c'est une charnière et ce sont les liens qui ont été noués avant et ceux qui en découleront qui sont intéressants, pas la bataille elle-même sauf à faire un mémoire sur ce sujet en licence ou en maîtrise d'histoire...

 

(1) Il suffirait d'un tout petit peu de recul (tout est fait pour qu'il n'y en ait jamais) pour que l'adulte se rendre compte de l'énormité de ce type de prétention, vis a vis d'un enfant qui ne possède pas suffisament d'éléments en rapport avec sa propre histoire.
La première partie de la vie est précisément une phase d'accumulation, la construction d'un "chaos intime" à partir duquel l'enfant pourra se construire.
Cette matière sera d'ailleurs la texture, le paysage arrière indispensable pour permettre à d'autres éléments de faire irruption en lui sans le submerger.
Sans elle, tout a le même statut et l'intelligence qui est précisément la capacité d'établir des liens, et donc des différences, se retrouve tout à fait incapable d'agir ... disparaissant parfois au point de donner l'impression qu'un petit d'homme pourrait être ... bête !

§-  Pas d'accord avec ta remarque Luc ! L'intelligence est la capacité à établir des liens dans tous les domaines et autant dans le domaine du réel que dans celui de l'imaginaire poétique et onirique. Le petit d'homme se construit ainsi dans son univers merveilleux, (dans celui des histoires quotidiennes que je lisais, racontais ou inventais pour mes fils comme tu as dû le faire toi-même pour tes enfants...) Mais il n'y a pas que l'imaginaire qui structure la pensée et la rend souple et créatrice. Le concret aussi et je ne crois pas qu'il soit bon de mélanger les genres.
L'histoire (discipline) se doit d'être rigoureuse. Les histoires que je raconte ont vocation à être merveilleuses et matière à rêves de toute nature.
J'ai souvent remarqué que toi, tu ne faisais pas le distingo...
Le chaos intime, je suis entièrement d'accord : c'est le domaine réservé de tout être humain jeune ou moins jeune mais ça ne permet d'établir que des liens affectifs, imaginaires et en tous cas subjectifs. C'est nécessaire et si tu savais comme j'en ai usé, mais il y a il y d'autres constructions à faire évoluer parallèlement à celles-ci ! Tu as une vision de l'esprit enfantin monolithique et restrictive car en fait toutes les stimulations/sollicitations sont bonnes pour créer des liens et  il ne faut surtout pas que les adultes enferment l'enfance dans son cocon nombrilo-psychologique, onirique et magique.
J'ai consacré ma vie professionnelle à démêler les écheveaux de toute cette complexité cognitive. Certes, on n'apprend rien sans émotions mais on doit aussi examiner des faits bruts sans émotion excessive et sans s'évader dans le merveilleux ou le fantastique. C'est un apprentissage important.


(2) voir les propos d'Hubert Curien (rapportés dans "La Grande Implosion") à propos de la nécessaire rationnalisation de l'enseignement, de la "percolation" de la science à travers toutes les autres disciplines, de la simplification des contenus pour en venir à ce qui est supposé être essentiel !
Leurre absolu de ce qui confond l'inutile avec "ce dont il n'a pas encore vu l'utilité"
Que peut-être cet essentiel, pour un enfant qui n'a pas encore rassemblé l'essentiel de lui même et qui construit encore perception ... DU REEL.

J'ai l'impression que tu vois un enfant de primaire exactement comme un petit materneau de 4 ans !
J'ai peur que tu ne mesures pas bien les évolutions qui ont été celles de chaque gamin de 2 à 11 ans. À sept ans un enfant est complètement capable de rationalité.
Mais même à 18 ans, le cerveau n'a pas fini de se construire. Est-ce une raison pour laisser le jeune dans sa bulle du monde fabuleux et merveilleux dans lequel le raisonnement se fait à coups de "y' a qu'à" ou de baguettes magiques. Tu es en plein dans la mouvance d'Alexander Sutherland Neill ou dans celle de L'histoire sans fin... L'enfance, ce n'est pas QUE cela !


(3) Magnifique phrase (!!) qui montre à quel point les intentions du "forceur de croissance" sont en profond décalage avec la réalité de l'enfant pour lequel les évènements sont tout.
Lui laisser le temps de  s'immerger dans "l'évènement" au moyen d'une histoire qui raconte (et non qui le force à réfléchir ... une absence de perception) lui permettre de toucher avant de développer et formaliser des hypothèses devrait être la priorité de cet enseignement.


