L'esclavage de l'heure

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TEMPUS FUGIT...
 

Le temps s'en va madame
Las le temps
Mais nous nous en allons

Et tôt serons étendus sous la lame...
 

Un univers pascalien

 
Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie.

L'image « http://idata.over-blog.com/0/13/42/39/paleo-feu.gif » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
Le libre arbitre des hommes consiste à choisir la femme qui décidera à leur place.

C’est le propre des censures violentes d’accréditer les opinions qu’elles attaquent.
(Voltaire)

Si tu ne mènes pas ton propre combat, on fera de toi le combattant d'une cause qui n'est pas la tienne.

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Présentation

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  • : Merlin le zététicien des Mèmes
  • memetics-story
  • : Homme
  • : 01/01/2008
  • : Pontorson

Présentation

Tentatives de définitions

MÉMÉTIQUE: Discipline nouvelle des sciences humaines qui observe et étudie par des approches pluridisciplinaires la manière dont les activités culturelles de l'Humanité sont initiées, se développent, se reproduisent, se répliquent au sein des communautés d'Homo sapiens sapiens, dans le temps et dans l'espace...

MÈME: Unité d'information contenue dans un cerveau *, échangeable au sein d'une société donnée.  Il s'agit d'un contenu culturel capable de se dupliquer, de se répliquer (idée, technique, comportement, habitude, tradition, mode)  en se recopiant d'un cerveau vers d'autres cerveaux, selon des processus évolutionnistes et grâce à des procédures variées : mimétisme dû aux neurones miroirs, paroles, écrits, dessins, attitudes, etc... Tous les modes de broadcasting peuvent être utilisés entre le cerveau émetteur et les cerveaux récepteurs.
* Jean-Pierre CHANGEUX parle d'engramme neuronal dès 1983.

(Les mots mémétique et mème  juste au-dessus sont cliquables et ils apportent de précieuses informations...)

LES MÈMES DE LA LANGUE NORMANDE
(Cliquer sur ce lien)
Mercredi 26 mars 2008

Réponse à l'article de Luc (Le Bateleur) ci-dessous :

 Je reviens sur le même sujet plus d'un an après...

Enseignement de l'histoire à l'école primaire

Le Bateleur écrit en bleu

Merlin répond en bistre

Le titre est en fait incorrect
il s'agit bien plus à présent d'enseigner la "démarche de l'historien" et ce dès l'école primaire

Oui, il s'agit bien de cela. Mais au travers de cette démarche qui va permettre aux écoliers de comprendre comment les historiens reconstruisent l'Histoire, il y a la vue plus lointaine qui consistera pour eux à mieux comprendre ce qu'est l'Histoire dans sa diversité.

Pour s'en convaincre, il suffit de lire quelques conseils donnés par un inspecteur de l'éducation nationale.

 

Je ne connais pas cet inspecteur de l'Éducation Nationale mais j'avoue que je ne suis pas loin de penser comme lui sur ce sujet tout au moins...
J'essaie de dire pourquoi et comment dans le corps de son texte (en vert) :

I. RÉFLEXION ET SUGGESTIONS SUR LES CONTENUS ENSEIGNES 
A L'ÉCOLE
ÉLÉMENTAIRE :

· Redonner place à l'événement, insister sur l'histoire de la vie quotidienne (alimentation, habillement, habitat, transports...), intérêt de l'étude diachronique d'une institution comme l'École...

§ Oui, c'est indiscutable ! Il faut en revenir à une histoire qui concerne les hommes du pays dont on étudie l'histoire et pas seulement les rois, les militaires et leurs batailles sous la forme d'une liste de dates remarquables sans doute mais dont les écoliers n'ont cure au fond de leur esprit.

· Penser "notions essentielles" plutôt qu'accumulation de questions encyclopédiques.(1) Par exemple, pour les deux ou trois séquences maximum à consacrer à la Préhistoire, privilégier l'essentiel, à savoir le passage du nomadisme lié à la chasse, au sédentarisme lié à l'agriculture.

§- C'est indispensable pour les jeunes élèves d'alléger le listing des étapes d'un ensemble de processus qui vont de la maîtrise du feu aux applications déjà très élaborées de la métallurgie parallèlement à la révolution du néolithique qui va voir la sédentarisation des tribus nomades s'effectuer très rapidement et la naissance des premières cités. Je suis d'accord aussi pour ne pas faire en sorte de s'éterniser chaque année en une longue succession de séances sur la préhistoire au prétexte un peu démagogue que ce sujet plaît aux enfants de tous âges. Mieux vaut expliquer en détail les raisons de ces changements de style de vie et insister en effet sur la véritable révolution culturelle que va constituer le passage de la chasse à l'élevage et de la cueillette à l'agriculture.


· Puiser dans l'histoire globale qui regroupe grands évènements chargés de sens, personnages significatifs,(2) vie économique, vie culturelle etc. Accéder, au-delà de l'histoire de la France à l'histoire universelle.

