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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 10:48



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Dans le cerveau humain, l'engramme d'un mème occupe des réseaux de neurones interconnectés au sein d'aires spécialisées dans des tâches bien spécifiques (Vision, audition, émotion, olfaction, cognition...)
Les 5 types de mémoires peuvent être sollicitées.

LES 5 TYPES DE MÉMOIRES
(Cliquer sur le lien ci-dessus pour lire l'article)

Pour davantage de détails quant aux fonctions de chaque aire,
se reporter à ce site
(Cliquer sur le lien ci-dessus)


Mèmes: Les mèmes sont à la fois un processus biologique du type réactions d'un système à des stimulations, et au final le résultat culturel de transformations neurochimiques au niveau de réseaux de neurones et de tout le substrat cérébral des Homo sapiens. Ils s'inscrivent dans le cadre de propriétés génétiques & épigénétiques identifiables chez tous les êtres humains, quelles que soient leurs origines géographiques ou ethniques et ces éléments de culture sont transférables, duplicables, transmissibles chez tous les peuples dès la plus tendre enfance (sous réserve que des amorçages perceptifs appropriés aient été initiés par des stimulations affectives et émotionnelles de la mère)  jusqu'à un âge avancé.
 Les mèmes sont donc des propriétés épigénétiques du système nerveux humain et ils subissent des phénomènes évolutifs d'un type assez proche de ceux de l'évolution génétique des espèces, telle qu'elle a été définie par Darwin.
   Il existe plusieurs grandes catégories de mèmes mais on devrait en faire un inventaire exhaustif et dresser une typologie des mèmes qui serait souvent en relation étroite avec les trois niveaux du cerveau humain définis par Paul D. MacLean :

- Les mèmes  inspirés par la nécessité impérieuse de la survie (mèmes issus des propriétés et des capacités propres du cerveau reptilien.) On apprend donc, dans le cadre de la société, par imitation des anciens à adopter des comportements sécuritaires, protégeant le clan et chaque individu du groupe. La maîtrise du feu et l'apprentissage de sa reproduction à volonté sont parmi les premiers mèmes qui ont permis à l'Humanité de se constituer en collectif pensant, agissant et reproduisant socialement des mèmes.

- Les mèmes qui sont sous la dépendance du cerveau paléo-mammalien (le système limbique) et qui gèrent essentiellement les situations de peur, de fuite, de répulsion, d'aversion et toute la dialectique fondamentale des systèmes de récompense/sanction.

- Les mèmes que permet de créer et de modifier le cerveau néo-mammalien (le néo-cortex*) qui traite des informations, les prend à son compte ou les rejette avec une importance considérable de l'éducation première qui conduit à un déterminisme global très prégnant mais assorti néanmoins d'un petit espace (mais si précieux !)  de choix volontaires : le libre-arbitre de chacun.

* Le cerveau qui calcule et conjecture...

  Les mèmes les plus puissants et qui n'ont que peu de difficulté à se répliquer sont ceux qui font partie du deuxième groupe (émotions) ou qui en proviennent indirectement.

  L'arborescence quasi-fractale  du bagage mémétique humain peut se concevoir comme une pyramide inversée avec les mèmes fondamentaux ou archétypaux à la base (de sa pointe) et les mèmes les plus récents, les plus évolués, mais aussi les plus volatils, les plus mouvants, les plus changeants, dans la partie supérieure dont la surface augmente régulièrement en quantité et...  très peu en qualité.
  Cette même arborescence peut être figurée sous la forme d'un arbre dont les racines constitueraient les mèmes de base, le tronc contiendrait les mèmes de second niveau (émotions & premières technologies) et les branches, de différents diamètres, feraient émerger les mèmes plus modernes et plus mouvants, sujets éventuellement à des...  émondages ou à des modifications d'aspect.

   Les mèmes ne sont rien sans leur support biologique car c'est lui qui a permis leur émergence, leur création, par observation et comparaisons du milieu environnant  ou par calculs comparatifs & spéculatifs (Homo sapiens
est le seul mammifère à prévoir à long terme et à conjecturer ... sur les mèmes) et c'est ce même support biologique qui les nourrit, les supporte et permet leur stockage transitoire ou de plus longue durée dans les 5 mémoires des hommes.
   Dans la plupart des duplications de mèmes qui se font de cerveau à cerveau, il y a modification de l'information, du code qui se transmet de génération en génération mais, de plus en plus, de saison en saison. L'évolution des mèmes du XXIème siècle est infiniment plus rapide que celle qui a concerné les mèmes du XIIème au XIXème siècles.
  Les mèmes n'ont aucune autonomie, aucune capacité d'autarcie : ils restent sous l'entière dépendance du milieu environnant physique et surtout de leur milieu de vie qu'est le système biologique complexe qui les héberge. Les mèmes ne sont que des interactions d'idées émises par des hommes. Pas tous c'est vrai ! Mais, comme chez les autres primates, ce sont les "dominants*" qui sont les créateurs et les pourvoyeurs de mèmes.

* Reste à bien définir ce qu'est un "dominant" chez les Homo sapiens...

Les mèmes ne sont pas des "créatures" mais juste des créations temporaires (émergence, vie, mort) déterminées ou issues des potentialités épigénétiques des cerveaux humains interconnectés en réseaux d'intelligence collective au sein de sociétés organisées par les acquis culturels (règles, habitudes, comportements et lois), le package qui est "donné*" à chacun et à chaque communauté de vie à un instant "t" de la civilisation donnée.
* Ce qui est reçu en héritage

   La culture humaine et sa sauvegarde peuvent être considérés comme un système informatique complexe  (un système qui traite de l'information)  constitué de réseaux de réseaux interconnectés en interne (chaque être avec ses modules propres, ses aires spécifiques spécialisées) et en externe (l'ensemble de la communauté humaine) en liaison avec le milieu environnant par des périphériques d'entrée (ouïe, vue, odorat, goût, toucher associés à de multiples capteurs), par des périphériques de sortie (gestuelle,  mimiques, mouvements, voix/parole/langages, écrit & dessin assistés de nombreuses machines amplifiant et facilitant la communication).
   Cette culture que reçoivent et font évoluer sans cesse les humains est sous l'effet dynamique d'une "machine universelle" à traiter de l'information dont le coeur de l'unité centrale décisionnelle est de nature biologique. Pierre Lévy parle de la Machine Univers (il désigne plutôt l'ordinateur) mais pour la conscience c'est sans doute le seul Homo sapiens qui "peut" tout changer. Une preuve ? Je ne sais pas ! Ne sommes-nous pas en train d'en discuter entre nous ?


Où commence le jeu des mèmes ?

« Le biologique ignore le culturel. De tout ce que l'homme a appris, éprouvé, ressenti au long des siècles, rien ne s'est déposé dans son organisme [...]. Chaque génération doit refaire tout l'apprentissage [...]. Là gît la grande différence des civilisations humaines avec les civilisations animales. De jeunes fourmis isolées de la fourmilière refont d'emblée une fourmilière parfaite. Mais de jeunes humains séparés de l'humanité ne pourraient reprendre qu'à la base l'édification de la cité humaine. La civilisation fourmi est inscrite dans les réflexes de l'insecte [...]. La civilisation de l'homme est dans les bibliothèques, dans les musées et dans les codes ; elle exprime les chromosomes humains, elle ne s'y imprime pas. »

Jean ROSTAND (Pensées d'un biologiste)


  

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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 10:11
Réponse à Sylvain MAGNE à propos du mème "A".

Sylvain en bleu et J-P en orangé


  J-P, ta réponse était on ne peut plus claire. Merci.

J'ai fait de mon mieux mais ce n'est pas toujours facile d'exprimer sa pensée.

Il est vrai que je n'ai pas développé dans mon document le caractère historique des supports mémétiques, mais je trouve la question très intéressante. Si tu as des détails à partager sur le mème "A" et l'évolution des symboles et des codes, je serais vraiment ravi de les entendre.

J'ai commencé en ce qui concerne ce que tu as appelé en page 2 de ton topo pdf le mème "A".  Je suis aussi sur deux autres pistes :
- le gène de l'obésité et le mème de l'obésité en concurrence ?
- le mème "réchauffement climatique" et ses implications dans les milieux de la recherche & dans le microcosme politique.
S'agissant de la déjà longue histoire du mème "A", je commence.

L'émergence première du mème "A" prend corps dans l'Égypte ancienne, il y a près de 5000 ans avec un pictogramme qui désigne de manière très figurative un boeuf ou taureau (Bâta) sur ses quatre pattes :
http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-07.gif

Un peu plus tard, chez les Cananéens & chez les Phéniciens (du côté de Byblos) qui vont répandre ce signe le long de la Méditerranée, le boeuf (Aleph) est déjà beaucoup plus stylisé et ce n'est plus que la tête qui est représentée :

http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-02.gif

En même temps qu'on a réduit la représentation du bovin à sa tête, d'autres représentations expriment ses qualités morales telles la puissance, l'énergie, le calme, la vigueur et la robustesse :

http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-06.gif

Une nouvelle étape arrive qui n'est plus guère figurative et qui symbolise le même"aleph" en 3 traits simples et dépouillés :

http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-03.gif


Le stade suivant fait faire au signe une rotation horaire de 90° et la barre qui traverse la tête symbolise les cornes du boeuf, toujours "aleph" :

http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-04.gif

Une nouvelle rotation horaire de 90° donnera le A grec tel que nous le connaissons aujourd'hui. Il s'appelera "alpha" :

http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-05.gif

J'aimerais moi-même explorer l'idée que les supports se développent et se complexifient à la manière d'un code informatique (et oui encore ^_^) en se complexifiant en couches successives. Plus un ordinateur se donne une capacité de codage élevée (générations des 8 bits, 16 bits, 32, 64, 128 etc.) plus elle peut élaborer son langage et ses capacités.

C'est très exactement ce que je pense et ceci est aussi vrai pour les langages de programmation que pour les logiciels utilisés pour les faire tourner, fonctionner. C'est le même principe d'efficacité qui a fait passer les hommes des hiéroglyphes, pictogrammes ou autres idéogrammes aux lettres alphabétiques qui codent pour des sons bien déterminés. Du boeuf qui symbolisait des concepts divers, on est passés à des signes (pour le aleph) de plus en plus épurés qui avaient d'abord le sens sémitique de "coup de glotte" puis qui chez les Grecs représentèrent le son "A".
Il en fut de même pour les codes des langages informatiques qui, pour finir par un codage binaire réservé à la machine se devaient d'être de plus en plus rapides, précis, performants. Toujours dans le sens d'un gain en économie d'énergie mais sans se soucier du potentiel en mémoire vive et en mémoire morte qui pouvait technologiquement s'accroître de manière fulgurante.



Je ne dis pas que le cerveau fonctionne ainsi mais que le passage du « support comportemental » au « support verbal », puis « au supports physiques modernes », semble être représentatif des niveaux de complexités cérébraux de plus en plus complexes.