Quand tu affirmes que pour l'enfant les événements sont tout, tu exagères vraiment ! Comment se fait-il alors qu'un nombre très important d'entre eux se passionne tant pour les dinosaures qui ont peuplé la terre de 245 millions d'années à 65 millions d'années avant nous ? Les événements ? Il n'y en a pas ou juste des reconstitutions plus ou moins plausibles.
Là, je te pose la question : as-tu enseigné l'histoire à de jeunes enfants Luc ? J'ai comme plus mauvais souvenirs personnels les enseignants qui racontaient des histoires et en faisaient un résumé. D'ailleurs l'enseignement de l'histoire de mon époque d'écolier était nul je n'hésite pas à le dire : un contenu inexact, des images d'Épinal trafiquées pour une histoire arrangée avec plein de "cocoricos" glorieux. Non merci ! Heureusement, j'ai pu revisiter l'histoire au travers de recherches personnelles et je me suis aperçu par exemple que le temps historique ne correspond pas du tout au temps personnel : ainsi je m'explique, mon aïeul Pierre né en 1690 me paraissait beaucoup plus proche (en années) que la victoire de Fleurus (déjà !) pour Louis XIV contre une coalition européenne (encore !) Et ce qui 'm'intéressait était de savoir comment ils vivaient, ce qu'ils faisaient, ce qu'ils possédaient (je veux dire les maigres choses de leur trousseau et de leur mobilier...) là, je les ai VUS vivre enfin et l'autre histoire, celle des maréchaux et de l'amiral Tourville (un voisin pourtant) ne m'ont expliqué que les raisons essentielles de la misère des miens et de leurs semblables et les motivations de la folie des Grands de ce monde.
Personnellement, c'est cette vision que j'ai essayé de faire comprendre aux centaines d'élèves qui ont eu à subir ma "vision" de l'histoire pendant près de 40 ans...


Mais assurément un grand nombre de parents auront l'impression d'un progrès :
Leur enfant apprend plus scientifiquement et rationnellement qu'eux.

Il ne s'agit pas que de cela. Il s'agit surtout de changer la manière de braquer l'objectif et la manière de relater l'histoire : dans la guerre de 14-18, ce ne sont pas les victoires ou défaites qui méritent notre attention et celle des élèves. C'est plutôt la condition humaine des poilus dans les tranchées et pour comprendre cela, rien de tel que de déchiffrer des documents de l'époque c'est à dire des lettres de ces malheureux soldats à leurs familles. Il y a aussi lieu de développer la mémoire de cette tragédie en insistant bien sur le "plus jamais ça !"
Rien de scientifique dans tout cela mais juste un renversement d'optique salutaire.
Par contre si on étudie des documents iconographiques ou si l'on se sert d'objets ayant une valeur de témoignage historique, on ne peut pas se dispenser d'une démarche rigoureuse et scientifique dans son approche.

Bref, sur ton interprétation de ces quelques recommandations d'un inspecteur, je ne te suis pas du tout !
Relis les programmes et instructions détaillées pour l'enseignement de l'histoire en primaire, tu verras que ce n'est pas  "apprendre plus scientifiquement et plus rationnellement qu'autrefois". C'est juste apprendre d'autres données en essayant davantage de comprendre leur origine, leurs aboutissements et surtout leur intérêt humain.

Aimerais-tu qu'on poursuive ce dialogue, Luc ? Qu'est-ce que peut apporter l'histoire à nos élèves du primaire et du collège ? Comment y parvenir ? Quelle histoire ?


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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 12:02
UN INSECTE À MÉTAMORPHOSES INCOMPLÈTES : LA SAUTERELLE VERTE

L'éducation, l'instruction, l'enseignement semblent remis en question chaque jour par les uns et par les autres. Certains disent que c'était mieux avant, comparant souvent des situations et des élèves qui sont bien loin d'être les mêmes...
Voici les travaux pratiques d'un adolescent  à l'âge du lycée au tout début des années 60. Le professeur est loin d'être charismatique. Sa pédagogie n'est pas extraordinairement enthousiasmante mais elle a pour elle une certaine rigueur et une forme d'exigence qui semble être le minimum requis. En fait, cette personne est une militante de la protection de la nature et notamment des oiseaux beaucoup plus qu'une pédagogue.
    L'élève a donc une sorte de feuille de route : il doit effectuer des observations pour ses travaux pratiques et les consigner sur de grandes pages Canson à dessin d'un cahier à spirales réservé à cet usage. Après que tous ces dessins auront été achevés, il lui appartiendra de faire par ses propres moyens un résumé sur la morphologie de l'animal examiné, sur sa biologie et sa place dans la classification du règne animal.
   Ensuite, ce travail est vérifié et noté par le professeur, systématiquement. Somme toute, pour l'essentiel, il s'agit d'un travail personnel.