§- Tout à fait d'accord là aussi : c'est l'histoire de l'évolution des cultures qui est fondamentale. La description des événements qui marquent ces étapes est bien plus importante que les récits des batailles qui ont frappé ces époques. À cet égard - pour prendre juste un exemple - l'étude de la tapisserie de Bayeux est mille fois plus riche en détails concernant la vie des hommes qui ont été impliqués dans la bataille d'Hastings que les détails et la stratégie mise en oeuvre lors de cette bataille importante dans la perspective de mutations culturelles et linguistiques inédites en Angleterre.

· On peut partir de questions fondamentales d'aujourd'hui : évolution de l'environnement, des activités de production...

§ Là, je suis moins d'accord. Je dirais plutôt qu'on peut y arriver... Mais toujours partir de la réalité historique telle que relatée par des textes ou déduite de documents de l'époque.
L' évocation de ce qui se passe à notre époque ne pourra être faite qu'en toute fin et juste à titre de comparaison sans véritable intérêt historique... pour l'instant.


· Les évènements n'ont pas d'importance en eux-mêmes(3): ils sont intéressants quand ils révèlent les spécificités d'une époque, quand ils déterminent un avant et un après.

Oui, c'est ce que je voulais dire à propos de la bataille d'Hastings : c'est juste la péripétie qui permet de passer d'une époque à une autre. L'important se trouve plutôt dans les raisons de ce conflit de succession, les coutumes féodales, la tradition viking (à très gros traits pour ce qui est en amont) mais il sera bon d'y revenir lors des conflits de succession franco-anglais, la guerre de cent ans et toutes les misères humaines qui en découleront. 1066 est une date parce que c'est une charnière et ce sont les liens qui ont été noués avant et ceux qui en découleront qui sont intéressants, pas la bataille elle-même sauf à faire un mémoire sur ce sujet en licence ou en maîtrise d'histoire...

 

(1) Il suffirait d'un tout petit peu de recul (tout est fait pour qu'il n'y en ait jamais) pour que l'adulte se rendre compte de l'énormité de ce type de prétention, vis a vis d'un enfant qui ne possède pas suffisament d'éléments en rapport avec sa propre histoire.
La première partie de la vie est précisément une phase d'accumulation, la construction d'un "chaos intime" à partir duquel l'enfant pourra se construire.
Cette matière sera d'ailleurs la texture, le paysage arrière indispensable pour permettre à d'autres éléments de faire irruption en lui sans le submerger.
Sans elle, tout a le même statut et l'intelligence qui est précisément la capacité d'établir des liens, et donc des différences, se retrouve tout à fait incapable d'agir ... disparaissant parfois au point de donner l'impression qu'un petit d'homme pourrait être ... bête !

§-  Pas d'accord avec ta remarque Luc ! L'intelligence est la capacité à établir des liens dans tous les domaines et autant dans le domaine du réel que dans celui de l'imaginaire poétique et onirique. Le petit d'homme se construit ainsi dans son univers merveilleux, (dans celui des histoires quotidiennes que je lisais, racontais ou inventais pour mes fils comme tu as dû le faire toi-même pour tes enfants...) Mais il n'y a pas que l'imaginaire qui structure la pensée et la rend souple et créatrice. Le concret aussi et je ne crois pas qu'il soit bon de mélanger les genres.
L'histoire (discipline) se doit d'être rigoureuse. Les histoires que je raconte ont vocation à être merveilleuses et matière à rêves de toute nature.
J'ai souvent remarqué que toi, tu ne faisais pas le distingo...
Le chaos intime, je suis entièrement d'accord : c'est le domaine réservé de tout être humain jeune ou moins jeune mais ça ne permet d'établir que des liens affectifs, imaginaires et en tous cas subjectifs. C'est nécessaire et si tu savais comme j'en ai usé, mais il y a il y d'autres constructions à faire évoluer parallèlement à celles-ci ! Tu as une vision de l'esprit enfantin monolithique et restrictive car en fait toutes les stimulations/sollicitations sont bonnes pour créer des liens et  il ne faut surtout pas que les adultes enferment l'enfance dans son cocon nombrilo-psychologique, onirique et magique.
J'ai consacré ma vie professionnelle à démêler les écheveaux de toute cette complexité cognitive. Certes, on n'apprend rien sans émotions mais on doit aussi examiner des faits bruts sans émotion excessive et sans s'évader dans le merveilleux ou le fantastique. C'est un apprentissage important.


(2) voir les propos d'Hubert Curien (rapportés dans "La Grande Implosion") à propos de la nécessaire rationnalisation de l'enseignement, de la "percolation" de la science à travers toutes les autres disciplines, de la simplification des contenus pour en venir à ce qui est supposé être essentiel !
Leurre absolu de ce qui confond l'inutile avec "ce dont il n'a pas encore vu l'utilité"
Que peut-être cet essentiel, pour un enfant qui n'a pas encore rassemblé l'essentiel de lui même et qui construit encore perception ... DU REEL.