Mon opinion est que c'est exactement pareil. Le cerveau se comporte comme un réseau de réseaux d'ordinateurs interconnectés qui sont reliés à des périphériques sensoriels  entrants et sortants. C'est une machine à fabriquer de la pensée, à traiter les données, à faire des choix opportunistes. Reste à définir les limites du libre-arbitre. Il en a déjà été question sur cette liste de discussions et sur "Automates intelligents". Je pense pour ma part que le pourcentage de libre-arbitre dans nos décisions est très ténu mais c'est l'existence de celui-ci qui fait toute la différence entre les mammifères supérieurs et Homo sapiens : c'est cette conscience qui ne peut traiter qu'un seul problème à la fois (il y a une file d'attente...) mais qui peut surtout choisir en pesant les conséquences des différents choix possibles. En fait cette conscience peut extrapoler et imaginer, calculer des 'possibles'...

D'ailleurs, il est intéressant de remarquer comment lorsqu'un programmeur doit utiliser un langage d'un niveau supérieur, cela lui prendra beaucoup de temps pour en explorer toutes les capacités, ce n’est pas immédiat. Plus un langage est complexe plus l’horizon des possibles augmente et plus cela prend du temps à explorer, de facon exponentielle. Je veux dire que depuis que nos cerveaux sont capables de gérer des mèmes complexes, cela ne veut pas dire qu'il ne nous faudra pas encore de nombreux siècles pour en explorer toutes les capacités. Le nombre de mèmes possibles, imaginés et imaginables est infini.

Le chaos c'est ça ! Plus c'est compliqué et plus ça devient complexe. Alors je ne te dis pas les fractales que ça va générer. Mais nous avons à présent des ordinateurs extraordinairement puissants pour faire cela. Que nos pauvres cerveaux monotâche se concentrent sur les problèmes les plus vitaux !

(Où on en revient étonnamment au concept d'externalisation de l'intelligence humaine abordé par Hervé JUVIN lors du séminaire de mémétique, le 27 juin dernier à Puteaux, chez Eurogroup justement...)

Pour ce qui est de la spirale, je reste encore dubitatif.
Le temps me manque mais je reste curieux.


Moi aussi je regarde avec curiosité ces "trouvailles" qui mettent en liaison l'évolution des sociétés humaines et celle de chaque individu mais je préfère me référer à Gregory BATESON et à son "Écologie de l'esprit" plutôt qu'à une dynamique, fût-elle en forme de spirale. (Ce que je ne crois pas d'ailleurs...) Je pense plutôt à des concepts évolutifs qui s'emboîtent de manière concentrique (théorie des ensembles) ou à la formidable métaphore de l'hypertexte qui permet de générer des liens pertinents entre tous les concepts, avec ou sans hiérarchisation.

Un bref extrait de l'introduction du livre de BATESON :

"Les questions que soulève ce livre sont bien des questions écologiques: Comment les idées agissent-elles les unes sur les autres ? Y a-t-il une sorte de sélection naturelle qui détermine la survivance de certaines idées et l'extinction ou la mort de certaines autres ? Quel type d'économie limite la multiplication des idées dans une région donnée de la pensée ? Quelles sont les conditions nécessaires pour la stabilité (ou la survivance) d'un système ou d'un sous-système de ce genre ? Certains de ces problèmes seront concrètement analysés par la suite, le but de ce livre étant surtout de nettoyer le terrain pour que des questions comme celles qu'on vient d'évoquer puissent être posées d'une façon sensée."
  • Vers une écologie de l’esprit,  I, Seuil, Paris, 1977.
  • Vers une écologie de l’esprit, II, Seuil, Paris, 1980.
Je reviendrai sur ce sujet en développant un peu "le mème de la lecture, un apprentissage culturel exemplaire".



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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 18:20

BOITES À BIJOUX, BOÎTES À MUSIQUES, BOÎTES À SECRETS, BOÎTES PRÉCIEUSES

Ces douze miniatures de Fabergé sont tout cela à la fois. Chacune d'elles représente et joue un air d'un ballet célèbre. Ce sont des créations très soignées en porcelaine, décorées richement comme sait le faire un habile joaillier. Cette collection limitée, je l'ai offerte à mon épouse il y a une vingtaine d'années car elle trouvait cela trop joli et moi, j'y voyais déjà un fabuleux 'juke box' miniature.
Je lui ai confectionné un petit meuble en bois brut, juste ciré pour l'occasion, et j'ai suspendu ce présentoir dans notre chambre dans l'intention de faire de beaux rêves avec tous ces ballets fabuleux...

Voici l'ordre de ces boîtes dans les différentes étagères qui leur ont été affectées par nos soins.


Le rossignol Pulcinella Pétrouchka Cendrillon
La fleur de pierre Shéhérazade Le lac des cygnes Raymonda
Roméo & Juliette La belle au bois dormant L'oiseau de feu Casse noisette

La collection de douze boîtes à musique





Gros plan sur "Le lac des cygnes"




Le Lac des Cygnes joué par une boîte à musique




Avec une quinzaine de notes, tout est joué !


Mais on peut aussi en écouter une version orchestrale



Bon d'accord c'est un peu pompier ! Je préfère la sobriété de ma boîte à musique.



Voici donc jouée par l'Orchestre National de Paris en 1992 à l'Opéra Bastille, l'ouverture du 2ème acte du Lac des Cygnes. Direction Jonathan DARLINGTON.



Lac des cygnes
envoyé par marc1756


À l'origine de tout cela, il y a eu une partition écrite par Tchaïkosvki en 1876





Au bout de 16 notes, le thème est bouclé.


Mais il ne faut surtout pas oublier que c'est un ballet et que la danse et le drame qui se joue font partie intégrante de l'intention musicale de l'auteur.










                                                 




La clef n° 1 :

Cette boîte à musique contient le code inscrit sur son cylindre. Les lamelles métalliques tremblent lorsqu'un picot - judicieusement placé - les fait vibrer dans la bonne tonalité et dans le bon rythme.


Une grille d'analyse mémétique relative à l'élément culturel transmissible "Le lac des Cygnes" :


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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 15:21
Une nouvelle terminologie : le tème

"Si nous retenons l’approche proposée par Susan Blackmore, celle des "tèmes" , nous ferions de ces technologies des réplicants autonomes, venant en compétition avec les gènes et les mèmes. Comme ces réplicants paraissent doués de beaucoup plus de pouvoirs (technologiques) que les gènes et les mèmes, ils pourraient en se multipliant éliminer la vie et en tous cas l’homme de la Terre. En contrepartie, ils pourraient peut-être entreprendre la conquête d’autres planètes. Nous pensons pour notre part que ces considérations relèvent – au moins à ce jour – de la science fiction.

Dans l'approche moins simplificatrice que nous avions proposée dans les articles précédents, nous suggérions le terme de systèmes bioanthropotechniques*. Le mot est affreux, convenons-en. Mais il montre bien le côté composite des réplicants technologiques, comme "le monde de l'automobile" ou celui "des armes à feu". Il y a en eux du biologique (nos gènes nous conduisant à nous regrouper, à nous approprier des objets, etc.), de l'anthropologique culturel (les cultures qui nous poussent à construire tels types de société, d'outils et d'usages) et du technologique (les techniques qui se développent selon des lois propres où l'humain intervient peu).

Parler d'une troisième catégorie de réplicants, les tèmes, comme le fait Blackmore, présuppose que, dès maintenant ou très vite, ces entités prendront leur autonomie réplicative et entreront en conflit darwinien avec les gènes et les mèmes, c’est-à-dire avec nous. La perspective, on le sait, a déjà été envisagée à propos des robots. Or, ceux de nos lecteurs bien informés des progrès de la robotique autonome savent que, pour le moment encore, l’ère de robots s’émancipant des hommes et les combattant avec succès n’apparaît pas proche."
                                      (Jean-Paul BAQUIAST)

* Systèmes bioanthropotechniques ? Non, le mot n'est pas si affreux Jean-Paul : il est au contraire extrêmement bien formé, contrairement à "ère du zootechnocène" dont je ne comprends bien ni le "zoo" ni le "cène" car le monde animal n'a jamais développé de technologies, juste des stratégies adaptatives de nature innée et transmises par le génome (génétiques pour tout dire) et le suffixe "cène" s'il prend ses racines il y a 1,5 million ou 2 millions d'années n'est pas tout à fait approprié. S'agissant des découvertes utiles à Homo sapiens par contre (quelques dizaines de milliers d'années) cela pourrait se concevoir...



Susan Blackmore présente les concurrents des gènes et des mèmes,
parfois avec beaucoup d'humour.

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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 10:18
  Retenir des informations, voilà un challenge intéressant pour un système ouvert sur le monde comme le cerveau humain, ouvert sur son environnement  immédiat et global tant d'un point de vue diachronique que synchronique.
C'est le travail de tous les instants de la mémoire humaine dont on peut dire qu'elle est très complexe et composée de modules ou plutôt de potentialités spécifiques à la fois bien spécialisées et complémentaires les unes des autres.


L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/memoirea.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
Ces deux types de mémoire sont indispensables à tout apprentissage

Un site bien passionnant sur ce sujet où il est question de mèmes
L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/memoirec.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
Ce type de mémoire (à long terme) est par excellence celle dont se servent les mèmes

Il y a donc cinq sortes de mémoires qui s'exercent au sein du cerveau de l'homme afin de conserver les traces d'apprentissage que lui fournissent en même temps le milieu environnant naturel et celui créé par ses semblables, depuis que les civilisations existent : il s'agit de la culture humaine, transmise par l'éducation familiale, sociale et par tous les médias utilisables dans la communication, l'information et la distraction.


1)  La mémoire procédurale  est quasiment une mémoire motrice réflexe qui s'alimente avec grand profit de l'activation des neurones-miroirs susceptibles de s'activer lors des actions des autres et incitant celui qui en est le siège à reproduire ces actions à l'identique. Mais certains gestes de virtuoses, qui ne sont le fait que de très grands musiciens ou sportifs, nécessitent un entraînement très long et très complexe. Conduire une voiture, piloter un avion ou un hélicoptère font appel à cette mémoire procédurale au même titre que monter ou descendre un escalier, faire du vélo, du ski ou du patinage.

2) La mémoire de travail  n'est efficace que sur une très brève période.
Elle permet de retenir quelque temps le n° minéralogique d'une voiture qui nous a arraché le rétroviseur en dépassant mais il est prudent de le noter assez vite ce numéro car cette mémorisation ne tient pas plus de 90 secondes en général.
On peut aussi se servir de cette mémoire de travail pour retenir un n° de téléphone, juste le temps de le composer sur un clavier.



3) La mémoire de nos SRP (Systèmes de Représentation Perceptive)
C'est une mémoire qui permet de reconnaître les formes et les structures, les sihouettes, les figures géométriques, les mots écrits, des abstractions, des signes complexes, des visages mais abstraction faite de leur signification sémantique explicite, tout au plus nous reconnaissons en quelques dizaines de millisecondes leur connotation émotionnelle, affective.

4) La mémoire épisodique est sans doute notre mémoire la plus personnelle. C'est celle de notre histoire individuelle dans laquelle sont répertoriés tous les événements que nous avons vécus ou dont nous avons été témoins. Toutes nos expériences sont emmagasinées dans cette mémoire très nombriliste. On l'appelle parfois aussi mémoire autobiographique. C'est vraiment la mémoire du "je". En cas d'amnésie, c'est ce type de mémoire personnelle qui est touchée...