Voici le résumé concocté par cet élève, après achèvement des TP dont les dessins sont présentés ici :


On trouve la grande sauterelle verte l'été dans l'herbe des prairies.

Morphologie externe :  Le corps comprend trois parties. La tête, le thorax et l'abdomen.

     Sur la tête, on voit
           - deux gros yeux à facettes (composés)
        - deux antennes très longues formées de segments articulés qui servent d'organes du toucher
           - la bouche
           - les pièces buccales qui comprennent la lèvre supérieure ou labre, les deux mandibules, deux mâchoires ou maxillaires et la lèvre inférieure.
Les deux dernières sont formées de pièces articulées. Chaque mâchoire comprend une pièce d'attache et une rame externe (le palpe maxillaire) ainsi qu'une rame interne qui comporte elle-même deux parties. La lèvre inférieire est formée d'un assemblage identique à deux pièces de chaque mâchoire.
Ces pièces buccales servent à la sauterelle pour broyer ses aliments.
   La tête est attachée au thorax qui comporte trois anneaux. Chaque anneau porte une paire de pattes et les deux derniers anneaux portent chacun une paire d'ailes. Parmi les trois paires de pattes, la plus développée est la troisième aux pattes articulées. Elles s'attachent au thorax par la hanche. Les autres segments sont le trochanter, la cuisse, la jambe et le tarse. Sur la jambe de chaque première paire de pattes on remarque l'organe auditif.
    Les ailes du second anneau du thorax ou élytres sont longues, étroites et fortement chitinisées. Celles qui sont fixées sur le troisième anneau sont membraneuses mais les élytres les protègent. Chez la sauterelle mâle, on remarque, au départ de l'élytre droite, un organe bruiteur et sur l'élytre gauche, un archet, vervure fortement chitineuse et dentelée. Lorsque la sauterelle frotte cet archet sur l'organe bruiteur, cela produit un son appelé stridulation.
    L'abdomen est formé de onze anneaux. Latéralement, on peut observer des stigmates sur les huit premiers d'entre eux.
    Chez la femelle, l'abdomen est terminé par un long tube de ponte : la tarière.


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Biologie de la sauterelle :

 Nutrition :  La sauterelle verte se nourrit d'éléments végétaux et animaux qu'elle broie avec ses mandibules très puissantes. Celles-ci sont faites de chitine. Elle se sert des autres pièces buccales pour compléter la mastication.

Respiration :
Elle s'effectue par trachées qui communiquent avec l'extérieur par des stigmates.

 Locomotion :
La sauterelle marche et saute grâce à une paire de pattes sauteuses très développées. Elle peut s'aider de ses ailes dans certains sauts.

Circulation :  Un vaisseau sanguin dorsal & un système lacunaire.

Reproduction :
  La femelle enfonce ses oeufs (environ une dizaine) en terre à l'aide de sa tarière, après fécondation interne. Les oeufs pondus à la fin de l'été éclosent au printemps suivant. De ces oeufs il sort de jeunes sauterelles (une par oeuf) dont les ailes ne sont pas formées. Les antennes sont très courtes et chez les femelles la tarière n'est pas encore développée. Il se produit donc une transformation progressive par mues successives.
On appelle cela métamorphose incomplète par comparaison avec les autres insectes dont les larves sont très différentes des insectes adultes du point de vue de leur morphologie.



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CLASSIFICATION

La grande sauterelle verte appartient à   l'embranchement des ARTHROPODES

à la classe des INSECTES
 

à l'ordre des ORTHOPTÈRES

Caractères généraux :

Les caractères généraux des ARTHROPODES.

Les INSECTES ont le corps divisé en trois parties, trois paires de pattes, deux  ailes, une respiration uniquement par trachées et une tête porteuse de deux antennes.