J'ai l'impression que tu vois un enfant de primaire exactement comme un petit materneau de 4 ans !
J'ai peur que tu ne mesures pas bien les évolutions qui ont été celles de chaque gamin de 2 à 11 ans. À sept ans un enfant est complètement capable de rationalité.
Mais même à 18 ans, le cerveau n'a pas fini de se construire. Est-ce une raison pour laisser le jeune dans sa bulle du monde fabuleux et merveilleux dans lequel le raisonnement se fait à coups de "y' a qu'à" ou de baguettes magiques. Tu es en plein dans la mouvance d'Alexander Sutherland Neill ou dans celle de L'histoire sans fin... L'enfance, ce n'est pas QUE cela !


(3) Magnifique phrase (!!) qui montre à quel point les intentions du "forceur de croissance" sont en profond décalage avec la réalité de l'enfant pour lequel les évènements sont tout.
Lui laisser le temps de  s'immerger dans "l'évènement" au moyen d'une histoire qui raconte (et non qui le force à réfléchir ... une absence de perception) lui permettre de toucher avant de développer et formaliser des hypothèses devrait être la priorité de cet enseignement.


Quand tu affirmes que pour l'enfant les événements sont tout, tu exagères vraiment ! Comment se fait-il alors qu'un nombre très important d'entre eux se passionne tant pour les dinosaures qui ont peuplé la terre de 245 millions d'années à 65 millions d'années avant nous ? Les événements ? Il n'y en a pas ou juste des reconstitutions plus ou moins plausibles.
Là, je te pose la question : as-tu enseigné l'histoire à de jeunes enfants Luc ? J'ai comme plus mauvais souvenirs personnels les enseignants qui racontaient des histoires et en faisaient un résumé. D'ailleurs l'enseignement de l'histoire de mon époque d'écolier était nul je n'hésite pas à le dire : un contenu inexact, des images d'Épinal trafiquées pour une histoire arrangée avec plein de "cocoricos" glorieux. Non merci ! Heureusement, j'ai pu revisiter l'histoire au travers de recherches personnelles et je me suis aperçu par exemple que le temps historique ne correspond pas du tout au temps personnel : ainsi je m'explique, mon aïeul Pierre né en 1690 me paraissait beaucoup plus proche (en années) que la victoire de Fleurus (déjà !) pour Louis XIV contre une coalition européenne (encore !) Et ce qui 'm'intéressait était de savoir comment ils vivaient, ce qu'ils faisaient, ce qu'ils possédaient (je veux dire les maigres choses de leur trousseau et de leur mobilier...) là, je les ai VUS vivre enfin et l'autre histoire, celle des maréchaux et de l'amiral Tourville (un voisin pourtant) ne m'ont expliqué que les raisons essentielles de la misère des miens et de leurs semblables et les motivations de la folie des Grands de ce monde.
Personnellement, c'est cette vision que j'ai essayé de faire comprendre aux centaines d'élèves qui ont eu à subir ma "vision" de l'histoire pendant près de 40 ans...


Mais assurément un grand nombre de parents auront l'impression d'un progrès :
Leur enfant apprend plus scientifiquement et rationnellement qu'eux.

Il ne s'agit pas que de cela. Il s'agit surtout de changer la manière de braquer l'objectif et la manière de relater l'histoire : dans la guerre de 14-18, ce ne sont pas les victoires ou défaites qui méritent notre attention et celle des élèves. C'est plutôt la condition humaine des poilus dans les tranchées et pour comprendre cela, rien de tel que de déchiffrer des documents de l'époque c'est à dire des lettres de ces malheureux soldats à leurs familles. Il y a aussi lieu de développer la mémoire de cette tragédie en insistant bien sur le "plus jamais ça !"
Rien de scientifique dans tout cela mais juste un renversement d'optique salutaire.
Par contre si on étudie des documents iconographiques ou si l'on se sert d'objets ayant une valeur de témoignage historique, on ne peut pas se dispenser d'une démarche rigoureuse et scientifique dans son approche.

Bref, sur ton interprétation de ces quelques recommandations d'un inspecteur, je ne te suis pas du tout !
Relis les programmes et instructions détaillées pour l'enseignement de l'histoire en primaire, tu verras que ce n'est pas  "apprendre plus scientifiquement et plus rationnellement qu'autrefois". C'est juste apprendre d'autres données en essayant davantage de comprendre leur origine, leurs aboutissements et surtout leur intérêt humain.