5) La mémoire sémantique est un type de mémoire très complexe et très étendu. C'est elle qui nous fait retenir le sens des mots. Elle est par excellence la mémoire des écoliers, des étudiants, celle de tous les apprentissages, la mémoire de tous les événements culturels que nous nous sommes appropriés ainsi que celle des repères historiques et géographiques.

Il semble bien, au travers de cette exploration des mémoires, que les mèmes de première catégorie - premiers savoir-faire du corps et des aires corticales motrices chargées de générer le mouvement des articulations et des muscles qui les actionnent - sont majoritairement des utilisateurs de la mémoire procédurale.
Par contre, les mèmes du deuxième type, nécessitant un vocabulaire, une culture verbale bien développée seront plutôt enclins à se nicher dans les replis de la mémoire sémantique qui constitue l'essentiel de notre bibliothèque (lexique & répertoire de protocoles ainsi que bases de données culturelles diverses...)
Quant aux mèmes du troisième type, volatils et superfétatoires par excellence, ils papillonnent d'une mémoire à l'autre en inscrivant des "étiquettes" superficielles dans la mémoire sémantique, en fixant provisoirement quelques attitudes & comportements de mode dans la mémoire procédurale, en chassant la mémoire de travail d'un revers de la main au profit du travail mécanique des neurones-miroirs, imitateurs parfaits,  en faisant passer tous les éléments de mémoire épisodique dans une mémoire collective moutonnière et sans la moindre personnalité, bref en favorisant systématiquement la nouveauté de groupe, éphémère et superficielle, au détriment de l'originalité profonde et durable. Ce sont les mèmes du tout  jetable et des technologies du futile et de l'inutile, les mèmes de la société de consommation et du tout Kleenex, y compris les employés... jetables. Ce sont aussi les mèmes du "prêt-à...", du Mac Do, des publicités stupides, de la tyrannie des "marques" chez les jeunes.

©Merlin 06-11-2006

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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 10:16



"C'est parce que quelque chose des objets extérieurs pénètre en nous que nous voyons les formes et que nous pensons."
                   
(Épicure : lettre à Hérodote)

ÉVACUER  ENFIN  L'INCONSCIENT...


Le conscient
- s'agissant du fonctionnement cérébral de l'être humain - voilà une notion bien difficile à cerner et à définir...
   En effet, si le système nerveux de l'homme, installé dans son enveloppe corporelle est un système intelligent, c'est parce qu'il est en interaction permanente avec son environnement et qu'il fait évoluer sans discontinuer le modèle - qu'il se crée et se recrée - de ce milieu de vie.
  Avant d'entreprendre la moindre action sur cet environnement, dans un but déterminé, le système nerveux teste cette action sur son modèle. Si le résultat de la simulation n'est pas favorable ou n'est pas celui escompté, une autre action est entreprise, jusqu'à l'obtention d'un résultat conforme au projet conçu...
  En fait, tout commence à partir des stimulations sensorielles objectives, avec les perceptions reçues par les périphériques essentiels que sont la vue, l'ouïe, l'odorat, le toucher, le goût, l'équilibre, la douleur, le plaisir etc... Et il est vrai que nous avons de multiples capteurs spécialisés pour toute la périphérie du corps ainsi que pour... l'intérieur.
  Les constructions d'images mentales (de représentations) de la réalité se font donc à partir de tous ces percepts automatisés. C'est à partir de ce moment, juste après que les processus neuronaux associés à ceux de l'ensemble du système nerveux aient été activés qu'entre en jeu notre conscience, dans un instant très bref, et il ne reste au système qu'une seule ressource, celle de mémoriser tous les concepts consciemment élaborés à partir des percepts reçus.
  Dans l'exercice automatique de cette boucle de la conscience, il faut bien isoler les processus perceptifs des actions mentales comparatives visant à distinguer des ressemblances au sein de tout ce qui a été reçu. Il est également indispensable de repérer des attributs redondants afin de penser des inférences ou des hypothèses qui devront êtres vérifiées autant de fois qu'il le faudra. C'est alors, et seulement si la répétition des vérifications réitérées est satisfaisante, qu'on pourra en inférer un concept, avec une conclusion provisoire.
  La conscience que nous avons de notre environnement génère à son tour une conscience des pensées mémorisées qui parcourent notre esprit et, pour essayer de définir un peu ce concept étrange, on pourrait dire que la conscience, c'est un état mental actif, transitoire, que l'on peut exprimer par le langage oral, écrit, par le dessin, la musique, par des constructions physiques, mathématiques ou mécaniques.
  Être conscient, c'est comprendre la relation qui existe entre des phénomènes (extérieurs ou intérieurs) et ce que l'on en perçoit objectivement, tout en étant capables de les  énoncer et de les analyser. Il paraît donc évident que la conscience ne s'exerce, ne se manifeste que chez un être qui a déjà conscience de son existence propre ainsi que de sa position réflexive et existentielle unique.
  Toute conscience est ancrée dans un substrat de mémoire(s) et se projette vers un futur souhaité par le sujet conscient.

 Claire Sergent, chercheure de l'équipe de neuro-imagerie du CEA-INSERM dirigée par Stanislas Dehaene et soutenue par Jean-Pierre Changeux, souvent en collaboration avec Lionel Naccache vient de réaliser des expériences édifiantes sur le sujet de la conscience humaine. Claire affirme "Pour que des informations visuelles [.........] nous deviennent conscientes, un réseau cérébral spécifique doit être activé...
  À l'écran, on voit très bien que, du cortex visuel, l'activité cérébrale se transpose au cortex frontal, puis au préfrontal ainsi qu'au cingulaire antérieur..."
  Et ce, 436 milli secondes après la diffusion de l'objet qui suscitera la prise de conscience.
  Mais, ces aires de la conscience ne traitent qu'une seule tâche à la fois...
  Il existe donc bien chez l'homme un espace neuronal spécifique dédié au travail conscient.
  Tandis que de nombreuses stimulations (des bruits, des parfums, des formes ou des couleurs, des visages familiers, des mots entendus ou vus) sont traitées de manière automatisée et non-consciente dans différentes aires cérébrales, les zones de la conscience prennent en charge le traitement d'une information pour la rendre consciente et transmissible à d'autres membres de l'espèce.
  En outre, pendant cette brève période durant laquelle l'attention est indispensable, nous sommes conscients d'avoir effectué ce traitement et nous pouvons en mémoriser durablement les résultats.

La mémoire   prend en charge les percepts devenus conscients au même titre que les processus sollicités de manière automatique et non-consciente mais dans au moins cinq types de mémoires spécifiques :

Les cinq types de mémoires
(Cliquer sur ce lien qui rappelle les caractéristiques de ces mémoires)

   Il paraît néanmoins évident que la mémoire n'est pas une capacité inépuisable et infinie et qu'elle perd de sa pertinence au fur et à mesure que le temps s'écoule. Hermann Ebinghaus, un philosophe Allemand de la fin du XIXème siècle a étudié méthodiquement l'instauration et la déperdition de mémoire.

Portrait d'Hermann Ebbinghaus à livre ouvert (comme la mémoire...)L'image « http://195.20.14.208/0/13/42/39/hermann-ebbinghaus.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.


La courbe de perte de mémoire de 0 à 31 jours.


 La mémoire est une faculté éphémère. Il faut la réactiver en permanence afin qu'elle conserve son efficacité.
  Mais il reste que de nombreux acquis cognitifs ou événementiels seront oubliés faute d'être réactivés.

 
Le non-conscient, après une telle déperdition de mémoire devient l'essentiel de notre package mémoriel.
(75 % de pertes d'informations en un mois c'est vraiment très important !)

  En effet, il reste très peu de nos acquisitions cognitives au bout de 31 jours. Mais au bout de 31 mois et, mieux encore, au bout de 31 ans, il ne reste plus que des souvenirs de souvenirs sans cesse reconstruits.
  Alors, est-ce à dire qu'il ne reste rien ? Sans doute pas. Il reste des traces, des facilités à reconstruire un succédané de nos expériences passées. Cependant, d'aucuns ont voulu, dès la fin du XIXème siècle et surtout au début du XXème mettre en avant un inconscient tout puissant, sorte de chef d'orchestre du psychisme. En fait, tout ce qui est "non-conscient" est constitué de traces mnésiques imperceptibles et non accessibles à la conscience car la conscience ne peut traiter qu'une information-événement à la fois. Le non-conscient est essentiellement composé d'une réserve infinie d'automatisme salutaires (notamment toutes les acquisitions de la mémoire procédurale) qui font que nous conduisons une voiture, une bicyclette ou manipulons nos outils technologiques complexes sans y réfléchir. Les mécanismes sont du même ordre pour les autres types de mémoires et fort heureusement !
  Est-ce qu'on met toute la mémoire de nos ordinateurs sur le bureau, ou en mémoire vive ? C'est impossible !  La comparaison est satisfaisante au niveau de ces attributs. Là où on diffère sensiblement c'est que notre "unité centrale" est tenue de gérer à la fois la informations courantes fournies par nos différents capteurs et périphériques d'information sur le milieu extérieur que sont la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher associés à des kyrielles de capteurs internes qui renseignent l'unité centrale sur des centaines de paramètres, et, sommum des problèmes, c'est que nous, Homo sapiens, avons trois niveaux de cerveaux :
- le reptilien pour la survie basique.
- le paléomammalien pour de multiples fonctions vitales mais en particulier le système limbique (amygdale en tête) pour réceptionner les stimulations qui vont fabriquer des émotions aussi diverses que la peur, la satisfaction, la tristesse etc :
- le néomammalien (néocortex) comme chef d'orchestre et superviseur final de toutes ces informations parvenues à lui en quelques dizaines de millisecondes, celui qui, en bon superviseur, prendra les décisions finales. (Libre-arbitre oblige...)


  Le psychisme, c'est qualitativement la gestion de tout cela.
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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 15:20
Comment ai-je été orienté vers la mémétique Luc sur la liste de discussion de Wanadoo...

40 années j'ai été "passeur de mèmes"...

Les articles de mon blog



http://www.memetics-story.com/article-1289251.html
(Le livre de Pascal JOUXTEL "Comment les Systèmes pondent")


Imitation Imitations

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Chic, c'est presque l'heure !

  La capacité d’imitation chez les mammifères supérieurs implique que l’imitateur ait une parfaite conscience de soi en même temps qu’une conscience perceptive visuelle ou empathique de celui qu’il va imiter.

  Mais les capacités de mimétisme ne sont pas réservées aux primates car les possibilités de camouflage ou de ressemblance (homochromie ou imitations de formes) se trouvent dans tout le règne animal ainsi que chez les végétaux…
 Ces facultés d'imitation facilitent la cohésion du groupe au sein du règne animal, qu’il s’agisse d’oiseaux, de bovidés, ovidés, équins ou autres espèces vivant en collectivité.
  Chez les primates, les manifestations d’imitation sont particulièrement remarquables.
  S’agissant des processus d’apprentissage par observation intelligente, certains chercheurs font l’hypothèse d’une forme de transmission culturelle chez le chimpanzé, le macaque ou le bonobo… En fait, il y a peu d’exemples décisifs ou indiscutables.