Les ORTHOPTÈRES  ont

- des pièces buccales de type broyeur
- des métamorphoses incomplètes
- des ailes membraneuses pliées longitudinalement sous des élytres

(Sauterelle et criquet pèlerin par exemple...)

undefinedTitine  (la prof)  avait écrit : "organes" au lieu de "appareils". C'est une remarque judicieuse !
& "L'ensemble des organes permettant d'émettre des sons constitue l'appareil bruiteur"
(Pas facile de lire sa remarque ! Mais si elle voit ce blog, je la salue civilement et respectueusement.)
Le bruit obtenu est bien la stridulation.



Elle est pas belle ma sauterelle ?

undefinedLa grande sauterelle verte  (Tettigonia viridissima)

Un lien formidable pour des cours fabuleux
(Avec un tel professeur et les moyens prodigieux d'Internet vos enfants seront documentés et éclairés.)














Grande sauterelle verte
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Published by Merlin le zététicien des Mèmes - dans Passeurs de mèmes
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28 avril 2007 6 28 /04 /avril /2007 22:07
http://accel23.mettre-put-idata.over-blog.com/0/13/42/39//diagramme_Jouxtel.jpg
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6 novembre 2006 1 06 /11 /novembre /2006 18:25



Imitation Imitations

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Chic, c'est presque l'heure !

  La capacité d’imitation chez les mammifères supérieurs implique que l’imitateur ait une parfaite conscience de soi en même temps qu’une conscience perceptive visuelle ou empathique de celui qu’il va imiter.

  Mais les capacités de mimétisme ne sont pas réservées aux primates car les possibilités de camouflage ou de ressemblance (homochromie ou imitations de formes) se trouvent dans tout le règne animal ainsi que chez les végétaux…
 Ces facultés d'imitation facilitent la cohésion du groupe au sein du règne animal, qu’il s’agisse d’oiseaux, de bovidés, ovidés, équins ou autres espèces vivant en collectivité.
  Chez les primates, les manifestations d’imitation sont particulièrement remarquables.
  S’agissant des processus d’apprentissage par observation intelligente, certains chercheurs font l’hypothèse d’une forme de transmission culturelle chez le chimpanzé, le macaque ou le bonobo… En fait, il y a peu d’exemples décisifs ou indiscutables.

  Dans l’espèce humaine par contre, il semble bien que l’imitation revête une importance considérable dès le départ et jusqu’à très tard dans la période adulte. Toute l’hominisation s’est réalisée à partir d’imitations des anciens et des congénères de l’entourage. Mais l’imitation n’est-elle qu’un processus passif qui rend servile, non original et peu créatif ou est-ce au contraire un acte choisi qui sélectionne intelligemment ses modèles ?
  Dans le cas de l’enfant, les modèles premiers sont tout trouvés : il s’agit des parents (au sens large) et de la fratrie quand elle existe. Mais le petit imitateur ne prend pas n’importe quel modèle : il choisit des êtres dont le comportement est valorisant et dont les actes et la personnalité lui paraissent idéaux. En aucun cas, il ne cherchera à imiter des « perdants » ou des maladroits. En fait, il s’intéresse le plus souvent à des actes inhabituels qui stimulent sa curiosité, son goût pour l'étonnement et qui, progressivement, deviendront assez chargés émotionnellement (il aime jouer à se faire peur…) Mais il reprend aussi volontiers, dans des jeux de rôles plus conformes à la réalité, les attitudes et activités de ses parents, de ses frères ou sœurs en choisissant toujours lui-même les séquences qu’il a envie d’imiter.
  On peut dire que c’est cette faculté unique d’imitation qui a permis à Homo sapiens sapiens de développer une culture exceptionnellement riche dans laquelle les mèmes se sont transmis verticalement (de génération en génération) et se transmettent aussi horizontalement, par le milieu social (notamment par les pairs) ainsi que par les différents médias de large diffusion.



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Laisse-moi réfléchir...

  En fait, les bambins  "impriment" toutes les stimulations sensorielles de leur entourage :
- Langue maternelle : celle de Maman & de Papa
- Gestes courants effectués par les membres de la famille et au-delà (stimulation & réponse imitative des neurones-miroirs.)
- Les jeunes enfants apprennent donc en observant et ceci leur enseigne, comme par un effet de miroir, l’action à re-produire.

  Les enfants observent, prennent des modèles, ils essaient de faire comme eux : balayer, regarder un livre, une revue, téléphoner, manger, se déshabiller/s’habiller, danser, jouer à la marchande, au docteur etc... Toutes nos actions d’adultes sont soigneusement examinées et celles qui plaisent bien sont apprises et reproduites grâce aux neurones miroirs qui ont tout "capté".