Aimerais-tu qu'on poursuive ce dialogue, Luc ? Qu'est-ce que peut apporter l'histoire à nos élèves du primaire et du collège ? Comment y parvenir ? Quelle histoire ?


par Merlin le zététicien publié dans : Passeurs de mèmes
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Lundi 10 mars 2008
Voici une époque intermédiaire entre celle du début du XVIIIème siècle et ses escholiers latinistes et celle du début des années 60. La jeune fille qui tenait ce cahier était née juste après la grande guerre de 1914-1918 et se destinait à la profession d'institutrice. Entrée à l'école à huit ans, elle avait intégré la 6ème à onze ans sur l'insistance de son institutrice.


undefinedUtilisation quasi-exclusive de l'encre violette
par Merlin le zététicien des Mèmes publié dans : Mémoires et mémoire
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Dimanche 9 mars 2008




Voici deux pages extraites du cahier d'un escholier sur lequel on trouve les dates 1706 et 1708.
Sur la première page figurent aussi quelques noms : Anne-Marie TRAVERS nommée par le prêtre DUBOSQ (14-01-1706) ; Monique Colombe TRAVERS nommée le dernier décembre  1708 par Michel LESAUVAGE prêtre et Marie-Françoise TRAVERS nommée le lundi 16 avril 1708.
J'ignore ce que veut dire nommée. La fin du noviciat ? Le début de celui-ci ?


 
La ferme dans laquelle nous avons retrouvé ce cahier était celle de mes arrière grands parents, Marie LEHADOUEY épouse VASSELIN et son mari Pierre VASSELIN. Elle s'appelle "Le Vazon" mais j'ai retrouvé le lieu-dit sur une carte de CASSINI où le nom est écrit "Le Vaxon", ce qui me fait penser que c'était un endroit où l'on regroupait les vaches au printemps avant leur mise au marais communal qui requérait un droit et un marquage au fer rouge.
Toujours est-il que ce cahier contient des notes de cours entièrement prises en latin, écrites à la plume fine et à l'encre sépia. Il s'agit de cours de physique générale, difficiles à traduire pour moi qui ne suis pas latiniste.
J'ignore si les rosaces ont été faites à l'époque ou après. Néanmoins,  elles me semblent bien maladroites par rapport à l'écriture.
Voici donc les pages 42 et 43 de ce cahier de cours qui en comporte 180 :


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par Merlin le zététicien des Mèmes publié dans : Mémoires et mémoire
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Mardi 4 mars 2008
UN INSECTE À MÉTAMORPHOSES INCOMPLÈTES : LA SAUTERELLE VERTE

L'éducation, l'instruction, l'enseignement semblent remis en question chaque jour par les uns et par les autres. Certains disent que c'était mieux avant, comparant souvent des situations et des élèves qui sont bien loin d'être les mêmes...
Voici les travaux pratiques d'un adolescent  à l'âge du lycée au tout début des années 60. Le professeur est loin d'être charismatique. Sa pédagogie n'est pas extraordinairement enthousiasmante mais elle a pour elle une certaine rigueur et une forme d'exigence qui semble être le minimum requis. En fait, cette personne est une militante de la protection de la nature et notamment des oiseaux beaucoup plus qu'une pédagogue.
    L'élève a donc une sorte de feuille de route : il doit effectuer des observations pour ses travaux pratiques et les consigner sur de grandes pages Canson à dessin d'un cahier à spirales réservé à cet usage. Après que tous ces dessins auront été achevés, il lui appartiendra de faire par ses propres moyens un résumé sur la morphologie de l'animal examiné, sur sa biologie et sa place dans la classification du règne animal.
   Ensuite, ce travail est vérifié et noté par le professeur, systématiquement. Somme toute, pour l'essentiel, il s'agit d'un travail personnel.


Voici le résumé concocté par cet élève, après achèvement des TP dont les dessins sont présentés ici :


On trouve la grande sauterelle verte l'été dans l'herbe des prairies.

Morphologie externe :  Le corps comprend trois parties. La tête, le thorax et l'abdomen.

     Sur la tête, on voit
           - deux gros yeux à facettes (composés)
        - deux antennes très longues formées de segments articulés qui servent d'organes du toucher
           - la bouche
           - les pièces buccales qui comprennent la lèvre supérieure ou labre, les deux mandibules, deux mâchoires ou maxillaires et la lèvre inférieure.
Les deux dernières sont formées de pièces articulées. Chaque mâchoire comprend une pièce d'attache et une rame externe (le palpe maxillaire) ainsi qu'une rame interne qui comporte elle-même deux parties. La lèvre inférieire est formée d'un assemblage identique à deux pièces de chaque mâchoire.
Ces pièces buccales servent à la sauterelle pour broyer ses aliments.
   La tête est attachée au thorax qui comporte trois anneaux. Chaque anneau porte une paire de pattes et les deux derniers anneaux portent chacun une paire d'ailes. Parmi les trois paires de pattes, la plus développée est la troisième aux pattes articulées. Elles s'attachent au thorax par la hanche. Les autres segments sont le trochanter, la cuisse, la jambe et le tarse. Sur la jambe de chaque première paire de pattes on remarque l'organe auditif.
    Les ailes du second anneau du thorax ou élytres sont longues, étroites et fortement chitinisées. Celles qui sont fixées sur le troisième anneau sont membraneuses mais les élytres les protègent. Chez la sauterelle mâle, on remarque, au départ de l'élytre droite, un organe bruiteur et sur l'élytre gauche, un archet, vervure fortement chitineuse et dentelée. Lorsque la sauterelle frotte cet archet sur l'organe bruiteur, cela produit un son appelé stridulation.
    L'abdomen est formé de onze anneaux. Latéralement, on peut observer des stigmates sur les huit premiers d'entre eux.
    Chez la femelle, l'abdomen est terminé par un long tube de ponte : la tarière.