  Dans l’espèce humaine par contre, il semble bien que l’imitation revête une importance considérable dès le départ et jusqu’à très tard dans la période adulte. Toute l’hominisation s’est réalisée à partir d’imitations des anciens et des congénères de l’entourage. Mais l’imitation n’est-elle qu’un processus passif qui rend servile, non original et peu créatif ou est-ce au contraire un acte choisi qui sélectionne intelligemment ses modèles ?
  Dans le cas de l’enfant, les modèles premiers sont tout trouvés : il s’agit des parents (au sens large) et de la fratrie quand elle existe. Mais le petit imitateur ne prend pas n’importe quel modèle : il choisit des êtres dont le comportement est valorisant et dont les actes et la personnalité lui paraissent idéaux. En aucun cas, il ne cherchera à imiter des « perdants » ou des maladroits. En fait, il s’intéresse le plus souvent à des actes inhabituels qui stimulent sa curiosité, son goût pour l'étonnement et qui, progressivement, deviendront assez chargés émotionnellement (il aime jouer à se faire peur…) Mais il reprend aussi volontiers, dans des jeux de rôles plus conformes à la réalité, les attitudes et activités de ses parents, de ses frères ou sœurs en choisissant toujours lui-même les séquences qu’il a envie d’imiter.
  On peut dire que c’est cette faculté unique d’imitation qui a permis à Homo sapiens sapiens de développer une culture exceptionnellement riche dans laquelle les mèmes se sont transmis verticalement (de génération en génération) et se transmettent aussi horizontalement, par le milieu social (notamment par les pairs) ainsi que par les différents médias de large diffusion.



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Laisse-moi réfléchir...

  En fait, les bambins  "impriment" toutes les stimulations sensorielles de leur entourage :
- Langue maternelle : celle de Maman & de Papa
- Gestes courants effectués par les membres de la famille et au-delà (stimulation & réponse imitative des neurones-miroirs.)
- Les jeunes enfants apprennent donc en observant et ceci leur enseigne, comme par un effet de miroir, l’action à re-produire.

  Les enfants observent, prennent des modèles, ils essaient de faire comme eux : balayer, regarder un livre, une revue, téléphoner, manger, se déshabiller/s’habiller, danser, jouer à la marchande, au docteur etc... Toutes nos actions d’adultes sont soigneusement examinées et celles qui plaisent bien sont apprises et reproduites grâce aux neurones miroirs qui ont tout "capté".

Les neurones miroirs en bref
(Cliquer sur ce lien)

  Dans ces activations neuronales automatiques s'agit-il d'un jeu, d'une activité ludique ou d'un comportement on ne peut plus sérieux d’un être en pleine transformation, être en devenir qui fait ses gammes pour apprendre comment se comporter comme les grands ?
  C’est nous qui disons que l’enfant joue. Lui, dans son for intérieur, je pense qu’il est sérieux ! Il fait ce qu'il doit faire pour devenir grand.

  Alors quel type d’éducation peut-on souhaiter pour les enfants de deux ans jusqu’à la fin de l’École Maternelle ?
- Un modèle du style « Libres enfants de Summerhill » ?
- Une éducation très dirigée, dirigiste où tous les concepts à intégrer sont répertoriés et programmés dans le temps ?
- Il faut bien voir déjà qu’à deux ans, peu d’enfants sont en mesure de bénéficier d’un enseignement collectif tant leurs préoccupations et leur développement personnels restent axés sur eux-mêmes dans le cadre de la relation moi-maman ou moi-nourrice pour l'essentiel.

  Il va de soi que tous les apprentissages vont se faire chez chaque enfant en fonction du modèle, des modèles à imiter, ceux qui lui seront présentés. Celui de l’enseignante et des auxiliaires chargées de cette tâche & ceux des condisciples de sa promotion.
  Il va ainsi apprendre à répéter (en imitant) les mots indispensables pour acquérir le bagage nécessaire à la communication, aussi bien dans sa langue maternelle que dans une autre avec laquelle on solliciterait ses compétences linguistiques qui sont sans limites à cette période de sa maturation neuronale. (C'est à cet âge que le bilinguisme vrai s'installe avec une authentique efficacité.)
  Il va développer toutes les potentialités psycho-motrices dont il est capable dans des activités à prises de risques calculés et sa mémoire procédurale va s'accroître dans des proportions incroyables.


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J'ai perdu ma dent ... Oh, je la r' trouve pas !

  S’agissant des activités d’observation (on peut dire... à dominante scientifique), il va manipuler quantité d’objets, des solides et des liquides et va être confronté au monde animal & végétal et aux différents phénomènes physiques. Il va sans dire que le simple fait d’enrichir son milieu environnant dans ces domaines-là va considérablement multiplier ses expériences personnelles, ses tâtonnements expérimentaux et permettre de le faire exprimer des hypothèses personnelles qu’il vérifiera ou pas. À ce stade, on peut envisager pour les plus grands (section de cinq ans), des séquences de synthèse où la liberté d’agir pourra commencer à être suivie d’un peu de rigueur et de contraintes méthodologiques à la hauteur du niveau de raisonnement et des inférences possibles pour ces jeunes enfants. Je crois d’ailleurs que cet âge de cinq ans est crucial pour commencer à organiser toutes les compétences à venir du futur adulte que l’on a devant soi.
  En effet, il n’y aura aucune possibilité d’excellence dans le futur, si aucune action éducative n’est envisagée à cet âge. Tous les experts, champions, virtuoses ont commencé leur activité de prédilection à cet âge-là, de même que les premiers apprentissages de la lecture doivent être initiés à cet âge moyen. Mais cela reste un âge moyen, ce qui veut dire que pour certains, ce sera quatre ans et pour d’autres six, voire sept ans. Nous sommes tous différents en tout et notre âge de maturation neuronale n’échappe pas à cette règle, ni à la dictature de la courbe de Gauss.
 Bien entendu, dans ces apprentissages premiers par imitations, les neurones-miroirs jouent un rôle considérable.

L’enfant imite son enseignante mais aussi ses petits copains et, dans ce cas, il choisit ses modèles selon des critères qui déterminent son envie d’imiter les uns ou les autres. Les grands-parents peuvent jouer un rôle très important eux-aussi car ils permettent de reculer les limites des transmissions culturelles en direction d'un passé qui n'est pas vraiment récent pour leurs petits enfants dans la mesure où il remonte à deux générations environ. Mais ils ont bien d'autres rôles à jouer, notamment une position affective privilégiée. Bien sûr, l’imitation a ses dangers et le désir mimétique, mis en évidence par l’académicien René GIRARD, sollicite et renforce le plus souvent jalousie, rivalité et violence. C’est pourquoi la socialisation revêt une importance considérable à l’École Maternelle. La mutualisation des pratiques et la collaboration en sont les meilleurs moteurs et il faut les encourager au lieu de susciter rivalité et compétition.
  Dans un milieu scolaire épanouissant, la collaboration, la mise en commun des expériences vécues doit contribuer à une richesse d’échanges de mèmes de toute nature sous la houlette de l’enseignante qui est à la fois le pilote et le chef d’orchestre de toutes ces partitions mémético-sociales.
  L’excellent pédagogue et ami qu’est Michel MONOT a développé et continue de militer en faveur d’une Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant :


        http://pmev.lagoon.nc/              http://www.lebulletinpmev.com/

  On peut aussi s’inspirer des pratiques très freinéticiennes de Bernard COLLOT qui met en exergue la « pédagogie de la mouche » :

                  http://perso.orange.fr/b.collot/b.collot/cafe_pedagogique33.htm

  Les enseignants sont bien des passeurs de mèmes mais ils ont aussi le rôle de stimuler les transmissions mémétiques horizontales au sein des groupes dont ils ont la responsabilité éducative.
  Par ailleurs, et en cela je veux répondre à ce qui soucie mon ami Le Bateleur, l’École n’a pas comme fonction de se faire l’outil de transmission des challenges sociaux et économiques qui obnubilent notre société. Elle se doit d’éduquer individuellement et socialement des êtres uniques, selon des valeurs humanistes universelles et elle a en même temps le devoir de transmettre des connaissances éclairantes pour les années qui arrivent et ceci, elle ne peut le faire qu’en facilitant chez tout un chacun, dès le plus jeune âge, le réflexe de créer des liens (notamment de causalité) entre tous les faits, toutes les données que constituent les savoirs et en rendant tout cela cohérent avec les savoir-faire et les savoir-être qui permettront au final de les rendre utiles à tous les hommes en développant une intelligence collective.

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Tout est relatif...

  Nous entrerons alors dans l’espace du savoir-vivre ensemble.
Une brève hisoire de la mémétique :


MÉMÉTIQUE: Discipline nouvelle des sciences humaines qui observe et étudie par des approches pluridisciplinaires la manière dont les activités culturelles de l'Humanité sont initiées, se développent, se reproduisent, se répliquent au sein des communautés d'Homo sapiens sapiens, dans le temps et dans l'espace...

MÈME: Unité d'information contenue dans un cerveau *, échangeable au sein d'une société donnée.  Il s'agit d'un contenu culturel capable de se dupliquer, de se répliquer (idée, technique, comportement, habitude, tradition, mode)  en se recopiant d'un cerveau vers d'autres cerveaux, selon des processus évolutionnistes et grâce à des procédures variées : mimétisme dû aux neurones miroirs, paroles, écrits, dessins, attitudes, etc... Tous les modes de broadcasting peuvent être utilisés entre le cerveau émetteur et les cerveaux récepteurs.
* Jean-Pierre CHANGEUX parle d'engramme neuronal dès 1983.

(Les mots mémétique et mème  juste au-dessus sont cliquables et ils apportent de précieuses informations...)






Le vocable "mémétique" et son objet d'étude "le mème" voient le jour en 1976 dans le célèbre livre du biologiste Richard DAWKINS, "Le gène égoïste". Bien sûr d'autres que lui ont eu l'intuition de ce concept, bien avant lui. On peut citer comme l'a fait Pascal JOUXTEL Bouddha, Démocrite, Voltaire et tant d'autres précurseurs mais aussi Gabriel TARDE.. D'autres, comme J-P CHANGEUX ou René GIRARD, Michel SERRES... Mais le seul travail en profondeur sur le concept "mémétique" en langue française reste l'excellent livre de Pascal CLS P

Paraboles et analogies

gène ==> mème     génétique ==> mémétique

concepteur/inventeur (venant des idées du passé) solution = mème ===> diffusion (broadcasting) récepteur pouvant devenir à son tour émetteur. Il s'agit de communication au sein de groupes délimités (territoire, langue) lais aussi au niveau du village planétaire



Jean-Paul BAQUIAST
Pascal JOUXTEL

Posture matérialiste
Posture spiritualiste (monde des idées platonicien § vâsânâs bouddhistes, idées incréées)






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Dans le cerveau humain, l'engramme d'un mème occupe des réseaux de neurones interconnectés au sein d'aires spécialisées dans des tâches bien spécifiques (Vision, audition, émotion, olfaction, cognition...)
Les 5 types de mémoires peuvent être sollicitées.