Les neurones miroirs en bref
(Cliquer sur ce lien)

  Dans ces activations neuronales automatiques s'agit-il d'un jeu, d'une activité ludique ou d'un comportement on ne peut plus sérieux d’un être en pleine transformation, être en devenir qui fait ses gammes pour apprendre comment se comporter comme les grands ?
  C’est nous qui disons que l’enfant joue. Lui, dans son for intérieur, je pense qu’il est sérieux ! Il fait ce qu'il doit faire pour devenir grand.

  Alors quel type d’éducation peut-on souhaiter pour les enfants de deux ans jusqu’à la fin de l’École Maternelle ?
- Un modèle du style « Libres enfants de Summerhill » ?
- Une éducation très dirigée, dirigiste où tous les concepts à intégrer sont répertoriés et programmés dans le temps ?
- Il faut bien voir déjà qu’à deux ans, peu d’enfants sont en mesure de bénéficier d’un enseignement collectif tant leurs préoccupations et leur développement personnels restent axés sur eux-mêmes dans le cadre de la relation moi-maman ou moi-nourrice pour l'essentiel.

  Il va de soi que tous les apprentissages vont se faire chez chaque enfant en fonction du modèle, des modèles à imiter, ceux qui lui seront présentés. Celui de l’enseignante et des auxiliaires chargées de cette tâche & ceux des condisciples de sa promotion.
  Il va ainsi apprendre à répéter (en imitant) les mots indispensables pour acquérir le bagage nécessaire à la communication, aussi bien dans sa langue maternelle que dans une autre avec laquelle on solliciterait ses compétences linguistiques qui sont sans limites à cette période de sa maturation neuronale. (C'est à cet âge que le bilinguisme vrai s'installe avec une authentique efficacité.)
  Il va développer toutes les potentialités psycho-motrices dont il est capable dans des activités à prises de risques calculés et sa mémoire procédurale va s'accroître dans des proportions incroyables.


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J'ai perdu ma dent ... Oh, je la r' trouve pas !

  S’agissant des activités d’observation (on peut dire... à dominante scientifique), il va manipuler quantité d’objets, des solides et des liquides et va être confronté au monde animal & végétal et aux différents phénomènes physiques. Il va sans dire que le simple fait d’enrichir son milieu environnant dans ces domaines-là va considérablement multiplier ses expériences personnelles, ses tâtonnements expérimentaux et permettre de le faire exprimer des hypothèses personnelles qu’il vérifiera ou pas. À ce stade, on peut envisager pour les plus grands (section de cinq ans), des séquences de synthèse où la liberté d’agir pourra commencer à être suivie d’un peu de rigueur et de contraintes méthodologiques à la hauteur du niveau de raisonnement et des inférences possibles pour ces jeunes enfants. Je crois d’ailleurs que cet âge de cinq ans est crucial pour commencer à organiser toutes les compétences à venir du futur adulte que l’on a devant soi.
  En effet, il n’y aura aucune possibilité d’excellence dans le futur, si aucune action éducative n’est envisagée à cet âge. Tous les experts, champions, virtuoses ont commencé leur activité de prédilection à cet âge-là, de même que les premiers apprentissages de la lecture doivent être initiés à cet âge moyen. Mais cela reste un âge moyen, ce qui veut dire que pour certains, ce sera quatre ans et pour d’autres six, voire sept ans. Nous sommes tous différents en tout et notre âge de maturation neuronale n’échappe pas à cette règle, ni à la dictature de la courbe de Gauss.
 Bien entendu, dans ces apprentissages premiers par imitations, les neurones-miroirs jouent un rôle considérable.

L’enfant imite son enseignante mais aussi ses petits copains et, dans ce cas, il choisit ses modèles selon des critères qui déterminent son envie d’imiter les uns ou les autres. Les grands-parents peuvent jouer un rôle très important eux-aussi car ils permettent de reculer les limites des transmissions culturelles en direction d'un passé qui n'est pas vraiment récent pour leurs petits enfants dans la mesure où il remonte à deux générations environ. Mais ils ont bien d'autres rôles à jouer, notamment une position affective privilégiée. Bien sûr, l’imitation a ses dangers et le désir mimétique, mis en évidence par l’académicien René GIRARD, sollicite et renforce le plus souvent jalousie, rivalité et violence. C’est pourquoi la socialisation revêt une importance considérable à l’École Maternelle. La mutualisation des pratiques et la collaboration en sont les meilleurs moteurs et il faut les encourager au lieu de susciter rivalité et compétition.
  Dans un milieu scolaire épanouissant, la collaboration, la mise en commun des expériences vécues doit contribuer à une richesse d’échanges de mèmes de toute nature sous la houlette de l’enseignante qui est à la fois le pilote et le chef d’orchestre de toutes ces partitions mémético-sociales.
  L’excellent pédagogue et ami qu’est Michel MONOT a développé et continue de militer en faveur d’une Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant :