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Biologie de la sauterelle :

 Nutrition :  La sauterelle verte se nourrit d'éléments végétaux et animaux qu'elle broie avec ses mandibules très puissantes. Celles-ci sont faites de chitine. Elle se sert des autres pièces buccales pour compléter la mastication.

Respiration :
Elle s'effectue par trachées qui communiquent avec l'extérieur par des stigmates.

 Locomotion :
La sauterelle marche et saute grâce à une paire de pattes sauteuses très développées. Elle peut s'aider de ses ailes dans certains sauts.

Circulation :  Un vaisseau sanguin dorsal & un système lacunaire.

Reproduction :
  La femelle enfonce ses oeufs (environ une dizaine) en terre à l'aide de sa tarière, après fécondation interne. Les oeufs pondus à la fin de l'été éclosent au printemps suivant. De ces oeufs il sort de jeunes sauterelles (une par oeuf) dont les ailes ne sont pas formées. Les antennes sont très courtes et chez les femelles la tarière n'est pas encore développée. Il se produit donc une transformation progressive par mues successives.
On appelle cela métamorphose incomplète par comparaison avec les autres insectes dont les larves sont très différentes des insectes adultes du point de vue de leur morphologie.



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CLASSIFICATION

La grande sauterelle verte appartient à   l'embranchement des ARTHROPODES

à la classe des INSECTES
 

à l'ordre des ORTHOPTÈRES

Caractères généraux :

Les caractères généraux des ARTHROPODES.

Les INSECTES ont le corps divisé en trois parties, trois paires de pattes, deux  ailes, une respiration uniquement par trachées et une tête porteuse de deux antennes.

Les ORTHOPTÈRES  ont

- des pièces buccales de type broyeur
- des métamorphoses incomplètes
- des ailes membraneuses pliées longitudinalement sous des élytres

(Sauterelle et criquet pèlerin par exemple...)

undefinedTitine  (la prof)  avait écrit : "organes" au lieu de "appareils". C'est une remarque judicieuse !
& "L'ensemble des organes permettant d'émettre des sons constitue l'appareil bruiteur"
(Pas facile de lire sa remarque ! Mais si elle voit ce blog, je la salue civilement et respectueusement.)
Le bruit obtenu est bien la stridulation.



Elle est pas belle ma sauterelle ?

undefinedLa grande sauterelle verte  (Tettigonia viridissima)

Un lien formidable pour des cours fabuleux
(Avec un tel professeur et les moyens prodigieux d'Internet vos enfants seront documentés et éclairés.)














Grande sauterelle verte
par Merlin le zététicien des Mèmes publié dans : Passeurs de mèmes
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Dimanche 2 mars 2008
LE THÉORÈME JOUXTÉLIEN DE PROPAGATION DES FORMES

Énoncé :

a) Toute forme connaissable capable d'influencer les comportements de façon perceptible et répétée se propage spontanément en générant, de proche en proche des manifestations apparentées mais non nécessairement identiques.
b) La propagation d'une forme s'opère en utilisant d'une façon croissante les ressources disponibles en temps, espace et énergie, et se prolonge tant que ladite forme trouve des ressources à utiliser.
c) Le temps utilisé par une forme est la somme des temps vécus par ceux chez qui cette forme est perceptible, entre une limite initiale et une limite finale.
d) L'espace utilisé par une forme à un instant donné est la somme des portions d'espace affectées simultanément par * cette forme, y compris les portions d'espace où cette forme est perceptible.
e) L'énergie utilisée par une forme est égale à la quantité totale d'énergie transformée par les participants au cours des expériences vécues pendant lesquelles cette forme est perceptible.


Quand les formes connaissables influencent les comportements de façon assez régulière pour entretenir un observable culturel, on peut les appeler "mèmes". Leur lot permanent est la rivalité.
Pascal JOUXTEL in "Comment les Systèmes pondent" p. 245-246

Je propose d'essayer de procéder à la vérification de ce théorème pour deux mèmes observables un peu partout dans l'univers francophone de la mémétique.
L'un est assez récent. Il s'agit du mème des hommes de paille qui sont au même titre que les hommes sandwiches des supports de messages à usage informatif.
Le second est plus ancien. C'est le mème de la culture des pommiers, en relation avec la fabrication du cidre et avec les diverses technologies qui en découlent.

Le culturème pommier-pommages-cidre

Je ne parlerai pas de Calvados car ce dernier mème, qui se reproduit fort bien n'est qu'une conséquence du premier...