LES 5 TYPES DE MÉMOIRES
(Cliquer sur le lien ci-dessus pour lire l'article)

Pour davantage de détails quant aux fonctions de chaque aire,
se reporter à ce site
(Cliquer sur le lien ci-dessus)


Mèmes: Les mèmes sont à la fois un processus biologique du type réactions d'un système à des stimulations et au final le résultat culturel de transformations neurochimiques au niveau de réseaux de neurones et de tout le substrat cérébral des Homo sapiens. Ils s'inscrivent dans le cadre de propriétés génétiques & épigénétiques identifiables chez tous les êtres humains, quelles que soient leurs origines géographiques ou ethniques et ces éléments de culture sont transférables, duplicables, transmissibles chez tous les peuples dès la plus tendre enfance (sous réserve que des amorçages perceptifs appropriés aient été initiés par des stimulations affectives et émotionnelles de la mère)  jusqu'à un âge avancé.
 Les mèmes sont donc des propriétés épigénétiques du système nerveux humain et ils subissent des phénomènes évolutifs d'un type assez proche de ceux de l'évolution génétique des espèces telle qu'elle a été définie par Darwin.
   Il existe plusieurs grandes catégories de mèmes mais on devrait en faire un inventaire exhaustif et dresser une typologie des mèmes qui serait souvent en relation étrite avec les trois niveaux du cerveau humain définis par Paul D. MacLean :

- Les mèmes  inspirés par la nécessité impérieuse de la survie (mèmes issus des propriétés et des capacités propres du cerveau reptilien.) On apprend donc, dans le cadre de la société, par imitation des anciens à adopter des comportements sécuritaires, protégeant le clan et chaque individu du groupe. La maîtrise du feu et l'apprentissage de sa reproduction à volonté sont parmi les premiers mèmes qui ont permis à l'Humanité de se constituer en collectif pensant, agissant et reproduisant socialement des mèmes.

- Les mèmes qui sont sous la dépendance du cerveau paléo-mammalien (le système limbique) et qui gèrent essentiellement les situations de peur, de fuite, de répulsion, d'aversion et toute la dialectique fondamentale des systèmes de récompense/sanction.

- Les mèmes que permet de créer et de modifier le cerveau néo-mammalien (le néo-cortex*) qui traite des informations, les prend à son compte ou les rejette avec une importance considérable de l'éducation première qui conduit à un déterminisme global très prégnant mais assorti néanmoins d'un petit espace (mais si précieux !)  de choix volontaires : le libre-arbitre de chacun.

* Le cerveau qui calcule et conjecture...

  Les mèmes les plus puissants et qui n'ont que peu de difficulté à se répliquer sont ceux qui font partie du deuxième groupe (émotions) ou qui en proviennent indirectement.

  L'arborescence quasi-fractale  du bagage mémétique humain peut se concevoir comme une pyramide inversée avec les mèmes fondamentaux ou archétypaux à la base (de sa pointe) et les mèmes les plus récents, les plus évolués, mais aussi les plus volatils, les plus mouvants, les plus changeants, dans la partie supérieure dont la surface augmente régulièrement en quantité et...  très peu en qualité.
  Cette même arborescence peut être figurée sous la forme d'un arbre dont les racines constitueraient les mèmes de base, le tronc contiendrait les mèmes de second niveau (émotions & premières technologies) et les branches, de différents diamètres, feraient émerger les mèmes plus modernes et plus mouvants, sujets éventuellement à des...  émondages ou à des modifications d'aspect.

   Les mèmes ne sont rien sans leur support biologique car c'est lui qui a permis leur émergence, leur création, par observation et comparaisons du milieu environnant  ou par calculs comparatifs & spéculatifs (Homo sapiens
est le seul mammifère à prévoir à long terme et à conjecturer ... sur les mèmes) et c'est ce même support biologique qui les nourrit, les supporte et permet leur stockage transitoire ou de plus longue durée dans les 5 mémoires des hommes.
   Dans la plupart des duplications de mèmes qui se font de cerveau à cerveau, il y a modification de l'information, du code qui se transmet de génération en génération mais, de plus en plus, de saison en saison. L'évolution des mèmes du XXIème siècle est infiniment plus rapide que celle qui a concerné les mèmes du XIIème au XIXème siècles.
  Les mèmes n'ont aucune autonomie, aucune capacité d'autarcie : ils restent sous l'entière dépendance du milieu environnant physique et surtout de leur milieu de vie qu'est le système biologique complexe qui les héberge. Les mèmes ne sont que des interactions d'idées émises par des hommes. Pas tous c'est vrai ! Mais, comme chez les autres primates, ce sont les "dominants*" qui sont les créateurs et les pourvoyeurs de mèmes.

* Reste à bien définir ce qu'est un "dominant" chez les Homo sapiens...

Les mèmes ne sont pas des "créatures" mais juste des créations temporaires (émergence, vie, mort) déterminées ou issues des potentialités épigénétiques des cerveaux humains interconnectés en réseaux d'intelligence collective au sein de sociétés organisées par les acquis culturels (règles, habitudes, comportements et lois), le package qui est "donné*" à chacun et à chaque communauté de vie à un instant "t" de la civilisation donnée.
* Ce qui est reçu en héritage

   La culture humaine et sa sauvegarde peuvent être considérés comme un système informatique complexe  (un système qui traite de l'information)  constitué de réseaux de réseaux interconnectés en interne (chaque être avec ses modules propres, ses aires spécifiques spécialisées) et en externe (l'ensemble de la communauté humaine) en liaison avec le milieu environnant par des périphériques d'entrée (ouïe, vue, odorat, goût, toucher associés à de multiples capteurs), par des périphériques de sortie (gestuelle,  mimiques, mouvements, voix/parole/langages, écrit & dessin assistés de nombreuses machines amplifiant et facilitant la communication).
   Cette culture que reçoivent et font évoluer sans cesse les humains est sous l'effet dynamique d'une "machine universelle" à traiter de l'information dont le coeur de l'unité centrale décisionnelle est de nature biologique. Pierre Lévy parle de la Machine Univers (il désigne plutôt l'ordinateur) mais pour la conscience c'est sans doute le seul Homo sapiens qui "peut" tout changer. Une preuve ? Je ne sais pas ! Ne sommes-nous pas en train d'en discuter entre nous ?


Où commence le jeu des mèmes ?

« Le biologique ignore le culturel. De tout ce que l'homme a appris, éprouvé, ressenti au long des siècles, rien ne s'est déposé dans son organisme [...]. Chaque génération doit refaire tout l'apprentissage [...]. Là gît la grande différence des civilisations humaines avec les civilisations animales. De jeunes fourmis isolées de la fourmilière refont d'emblée une fourmilière parfaite. Mais de jeunes humains séparés de l'humanité ne pourraient reprendre qu'à la base l'édification de la cité humaine. La civilisation fourmi est inscrite dans les réflexes de l'insecte [...]. La civilisation de l'homme est dans les bibliothèques, dans les musées et dans les codes ; elle exprime les chromosomes humains, elle ne s'y imprime pas. »

Jean ROSTAND (Pensées d'un biologiste)


  

Réponse à Sylvain MAGNE à propos du mème "A".

Sylvain Magne en bleu je réponds en bistre



  J-P, ta réponse était on ne peut plus claire. Merci.

J'ai fait de mon mieux mais ce n'est pas toujours facile d'exprimer sa pensée.

Il est vrai que je n'ai pas développé dans mon document le caractère historique des supports mémétiques, mais je trouve la question très intéressante. Si tu as des détails à partager sur le mème "A" et l'évolution des symboles et des codes, je serais vraiment ravi de les entendre.

J'ai commencé en ce qui concerne ce que tu as appelé en page 2 de ton topo pdf le mème "A".  Je suis aussi sur deux autres pistes :
- le gène de l'obésité et le mème de l'obésité en concurrence ?
- le mème "réchauffement climatique" et ses implications dans les milieux de la recherche & dans le microcosme politique.
S'agissant de la déjà longue histoire du mème "A", je commence.

L'émergence première du mème "A" prend corps dans l'Égypte ancienne, il y a près de 5000 ans avec un pictogramme qui désigne de manière très figurative un boeuf ou taureau (Bâta) sur ses quatre pattes :
http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-07.gif

Un peu plus tard, chez les Cananéens & chez les Phéniciens (du côté de Byblos) qui vont répandre ce signe le long de la Méditerranée, le boeuf (Aleph) est déjà beaucoup plus stylisé et ce n'est plus que la tête qui est représentée :

http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-02.gif

En même temps qu'on a réduit la représentation du bovin à sa tête, d'autres représentations expriment ses qualités morales telles la puissance, l'énergie, le calme, la vigueur et la robustesse :

http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-06.gif

Une nouvelle étape arrive qui n'est plus guère figurative et qui symbolise le même "aleph" en 3 traits simples et dépouillés :

http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-03.gif



Le stade suivant fait faire au signe une rotation horaire de 90° et la barre qui traverse la tête symbolise les cornes du boeuf, toujours "aleph" :

http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-04.gif

Une nouvelle rotation horaire de 90° donnera le A grec tel que nous le connaissons aujourd'hui. Il s'appelera "alpha" :

http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/images/2/sq04-05.gif


J'aimerais moi-même explorer l'idée que les supports se développent et se complexifient à la manière d'un code informatique (et oui encore ^_^) en se complexifiant en couches successives. Plus un ordinateur se donne une capacité de codage élevée (générations des 8 bits, 16 bits, 32, 64, 128 etc.) plus elle peut élaborer son langage et ses capacités.

C'est très exactement ce que je pense et ceci est aussi vrai pour les langages de programmation que pour les logiciels utilisés pour les faire tourner, fonctionner. C'est le même principe d'efficacité qui a fait passer les hommes des hiéroglyphes, pictogrammes ou autres idéogrammes aux lettres alphabétiques qui codent pour des sons bien déterminés. Du boeuf qui symbolisait des concepts divers, on est passés à des signes (pour le aleph) de plus en plus épurés qui avaient d'abord le sens sémitique de "coup de glotte" puis qui chez les Grecs représentèrent le son "A".
Il en fut de même pour les codes des langages informatiques qui, pour finir par un codage binaire réservé à la machine se devaient d'être de plus en plus rapides, précis, performants. Toujours dans le sens d'un gain en économie d'énergie mais sans se soucier du potentiel en mémoire vive et en mémoire morte qui pouvait technologiquement s'accroître de manière fulgurante.



Je ne dis pas que le cerveau fonctionne ainsi mais que le passage du « support comportemental » au « support verbal », puis « au supports physiques modernes », semble être représentatif des niveaux de complexités cérébraux de plus en plus complexes.

Mon opinion est que c'est exactement pareil. Le cerveau se comporte comme un réseau de réseaux d'ordinateurs interconnectés qui sont reliés à des périphériques sensoriels  entrants et sortants. C'est une machine à fabriquer de la pensée, à traiter les données, à faire des choix opportunistes. Reste à définir les limites du libre-arbitre. Il en a déjà été question sur cette liste de discussions et sur "Automates intelligents". Je pense pour ma part que le pourcentage de libre-arbitre dans nos décisions est très ténu mais c'est l'existence de celui-ci qui fait toute la différence entre les mammifères supérieurs et Homo sapiens : c'est cette conscience qui ne peut traiter qu'un seul problème à la fois (il y a une file d'attente...) mais qui peut surtout choisir en pesant les conséquences des différents choix possibles. En fait cette conscience peut extrapoler et imaginer, calculer des 'possibles'...