        http://pmev.lagoon.nc/              http://www.lebulletinpmev.com/

  On peut aussi s’inspirer des pratiques très freinéticiennes de Bernard COLLOT qui met en exergue la « pédagogie de la mouche » :

                  http://perso.orange.fr/b.collot/b.collot/cafe_pedagogique33.htm

  Les enseignants sont bien des passeurs de mèmes mais ils ont aussi le rôle de stimuler les transmissions mémétiques horizontales au sein des groupes dont ils ont la responsabilité éducative.
  Par ailleurs, et en cela je veux répondre à ce qui soucie mon ami Le Bateleur, l’École n’a pas comme fonction de se faire l’outil de transmission des challenges sociaux et économiques qui obnubilent notre société. Elle se doit d’éduquer individuellement et socialement des êtres uniques, selon des valeurs humanistes universelles et elle a en même temps le devoir de transmettre des connaissances éclairantes pour les années qui arrivent et ceci, elle ne peut le faire qu’en facilitant chez tout un chacun, dès le plus jeune âge, le réflexe de créer des liens (notamment de causalité) entre tous les faits, toutes les données que constituent les savoirs et en rendant tout cela cohérent avec les savoir-faire et les savoir-être qui permettront au final de les rendre utiles à tous les hommes en développant une intelligence collective.

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Tout est relatif...

  Nous entrerons alors dans l’espace du savoir-vivre ensemble.
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Published by Merlin des Mèmes - dans Passeurs de mèmes
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25 avril 2006 2 25 /04 /avril /2006 21:09
Je venais d'achever cette représentation imagée de mon jardin d'agrément, tapi derrière les pousses neuves de cannabis, lorsque l'on sonna à la porte...

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C'était un archéologue qui disait se prénommer Cyrille et qui voulait discuter avec moi, à propos d'un document qu'il avait retrouvé par hasard dans une boîte en fer datant d'on ne sait quand :

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Évidemment, il n'y avait là que quelques fragments d'un graphisme dont on aurait dit qu'il avait été gravé imparfaitement dans de l'argile - comme fossilisé - mais réellement en positif. Il était difficile de dire de quoi il s'agissait tant les empreintes étaient altérées. Je proposai à Cyrille, archéologue d'art à ce qu'il m'avait affirmé de passer dans mon atelier afin de soumettre ce document à l'objectif de la caméra à positrons. Le résultat ne se fit pas attendre :

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Cela ne ressemblait à rien de connu. Je proposai à ce jeune chercheur d'utiliser le stroboscope à résonance moléculaire dissonante, et quelle ne fut pas notre surprise de constater que nous apercevions un graphisme connoté cubisme constructiviste jusqu'au bout des ongles :

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Enquête à suivre...


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24 avril 2006 1 24 /04 /avril /2006 15:51




Des deux, lequel aura été l'aigle
de la peinture du XXème siècle...
Salvador ou Pablo ?

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1958 ©


"J’ai très souvent exprimé, d’une façon très catégorique, que je considérais que Picasso était – après moi – le plus grand génie qui existe, mais c’est un génie de type opposé au mien c’est à dire que c’est un génie destructif hétérogène et anarchiste, tandis que mon génie, mon génie à moi, est de plus en plus près de celui des anges positifs par exemple de Raphaël. [……]
De ma peinture, je dirais… que mon œuvre picturale est une grande catastrophe, parce que je considère que tous les peintres modernes, nous sommes englobés dans cette grande décadence qui caractérise nos jours. C’est pour ça que ça paraît paradoxal que d’un côté j’aie pensé que je suis le plus grand génie et de l’autre côté que ma peinture est très mauvaise, mais il n’y a aucune contradiction parce que quand je dis que je suis un très grand génie, je le dis en rapport à mes contemporains et, considérant déjà que toute peinture contemporaine est un désastre.
Maintenant, quand je compare mon œuvre à celle de Raphaël et de Léonardo, alors évidemment, je deviens très humble. […….]
Je crois que ce désastre est la condition d’une nouvelle renaissance spirituelle.
[……]
La grande vérité était celle des Grecs qui ont créé des choses quasi-divines et le moment de la pleine connaissance." [............]