À propos de l'ancienneté de la présence des pommiers en Normandie, une conversation s'engage à l'université.
L'un croit que les pommiers se sont implantés en Normandie après que les chevaliers les aient rapportés des croisades.
L'autre affirme que c'est Charles II de Navarre dit Charles le Mauvais qui a apporté ces arbres fruitiers en les faisant venir de Navarre.
Vérification faites, les deux explications ne sont pas ineptes et peut-être complémentaires mais la présence du pommier sur la terre normande n'a pas attendu ces deux opportunités.
En effet


La forme homme de paille

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a) Il est incontestable que cet homme de paille est une forme connaissable
qui a pour but d'influencer les comportements (des automobilistes notamment), de façon perceptible et renouvelée. Il est aussi remarquable qu'elle se propage dans les cantons, dans les pays de tradition, de région en région avec des variantes parfois intéressantes et toujours créatives.

b)  La propagation de cette forme a eu lieu depuis un certain nombre d'années en développant - en détournant dirais-je - l'utilisation des ressources nouvelles de la technologie agricole récente et en particulier celle qui permet d'obtenir - grâce aux presses à foin et à paille "haute densité" - des balles rondes (round bales) et des balles parallélépédiques de très grand format transportables aisément grâce aux fourches hydrauliques des nouveaux tracteurs. Les ressources en la matière sont inépuisables puisqu'une douzaine de ces objets imposants ne représentent quasiment rien pour une exploitation, d'autant qu'elles seront réutilisables dans leur fonction initiale après qu'elles auront achevé de remplir leur mission de support d'information.

c) Le temps utilisé par une forme est fonction des besoins exprimés par les créateurs et se situe dans une zone de quelques semaines avant l'événement que l'homme de paille est chargé de présenter aux usagers de la route. Il y a en effet une date de départ optimale et la date limite finale est celle de l'événement annoncé lui-même.

d) L'espace dont cette forme a besoin pour remplir sa fonction, dans chaque cas précis de ses réplications locales est déterminé par sa wisibilité de la route ou voie de circulation où il est installé. Sa taille a donc de l'importance ainsi que celle des messages dont il est porteur. Wisibilité et lisibilité sont les deux critères qui déterminent les contraintes de l'espace à mettre en scène.

e) Le sigma des énergies dépensées pour mettre en oeuvre cette forme à vocation de type "avenir-publicité" est en effet l'addition de toutes les dépenses en énergie qui ont été déployées par les participants actifs (et très peu par les passifs) depuis le début de l'implantation de cet homme de paille, y compris les travaux agricoles antérieurs qui - à priori - ne lui étaient pas expressément destinés.


Ces formes repérables influencent les comportements des hommes qui ont besoin d'un tel support d'information ainsi que ceux des hommes qui reçoivent ladite information. On peut donc les appeler "mèmes" et certaines formes ayant même vocation entrent en conflit ou en rivalité avec d'autres procédés de "faire-savoir" qui auraient les mêmes objectifs.
On peut bien sûr analyser l'attrait et l'impact particuliers de ces hommes de paille, mais c'est une autre histoire !



  
par Merlin le zététicien des Mèmes publié dans : Mémétique pratique
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Mardi 26 février 2008
Lorsque j'écoute cette improvisation, cette interprétation inspirée d'un au-dedans exceptionnellement dense, douloureux, torturé, alors je pleure car c'est une figuration de la perfection possible entre les sentiments d'un homme et la technicité qu'un luthier a conféré avec le plus grand art, à un instrument magique.
Ne pleurez pas trop ! Ça assèche les glandes lacrymales...




Un film magnifique !
par Merlin le zététicien des Mèmes publié dans : Les mèmes de la musique
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Vendredi 22 février 2008
Une biographie de Jules BARBEY d'AUREVILLY
Par Michel PINEL


              Couverture du livre
undefined      L'écrivain normand Michel PINEL vient de publier une excellente et originale biographie de Jules Amédée BARBEY d'AUREVILLY... (éditions Eurocibles*.)

 La richesse de ce travail tient au fait que l'auteur a passé trois années à compulser tous les documents qu'il a pu trouver & photographier au musée de St Sauveur Le Vicomte. La conception et la mise en page ont été intégralement réalisés par l'écrivain lui-même sous Quark XPress.

Je ne connais pas de biographie de Barbey qui soit aussi complète que celle-ci et surtout aussi richement illustrée. Le nombre de photographies, de lettres et de documents divers y est résolument impressionnant puisqu'il est de l'ordre de de 600...

Mais par ailleurs, le contenu en informations, rédigé par l'historien local, est lui aussi très riche et parfaitement organisé.

Ainsi, on trouvera
- Éléments biographiques incontournables, de la page 7 à la page 64.
- Barbey en son temps, vu par ses contemporains et à côté des autres écrivains de l'époque, de la page 65 à la page 94.
- Barbey et ses amis, de la page 95 à la page 130.
- Barbey et les femmes, de la page 131 à 158.
- Les oeuvres du connétable et les illustrateurs, page 159 à 206.
- Des traces d'événements dédiés au souvenir de Jules Barbey d'Aurevilly page 207 à 236.