D'ailleurs, il est intéressant de remarquer comment lorsqu'un programmeur doit utiliser un langage d'un niveau supérieur, cela lui prendra beaucoup de temps pour en explorer toutes les capacités, ce n’est pas immédiat. Plus un langage est complexe plus l’horizon des possibles augmente et plus cela prend du temps à explorer, de facon exponentielle. Je veux dire que depuis que nos cerveaux sont capables de gérer des mèmes complexes, cela ne veut pas dire qu'il ne nous faudra pas encore de nombreux siècles pour en explorer toutes les capacités. Le nombre de mèmes possibles, imaginés et imaginables est infini.

Le chaos c'est ça ! Plus c'est compliqué et plus ça devient complexe. Alors je ne te dis pas les fractales que ça va générer. Mais nous avons à présent des ordinateurs extraordinairement puissants pour faire cela. Que nos pauvres cerveaux monotâche se concentrent sur les problèmes les plus vitaux !

(Où on en revient étonnamment au concept d'externalisation de l'intelligence humaine abordé par Hervé JUVIN lors du séminaire de mémétique, le 27 juin dernier à Puteaux, chez Eurogroup justement...)

Pour ce qui est de la spirale, je reste encore dubitatif.
Le temps me manque mais je reste curieux.

Moi aussi je regarde avec curiosité ces "trouvailles" qui mettent en liaison l'évolution des sociétés humaines et celle de chaque individu mais je préfère me référer à Gregory BATESON et à son "Écologie de l'esprit" plutôt qu'à une dynamique, fût-elle en forme de spirale. (Ce que je ne crois pas d'ailleurs...) Je pense plutôt à des concepts évolutifs qui s'emboîtent de manière concentrique (théorie des ensembles) ou à la formidable métaphore de l'hypertexte qui permet de générer des liens pertinents entre tous les concepts, avec ou sans hiérarchisation.

Un bref extrait de l'introduction du livre de BATESON :

"Les questions que soulève ce livre sont bien des questions écologiques: Comment les idées agissent-elles les unes sur les autres ? Y a-t-il une sorte de sélection naturelle qui détermine la survivance de certaines idées et l'extinction ou la mort de certaines autres ? Quel type d'économie limite la multiplication des idées dans une région donnée de la pensée ? Quelles sont les conditions nécessaires pour la stabilité (ou la survivance) d'un système ou d'un sous-système de ce genre ? Certains de ces problèmes seront concrètement analysés par la suite, le but de ce livre étant surtout de nettoyer le terrain pour que des questions comme celles qu'on vient d'évoquer puissent être posées d'une façon sensée."
  • Vers une écologie de l’esprit,  I, Seuil, Paris, 1977.
  • Vers une écologie de l’esprit, II, Seuil, Paris, 1980.
Je reviendrai sur ce sujet en développant un peu "le mème de la lecture, un apprentissage culturel exemplaire".





Mon commentaire d'un texte de Pierre LÉVY :


Les savoirs fondamentaux de l’espace culturel humain contribuent à édifier au fil du temps un conscient collectif en mouvement dans son environnement. Les ensembles de réseaux de réseaux de neurones composés par les systèmes nerveux de chacun, associés dans une relation permanente de toute la communauté humaine, constituent de fait les intellectuels collectifs de notre Humanité.
   Leurs mondes ou micro-mondes sont  les objets environnementaux que testent en permanence leurs capteurs : vue, ouïe, sens du toucher, goût, odorat, et tous les autres capteurs internes modifiant presque en temps réel équilibres hormonaux et neuro-hormonaux du système.
S’y ajoutent la raison - la capacité de choix donc -  et les machines (technologies intellectuelles) créées par l’esprit humain afin de prolonger ou affiner leurs sens et leurs potentialités diverses. Ce sont des systèmes intelligents, experts, en interaction permanente avec le milieu environnant. Ils testent leur espace de vie afin de s’y adapter de mieux en mieux en produisant des solutions et des comportements de plus en plus pertinents.
   Le sujet humain, individuellement et collectivement, ainsi que les objets de ce monde ambiant sont engagés conjointement dans une interactivité dynamique continuelle. L’objet privilégié qui anime cet ensemble et ce système qui se réajustent et se rééquilibrent en permanence n’est pas identifiable au premier abord. Est-ce une entité de niveau supérieur qui préside et contrôle l’équilibre de ces systèmes ? Est-ce le chaos ? Une construction fractale d’un espace modélisable du savoir ? On aimerait comprendre comment s’ajustent et s’organisent les conditions de la connaissance et comment s’opèrent les apprentissages au sein des cerveaux associés de l’Humanité…
   Les seules sciences auxquelles je reconnais actuellement une validité incontestable pour permettre d’aborder l'élucidation des mystères de la cognition sont les neurosciences dures. L’anthropologie peut être une aide diachronique précieuse mais elle ne peut expliquer à elle seule les ressorts de tous les fonctionnements neuronaux qui façonnent de manière quasi synchrone la pensée humaine et ses évolutions culturelles dans ses moindres détails.
   Les ressources à la fois individuelles et collectives de cette intelligence en réseau sont semblables à celles de la toile du www, cette étrange base de données qui nous relie tous. La différence essentielle étant que nous, à chaque instant, nous avons l’initiative et restons maîtres des choix que nous y opérons… Énorme différence de nature avec l’ univers cathodique ou médiatique classique, de la TSF ou des autres médias.
L’équilibre entre le sujet humain, ses collectifs intelligents associés et les objets environnants dans lequel Homo sapiens est condamné à vivre est indispensable à la survie de l’espèce, mais il est en même temps le moteur d’inférence de toutes les mutations et de tous les progrès que réalise le collectif intelligent.
À cet égard, les outils « amplificateurs de communication » que nos technologies les plus récentes ont permis de mettre en œuvre sont des artifices précieux de traitement de l’information, en même temps que des prothèses-prolongements techniques extra-biologiques. Leur utilisation est néanmoins entièrement sous notre contrôle et il conviendrait d’établir à cet égard des protocoles rigoureux et scientifiques afin d’en mesurer les effets pour  l'avenir et de proposer des prospectives fiables ainsi que des modèles explicatifs incontournables.
   Le libre-arbitre de l’Homme est en jeu dans la maîtrise de ce défi technologique. Le sens de la présence de l’homme dans ce pari est finalement celui d'une responsabilité totale. Les êtres humains ne sont pas seulement des objets physiques, lieux de résidence des objets de signification codés, mais ils sont avant tout créateurs, auteurs et acteurs des objets de culture - ces mèmes - qu’ils contribuent à transformer et à pérenniser dans les structures biologiques et dans les matières inertes qu’ils ont colonisées.
                          Jean-Pierre Crespin


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       Pierre LÉVY ?       

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      ORGANIGRAMME ?    

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11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 19:25
UNE ACTIVITÉ CULTURELLE ÉTONNANTE, LA LECTURE...




Comme les caravanes s'étirent sur les crêtes des ergs et des regs du sable brûlant du désert, les influx générés dans les réseaux de neurones de notre cerveau font le commerce du savoir et assurent sa transmission, pour une meilleure réplication de notre culture humaine.
Ainsi, l'invention de l'écriture, il y a plus de 6000 ans nous permet de conserver de précieuses informations, bien au-delà de la mémoire des traditions orales.
Mais comment tout cela se passe-t-il et d'abord pourquoi et comment apprend-on à lire ?


Lecture et écriture, des potentialités du cerveau
 
http://accel95.mettre-put-idata.over-blog.com/0/13/42/39/langage.jpg



La lecture est une acquisition culturelle de niveau supérieur car elle implique au moins une dizaine d'aires neuronales de notre néocortex. Elle est une activité à la fois consciente et non-consciente, qui met en action des processus observables et mémorisables et d'autres qui sont parfois de nature subliminale. Par ailleurs, l'hémisphère gauche (majoritaire dans ces opérations de décodage) et l'hémisphère droit communiquent leurs informations-perceptions par le canal du corps calleux.

Les dernières découvertes en neurosciences cognitives sur les aires neuronales et les processus activés lors de l’acte de lire/écrire et singulièrement au moment de ses apprentissages montrent sans ambiguïté qu’il y a (au moins) deux voies essentielles qui permettent de décrypter les messages écrits et qu’il est indispensable de les solliciter  simultanément  :

- La voie ventrale qui, après les signaux transmis par  l’œil aux aires visuelles 17, 18,19  est un processus qui  focalise d'abord dans une aire précise de neurones située juste entre une zone qui traite/perçoit les objet/les outils et une autre qui traite et reconnaît les visages, juste avant une autre qui est dédiée à la perception des maisons. Puis ces informations (graphèmes) sont transmises aux zones phonologiques qui traitent les phonèmes et les syllabes avant de transmettre le message aux aires de la compréhension sémantique.
C’est par excellence la voie qui nécessite un apprentissage alphabético-syllabique celle d’une saisie à dominante visuelle mais sollicitant instantanément la boucle phonologique.

- La voie dorsale qui s’occupe des mots de grande fréquence et/ou des mots irréguliers mais qui surtout permet d’accéder directement au sens.


http://accel6.mettre-put-idata.over-blog.com/0/13/42/39/brodmann.jpg

Des aires bien spécialisées (aires de Brodmann)


Aire 7. (Cortex pariétal supérieur) Cette zone d'assemblée de neurones est impliquée dans la vision spatiale.
Aire 8. (Aire frontale supérieure) Très impliquée dans l'oculomotricité et les modifications pupillaires.  Elle est activée lors de tâches de discrimination visuelle.

Aires 9-12. (Ce sont les aires frontales associatives)  Ces régions ont un rôle essentiel dans les fontions intellectuelles et psychiques les plus élevées. Par exemple, elles sont importantes dans la concentration, les critères moraux et sociaux et le comportement. Ainsi, dans certains cas de névroses obsessionnelles ou d'angoisse, de schizophrénie ou de douleurs rebelles, des interventions chirurgicales étaient réalisées pour éliminer ces régions du lobe frontal (lobotomie frontale), en particulier les aires 9 et 10. Ces deux dernières sont aussi activées lors de tâches de discrimination auditive. Les aires 9-11 auraient également un rôle régulateur de la motricité. L'aire 12 est particulièrement impliquée dans la mémoire des traits et des caractéristiques des objets.

Aires 11 et 12. (Région du cortex préfrontal) impliquée dans la mémoire des traits et caractéristiques des objets. Gyrus orbital.



Aire 17. (Aire visuelle primaire) Elle est située au niveau du pôle occipital. Sa destruction provoque des amputations du champ visuel ou la cécité totale. Au contraire, son excitation provoque des hallucinations visuelles (scintillements, éclairs, etc...)

Aires 18, 19. (Cortex visuel associatif) Il est situé au niveau du lobe occipital. Une lésion au niveau de ces aires peut entraîner des troubles de l'orientation spatiale et une désorganisation visuelle.

Aires 20-21-22. (Aires temporales associatives) inférieure, médiane, supérieure. Circonvolution temporale supérieure ou T1 pour l'aire 22 ; médiane ou T2 pour l'aire 21 et inférieure ou T3 pour l'aire 20. Ces régions jouent un rôle dans la perception et la mémoire. (Cf aire de Wernicke.)