Écouter ici

C'est alors que je décidai de destructurer la matière et de tenter d'approcher la "mystique nucléaire" du maître.

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© Merlin

Mais je trouvai que le fétichisme et l'exhibitionnisme n'étaient pas suffisamment mis en valeur. Je passai donc à un autre stade, m'inspirant en cela de la cosmogonie du chou romanesco et de la substance de la corne de rhinocéros :


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Là, j'y étais presque ! L'aigle de Figueras avait insufflé en moi la mystique nucléaire qui ne me quitterait jamais plus. Bon, certes, nous étions encore loin de Vélasquez, de Raphaël ou de Léonardo... Néanmoins, il s'était passé quelque chose que je n'avais pas compris, mais j'en étais le créacteur, englobé dans cette grande décadence de l'art contemporain qui caractérise nos jours.




Alors, me retournant vers Pablo, je me mis à reconsidérer la femme, dans un mode perceptif non plus global mais analytique et objectal :

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J'en parlerai plus longuement dans une autre note, car en ce moment je ne fais que débuter mes investigations et mes études approfondies. Oops, j'ai retrouvé tous les morceaux, même le pancréas ! Mais bon à ce niveau, je me dis que Picasso a déjà une longueur d'avance sur Dali, non ? Vous ne trouvez pas ? Regardez !

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à suivre...



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10 janvier 2006 2 10 /01 /janvier /2006 16:28
L'exposition "L'âge d'or des sciences arabes"
 à l'Institut du Monde Arabe.

L'article de Civetta est très élogieux à l’égard de cette exposition qui n’est pas tout à fait la première que l’IMA consacre aux sciences arabes. Dès l’inauguration en 1987, il y en avait eu une qui présentait déjà de nombreux astrolabes et instruments utilisés par les savants arabes… Je trouve néanmoins comme Civetta que cet âge d’or méritait le lustre et la publicité qu’on lui a donnés mais


        dans cette affaire de "L'âge d'or de la Science Arabe", il n'est quand même pas indispensable de trop s’emballer comme le fait un peu Ahmed Djebbar. Son enthousiasme est probablement contagieux mais il ne faut pas oublier de rendre à César ce qui est à César. ..
    Beaucoup de "découvertes" ou "d'inventions" sont systématiquement arabisées et notamment par le truchement du vocable : algèbre, chiffres, zéro etc... Il est vrai qu'un nombre de mots important de notre langue française proviennent de l'arabe (assassin, alcool, calibre, charabia, civette [donc Civetta], élixir, mesquin, souk, toubib j'en passe et des meilleurs !...
Il n'en reste pas moins certain qu'il aurait été plus juste de parler de "samkhyas" indiens plutôt que de chiffres arabes et de "shûnya" plutôt que de zéro...

Pour en revenir à l'exposition elle-même,

1) Vanter les mérites de l’expansion vers l’ouest, le nord et l’est de cette science arabo-musulmane au rythme des conquêtes des cavaliers d'Allah en plein Jihad, n’est-ce pas en même temps reconnaître les bienfaits ou l'action positive d’une colonisation musulmane sans limites ou presque ?
    À une époque où ce n’est pas de bon goût de faire l 'éloge des colonisations (et j’en suis d’accord) c’est étonnant que l’on glorifie celle-ci au prétexte que la Science y aurait été le grand vainqueur ! Rien n’est moins sûr !

2) Les nombreux savants qui ont fait cet âge d’or incontestable n’étaient pas tous Arabes et l’on joue bien volontiers sur l’ambiguïté arabe/musulman/persan ou même vivant dans une société musulmane dominée par les Arabes pour faire croire que toute cette richesse culturelle et intellectuelle est purement d’essence arabe. Les Perses comme Avicenne, les Ouzbeks comme Al-Khwarismi ou les Berbères d’Andalousie se voient vite dépossédés de leur origine nationale ou ethnique et sont subtilement assimilés à l’arabitude glorieuse...