Au total, un parcours biographique exceptionnel afin de bien faire la connaissance du personnage Barbey d'Aurevilly qui fut
à la fois scandaleux, talentueux, original, complexe, à multiples facettes et dont la vie et les romans ne  peuvent en aucun cas s'analyser à la sauvette.

Ce remarquable ouvrage de Michel PINEL nous aide à cheminer dans les labyrinthes de la pensée aurevillienne, grâce à une documentation iconographique (inédite à ce niveau de densité, et présentée dans une harmonie vraiment ordonnée), avec une rigueur et une élégance assez rares de nos jours.

* (Éditions du patrimoine Normand ; Eurocibles février 2008.
    EUROCIBLES 1,Centre du Clos l'Évêque BP3 50570 MARIGNY.)

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     L'ensorcelée L’abbé de la Croix-Jugan, après une tentative de suicide ratée qui laissera des traces indélébiles sur son visage, revient à Blanchelande, l’abbaye où il a suivi sa formation de prêtre. Ce retour va créer un véritable chambardement dans ce petit village paisible de Normandie et notamment dans la vie de Jeanne Le Hardouey,
« ensorcelée » par ce prêtre monstrueux.
 Le roman le plus extraordinaire de
Barbey d'Aurevilly sans doute. Mais on n'a que l'embarras du choix avec Barbey...

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par Merlin le zététicien des Mèmes publié dans : Actualité culturelle
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Dimanche 6 janvier 2008
C'est un grand plaisir pour moi de consacrer quelques articles à Scott ROSS et au clavecin. Les vidéos de YouTube ne donnent pas souvent un son excellent mais la taille des mp3 qui eux sont d'excellente qualité ne permet pas de les mettre en ligne sur Over-Blog.
Il y a une tradition qui se transmet : celle des sonorités en usage à l'époque baroque et certains interprètes sont de meilleurs ambassadeurs que d'autres. Il m'apparaît clairement que grâce à de prestigieux interprètes comme ROSS les mèmes de la musique se transmettent sans altération.
C'est ainsi que je reçois Scott ROSS et il faut bien reconnaître  que cela n'est possible que grâce au talent de quelques facteurs de clavecins actuels.

À la Villa Médicis   (Avec Nicolau FIGUEIRERO)

Dans chacune de ces 5 leçons, Scott montre à quelques uns de ses très bons élèves que le clavecin est un instrument à produire de la musique baroque (holy music) c'est à dire qu'il faut lui donner cette âme qui mêle contraste et fantaisie.
Dès que les doigts de Scott parcourent les claviers, le son de l'instrument n'est plus le même. Le clavecin sonne enfin, révèle son caractère et ses différentes possibilités sonores. On entend nettement les accords et les harmoniques continuent de vibrer dans un enchaînement musical qui dépasse la simple mélodie. Il dit lui-même en pensant peut-être à Wanda Landowska ou à quelques autres "métronomes" du clavier (plus ou moins bien tempéré), que l'instrument n'est pas une machine à coudre et qu'il faut lui insuffler toutes les nuances en marquant des temps forts sur telle ou telle main, selon les besoins de la pièce et la volonté que l'on a de faire ressortir dans l'interprétation un caractère plutôt qu'un autre. Bref, Scott Ross s'est approprié  la musique et il la joue comme il l'entend, en mettant en valeur les différentes colorations de son clavecin, en utilisant le phrasé qui convient le mieux pour magnifier chaque partie. Mais chez lui, ce qui est extraordinaire, c'est le rythme, l'expressivité et l'obtention de sonorités remarquables. Le clavecin devient sous ses doigts un orchestre à lui tout seul. C'est un interprète merveilleux de Bach & Scarlatti. Il a d'ailleurs enregistré tout Scarlatti ce qui représente quelque chose comme 34 CD.
Quelle perte et quelle dommage pour les amateurs de clavecin que ce formidable musicien soit mort si jeune ! Bien sûr, Scott était aussi un merveilleux organiste, mais son instrument de prédilection était le clavecin.















 
par Merlin le zététicien des Mèmes publié dans : Les mèmes de la musique
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Dimanche 6 janvier 2008
Ce clavecin est à vendre : ne trouvez-vous pas que ses sonorités sont fantastiques ?

SABATHIL & SON ?