Aires 23, 31. (Cortex cingulaire postérieur. Cortex limbique.) Zone des émotions perçues.

Aie 24. (Cortex cingulaire antérieur.) Des expériences d'excitation et de destruction de l'aire 24 semble indiquer qu'elle joue un rôle dans les réactions émotionnelles, la dilatation des pupilles, l'érection des poils, des modifications cardio-vasculaires variables. Son excitation peut par exemple conduire à un arrêt respiratoire et une perte de tonus musculaire (inhibition de la motricité volontaire).

Aire 25. Lobe frontal, cortex infralimbique B (LB)/FL; FM/Juxta allocortex, mesocortex
Aire 26. Lobe temporal/limbique C (LC)/LE2/Allocortex.
Aire 27. Présubiculum, lobe temporal. Cortex limbique.
Aire 28. Cortex entorhinal. Cette aire limbique reçoit des projections nerveuses de toutes les régions du néocortex et envoit à son tour des projections vers l'hippocampe.
Aire 29. Région limbique C (LC) / LE1 / Allocortex. Aires rétrospléniales. Voir aussi aire 30.
Aire  30. Région limbique C (LC) / LD / Homotypique. Voir aire 29.
Aire 31. Cortex cingulaire postérieur. Cortex limbique. Voir aire 23.
Aire 32. Aire prélimbique. Gyrus frontal supérieur mésial.
Aire 33. Lobe frontal.
Aire 34. Voir hippocampe.
Aire 35-37. Gyrus fusiforme. Correspond à la 4ème circonvolution temporale. Aire impliquée dans les processus mnésiques (de la mémoire).
Aire 37: comprend une partie de la 2ème (moyenne), de la 3ème (inférieure) et la 4ème circonvolution temporale.
Aire 36 Région périrhinale, limbique.
Aire 37. Lobe temporal.
Aire 38. Aire temporale associative. Temporal antérieur. Région limbique. Une excitation de cette région va provoquer une augmentation de la tension artérielle
Aire 39. Gyrus angulaire. Lobe pariétal inférieur.
Des lésions dans cette région vont provoquer une aphasie de conduction, et une aphasie de Wernicke s'il y a également des lésions dans le cortex temporal (aire 22): les mots sont entendus normalement mais le patient est incapable de comprendre leur signification. De même, il peut y avoir une cécité verbale: incompréhension du langage écrit alors que la vision est normale.
Aire 40. Gyrus supramarginalis. Aire associative du cortex. Lobe pariétal inférieur.
Aire 41, 42 Aire auditive primaire du gyrus de Heschl. Située dans le cortex temporal supérieur, en position postérieure et interne sur la circonvolution temporale T1 (voir aire de Brodmann 20-22). Une destruction unilatérale va provoquer une baisse significative de l'acuité auditive; une destruction totale provoque la surdité.
Aire 42. Cortex auditif secondaire. Il appartient au lobe temporal, circonvolution supérieure T1, partie interne. Cette aire enregistre les sons sans les interpréter.
Aire 43. FB/PF; dysgranulaire et homotypique; aire gustative primaire??
Aire 44-45. Ces régions sont aussi regroupées sous le terme d'aire de Broca. Elles appartiennent au lobe frontal. Une lésion dans cette partie du cerveau peut être responsable d'une aphasie motrice. Le patient, bien qu'il puisse bouger les lèvres et la langue est dans l'impossibilité d'effectuer correctement les mouvements nécessaires à la production du langage articulé. Ce trouble est souvent accompagné d'une agraphie: impossibilité d'écrire les mots. L'aire 45 est également activée lors de l'analyse d'informations visuelles ou auditives. Une atteinte de cette région provoque une "aphasie de Broca".
Aire 46. Région du cortex frontal impliquée dans la mémoire spatiale. Rôle régulateur de la motricité, activé lors de tâches de discrimination auditive.
Aire 47. Partie postérieure de la face orbitaire du lobe frontal. Son excitation peut provoquer des troubles végétatifs intenses, une inhibition respiratoire et des variations de la pression artérielle. Rôle régulateur de la motricité. Activée lors de l'analyse d'informations visuelles ou auditives.
Aire  48. Présubiculum. Région hippocampique.
Aire  49. Parasubiculum. Région hippocampique.
Aire 51. Cortex rudimentaire de la région prépiriforme et du tubercule olfactif
Aire  52. Insula.

Un livre événement :


http://accel10.mettre-put-idata.over-blog.com/0/13/42/39/lesneuronesdelalecture.jpg

Le livre de Stanislas DEHAENE "Les Neurones de la lecture" pose d'abord une question troublante à propos de l'apprentissage de la lecture car l'évolution n'a pas eu le temps de remanier les circuits neuronaux de notre cerveau de primates Homo sapiens. Or en quelques mois d'un apprentissage approprié, le miracle se produit. J'ai l'habitude de dire "vers Pâques, la mayonnaise prend". DEHAENE et ses collaborateurs parlent d'un recyclage neuronal : des zones limitées qui étaient dédiées à l'observation minutieuse des objets de la nature sont réaffectées à la reconnaissance des caractères écrits. La lecture est à l'échelle du développement de notre espèce une activité culturelle récente et c'est l'invention de pictogrammes d'abord, puis de hiéroglyphes et enfin d'un alphabet qui code pour des sons particuliers, c'est cette succession quelque peu tâtonnante, démarrée il y a un peu plus de 6000 ans qui va se reproduire dans le cerveau du jeune enfant qui va apprendre à lire en quelques mois seulement.

L'IRMf, le PET Scan (caméra à positons) mais aussi l'électroencéphalographie permettent de pister dans le cerveau lui-même tandis que les résultats obtenus en sciences cognitives permettent d'imaginer puis de valider les thèses Ces résultats inédits conduisent à une hypothèse scientifique nouvelle.   C'est donc l'explication du recyclage neuronal qui est proposée par Stanislas DEHAENE, avec la dualité de cet acte de lire qui utilise une voie ventrale essentiellement alphabético-phonétique et une voie dorsale qui fait directement du sens, sans oublier le cas échéant une voie subliminale (profonde et impliquant le système limbique) qui faciliterait la compréhension en réalisant des amorçages sémantiques.

DEHAENE évoque aussi les "déboires" de la méthode globale cette sorte de serpent de mer qui n'est pratiquée nulle part mais ça c'est ce que créent les médias de toutes pièces. Peut-être veut-il plutôt parler de la méthode "idéo-visuelle" qui a été introduite dans les années 1980 par des chercheurs en pédagogie ?
Il termine par une observation de ce que pourrait-être la dyslexie.
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9 juillet 2007 1 09 /07 /juillet /2007 18:36










J'ajoute juste ce petit mot de Giacomo RIZZOLATTI à propos des neurones miroirs :

http://www.academie-sciences.fr/conferences/seances_solennelles/pdf/discours_Rizzolatti_12_12_06.pdf
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11 mars 2007 7 11 /03 /mars /2007 18:08
[memetique] Les articles de Erwan

Erwan, j’ai enfin pris le temps de relire quelques-uns de tes articles sur internet. Je les ai trouvés très chouettes et, en conséquence, j’ai quelques remarques et questions à formuler ^_^

 

Voici des extraits de UNE DÉFINITION POSSIBLE DES MÈMES auxquels je réagis.

 

Erwan :

[ … Mèmes: Les mèmes sont le résultat culturel de transformations neurochimiques au niveau de réseaux de neurones et de tout le substrat cérébral des Homo sapiens. Ils s'inscrivent dans le cadre de propriétés génétiques & épigénétiques identifiables chez tous les êtres humains, quelles que soient leurs origines géographiques ou ethniques et sont transférables, duplicables chez tous les peuples dès la plus tendre enfance (sous réserve que des amorçages perceptifs appropriés aient été initiés par des stimulations affectives et émotionnelles de la mère)  jusqu'à un âge avancé. … ]

 

Sylvain :

Tu sembles insister dans tes articles sur la recentralisation du mème au niveau cérébral. Presque comme si d’autres supports pouvaient être négligeables.


Oui, je considère en effet qu'il n'y a pas d'autre support pour les mèmes que celui du substrat neuronal avec toutes ses potentialités. C'est le cerveau qui est l'habitat exclusif de ces culturèmes, aussi bien en phase de création qu'après diffusion et adoption... Les différents procédés utilisés pour noter ou stocker ces culturèmes - inventés par des cerveaux humains - ne sont là que comme médias, pour les transmettre. Ainsi le mème  [...] "je voudrois aussi qu'on fut soigneux de luy choisir un conducteur qui eust plustost la teste bien faicte que bien pleine, et qu'on y requit tous les deux, mais plus les meurs et l'entendement que la science; et qu'il se conduisist en sa charge d'une nouvelle maniere" [...] est une idée qui a germé dans le cerveau de MONTAIGNE et qu'il a transcrite dans "Les Essais" (Chap 'de l'institution des enfans'.) Ce que j'ai mis là en violet et en italique n'est pas un mème. C'est juste une notation d'un mème qui se trouvait dans l'esprit de Michel EYQUEM, une représentation codée et symbolique bien utile pour le retrouver certes. L'écriture est un médium qui permet la distribution des mèmes dans d'autres cerveaux mais elle n'est qu'un moyen de ce broadcasting, de cette déhiscence des idées et des concepts, comme la modulation de fréquence en radio ou les réseaux hertziens en télévision. Au final, ce mème est parvenu textuellement dans mon cerveau et dans des dizaines de milliers de cerveaux de pédagogues ou de didacticiens depuis le XVIème siècle jusqu'à aujourd'hui. Le médium, ce qui permet le broadcasting n'est pas le mème. Ça c'est mon avis personnel.
Pour tout dire la pierre de Rosette n'était pas un mème (car elle ne transmettait plus rien, ne diffusait rien depuis bien longtemps) jusqu'à ce que Champollion lui redonne tout son sens et permette que l'émission atteigne de nouveau des cerveaux à l'esprit ouvert et accueillant. Un objet didactique ne diffuse des mèmes que lorsque le code de son message est connu c'est à dire que les cerveaux potentiellement accueillants ont intégré le décodeur. Sinon, c'est l'écran noir. Un "fait culturel" ancien, voire très ancien qui ne se transmet plus n'est pas un mème puisque aussi bien la caractéristique principale de celui-ci est de se répliquer. Alors bien sûr des paléoméméticiens pourraient dire qu'il s'agit de mèmes fossiles ou de paléomèmes. Je veux bien. Pour moi, ce sont des signaux, des stockages de données et rien de plus. Mais certains sont éventuellement extraordinairement précieux.

Certes, la représentation cérébrale est une condition nécessaire à leur existence, mais pour moi, l’inscription d’un mème dans le cerveau n’est qu’une de ses nombreuses représentations possibles. Et ces représentations me semblent tout aussi importantes. Par exemple, un autre élément parfaitement nécessaire à leur existence est le support comportementale, simplement pour que la transmission des mèmes se fasse.