3) Il suffit de lire sur  le site de l'Institut du Monde Arabe le texte qui présente l’exposition pour s’en convaincre. Ainsi, dans cette phrase
" La civilisation arabo-musulmane nous a légué le système de numérotation utilisé dans le monde entier et a transmis le chiffre zéro inventé par les mathématiciens indiens."
On peut croire ainsi que la numérotation (terme impropre d’ailleurs puisqu’il s’agit en fait d’une véritable numération, décimale; il eût été plus judicieux de parler de l'invention des chiffres en usage aujourd'hui) a été initiée ou inventée par les Arabes eux-mêmes alors qu’il n’en est rien puisque ce sont les Indiens et notamment l’inventeur du zéro de position utilisable dans les calculs, Brahmagupta. Et si les rédacteurs de ce texte  redonnent (pour une fois) la paternité du zéro aux mathématiciens Indiens c’est bien à ce dernier, astronome prestigieux et mathématicien prodige, et à lui seul qu’on le doit, dans sa valeur positionnelle, calculatoire et pour tout dire de nombre à part entière. Évidemment "sifr" le mot arabe a donné chiffres puis chiffres arabes pour des signes qui étaient rigoureusement indiens. Zéro lui-même vient de « sifr » avec un passage par ‘zefiro’ pour finir en zéro…

4) Alors, certes, les mots sont arabes mais les concepts viennent d’ailleurs, d’Inde notamment, de Grèce aussi car les érudits arabes ont fait dans un premier temps l’immense effort de traduire tout ce qui présentait un quelconque intérêt scientifique, ce qui ne retire rien à leurs mérites postérieurs dans le développement de ces sciences retrouvées.

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Il s'agit, au début de l'expansion arabo-musulmane d'une science assez élitiste et confidentielle qui regroupe - notamment à Bagdad, des savants de l'ensemble de l'Orient

« Les savants des pays d’Islam ont d’abord étudié et assimilé, puis prolongé d’apports nouveaux les disciplines pratiquées dans les civilisations antérieures (surtout grecque, mésopotamienne et indienne) en ayant recours à la science expérimentale et en défrichant des domaines et des techniques qui ne se constitueront que bien plus tard en Europe. »

Tout se passe en effet comme si l’Occident, pendant tout le Moyen Âge avait ignoré ou oublié l’enseignement des anciens Grecs alors que les Arabes ont su le reprendre à leur compte très vite.
    Le directeur de l'IMA affirme que les savants arabes ont traduit les textes grecs et ont apporté autre chose qu'une simple application de ces bases scientifiques que notre civilisation occidentale avait oubliées ou laissées de côté (on peut se demander pourquoi ?) c'est vrai ! On ne peut pas nier la progression de la science en cette époque féconde où les savants avient pignon sur rue. Mais ils n'étaient pas si nombreux qu'on veut bien le faire croire car la société islamique n'était pas extrêment démocratique et tournait essentiellement autour du Calife.

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Au Xème siècle Bagdad et Cordoue sont les deux places fortes de la science musulmane


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Ces deux siècles sont vraiment l'âge d'or de la science arabo-andalouse

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La splendeur de Bagdad et de l'Andalousie s'est effondrée dès le XIIème siècle jusqu'en 1492
 
    Pendant tout ce temps, on prétend que l'Occident croupissait dans une ignorance grave et que les mathématiques ne pouvaient pas progresser, à cause de l'indigence du système de numération romaine. Gerbert d'Aurillac y remédiera dès 995 juste avant de devenir le pape Sylvestre II : il introduira le système de numération indien et le zéro répandus en Andalousie par la conquête arabo-musulmane.
   Mais il n'est pas si sûr que les sciences en Europe étaient moribondes, si l’on excepte les mathématiques dont l’impulsion a été décisive grâce à Brahmagupta, d'autres sciences, en particulier la médecine continuaient de se développer avec quelques progrès deça-delà, mais on peut s’interroger sur le peu d’écho donné à ce qui se faisait de mieux en Europe, au XIIème siècle par exemple avec  Hildegarde Von Bingen. Est-ce parce qu’il s’agissait d’une femme ?

   Mais la médecine a bien progressé également en Andalousie pendant cette période.

D' un point de vue mémétique, on peut se demander comment des mèmes scientifiques occidentaux, aussi élaborés que tous ceux qui ont été consignés par les plus grands de nos savants grecs anciens,  n'ont pu être repris et valorisés que par des intellectuels orientaux, qu'ils fussent d'ailleurs arabes, juifs, musulmans ou pas. C'est une question qui, pour l'instant, semble ne pas avoir de réponse.
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Published by Jean-Pierre CRESPIN - dans Passeurs de mèmes
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