S. Sabathil & Son Ltd.
Facteurs de clavecins de Vancouver (l'atelier se trouve sur l'Île Bowen). La compagnie fut fondée en 1960 par Simon (v. 1896 - Vancouver, 1980) et Sigurd (né en 1939) Sabathil, originaires de Marienbad, Tchécoslovaquie. Durant les années 1970, la compagnie produisait trois modèles de clavicordes et neuf modèles de clavecins dont trois à deux claviers et un à pédalier. D'autres instruments ont été faits sur commande, y compris un clavecin d'une seule pièce mais à deux claviers opposés. Vers 1980, la compagnie s'était convertie dans la fabrication de reproductions d'instruments anciens comme le flamand à un clavier (Andreas Ruckers, XVIIe siècle) ou les modèles français du XVIIIe siècle à un ou deux claviers. Sabathil & Son ont utilisé des charpentes d'aluminium dans leurs instruments afin de parvenir à un accord stable et à une plus grande sonorité dans les salles modernes. En 1991, les tables d'harmonie étaient faites en partie de cèdre vieux de 300 ans. Autrefois importés, les claviers et quelques matériaux de base sont fabriqués sur place depuis 1980. On reste impressionné par la finition des instruments et la qualité du son produit. Des instruments signés Sabathil ont été acquis par des collèges, des conservatoires et des particuliers en Amérique du Nord et en Europe. Environ 30 p. cent des instruments sont vendus au Canada - la production annuelle moyenne était d'environ 100 instruments dans les années 1970, mais au début des années 1990, le chiffre se situait entre 10 et 30. La compagnie a réalisé trois disques de démonstration.



par Merlin le zététicien des Mèmes publié dans : Les mèmes de la musique
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Dimanche 6 janvier 2008
SCOTT ROSS, CLAVECINISTE, Un destin inachevé

http://accel95.mettre-put-idata.over-blog.com/0/13/42/39/ross.jpg

Par Michel-E. Proulx 
Facteur de clavecins
(mémoire de maîtrise d'histoire)




AVANT-PROPOS

Lorsqu'en 1989 j'appris le décès de Scott Ross, que j'avais eu l'occasion de connaître à Québec où j'ai exercé le métier de facteur de clavecins de 1974 à 1981, une des premières idées qui me soient venues à l'esprit fut celle de rédiger sur lui une biographie qui permettrait de garder la mémoire de ce que fut son somptueux talent sur un plan non pas sonore ( le disque est là pour ça) mais plutôt au niveau des éléments objectifs qui avaient permis cette excellence. J'ai pu réaliser cette idée en 1994, à l'occasion de la rédaction d'un mémoire de maîtrise d'histoire que je livre ici au lecteur, avec quelques remaniements.

Il était évident que je trouverais fort peu de choses par la recherche classique, au travers des ouvrages et des revues spécialisées, et qu'il me faudrait opérer une enquête de terrain considérable. Je dois avouer que je n'avais guère, au moment d'entreprendre mes recherches, prévu la difficulté liée aux déplacements longs et coûteux, ainsi qu'aux contraintes de dates et d'horaires et de disponibilité des personnes. Il est, cela dit, malheureux que tant de personnes se soient refusées à me donner quelque information que ce fut. Il est vrai que, pour certaines d'entre elles, ce sujet restait trop pénible à évoquer.

Néanmoins, j'ai pu, en bonne partie grâce à la générosité de mon père et de mon frère, recueillir un bon nombre d'informations, autant par entrevues que par examen d'archives. Et ici, je tiens à remercier mon ancien professeur de littérature française, monsieur le vice-recteur André Boudreau de l'Université Laval à Québec, dont l'assistance m'a été précieuse, ainsi que toutes les personnes mentionnées qui ont aimablement accepté de répondre à mes questions et de m'éclairer sur certains points obscurs.

Les témoignages que j'ai recueillis n'étaient pas tous d'égale importance pour mon sujet, loin s'en faut, mais tous m'ont permis de progresser plus avant dans un propos. Certains se sont révélés capitaux; d'autres présentaient un caractère plus anecdotique, mais néanmoins éclairant.

Quant aux documents, certains d'archives, d'autres des interviews publiées dans diverses revues, et d'autres enfin des bandes magnétiques de la radio ou de la télévision, sans compter une bande inédite, de propriété privée, tous m'ont donné loisir de mieux percevoir un personnage qui fut toujours déroutant. J'espère simplement que cet ouvrage permettra au lecteur curieux, de mieux saisir la structure qui sous-tend tout l'oeuvre enregistré de Scott Ross qui jamais n'accepta la fatalité, que ce fut pour son instrument ou que ce fut pour lui-même.

 

Montpellier, le 1er octobre 1994.

PRÉFACE

Comme beaucoup de gens, amis, mélomanes et musiciens, Michel Proulx a fait un jour la connaissance de Scott Ross. Comment l'oublier? Comment harmoniser dans son souvenir le foisonnement d'une telle personnalité, si contrastée? Michel Proulx a eu le courage un peu fou de confronter son propre témoignage à ceux de nombreux autres qui l'ont bien connu. Cette quête, exigeante et douloureuse, a donné cet ouvrage inclassable, débordant d'anecdotes, de paroles croisées, de passion et de questions ouvertes. On y entend en en contrepoint couler la veine généreuse de ce chant souverain dont Scott Ross, moderne Orphée, nous fit le don. On y perçoit les échos de l'expérience excruciante (il aimait le mot) du pouvoir des sons et des exigences terribles de la condition d'artiste.