Tu parles de "représentations" Sylvain et c'est pour moi un mot très important. Les codes écrits ou toutes les notations de nature sémiotique ne sont que des relais, des étapes transitoires de la transmission d'un mème. Par contre le mème revit ou se réactive dès qu'il se retrouve dans le milieu adapté, i.e le milieu cérébral auquel il est destiné et c'est là qu'il devient une représentation mentale, de mémoire, potentiellement retransmissible, quel que soit le type de mémoire impliqué parmi les 5 qui sont répertoriées actuellement.
Le comportement (humain) a deux composantes essentielles, tu le sais : ce qui provient du génome (inné, génétique donc) et ce qui découle de l'éducation et donc de la culture acquise. Je pense avec  Marguerite DESILE (et ceci est développé par des chercheurs comme Alain BERTHOZ, Antonio DAMASIO ou Jean DECETY) que l'émotion (le système limbique par conséquent et l'amygdale notamment) jouent un rôle primordial dans la transmission des mèmes. Et, DECETY ne me contredira pas, l'empathie et la réactivité des neurones miroirs y est aussi pour une part considérable. René GIRARD parlera de désir mimétique ou de rivalité mimétique, mais on est dans le même schéma. Les comportements se fabriquent dans le cerveau, grâce notamment à des neuro-hormones ou à des neuro-médiateurs chimiques spécifiques à chaque comportement observable. Le comportement n'est pas selon moi un support. C'est un des éléments de l'état neuronal favorable ou défavorable à l'accueil de mèmes qui sont diffusés dans une culture donnée par des médias donnés.

D’accord les langages parlé ou écrit, ne sont effectivement pas « nécessaires », mais certainement très utiles. Un mème écrit dans un livre n’est-il pas un mème au même titre que son équivalent cérébral ? Qu’il dépende ou nom du cerveau pour se copier ?

J'ai déjà répondu par avance. On peut écrire ce qu'on veut ! Il s'agit d'un broadcasting, d'une diffusion. Pour que ça fasse tilt, il faut qu'il y ait au bout du processus des récepteurs qui connaissent le code et percutent.
Si je t'écris "CLNSARIOE" sans que tu connaisses le code, tu vas pouvoir chercher longtemps et le mème qu'il contient ne te sera pas transmis. Si je te dis par contre que c'est une anagramme d'une plante marine, tu vas au moins pouvoir orienter ton antenne et comme tu es intelligent, tu vas trouver que c'est ... le haricot de ... (°!*)

Il y a donc mème au départ et mème à l'arrivée (le même en principe, sauf mutations), dans le cerveau de l'émetteur et dans celui du récepteur (des récepteurs) à condition qu'ils aient le bon décodeur et qu'il fonctionne bien. Bon, là c'est juste un mème lexical mais si tu veux, je pourrais te donner une recette intéressante pour la salicorne puisque c'est d'elle qu'il s'agissait. (°!*)



Un parasite n’est pas moins un être vivant même si son existence dépend de son hôte.

Les parasites sont effectivement des êtres vivants. Ils dépendent complètement de leur hôte. Ils ont néanmoins un génome bien défini (Je pense au gui par exemple). Mais pour autant le gui qui se développera sur des pommiers ou des peupliers n'a pas jusqu'à présent développé une culture ? Si ?
Pour en revenir au concept général des interactions biologiques (parasitisme, symbiose, mutualisme, commensalisme, concurrence voire phorésie), rien de tout cela ne peut s'appliquer aux mèmes qui ne sont pas des éléments biologiques associés aux bilans énergétiques de l'être humain mais qui - au contraire, n'en sont que des émanations, des productions épigénétiques, tant au titre de concepts créés, que des messages codés émis que de messages réceptionnés après émission (broadcasting ou déhiscence.)
Plus qu'un phénomène de parasitisme, la diffusion de mèmes et sa réplication s'apparenterait davantage à un processus d'économie en énergie dévolue à la création de solutions. Une manifestation naturelle de l'écologie cognitive. Ils parviennent aux cerveaux accueillants sans effort autre que celui de l'émotion que suscite le pattern transmis. L'énergie utile, là encore est celle de l'être vivant Homo sapiens. Le mème, lui, ne dépense rien qui ne soit à charge des humains ou de la société. Mais - pour ma part - ce n'est pas un "être" vivant, pas plus que la pensée ne peut se représenter par une "âme". Juste un phénomène biologique humain et rien de plus...


Un humain n’est pas moins humain qu’il soit d'origine noble ou paysanne. Qu’en penses-tu ?


Je pense que ces deux critères-là n'ont plus aucun sens depuis la nuit du 4 août 1789. (°!*)
Un humain n'est humain qu'au regard de son génome d'Homo sapiens avec ses 23 paires de chromosomes et ses quelque 30000 gènes. Le reste, la culture qui se transmet verticalement (transmission de génération à génération) ou horizontalement (transmission par les pairs et les membres des réseaux relationnels contemporains) comporte de par le monde tellement de variables que noble ou paysan n'ont que peu de pertinence. Certains paysans ont une noblesse d'âme remarquable alors que certains "nobles" se comportent comme les premiers ploucs venus.
As-tu regardé les deux films inspirés de Maupassant hier soir sur France 2 ? Dans le premier, tu avais la réponse à ta question. L'origine n'y est pour rien. Seule compte l'éducation ! Le sang bleu, c'est une grosse galéjade des aristo, évidemment. ;o((

 

Erwan :

[ … Les mèmes les plus puissants et qui n'ont que peu de difficulté à se répliquer sont ceux qui font partie du deuxième groupe (émotions) ou qui en proviennent indirectement. … ]

 

Sylvain :

Je suis confus. Dis-tu que les émotions sont des mèmes ? Ou que certains mèmes sont des émotions ? Je n’oserais pas dire qu’un émotion est un mème. Pourrais-tu développer ce point ?

Volontiers, ne sois pas confus.
Dans les familles, il se transmet des valeurs, des façons de réagir, des mèmes comportementaux étonnants.
Par exemple, dès que l'eau se met à chanter dans une casserole, la maman transmet à sa progéniture un signal de danger imminent. Sans doute dû à un accident qui remonte à plusieurs générations au cours duquel un bambin s'est fait grièvement brûler le corps par l'eau bouillante qui s'est répandue sur lui. Cet événement a donné le départ d'un mème qui est émotion pure. Oui Sylvain, les émotions se transmettent telles quelles parfois ou indirectement, de manière innocente ou insidieuse. En fait, c'est se saisir de la casserole qui présente un danger, pas le fait que l'eau soit en ébullition. N'est-ce pas Marguerite ?
D'ailleurs la télévision cible à fond sur ces mèmes chargés d'émotions qui font un bien meilleur score à l'audimat.


Erwan :

[ … Les mèmes n'ont aucune autonomie, aucune capacité d'autarcie : ils restent sous l'entière dépendance du milieu environnant physique et surtout de leur milieu de vie qu'est le système biologique complexe qui les héberge. … La culture humaine est sous l'effet dynamique d'une machine universelle à traiter de l'information dont le coeur de l'unité centrale décisionnelle est de nature biologique. Pierre Lévy parle de la Machine Univers (il désigne plutôt l'ordinateur) mais pour la conscience c'est sans doute le seul Homo sapiens qui "peut" tout changer. Une preuve ? Je ne sais pas ! Ne sommes-nous pas en train d'en discuter entre nous ? … ]

 

Sylvain:

De mon point de vue, ceci n’est réellement que temporaire à l’échelle de l’évolution.

Sans doute, mais nous n'en sommes pour l'instant que là où nous en sommes. J'ai lu beaucoup d'oeuvres de science fiction dès la fin des années 50 et durant les années 60 : "Le meilleur des mondes", "1984", "Les robots" d'Isaac ASIMOV (je n'ai pas lu "Le robot qui rêvait" et je le regrette bien). J'ai lu également René BARJAVEL et je retiens son "avertissement" contenu dans "Ravage". Enfin, j'ai vu en 2004 l'excellent film d'Alex PROYAS "I, robot" et je parcours régulièrement "Automates intelligents". Bon, en fait je lisais ces merveilleuses histoires alors que beaucoup d'entre vous n'étiez pas encore nés mais j'ai gardé une part de mon âme d'enfant... J'imaginais l'an 2000 plein de robots déjà, d'hélicoptères individuels et de terrasses servant d'héliports. Hum, nous n'y sommes pas encore. L'imaginaire est une chose. Le faisable en est une autre...

Bientôt nous pourrons créer des robots ou nano-robots, capables de se dupliquer, de trouver de l’énergie et d’évoluer d’eux-mêmes. Ce ne sera que le premier pas vers des intelligences artificielles qui pourront donner corps à des comportements purement mémétiques, très probablement même développeront-ils une conscience propre.

On le disait déjà lorsque j'avais 10 ans, 15 ans etc... Des comportements purement mémétiques, moi je veux bien mais dans quel type de culture et transmise comment ? La conscience, ce n'est peut-être pas ce qui sera le plus difficile mais ce sera la capacité d'une libre décision. (Cf "I, robot...)


Certaines formes d’ I.A. développent déjà des langages informatiques propres à elles-mêmes. A mon avis l’avenir mémétique se tracera dans les supports cybernétiques et non dans les supports biologiques. L’humain sera laissé loin derrière bien incapable de tenir la comparaison face à la débauche technologique de l’avenir. Les Super-mèmes de l’avenir n’auront pas besoin des hommes, et parleront de leur avenir entre eux, dans leurs « corps artificiels ».

C'est une prévision Sylvain, pas une prophétie.
Tu vois, j'en suis revenu pour ma part à RAHAN, "le fils des âges farouches". Quand je vois tous les mèmes qu'il a inventés et transmis à ses semblables, à ceux qui marchent debout, je suis stupéfait du chemin parcouru. Il y a une mine mémétique incroyable dans les RAHAN, comme si ses concepteurs avaient été des méméticiens avant la lettre...

 

Ceci dit, ce sont les mèmes humains d’aujourd’hui qui nous concernent le plus. Est-ce là ton avis ?

Oui, évidemment, surtout les mèmes véhiculés par les différentes cultures d'homo sapiens. Mais je ne rejette pas ceux de Néandertal ni d'autres hominidés, ni ceux, souvent plus simples, de nos cousins primates, ni ceux de quantité d'autres espèces comme les cétacés ou certains oiseaux. Les mutations du gène FOXP2 que nous avons en commun avec eux sont bien intéressantes à cet égard car il semble que ce soit le gène qui permet le mieux d'imiter, de répliquer, d'apprendre donc de développer une culture transmissibles par broadcasting, bref des mèmes. Nous avons bénéficié nous les humains de deux mutations fondamentales de FOXP2 et ce sont ces "accidents" qui font notre spécificité au regard de la transmission des patterns culturels. Nous sommes uniques à cet égard !
J'ai une définition très précise du terme culture. C'est un concept très complexe. Peut-être que toi ou Charles vous verrez ce que tu conjectures dans l'avant dernier de tes paragraphes. Pas moi, j'en suis sûr ! Ça fait trop longtemps que j'attends ce que j'avais imaginé. Je sais maintenant que ça ne viendra pas car les contraintes sont autres.

Bien à toi et à ceux qui liront notre conversation.

Erwan

 

C’est tout ?

 

Sylvain

Oui pour aujourd'hui. ;o))
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